Corfou – Angelokastro- Paléokastritsa monastère

Sur la carte routière Paléokastritsa nous emble une grosse station balnéaire. Nous pensons y trouver un supermarché et un Office de Tourisme. Erreur ! Il n’y a rien en dehors des hôtels, du grand parking et des échoppes de souvenirs vendant serviettes de plage et autres babioles. Les plages sont belles, très belles même, mais entourées de swimming-pool-bars et de restaurants avec des embouteillages plus ou moins régulés par des feux de circulation.

Château d’Angelokastro

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Plus loin, le château d’Angelokastro coiffe un éperon rocheux.

Un panneau résume l’histoire du château : les premiers chrétiens, les empereurs byzantins pour qui Angelokastro était la limite occidentale de Byzance, les convoitises des Normands – à l’époque régnant sur la Sicile -puis des Angevins enfin des Croisés. La domination Vénitienne ne date que de 1386 et dura jusqu’à ce que Napoléon ne pénètre en Vénétie en 1797. La forteresse eut pour rôle de contenir les envahisseurs venant de l’Ouest dans les premiers temps puis les Turcs venant d’Orient. Verrou de l’Adriatique sud, c’était une place stratégique de première importance.

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Au-delà de la station balnéaire de Paléokastritza on peut aussi visiter le Monastère de  la Panaghia perché. De nombreux cars déversent leur cargaison de touristes, e majorité des russes mais aussi des Français. Deux jeunes Corfiotes en jupe rouge et corsage blanc arborant une très belle coiffe carrée de voile blanc empesé, se tiennent de chaque côté du porche. Cette mise en scène est destinée aux photo-souvenirs. Chaque touriste est photographié et trouvera son portrait en compagnie des jeunes filles costumées à la fin de la visite. Flairant quelque arnaque payante, je me garde bien de les photographier. Des tissus sont à la disposition des visiteurs peu vêtus. En short et le dos nu je prends un linge.

–          «  You are OK ! » on m’intime l’ordre de reposer le chiffon.

 Interloquée, je sors mon foulard turc pour m’en couvrir les épaules. A qui sont destinés ces tissus ? A celles qui pensent visiter un monastère en bikini ?

Dans une pièce sombre on peut voir un pressoir à huile qu’on vend à un prix raisonnable avec des sachets d’aromates. Qui vit ici ? Des moines ou des nonnes ? Je ne croise aucun religieux. Un passage voûté est décoré de potées de bégonias et de fougères et basilic, pavé de galets le chemin conduit au petit musée recelant des icones fort belles. J’aurais aimé prendre mon temps pour les contempler si deux groupes russes ne remplissaient pas toute la pièce déjà fort encombrée par une vitrine contenant des ossements de baleine.

A l’église c’est carrément la queue, Russes et roumains viennent en touristes mais aussi en pèlerins et font maints signes de croix. Je jette un coup d’œil furtif à la très belle iconostase. Ce monastère mériterait une autre visite plus tôt dans la matinée.

Nous rentrons à Liapades avec des sentiments mitigés. Que sommes nous venues faire à Corfou dans cette cohue ? Les plages vues de la montagne sont merveilleuses : petites criques à l’eau turquoise mais vues de près elles sont bondées. Les voitures klaxonnent.les motos pétaradent. Visiter un monastère devrait être un moment de sérénité et de recueillement, c’est course et dispute pour une place de parking.

Dans notre maison rouge nous passons l’après midi sur la terrasse abritée du soleil par des cannisses sur un confortable canapé à regarder la vue intéressante sur le village de Liapades, ses toits de tuile. Des arbres fruitiers : agrumes, néfliers, abricotiers et amandiers sont à portée de main. Au nord, une crête montagneuse barre l’horizon, sur l’épaulement d’une colline plantée d’oliviers touffus d’où émergent quelques cyprès. Sur la terrasse de la maison voisine on a entreposé des oignons dorés.

Vers 18heures je descends à la plage à pied. J’en ai fait un principe pour 1km on ne prend pas la voiture. En remontant je m’arrête à la taverne Aspros où on m’offre un caf é (j’ai décliné l’offre de whisky ou d’une vodka). On goûte la douceur du soir qui tombe, pas une voiture ne passe, pas une moto ?

–          « vous avez fini de travailler ? » me demande Yannis

–          « pourquoi, j’ai l’air d’être si vieille ! », je réagis, piquée.

Occasion de râler à propos des réformes des régimes de retraite aussi bien en Grèce qu’en France. Je raconte le plan français de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite

–          «  l’un ira à la retraite, l’autre dans la tombe. » dit Giorgos « on ne devrait pas faire travailler les gens après 60 ans ! »

A 21heures, je rapporte de la taverne dans mon « pakete » de la moussaka délicieuse, épaisse couche d’aubergines, béchamel au fromage et sauce à la viande bien assaisonnée. Demain on essaiera pastitsio. La cuisine de la taverne est excellente.

Corfou : la vieille forteresse

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La Vieille Forteresse est perchée sur un rocher, péninsule devenue île depuis que les Vénitiens ont creusé un canal au 15ème siècle. Dans ce petit canal il y a des bateaux de pêche.
Avant les Vénitiens, les Byzantins fortifièrent le site dès le 6ème siècle, suivi par le despote d’Epire, les Angevins et les Normands.

Après avoir franchi le canal nous passons les épais murs de brique vénitiens, sur des plaques de calcaire est sculpté le lion de Venise.

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En 1840, les Britanniques ont construit l’église Saint George qui, extérieurement, ressemble à un temple antique précédé d’une colonnade dorique. La nef ressemble plus à une salle de réception rectangulaire éclairée par deux rangées de fenêtres avec des rideaux rouges. Deux beaux lustres en étain renforcent cette impression. Nous sommes dans une église orthodoxe. Un bienfaiteur a offert l’iconostase de pierre avec de belles icones ; tout autour de la nef, des stalles de bois sculptées.

Nous passons ensuite devant une collection de canons qui ont servi à trois armées différentes : le canon vénitien (1684), vient d’Angleterre, le canon français (1788) et un canon britannique datant de 1774. Nous empruntons ensuite une rampe couverte bordée de cellules. Prison ? ou magasins de garnison ? Un campanile rouge dépasse du rocher, curieusement, quand nous arrivons au sommet c’est un phare que nous trouvons. Nous remarquons en chemin des bâtiments en, calcaire blanc – ans doute es casernes britanniques – criblés d’impact. L’architecture militaire ne me passionnant pas, je m’intéresse surtout à la vue fantastique sur la ville de Corfou, la mer et les montagnes en face : l’Epire ou l’Albanie ? Un petit port de plaisance est au pied du rocher il s’appelle mandraki comme à Rhodes.

Corfou – ville : Esplanade et ville ancienne

Au pied de la forteresse se trouve l’Esplanade, Spianada, ancien champ de manœuvre maintenant occupé par un parc, (et le parking) et même un terrain de cricket.

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De l’autre côté de l’Esplanade se trouvent les arcades du Liston et en face des terrasses luxueuses de cafés chics. Ce Liston rappelle la période française de l’Île. Les troupes révolutionnaires de Bonaparte en 1797 bien accueillies et les corfiotes brûlèrent le Libro d’Oro, sur lequel les Vénitiens avaient consigné  la liste  des familles nobles de l’île, et planté des arbres de la Liberté. C’est ce qui a donné le nom de Liston aux Arcades dessinée par F ; de Lesseps sur le modèle de la rue de Rivoli lors de la deuxième occupation français en 1807.

A l’extrémité de l’Esplanade un  magnifique Palais Saint Michel et Saint Georges a été construit par les Britanniques en 1819. Construit pour servir de résidence au Gouverneur Britannique pendant le Protectorat, il est devenu Palais Royal Grec,le Sénat des Iles Ioniennes et il est maintenant occupé par le Musée d’Art Asiatique.

Autre souvenir des anglais : le terrain de cricket qui est encore un sport pratiqué à Corfou.

Nous suivons une promenade du guide « Voir » partant de l’Esplanade,  dans la Vieille Ville. Dans les petites rues, nous perdons rapidement l’itinéraire. Sur le Liston, les immeubles au dessus des arcades sont en belle pierre blanche et ont des balcons et de larges baies. Dans les petites rues on se croirait en Italie, maisons hautes, jaune pâle, volets verts, linge qui sèche à travers les ruelles étroites.

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Nous cherchons l’église Antivouniotissa transformée en Musée Byzantin.  Nous ne la trouvons pas. Nousen voyons d’autres, passons par des placettes où l’on a disposé des plants dans des pots ou des bidons,  sous une arcade, découvrons une collection de culottes blanches en train de sécher sur un fil, des paréos éclipsant un clocher…D’autres ruelles sont occupées par des boutiques de souvenirs pour touristes, torchons, éponges, bois d’olivier. Les touristes s’y pressent. On se sauve. L’église Saint Spiridon est la plus renommée de la ville. Saint Spiridon, originaire de Chypre est le patron de la ville de Corfou. Le plafond est remarquable presque digne ces plafonds des églises vénitiennes. Mais nous sommes dans une église orthodoxe avec une iconostase de pierre. Des touristes font la queue, cierge à la main, je me sauve.

Nous revoilà sur le Liston, toujours pas d’Antivouniotissa. Un monsieur nous explique : il faut aller à la mer et monter un escalier. La façade de l’église est discrète et passe inaperçue. Sa particularité architecturale est une galerie couverte qui fait le tour de la nef. C’est là que sont exposées les icones provenant de diverses églises de Corfou, assez récentes – 16ème – 17ème et sont de l’école Crétoise ; c’est assez étonnant parce que nous nous trouvons en pleine domination vénitienne. Ces icones n’ont pas la fixité des peintures byzantines anciennes. On peut imaginer que les peintres connaissaient la peinture italienne. Comment ces icones crétoises sont-elles parvenues à Corfou?

Corfou : Mont Pantecrator

 

Corfou, disait les Anciens, ressemble à une faucille et avait pour nom Drepanon. La poignée au Nord-Est fait une boucle autour du Mont Pantecrator (917m).

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Notre itinéraire commence à Ypsos, longe la côte jusqu’à Kassiopi, Kouloura.

Gouvia, Dassia et Ypsos sont des stations balnéaires peu gracieuses avec des supermarchés pour touristes, des agences de location de 2 ou 4 roues, aucun effort de décoration tourisme bas de gamme hideux. La plage  de sable d’Ypsos est belle à 9heures du matin, longue et calme. Ce soir, elle sera bordée de voitures aux carrosseries luisantes au soleil, couverte de parasols, bondée.

La route vers le nord monte en lacets serrés jusqu’à Spartilas dont les belles maisons, accrochées à la montagne, jouissent d’un magnifique panorama. Spartilas est un village traditionnel construit le long de la route. La petite route vers le sommet s’élève au dessus des oliviers. La végétation change, le rocher affleure, l’érosion caractéristique des montagnes calcaires grave des traces parallèles, lapiaz. Dans les creux poussent des fougères. A chaque tournant le paysage devient de plus en plus spectaculaire. Vers le sud, on voit la ville de Corfou. Ses citadelles, ses îles, les bateaux, l’aéroport se reconnaissent facilement. Vers le nord, des crêtes montagneuses violettes se superposent : belles montagnes découpées, sauvages, mauves et violettes, elles paraissent désertes. La Grèce ou l’Albanie ?

On dit que par temps clair on pourrait voir l’Italie. Une barre bleutée surmonte l’horizon. Peut-être est-ce simplement la brume. Au sommet, le monastère est bardé d’antennes disgracieuses. Nous ne lui prêtons pas attention, toutes à l’observation des montagnes et du dessin de la côte. Deux petits fleuves viennent se jeter là : l’un d’eux a un estuaire comblé en une plaine verte, une lagune est installée à l’arrière d’un promontoire. On devine des marais salants. Une ville est nichée dans un golfe. Après avoir dessiné deux croquis nous descendons vers la côte nord. Vers les sommets, les oliviers ne poussent pas, des chênes magnifiques se détachent sur els genets à balais. Nous retrouvons les oliviers près de la côte, oliviers plus que centenaires, plantés, dit-on par les vénitiens. On ne les taille pas. Ils sont aussi majestueux que les chênes. Des filets recouvrent le sol. On dit que ces arbres géants ne peuvent pas être secoués ou fouettés, on attend simplement que les olives tombent par terre sur les filets.

Plages au nord-est de Corfou

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La petite route débouche vers Acharavi.  Le sable de la plage d’Almiros est tantôt fin, tantôt grossier sur des kilomètres. Quelques maisons basses sont posées ça et là. Impression de calme. Première baignade : sur cette plage ouverte sur la mer, une vague roule son écume blanche. Je reviens chausser mes sandalettes : une dalle de grès par endroits fissurée borde la plage. . Je suis un peu méfiante: le sable en suspension cache le fond,et ne m’aventure pas loin. La longue plage invite à un autre plaisir : la marche là où se brise la vague. Je pourrais marcher des kilomètres.

L’étape suivante est prévue à Agios Spiridonias. On s’égare. La circulation sur la route côtière est très dense. Motos, quads, 4×4 et même autobus bouchonnent dans les villages.

Nous avions rêvé, comme à Ithaque d’une taverne de plage où nous aurions dégusté gyros, calamars ou souvlakis entre deux baignades. Soit els criques sont profondes, petites et sauvages soit les beaux restaurants à chichis colonisent les quais des marinas. La foule nous agace. Les pétarades des motos et des bateaux nous fatiguent. Il faut se battre pour passer, reculer, ma œuvrer et les places de parkings sont rares. Si on voit une boulangerie qui vend des feuilletés, c’est impossible de s’arrêter. Et on finit par se retrouver coincées dans un embouteillage.

Impression qu’on s’est trompées de vacances, qu’on a choisi la mauvaise destination. Corfou a atteint un point de saturation insupportable ; Les petites criques sont inabordables faute de parking. Nous déjeunons debout sur un coin de plage sous l’œil soupçonneux de la dame plagiste qui espérait qu’on louerait des lits. Les bateaux à moteur rendent dangereuse la baignade. J’ai acheté des chaussons aux épinards. Nous aurions peut être trouvé des calamars à emporter dans la taverne voisine. Le pique-nique est raté.

Je me suis découragée trop vite. Cinq minutes plus tard nous découvrons la petite plage de Houhoulo à l’ombre de deux eucalyptus géants bordée de beaux rochers blancs en bancs minces feuilletés. Pas d’installations. Une famille est à l’eau avec masques et tubas, un monsieur d’un certain âge est assis sur le bord de l’eau. C’est bien calme. L’eau est limpide. Les fonds rocheux sont intéressants. Je traverse la baie et longe les rochers. Cette jolie baignade fera oublier la déception du pique-nique.

Non loin de là, la plage de Gialiskari est bien cachée. Il faut laisser la voiture en haut dans les oliviers  Seul bémol, les bateaux à moteur à louer qu’il faut surveiller.

Il est déjà 16 heures. Nous avons envie de rentrer, de retrouver le calme de la terrasse, le paysage paisible des deux villages perchés, les éclats de voix de nos voisines qui grondent une petite fille Marié.

J’ai commandé pastizada sans savoir ce que c’était exactement : je reviens avec des parts gigantesques de spaghettis au ragout. Sous la tonnelle le jasmin embaume. La fraîcheur tombe avec le soir. La musique grecque s’égrène tranquillement.

Corfou : Musée Archéologique


 

 

Des idoles cycladiques nous accueillent à l’entrée. La première salle contient des statuettes de bronze d’une quarantaine de cm de la période hellénistique ou romaine. Mon préféré est un berger trouvé à Almiros Perathias (nous sommes passées à proximité hier). Il porte un bonnet phrygien et à la main, un fouet.

La plupart des objets proviennent de l’ancienne  Corcyre au sud de la ville actuelle de Garitsa à la péninsule de Kanoni.

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Le peuplement de Corfou est très ancien : les silex préhistoriques datés 40.000 à 9.000avJC sont relayés par les céramiques archaïques très simples. Les vases décorés correspondant à l’installation des Corinthiens vers 700-600 av JC. On voit aussi de belles statues de marbres de toutes es périodes d’archaïques à romaines. Certaines sont des copies de Praxitèle.

Dans la 2de salle 10 statuettes en terre cuite représentant Artémis ont été retrouvée dans un temple à Kanoni. La déesse d’une quarantaine de cm de haut porte toujours la même coiffure sévère, elle tient dans sa main gauche un arc et dans l’autre main un animal, caille, biche ou lion. Parfois la biche est couchée à ses pieds ou se dresse contre elle.

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La salle du fond reconstitue au autre sanctuaire d’Artémis, archaïque (580-550avJC). Sur le mur du fond, un fronton triangulaire figure la gorgone Méduse – celle dont Persée a copé la tête – qui a donné naissance à Pégase, le cheval ailé, et à Chryséor. La Gorgone figure vivante avec ses enfants, une ceinture de serpents à sa taille. De Pégase, il ne reste que le bas, en revanche les deux lions-panthères sont très bien conservés. Tout autour de la salle sont disposés les éléments de décoration du temple : métopes et triglyphes ou bordures en terre cuite. Il reste même les couleurs  sur certains fragments.

Les autres salles rassemblent des éléments plus disparates : un joli lion retrouvé près de la tombe de  Ménécrate,  monument cylindrique proche du musée.

Corfou : l’ancienne Corcyre et Mon Repos

On longe la mer de Garitsar à Anemomylos. Pas de moulin mais des cafés.

Mon Repos n’est pas loin mais où ?

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Nous trouvons d’abord la petite basilique byzantine Saint Jason – saint Sossipatre dont nous avons vu la photo à l’exposition byzantine du Vieux Fort. Cette église est l’un des rares édifices byzantins subsistant sur l’île. C’est une charmante basilique grecque comme celles que nous avons vues sur le continent ou dans des îles de la Mer Egée. Décor extérieur avec des briques disposées en bandes.A  l’intérieur, les fresques ont été martelées et sont en mauvais état ; L’iconostase  du 17ème -18ème siècle est baroque. Le clocher vénitien, ajouté vers 1500, est  sur le même modèle que tous les clochers de la ville.

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L’ancienne ville de Corcyre, Palaiopolis, se trouve dans  la presqu’île de Kanoni. Les thermes romains conservent encore une belle mosaïque. En face, la Basilique Paléochrétienne du 5ème siècle se trouve à l’emplacement de l’agora non loin de l’ancien port d’Alkinoos. Les lignes du rivage ont changé depuis l’Antiquité. L’autre port de Corcyre se trouve sous les pistes de l’aéroport quand on a comblé la lagune.

De l’autre côté des thermes, le parc de Mon Repos. L’entrée est libre ; Nous ne rencontrons pas de touristes mais des Corfiotes qui font leur jogging, des gamins sur des vélos ; des dames qui promènent des poussettes. Une allée goudronnée conduit à l’ancienne Résidence sous des arbres gigantesques, oliviers aux troncs noueux, comme tressés, eucalyptus odorants, chênes centenaires et yuccas touffus. Des massifs d’agapanthes bordent la route. Je subtilise quelques feuilles de lauriers pour cuire le poisson.

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Comme le Palais Saint Michel et Saint George, Mon Repos est une construction classique, anglaise avec des colonnes autour d’une rotonde  .Sir Fréderic Adam, le Haut Commissaire le fit construire et il passa entre les mains de la famille royale grecque. C’est ici que naquit en 1921 le duc d’Edimbourg. On visite les salons en acajou Regency. Des salles d’exposition variées montrent la flore (belles aquarelles), racontent les voyages d’Ulysse et présentent les découvertes archéologiques de Palaiopolis, des stèles funéraires des divers cultes célébrés à Corcyre : Artémis, bien sûr, mais aussi Héra – un petit Héraion est visible dans le parc, Poséidon, les Nymphes…Nous terminons la matinée par une promenade dans le parc à la recherche de ruines antiques, je trouve un petit temple dorique dans la verdure.

Corfou : côte nord ouest jusqu’à Sidari

La route qui monte en lacets dans les oliviers et traverse Lakones avec les points de vue extraordinaires sur les criques de Paléokastritsa et sur le château d’Angelokastro. Au carrefour avant Krini, nous nous arrêtons aux grandes boutiques de souvenirs. Je les trouve déprimantes : même dentelles, mêmes céramiques aux motifs d’olives, même couverts à salade…tout le mode méditerranée est inondé de ce pseudo-artisanat. Rien ne me fait envie.

Le détour par Makrades est une erreur. Il ne faudrait jamais pénétrer dans un village grec en voiture. Nous le savons. Nous sommes incorrigibles. D’autant plus qu’il n’y a rien de spécial à voir. Tout le charme de ces villages réside dans la tranquillité que nous avons troublée.

Baie d’Agios Giorgios

A nouveau des lacets serrés, je laisse échapper un « Oh » de surprise. Nous découvrons de nouveaux horizons, la baie d’Agios Giorgios et des îles blanches, plates, au loin l’Albanie. Rien que pour cette surprise, la balade en voiture est un régal.

Encore des villages, des oliveraies avec leur parterre de filets en plastique. Les oliviers de Corfou sont vraiment de grands  arbres. Pourquoi les a-t-on laissé prendre tant d’ampleur ? Si on regarde les cimes on se croirait dans une forêt et non pas dans un verger. Au Certains arbres ont été sulfatés, mais pas tous, pourquoi ?

La plage de sable d’Agios Giorgios  s’étend sur tout le pourtour d’une baie arrondie. Vue de loin, elle est très belle. A 10 heures avant que les estivants n’arrivent les parasols à tranches bleues et blanches ont leur charme. Les constructions du front de mer en sont totalement dénués, hétéroclites, sans style sans fleurs. Nous quittons le bord de mer pour le retrouver plus loin, au gré des chantiers. Quel gâchis !

Cap Arilla

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D’après la carte, nous aurions dû trouver la route d’Afrodisias au bout de la plage. Pas dans la réalité ! Nous nous enfonçons dans la campagne. La route tournicote. On en perd le sens de l’orientation si bien que nous dépassons Agios Stéfanos. Il faut faire demi-tour. Après avoir bien cherché,  nous arrivons à Porto Timoni sur le cap Arilla : quelques tavernes, des maisons basses fleuries, un petit magasin de souvenirs, l’Atelier. Un peu trop de pancartes en Allemand, mais discrètes ; Deux itinéraires pédestres au choix : l’un vers une grotte l’autre vers la Taverne Sunset. Sunset à 10 heures du matin ? Le choix est fait. Le sentier en balcon descend vers le cap. Cela me rappelle l’expédition à la Fontaine Aréthuse, cette fois-ci j’ai mon téléphone. Je préviendrai si je dois tarder plutôt que de remonter au pas de charge. La promenade est délicieuse ; j’arrive à deux criques siamoises séparées par une mince digue, transparence de l’eau, couleurs, je devine des coraux, des algues. Quel dommage que je n’ai pas mon maillot de bain ! Ces criques merveilleuses se méritent. D. m’attend à la Taverne Dionysos, plein ouest pour les couchers de soleil. Nous traînons dans le village soigné parmi les jardins minuscules : dans un  carré 1.5mx1.5m on trouve un unique plant de pommes de terre, trois salades montées, quelques tomates du persil et même des plantes inconnues !

Peroulades

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Le guide du Routard recommande un bar-panorama à Peroulades que nous trouvons après maints détours. Agios Stéfanos ressemble à Agios Giogios : une belle plage, des constructions anarchiques et vilaines.

Peroulades est un mignon village encore intouché par le tourisme : petites maison croulant sous leurs tonnelles de vigne, vieux toits de tuiles brunes. Le bar Panorama est moderne-trop – avec des auvents de bois à deux pans, des hauts comptoirs et même des balançoires. Pas Grec du tout ! En face, un vaste parking (pas beau mais pratique). La plage est au-dessous, invisible. Du rebord de la falaise on la devine à peine. Des marches y descendent. Cet endroit est absolument spectaculaire : une falaise de marnes grises rayée de bandes étroites plus ou moins claires. Le sable orangé tranche avec le gris, d’où vient-il ? La paroi lisse est quelque fois découpée ; Il y a même une petite arche.

C’est amusant de marcher sur la plage étroite, si étroite que les vagues battent les rochers au pied du haut mur. La vague me claque le dos quand j’essaie de passe. Pour revenir, l’entre dans l’eau jusqu’aux cuisses et marche avec précaution parce que l’eau est trouble et que les rochers et gros galets jonchent le fond. Je remonte ravie de cette baignade inédite. D a filmé d’une sorte de caisson suspendu par le bar Panorama qui est bien agencé à défaut d’être typique.

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Non loin, le Cap Drastis offre aussi des reliefs spectaculaires, des îles d’une roche blanche rubanée de beige. Le sel qui se dépose autour des îlots fait un fin glaçage. Une piste poudreuse et bien large descend au rivage. Un  écriteau en Allemand rassure les automobilistes : » la piste est bien pour les voitures ! »L’ennui c’est que les voitures sont si nombreuses qu’il est impossible de se garer, le demi-tour est problématique. On retourne sans avoir vu l’eau. Pourtant vu d’en haut, le Cap Drastis vaut le déplacement. Il y a même des bateaux-taxis : l’excursion doit être pittoresque (en général c’est cher !).

Sidari

Les guides montrent de jolies photos de Sidari. Le Canal d’Amour est l’attraction principale. C’est un attrape –nigaud. Nous traversons l’urbanisation balnéaire la plus ratée qu’on puisse imaginer. Des bars à piscine se succèdent, des bars à bière, des supermarchés…Les tavernes exhibent leurs menus sur des pancartes agressives. Les estivants vont à la mer en voiture – embouteillage garanti – Ceux qui vont à pied sont chargés de bouée-crocodiles, de rabanes, des serviettes aux couleurs criardes. Allemands et Anglais sont rouges de coups de soleil. A fuir !!!

On fuit Sidari. Comme il fait chaud, une trempette serait la bienvenue avant d’entamer le retour. Ayant traversé cet horrible endroit on s’arrête sur la Paralia Megali, beaucoup moins courue que le Canal d’Amour. Aucun attrait particulier si ce n’est une grande plage tranquille et des fonds sableux en pente très douce, très bien pour les petits, pas terrible pour nager.

Corfou : côte au sud ouest de Paleokastritsa

Nous quittons la route de Corfou par l’intérieur  3km aprsè Liapadès pour celle marquée Kanakades – Marmaro – Giannades qui monte dans de molles collines bien cultivées et traverse des villages tranquilles.

Ermonès

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La plage de’Ermones a gagné le pavillon bleu et toutes les distinctions possibles en ce qui concerne la propreté de l’eau, l’accessibilité pour les handicapés, la sécurité…. La plage est très encaissée et entourée de rochers intéressants. Une bonne route aboutit à un vaste parking. Mais pour arriver à la plage, il faut traverser le bar de la Taverne George ( 9h du matin,désert, donc pas de problème). On marche ensuite sur des planches (pour ne pas se salir les pieds ? ou ne pas salir le sable ?)De beaux lits bleux attendent le client. L’eau est merveilleuse quoique agitée aujourd’hui. Je me retourne. Toute la colline est bétonnée. Deux établissements se partagent l’amphithéâtre naturel. Des studios beiges, par bloc de 4 s’étagent, le plus discrètement possible dans la verdure. Un ascenseur de verre dessert tous les paliers. En bas l’autre hôtel se distingue par son crépi rose (vaste piscine). L’ensemble est réussi, rien de laid. La plage est réservée aux résidents. Sur les lits de plage, les serviettes ont dû passer la nuit. Faisant le tour de la crique, je découvre un autre accès, un chemin de terre, quelques places de parking. L’entrée du public ?

Tout se paie. Une jolie crique intacte et non saccagée par les voitures ou les installations intempestives, s’achète de trois façons : une marche très longue et périlleuse sur un sentier malaisé sous un soleil de plomb, une course hors de prix en bateau-taxi ou un séjour dans une « résidence de rêve ». Quand je rentrerai à la maison, je comparerai les prix de ces studios de bon goût et les horribles établissements de Sidari. L’écart entre les deux m’intéresse.

Mirtiotissa

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Depuis Paleokastritsa la côte est protégée par un massif montagneux érigeant  une falaise abrupte sur la mer. Le littoral  est très sauvage et les villages sont perchés dans l’intérieur. Mirtiotissa est une toute petite crique sauvage, un bijou fragile. Une fresque dessinée sur le mur en ciment sous le restaurant supplie de la sauvegarder. Après notre expérience d’hier au Cap Drastis, nous avons appris qu’il vaut mieux laisse la voiture à mi-pente que de se retrouver dans une impasse au milieu des autres voitures. Un restaurant propose d’utiliser son parking pour 2€. La descente à pied est un régal : les pins accrochés à un rocher vertical ressemblent à ceux des peintures chinoises, leurs silhouettes tordues se détachent à contre-jour. Leurs aiguilles bien fournies forment un revêtement touffu à la paroi. Les vagues font claquer une eau limpide contre les rochers. Il n’y a personne. J’ai revêtu mon maillot mais l’idée d’être projetée par les vagues m’effraie et il n’y a personne. Dans le creux, une petite « kantina » propose des canettes de bière ou de soda. Le chemin poudreux continue jusqu’au monastère Moni Panaghia Mirtiotissa. La promenade doit être sublime mais c’est dimanche j’ai peur de débouler pendant la messe en tenue légère: ce serait inconvenant.

Pendant la remontée, je croise d’autres touristes. Je suis heureuse de garder l’image de cette crique déserte. Une dizaine de personne l’auraient surpeuplée !

Pelekas

Pelekas est célèbre par son « Trône du Kaiser ». Du haut de la colline, Guillaume II venant admirer le panorama à 360°. En effet Pelekas est situé dans la bande la plus étroite de l’île de Corfou. Vers l’Est on découvre la ville, son port et ses forts, on voit même évoluer les ferries. Vers l’Ouest, la côte sauvage avec ses hautes falaises qui descendent directement dans la mer. Entre les deux, dans la cuvette, de nombreux villages.

Sinarades

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Il y aurait des kafenéios sympathiques sur la place pour « boire un café avec les Anciens »dixit le routard. Notre guide doit être périmé. Les « anciens » sont bien au café mais pas sur la place, sur le trottoir étroit. La place ronde est rénovée avec un parking, une gloriette de bois servant de station d’autobus, de l’autre côté un restaurant fait rôtir à la broche un chevreau sur un énorme barbecue.

On fait une belle promenade dans les ruelles qui montent : une maison ancienne a été aménagée en Musée Ethnographique tout à fait intéressant. Des étiquettes trilingues (Grec-Anglais-Allemand) présentent les documents sous-verre. La maison est meublée. Il y a également des outils anciens. Les pièces les plus originales sont les « sella » siège gynécologiques primitifs pour l’accouchement : deux planches et trois pieds pour la plus simple qui a servi jusqu’en 1945 un creux arrondi et du bois laqué pour la plus récente, utilisée jusqu’en 1960.

Agios Gordis

Belle plage mais beaucoup de constructions modernes et de supermarchés. On ira sur la plage si on ne trouve pas mieux. On a trouvé beaucoup mieux.

Pentati

A l’aplomb de la station balnéaire le petit village de Pentati a gardé tout son charme, la fraicheur des tons pastel des maisons à un étage, les oignons qui sèchent, les treilles de vigne, les grosses  potées de basilic. Selon le Guide du Routard la descente à la plage serait périlleuse en voiture. Comme à Mitiotissa, je m’apprête à y descendre à pied. Au lieu de me retrouver à la plage je me retrouve dans un hameau sur la route de Paramonas, 4 km dans l’oliveraie(le GdeR propose de les parcourir à pied). C’est effectivement une très belle route dans les terrasses d’oliviers qu’on n’a pas laissé grandir, bien taillés avec des troncs encore plus intéressants. Leur feuillage laisse des trouées de lumière et des jeux d’ombres. De très belles villas avec piscines ont été construites. Actuellement il y en a peu qui jouissent d’un environnement exceptionnel et qui ne défigurent pas encore le paysage. Pourvu que cela dure !

Paramonas

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La plage de sable de Paramonas est aménagée mais pas trop. Nous déjeunons dans une jolie taverne avec des nappes en papier blanches  directement sur la plage. Je me baigne dans les vagues. Depuis deux jours la mer est agitée, pourtant à l’intérieur des terres il n’y a pas un souffle d’air. Le sable est fin, la plage en pente douce.  Des Grecs s’amusent comme moi. Leur présence me sécurise surtout quand ils entraînent avec eux une fillette de cinq ou six ans. Je me laisse alors aller à sauter dans les rouleaux.

Les plats sont bien servis : la brochette de poulet est monstrueuse et accompagnée de frites mais aussi de salade et de tsatziki et le calamar est entier grillé à point et très tendre servi avec des courgettes et une tomate.

Nous rentrons en ¾ d’heures. Le circuit a été réussi du début à la fin. Nous avons eu la sagesse de ne pas le faire trop long.

Corfou :Les panégyries de Liapades

iles-ioniennes-copie.1289652825.JPGde notre terrasse le soir

Des affiches en Anglais et en Grec invitent aux panégyries de Liapades dimanche soir à 20h. Je n’imaginais pas que ce terme, pompeux en Français – s’appliquerait à une fête de village. Rien de touristique dans ce « Festival ». Sur une estrade, beaucoup d’amplis et de synthétiseurs. Les musiciens sont jeunes, en jeans : un violoniste, un guitariste et un électronicien. A 8h, ils font leurs réglages.  A 9h30, à la tombée de la nuit, tout le village converge vers la fête. Des tables rondes sont recouvertes de nappes en papier. Une douzaine de chevreaux tournent sur des broches. Le boucher officie avec sa hache et sa balance : il débite le chevreau et pèse – 20€ le kg. Le tout est emballé dans du papier, répandu sur la table et mangé avec les doigts. Une roulotte vend du maïs grillé et une autre des loukoumades, sucreries et barbe à papa. Les marchands de jouet ont étalé les poussettes roses pour els filles et les mitrailleuses en plastique pour les garçons(on a déjà vu cela à Chios)Une femme à allure de gitane se promène avec un bouquet de ballons métallisés, cœurs ou canards tandis que son mari assis leste un autre bouquet de ballons en fumant. Les Sénégalais ont étalé éléphants et rhinocéros en bois ; tout le village est venu manger en famille et rencontrer les amis. Les touristes n’ont rien à faire. C’est tout le contraire d’une soirée folklorique. La musique est fortement amplifiée. Quand le violoniste mène la danse on croirait reconnaître des airs irlandais. Une bande enregistrée a des accents plus orientaux. Cela finit par Twist again. Après une visite d’un quart d’heure, je décide qu’on entend aussi bien sur la terrasse. On a éteint les lumières, on regarde les étoiles.