Le musée est tout neuf au fond d’un jardin orné de bois fossiles.
L’entrée est chère : 5€ et on refuse ma carte professionnelle.
Comme dans tout bon musée de Géologie, une frise chronologique accueille le visiteur. Lire en grec le nom des ères géologiques et des étages m’amuse. Sous des vitrines en plexiglas des fossiles venus du monde entier : stromatolithes polis (pour une fois jolis, en général c’est moche) ; faune d’Ediacara (jamais vu en vrai), un trilobite géant…
On passe rapidement au Cénozoïque et aux fossiles végétaux qui sont l’objet de l’exposition. Chaque tronc, chaque feuille sont ici expliqués en détail. Mélange d’espèces actuelles et d’espèces disparues. Palmiers géants. La forêt pétrifiée était une forêt sub-tropicale. Des feuilles, finement moulées, livrent d’autres indices : des chênes étranges appartiennent à des espèces asiatiques ou caucasiennes. Lesbos faisait partie de l’Anatolie (Turquie asiatique).
forêt pétrifiée de Sigri
Dans une autre salle, des maquettes avec toutes sortes de diodes lumineuses expliquent la subduction. On voit le volcanisme actuel : Telos, Santorin, la Crête. Le volcanisme de Lesbos est beaucoup plus ancien, actuellement l’île est écartée de l’arc volcanique actif. Malheureusement, peu de détails concernant l’éruption qui a pétrifié la forêt. Un indice seulement : le film de l’éruption du Saint Helens. On voit la nuée ardente, les millions d’arbres soufflés, cassés, couchés comme des allumettes, les troncs emportés par des coulées de boue. J’imagine qu’il s’est produit un phénomène similaire. Peu d’indications pétrographiques : ces laves claires sont elles des andésites, des trachytes ou des phonolites ? J’ai pensé à cette dernière en tapotant sur un échantillon ramassé, il m’a rendu un son clair. Dommage que ce musée se contente de présenter (très bien) des fossiles sans fournir d’explications théoriques.
Une salle est consacrée aux séismes : sur un moniteur les sismogrammes se déroulent en temps réel. Le sismomètre doit être installé dans les parages.
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Nous reprenons la route de Mesotopos.
J’ai du plaisir à revoir les paysages déjà-vus, la petite bergerie basse au toit couvert de bombes volcaniques, les oliveraies si bien entretenues, le dyke qui ressemble aux roche Tuilières et Sanadoire, le défilé pierreux…
La route domine la mer de très loin, elle traverse des paysages désertiques, champs de bombes seulement agrémenté de murettes qui descendent droit du somment délimitant des secteurs nets dessinant les pacages. Puis la route tortille avec des virages en épingle à cheveux. Elle traverse le village très en pente d’Agra bien typique mais à circulation impossible. Dans une rue très en pente, trois tables du kafénéion sont installées dans le virage. C’est justement à cet endroit qu’on croise un camion. Le chauffeur doit être habitué, il sait où garer son engin. La Hyundai noire passe sans même effleurer une table ; Après Agra nous descendons dans une vallée plantée de peupliers. A la remontée nous découvrons le Golfe de Kalloni, bleu turquoise enchâssé dans les montagnes de Lesbos.
Près du golfe, il y a des grosses maisons neuves et prétentieuses avec deux ailes de part et d’autre d’un perron haut surmonté d’un fronton antique avec parfois deux colonnes, un toit à 4 pentes coiffe chacune des ailes. Autour des champs de blé, de luzerne, des agrumes. Le rivage est très plat avec des plages de galets. Pas trop engageantes, la route est trop proche.
Ornithologie
Lesvos Réserve ornitho
Un bel affût pour l’observation des oiseaux et des panneaux installés par les ornithologistes. La baie de Kalloni est une étape pour les migrateurs comme pour les sédentaires. En saison on peut observer des cigognes noires.
Kalloni est un gros bourg, presque une ville,. Ensuite nous passons près des salines. Dans les étiers, marchent des flamands roses. Un écriteau signale le centre d’Interprétation de la Baie de Kalloni. Nous suivons les flèches qui nous conduisent d’abord le long de la saline jusqu’à l’énorme tas blanc protégé par un grillage. Certains bassins reflètent le bleu du ciel, certains sont roses. Après la route des marais salants nous suivons une piste gris clair bien entretenue à travers les champs. Nous arrivons à la rivière Tsanias dans laquelle il reste quelques flaques d’eau. Le lit de graviers noirs contraste avec le bleu violent des flaques. Un héron s’envole à notre approche, puis deux aigrettes. Nous passons à gué la rivière pour nous retrouver à Skala Kalloni. Le Centre d’Interprétation est annoncé par des panneaux tout neufs décorés de poissons géants. Fermé, comme le sont tous les affûts. Il semble que l’installation pour le « birdwatching » soit très récente et pas encore fonctionnelle. Je sors mes jumelles. Nous observerons les oiseaux par nous-même à l’estuaire de la rivière. Un oiseau vert au plumage à reflets métalliques fait de rapides apparitions, trop rapides pour que je le saisisse dans le champ de mes jumelles. Un martin pêcheur ou un guêpier ? Dans l’eau, les mouettes sont nombreuses et semblent se régaler. Le golfe de Kalloni est réputé pour ses sardines. En pêchent- elles ? Parmi les limicoles je crois reconnaître un courlis.
Le Café Pyrgos est situé sur une plage en bord de golfe. De réels efforts de décoration font de cette plage un endroit un peu chic au milieu de nulle part. Le salon ombragé a des canapés rouges, des lits de plage design sont dispersés sous les tamaris. Sous des auvents on a installé de petits salons originaux avec des sièges bas ou hauts, au choix. Pour nous, ce sera fauteuils metteur en scène en toile écrue. On commande ouzo et café frappé comme d’habitude et je file me baigner.
Des petites filles hollandaises ramassent des coquillages. L’eau est un peu boueuse. Ailleurs qu’en Grèce on la trouverait claire. Je suis devenue exigeante ! Il semble que les animaux préfèrent la boue. Les coquillages sont très abondants. Rien à dire des poissons, je n’ai pas pris mon masque. La tranche d’eau est très faible, je racle mes genoux sur le fond en nageant. Les plantes aquatiques gênent un peu aussi. Sur un ponton les cormorans se sèchent.
Les consommations tardent à arriver. Quand le garçon paraît, il apporte une très grosse assiette de mézés. Ici, on ne boit pas sans manger. Petites saucisses coupées, deux sortes de fromages, la feta est parsemée d’origan et de thym, le fromage frais est mélangé à l’ail et le poivre, olives violettes rondelles de tomates et de concombre à l’origan. Dans une autre assiette une pita délicieuse à l’huile et aux herbes. Nous restons une bonne heure à profiter de cette pause agréable. La bande musicale est éclectique, grecque sous toutes les formes, traditionnel, rap et chansonnette. Pour finir, Whiter shade of Pale (on aime !)
Midi passé, les mézés ont remplacé le pique-nique
Après la saline, nous bifurquons à gauche et arrivons rapidement au village d’Aghia Paraskevi (encore une confusion ! Aghia m’avait fait penser à une église – c’est le nom du village). Le monument historique est bien indiqué, pavoisé aux couleurs de la Grèce et de l’Europe. C’est le Musée de l’Huilerie Industrielle de Lesbos installé dans un groupe de bâtiments en pierre de lave et briques mêlées. Rien à voir avec les pressoirs à huile artisanaux traditionnels.
Toutes les machines se tenaient dans le bâtiment principal. L’énergie employée pendant la première partie du 20ème siècle fut la vapeur. La grande cheminée est maintenant coiffée d’un nid de cigogne. La chaudière destinée à fournir la vapeur occupait une grande pièce. On nous montre le sifflet qui réveillait les habitants d’Aghia Paraskevi, également la courroie traversant toute la salle des machines actionnant pistons et engrenages. Les techniques sont expliquées sur des panneaux bilingues grec/anglais et par des animations numériques très détaillées. Je n’accroche pas à toutes les finesses de la machine à vapeur. En revanche, on se régale à photographier ces grosses machines toutes astiquées, peintes de rouge et de vert avec leurs belles courroies jaunes. Dans une autre pièce il y a deux moulins à farine.
Le travail de l’huilerie était installé dans la plus grande salle.
lesvos Aghia Paraskevi centrifugeuses
Tout d’abord les sacs étaient pesés à l’entrée. Les olives étaient ensuite versées par une porte en hauteur dominant le moulin dans d’énormes entonnoirs. Les meules transformaient les fruits en pulpe épaisse. .
La troisième étape était le remplissage des sacs de toile très grossière (ressemblant à du jute mais en poil de chèvre). Ces sacs étaient alors empilés dan s les cuves rectangulaires des presses (elles aussi reliée la fameuse courroie). Dans une exploitation industrielle on fait plusieurs pressages. Le premier pressage à froid donne l’hile de table vierge. Un second pressage se fait par addition d’eau chaude. On obtient une huile de moindre qualité pouvant servir à l’alimentation comme à l’éclairage. Les chapelles et églises grecques consomment beaucoup de cette huile. Enfin le troisième pressage donne l’huile destinée à la savonnerie.
La dernière opération consiste à séparer l’huile de l’eau dans le jus obtenu. Le principe est simple. L’huile, plus légère remonte. Il suffit d’un récipient à deux robinets pour séparer les phases liquides. Un Allemand, Gustav de Laval, au 19ème siècle perfectionna ce dispositif en lui adjoignant une centrifugeuse tournant à 6000trs/min à l’origine pour séparer la crème du lait.
Rien n’est dit sur le conditionnement. De très belles jarres, les mêmes que celles de Cnossos aux temps minoens sont installées dans la cour. Sont-elles d’époque ? Ont-elles servi ?
la récolte des olives à Lesvos
La visite se poursuit dans une série de bâtiments bas où l’on stockait autrefois les olives et le sel ajouté comme conservateur. Dans ces petites pièces sont exposées de grandes photos anciennes illustrant la culture de l’olivier à Lesbos.
le calendrier des travaux
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On récoltait les olives en hiver, décembre et janvier pour la meilleure partie de la récolte. Dès octobre, certaines olives déjà noires tombaient mais de qualité moindre. Le calendrier grec préfère faire référence aux fêtes Ag. Démétrios (26 octobre) marque le début de la saison et Ag. Nikolaos (6 Déc) celui de la véritable récolte.
costumes anciens
Les femmes vers 1920-930 portaient des pantalons bouffants. Les femmes ramassaient, les hommes gaulaient avec des perches de châtaignier. Ce n’est que tardivement, vers 1950 qu’on eut l’idée de disposer des toiles sous les arbres et vers 1970 des filets.
Lesvos Agia Paraskevi travailleurs chevaux
Les costumes, les visages de ces paysans grecs avant 1912 – sous le règne Ottoman – ressemblent énormément aux costumes turcs : mêmes fez mêmes voiles, mêmes pantalons bouffants. La photographie de classe de l’école des filles d’Aghia Paraskevi en 1920 doit ressembler à celles des écolières de Brousse !
Comme à Chios, l’Asie Mineure est très présente. Sur les machines je lis en grec Smyrne. C’est à Smyrne que sont allés les fondateurs de l’huilerie communale pour acheter les machines et apprendre les technologies les plus avancées de l’époque. C’est aussi l’afflux des réfugiés après la Catastrophe de 1922 qui a permis l’extension des oliveraies sur Lesbos. De même, les routes maritimes de l’huile de Lesbos, autrefois, allaient plus à l’est vers Smyrne ou au sud vers Alexandrie et pas spécialement vers Athènes.
Une histoire exemplaire de solidarité: l’huilerie communale
Le second film retrace l’histoire de l’Huilerie Communale d’Aghia Paraskevi. C’est une histoire exemplaire.
Curieusement, le point de départ (en 1910) de l’histoire est éloigné des préoccupations industrielles. Sous l’hégémonie turque, les écoles grecques tombent en ruine. Au lieu de lever des fonds pour réparer l’école, la communauté villageoise a une autre idée : monter une huilerie communale qui enrichira tout le village. Les bénéfices seront utilisés pour les écoles.
Il existait déjà des huileries privées mais le projet communautaire enrôla non seulement tout le village mais également les expatriés dans le monde entier. La Diaspora grecque était très étendue : aux Etats Unis de Boston au Texas, au Mexique mais aussi à Calais, à Londres et à Moscou mais encore en Egypte et même au Soudan. Les émigrés envoyèrent les fonds nécessaires à l’achat des machines tandis que tout le village s’enrôla dans la construction.
Dès 1912, l’usine était en action et rapidement dégagea des bénéfices. Cette entreprise communautaire profita au village pendant des décennies. Les innovations techniques suivirent, à la fin l’usine fonctionnait au diesel. Les colonels mirent fin à cette magnifique aventure : la solidarité ouvrière et paysanne leur était intolérable. Ce n’est pas pour rien que les arbres d’Eresos sont décorés par des affiches fêtant les 90 ans du KKE avec faucille et marteau.
Le sentier débute au bout de la plage
La montée sur le rocher (sans doute une coulée de lave) est un peu raide. Heureusement, la paroi de rocher mis à nu est balisée à la peinture blanche. Ensuite le sentier est bien visible. La vue sur la baie d’Eresos au lever de soleil est magnifique. Je découvre des découpes insoupçonnées, des îles.
Une heure plus tard, je suis à la chapelle chaulée de blanc, décorée d’icônes. Personne n’a allumé les lampes à huiles. Je serais presque tentée de le faire. J’aime bien l’odeur d’encens de cire des cierges et de l’huile qui se consume.
A Sigri, nous visitons la petite église très mignonne. Encore une fois j’admire le mélange de brique et de pierre qui incorpore aussi du marbre antique. Jeu de frises géométriques des briques.
Il me restera deux images de la forêt pétrifiée en bord de mer : l’énorme tronc avec ses racines entrelacées (13m de circonférence). Du point de vue de la paléobotanique, ces racines sont importantes. Elles démontrent que l’arbre est bien en place. Autre image saisissante : le tronc de 14m dégagé par la mer reposant sur des galets noirs. Sa couleur, marron clair est celle du bois. On dirait qu’il vient d’arriver là, sur le bord du rocher. J’avais vu la photo. Incrédule. Je suis bluffée. L’eau transparente recouvre à peine le long fût. Penser qu’il est là depuis 20MA !Enfin pas forcément dans l’eau, les limites du rivage ont dû bien changer pendant tout ce temps!
Ensuite, nous retrouvons notre emplacement sur la plage pour se baigner et pique-niquer, lire…
Une excellente piste sépare Eresos de Sigri, 13.5 km.
6H30, munie de beaucoup d’eau et de pâtes de fruits, je pars à l’aventure.
La montagne est beaucoup plus peuplée que je ne l’imaginais de la voiture. Les bergeries sont tapies à quelques mètres de la piste – souvent modernes – A cette heure matinale, les bergers s’occupent de leurs brebis. Un homme charge deux bottes de paille sur un âne et part en marchant derrière le baudet dans la montagne. Entre les deux bottes, se trouve un bidon pour le lait. Je n’ose pas les photographier.
Un autre m’interpelle :
– « Où vas-tu ? – « A Sigri. Combien de temps ? – « 2 heures en marchant bien »
Le berger est costaud. Il marche sûrement plus vite que moi.
Le soleil se lève vers 7H , les montagnes font encore de l’ombre. Quand mon ombre se confond avec celle de la montagne, j’enlève mon chapeau et je marche au frais.
12 km ne me font pas peur. Les dénivelés ne sont guère redoutables. La montagne culmine à 250 m ! C’est le soleil que je crains. J’allonge le pas pour arriver à Sigri avant la grosse chaleur.
Un troupeau traverse la route. Au même moment arrive le pick-up du berger. Les brebis les plus pressées ont des pis lourds et gonflés. Ont-elles reconnu la voiture du propriétaire ou tout simplement l’heure de la traite ?
Passé un petit col, la piste descend jusqu’au niveau de la mer bleu foncé. Une épaisse végétation couvre le lit d’un cours d’eau asséché en cette saison.
8H15, je m’accorde une courte pause.
8h45, j’ai bien cru devoir rebrousser chemin. Trois chiens me barrent le passage. Un grand braque marron menaçant, un autre qui aboie très fort est planté au milieu et un blanc sur l’autre côté. Comme à mon habitude, je me baisse avec lenteur et ramasse une grosse pierre. Quelques fois cela suffit à les faire fuir. Les chiens de la campagne sont souvent caillassés par les enfants. Aucun effet ne suit cette première stratégie. Ils ne bougent pas. Deuxième tactique : s’annoncer amicalement. Le petit blanc vient se frotter à mes jambes, la queue remuante. Il me fait la fête. Les autres continuent à aboyer. En m’approchant, je comprends, ils sont attachés. Il s’agit de passer bien au milieu, hors de portée de leurs chaînes. Cela marche !
Heureusement je ne me voyais pas marcher 7 ou 8 km vers Eresos !
En plus mon téléphone donne des signes de détresse ? Il cherche un réseau sans le trouver. Impossible de prévenir si j’avais fait demi-tour.
Près de la mer, il y a des maisons, des cultures. Un beau verger de figuiers. Partout où le terrain le permet on plante des oliviers. On voit bien les traces de terrasses abandonnées. Le tissu agricole est encore bien dense.
Pour arriver à Sigri la piste monte en une rampe régulière. Je ne suis pas loin de la forêt pétrifiée. Peut être vais je trouver un arbre ? En effet, il y a un tronc près de la route.
9H 05 Sigri est en vue.
9H 30, je suis aux portes du Parc, je vois même le grand tronc pétrifié dans les galets.
Au nord de Sigri, une petite route longe le rivage. Quelques barques de pêcheurs se balancent sur l’eau agitée par un vent fort. De jolies maisons entourées de jardins maraîchers, haricots ramés, melons, tomates. La luzerne vert fluo est en train d’être récoltée. Pour le blé, c’est fini. Ambiance de campagne riante après les arides collines. Oasis de fraîcheur. Une petite chapelle toute neuve est construite sur une butte. Une piste conduit à une plage : Faneromanis.
Lesvos Sigri Grosses vagues
Les vagues se brisent sur les rochers spectaculaires. Ils ne sont pas en roche volcanique mais en schiste très finement replié en éventail. Un autre amas rocheux est presque blanc avec de gros filons de quartz recoupant la roche grise. Certains rochers sont creux. La vague s’engouffre pour exploser à l’opposé en une gerbe d’écume blanche. Nous n’avons pas l’impression d’être en mer Egée plutôt sur le bord de l’Atlantique. La plage de Faneromanis commence après une petite lagune. Beau sable rosé parsemé de galets blancs très fins et lisses que je m’amuse à ramasser. Mouillés, ils sont ravissants avec leurs petites inclusions grises. Secs, ils sont plus ordinaires.
Une petite église est adossée à la falaise. Une jeune femme me fait signe d’entrer.Ma tenue n’est guère convenable. Son compagnon aux cheveux blonds très longs est en train d’essuyer la vaisselle. Leur chien les attend. Ils sortent avec un sac de couchage. Ils ont dormi dans l’église ?
Je marche les pieds dans l’écume – plaisir toujours renouvelé. Pour la baignade je préfère la plage de Sigri et son eau calme. Ici les vagues sont fortes.Seule je n’ose pas me lancer ?
Nous retournons donc pour la troisième fois à Sigri. La baignade est écourtée : l’eau est glacée.
La grande poétesse d’Eresos ne ressemble pas à l’image qu’on se fait d’elle. Femme un peu fanée, mère, très courtisée, elle n’est pas entourée de disciples féminines comme on aurait pu l’imaginer.
C’est une héroïne du théâtre antique comme Phèdre ou Andromaque. Mariée à Kréon, elle a pour amant le général victorieux Pittakos qui rentre, victorieux de campagne contre Athènes et qui se fait proclamer tyran. Le jumeau de Pittakos, Phaon, se trouve également à Eresos, philosophe, il préfère vivre la vie simple d’un pêcheur solitaire sur une île déserte de la mer Egée. Sappho se refuse au nouveau tyran et s’exile à Corinthe et fomente une coalition contre son ancien amant qui lui a pris ses enfants en otage….
Tragédie antique ? Pièce à rebondissements ? Cette Sappho m’a étonnée et je me suis amusée à lire cette pièce.
« Islomane » tel se qualifie Lawrence Durrell ainsi que sa tribu d’amis….
L’île de Prospero, c’est Corfou, Prospero de la Tempête de Shakespeare.
en 1935, Durrell achète une maison à Corfou et un bateau. Il raconte la vie solaire, simple sur Corfou encore préservée du tourisme de masse mais déjà connue des happy fews... Un livre délicieux décrivant un monde maintenant disparu
Dessaix dans Corfou, trente ans plus tard a loué une maison à Gastouri, et a retracé cette vie bohème.
Nous sommes allées à Gastouri et n’avons pas retrouvé leur description dans la cohue de Corfou au mois d’Août…
Vénus de la Mer est le plus charmant et le plus littéraire des guides qu’on peut emporter sur l’île de Rhodes (Livre de Poche mince 280p). peinture impressionisten histoire récente ou passée, mythes et croyances populaires…Ecrit en 1945 par Durrell, un peu agent secret, un peu journaliste, au service de sa Majesté britannique, à l’issue de la guerre quand les Britanniques occupaient l’île au départ des Allemands. vous pourrez rendre visite à la Vénus de la mer, sotie de l’onde – statue du musée de Rhodes- moins gracieuse que l’Aphrodite de Rhodes que j’ai photographiée mais plus mystérieuse