Deux procès en cours donc, – Celui d’une femme qui a tué́ sauvagement son mari après avoir subi de sa part durant des années des violences physiques et sexuelles. – Celui d’un humoriste célèbre, auteur d’une blague fort malheureuse sur les violences faites aux femmes durant l’une de ses chroniques quotidiennes sur une station de radio populaire. Deux histoires qui se croisent indirectement. Deux affaires qui enflamment tout un pays.
Sur le dépliant de présentation il est précisé que la pièce s’inspire de jacqueline Sauvage dont le verdict fut de dix ans de prison, et des déboires d’un humoriste à la radio. Il s’git de « montrer frontalement la violence pour offrir une catharsis ». On ne s’attendait à rien de réjouissant.
C’était mal connaître Jean-Christophe Meurisse et sa troupe des Chiens de Navarre. Nous avons passé deux heures à rire à gorge déployée.
Décors inventifs : le bureau de la directrice de l’école primaire, un commissariat, un studio de Radio, la cour d’appel. Et chaque fois des trouvailles!
Une excellente soirée et une dénonciation efficace des violences faites aux femmes
J’avais envie d’un polar d’une nouvelle série après des lectures difficiles.
Si on considère que Gennevilliers, son port, les bords de la Seine, L’Île Saint Denis, sont le sujet du livre, c’est tout à fait réussi et intéressant. J’aime explorer les coins reculés du Grand Paris, son histoire, ses mutations. J’aime bien les références géologiques des carrières, l’histoire maraîchère un peu ancienne maintenant, les tours et les quartiers du 9-3, avec les chantiers des Jeux Olympiques, grues, darse de Haropa, le port Havre-Rouen- Paris qui exploite également des darses à côté de chez moi à Bonneuil.
En revanche, en ce qui concerne l’intrigue policière j’ai été déçue. Les personnages d’abord ne m’ont guère intéressée. Nora, brillante élève, reçue première de sa promotion est écartée de l’enquête. Est-ce à cause du machisme de ses collègues et de son chef, elle est reléguée à des patrouilles de routines et même placardisée quand elle se rebelle. Son personnage est peu crédible, naïveté adolescente dans sa foi catholique, puis casse-cou et redoutable batailleuse sur le terrain. Ses collègues sont tout aussi schématisés, des flics ripoux, vulgaires. peu de finesse.
L’irruption du fantastique et les invraisemblances m’ont rebutée. Je suis mauvaise cliente pour les maléfices.
Malgré ces bémols, ce polar se lit bien, on tourne les pages pour savoir comment cela va se terminer même si l’intrigue se dévoile assez tôt.
Le « jardinier » du titre avait suffi à me faire télécharger ce roman, d’autant plus qu’un Challenge Bulgarie avait été initié par Claudialucia. Lors de notre voyage en Bulgarie j’avais été émerveillée par les jardins, jardins nourriciers, jardins de gens simples, pas des parcs paysagers dessinés par des pros. J’avais adoré notre séjour à Dragoevo dans ce jardin extraordinaireCLIC;
« Tant qu’il y a du travail dans le jardin, on se trouve dans une zone protégée, on profite d’une sorte d’ immortalité saisonnière. Il y a tant à faire en ce moment, comment mourir. Il faut mourir en hiver, lorsque le travail s’arrête. »
J’avais zappé « La mort » du titre du livre. C’est en effet, un livre de deuil. Le narrateur (sans doute l’auteur) vient de perdre son père. Comme il est écrivain, il écrit un texte consolateur. Il relate la maladie et ses souffrances, l’accompagnement tout en douceur, « Rien d’effrayant » est le leitmotiv du père, puis la perte, le deuil, les jours et les mois qui vont suivre, »l’après ».
Evocation de la figure du père dans la Bulgarie communiste. Humour des petites résistance au pouvoir comme le refus de participer à la parade du 9 septembre et la tradition familiale de griller des poivrons au passage de la dite parade (oh le parfum des poivrons grillés!) . Relation père-fils pleine de pudeur, de retenue, sans embrassades ni pleurs « Rien d’effrayant« .
Le père était aussi un fameux raconteur d’histoires, quand le narrateur pense à son père il cite les histoires dont il régalait la famille. Drôles, légères amusantes, elles allègent la lecture
« Peut-être était-ce là la mission de mon père, me dis-je, sans qu’il s’en rende compte lui-même : pasteur d’
un petit troupeau d’histoires dont il s’occupait et qui le suivait partout. Ou tout simplement jardinier, là,
dans le jardin aux histoires et aux arbres généalogiques. »
Et toujours le rapport très fort à la nature, à la botanique, au cycle des saisons, à la délicatesse des roses, à la résurrection des bulbes des perce-neige, des tulipes après l’hiver…
« Jardinage et mort. Je crois que nous pouvons considérer le jardinage comme orienté par principe contre la mort. »
Ce livre charmant est une lecture tendre, sensible, touchante pas du tout plombante malgré le thème de la mort.
« Roman élégiaque, roman-mémoire ou roman-jardin. Peu lui importe, à la botanique de la mélancolie. »
Pour le plaisir de retourner à Cagliari, de retrouver Mara Rais et Eva Croce, les deux enquêtrices de choc, de boire des verres sur le front de mer, de m’amuser à l’irruption du dialecte, sarde mais aussi napolitain ou vénitien, et au choc des particularismes italiens. Pour m’évader dans une intrigue bien sanglante, bien compliquée avec rebondissements, surprises dont a le secret Piergiorgio Pulixi dans cette série Les Chansons du Maldont c’est le tome 5 : j’avais aimé l’Ile des âmes , polar ethnologique, L’Illusion du mal surfant sur le pouvoir des médias.
Sur une plage de Cagliari, on retrouve le cadavre affreusement mutilé d’une lycéenne. Stella est originaire d’un quartier très défavorisé où règne le narcotrafic et où l’omerta est la règle, surtout vis à vis de la police détestée. L’enquête s’avère ardue. Le duo d’enquêtrices a reçu du renfort, Clara, florentine, géante de 2 m, et l’expert en criminologie Strega, arrivé de Milan. Beaucoup de monde sur l’affaire d’autant plus que la Juge d’instruction a aussi fait appel à un commissaire de police napolitain. Les jurons en dialectes divers vont fuser!
Le décor est planté, l’enquête peut commencer. A vous de vous laisser emporter. Attention, pavé de 576 pages.
Il faudra encore patienter une bonne année avant que le Métro du Grand Paris Express,Ligne 15 sud ne soit mis en service. Comme on a retiré la palissade et les Algécos au coin de l’Université de Créteil, j’imaginais que l’ouverture de la ligne était imminente. Mais non! La gare Saint Maur Créteil est encore en chantier. C’est la gare la plus profonde de France (55 m) et son creusement a retardé d’une bonne année la mise en route.
La géologie explique ce chantier titanesque : en superficie on a implanté le RER A, en dessous, le sous-sol est d’abord très humide du fait de la proximité de la Marne et en dessous une épaisse couche d’argiles plastiques ne se prête pas au creusement d’un tunnel. Il a fallu creuser dans la craie . Creusement d’un puits vertical avec 9 niveaux horizontaux tandis que le tunnelier forait horizontalement. J’imaginais un tunnel horizontal, il fait plutôt des montagnes russes! L’emplacement d’une gare à Saint Maur est nécessaire pour l’interconnexion avec le RER A en direction de Boissy-Saint-Léger, une autre gare relie le RER A à Champs sur Marne, mais il s’agit de la branche qui va à Marne la Vallée.
Puits et escalier monumental : Sculpture de lumière
L’aménagement de la Gare a été attribuée par concours à l’architecte Cyril Frétout (ANIMA) . Les 68 gares du Grand Paris Express sont conçues en Tandem, un architecte et un artiste. Suzanne Fritscher. Le problème était de meubler le puits de 42 m de profondeur et d’y amener la lumière. Un escalier monumental se déroule « comme une pelure d’orange en spirale. Et pour meubler et sculpter la lumière des câbles fins blancs et transparents se déploient comme une nébuleuse lumineuse. En périphérie, une batterie de 11 ascenseurs (25 personnes) dessert la galerie.
Dans le tunnel, pas d’affiches publicitaires géantes comme dans le métro parisien mais des décors imaginés par des plasticiens qui font allusion à l’environnement en surface.
Un dernier mot laissé à l’architecte (trouvé sur le site du Grand Paris Express)
Milady n’est pas une femme qui pleure…Elle est de celles qui se vengent
Evelyn de Morgan – La potion d’amour. La sorcière, une autre femme puissante
Les Trois Mousquetaires se distingue. Dans cette épopée fraternelle courent une énergie et une candeur
viriles jamais égalées. Elle a été adaptée, analysée, réinventée des dizaines de fois. Rarement une oeuvre
aura connu une telle longévité ni une telle fécondité. Après tant de reprises littéraires réussies et ratées,
tant de feuilletons, de parodies et de navets, tant de dessins animés, de bandes dessinées, pourquoi y
revenir ?
[…]
Autres temps, autres mœurs. Je ne révise pas. Je n’accuse pas non plus. Je me glisse dans les blancs de ton texte, dans les angles morts, et j’invite ceux qui, comme moi, sont épris de justice à ouvrir les yeux et les
oreilles.
Récemment, les chefs d’œuvres de la littérature classique, ont inspiré les auteurs contemporains pour des succès primés. J’ai lu successivement On m’appelle Demon Copperfield de Barbara Kingsolver, d’après David Copperfieldde Dickens, James de Percival Everett, à la suite de Huckleberry Finn. Et, à la suite, l’Essai de Laure Murat, Toutes les époques sont dégueulasses qui se penche sur les phénomènes de récriture et de réécriture. La récriture étant une « correction » politiquement correcte afin de gommer des éléments choquant le public contemporain (racisme, sexisme et autres. La Réécriture étant la production d’un ouvrage original en s’inspirant d’un livre ancien.
Je voulais vivre emprunte ses personnages aux Trois Mousquetaires,les replace dans les situations du roman de Dumas mais raconte l’histoire du point de vue de Milady qui devient le personnage principal. Une histoire de cape et d’épée racontée par une femme. Jamesest construit sur le même principe, le personnage principal est un esclave dans l’Amérique encore esclavagiste. On dit souvent que l’Histoire est racontée par les vainqueurs, la littérature contemporaine tente de redonner la parole aux opprimés.
Anne de Breuil, Comtesse de la Fère, Milady de Winter, Charlotte Backson, sous toutes ses identités est jugée à Armentières et exécutée par un tribunal improvisé d’hommes sûrs de leur bon droit. Meurtrière, empoisonneuse, bigame, séductrice, manipulatrice, elle mérite la peine capitale et sera exécutée. Je ne spoile guère, nous connaissons tous ce jugement.
Je voulais vivre raconte l’histoire de la petite orpheline qui fuit les meurtriers de sa mère, qu’on va enfermer dans un couvent et qui ne s’évadera de ses persécutrices qu’en suivant un prêtre….Quand a-t-elle perdu sa pureté, ce qui fait la valeur d’une jeune fille? Avec la perte de sa virginité ou avec la flétrissure que lui inflige le bourreau? J’ai lu les 3 Mousquetairesà 12 ans et je n’avais rien compris de cette fleur de lys imprimée sur son épaule.
Très belle, Milady, mais surtout intelligente, instruite, excellente cavalière sachant aussi manier l’épée et la dague. Une telle femme pouvait-elle exister en liberté dans le monde des Mousquetaires? On aurait pu l’accuser de sorcellerie, on la fait criminelle.
C’est donc un roman moderne, féministe qui a du souffle comme les Trois Mousquetaires dont il s’inspire. Plaisir de lecture. Un prix Renaudot tout à fait mérité!
les caryatides à l’entrée du Passage de Bourg l’Abbé
C’est une visite guidée par Monsieur Bac trouvée sur le site Explore Paris. Bien que parisienne de naissance, j’ai parfois besoin qu’on me fasse découvrir des endroits un peu secrets que je n’ai pas exploré seule.
J’étais passée la semaine passée par le Passage Brady en allant à la Galerie Marteloù Art Spiegelman et Joe Sacco signaient leur BD Never Again!..And Again… (jusqu’au 10 janvier 2026) et cela m’avait donné envie d’en savoir plus sur ce quartier très vivant, cosmopolite et dépaysant.
Théâtre Antoine boulevard de Strasbourg
La promenade commence au métro Réaumur Sébastopol pour s’achever une station de métro plus loin à Strasbourg-Saint Denis dans un périmètre très restreint limité au sud par le métro Sentier et la Place du Caire.
passage de Bourg l’Abbé
Nous découvrons les passages couverts. Ces passages furent aménagés à la fin du XVIIIème siècle : 1785 pour le Passage du Prado, 1798 passage du Caire, et dans les années 1830 . Ils permettaient aux Parisiens de faire leurs achats dans des boutiques fermées sans se salir dans la boue des rues, raccourci entre les artères passantes et lieux de promenade agréable. Ces passages furent amputés par les travaux d’Haussmann et le percement du boulevard de Sébastopol (1854) puis concurrencés par l’essor des Grands Magasins.
Nous entrons dans le Passage de Bourg l’Abbé sous le porche dessiné par Blondel avec ses deux cariatidesa, allégories du Commerce, et de l’Industrie pour découvrir des boutiques sous une verrière très haute. Ce lundi 29 Décembre n’est pas très propice au shopping, nombreuses enseignes sont fermées. Ce passage est privé, l’accès n’est autorisé qu’en semaine et aux heures ouvrables. Aux étages supérieurs des résidents disposent d’une clé.
L’entrée du Passage du Grand Cerf est moins spectaculaire. Reliant le 145 de la rue Saint Denis au 10 de la rue Dussoubs, il doit son nom à l’ancienne « Maison de roulage » du même nom, terminus des diligences. Des merceries et boutiques de laine sont encore très actives
lilweasel, boutique de laine et mercerie
ainsi que des brocantes et boutiques d’articles religieux ou décoratifs
Et encore plus pittoresque cet opticien vintage « Pour vos beaux yeux »
Pour vos beaux yeux lunettes vintage
la place Goldoni en l’honneur du dramaturge qui a vécu 21 rue Dussoubs et qui y mourut « pauvre » comme le rappelle une plaque de marbre commémorative. Non loin, la petite Rue Marie Stuartrappelle le passage de l’éphémère reine de France, petite rue mal famée à l’époque, Rue Tire-boudin ou Tire-vit comme on n’avait pas osé le prononcer devant la reine.
Notre conférencier pianote sur un digicode pour nous faire découvrir un très élégant hôtel particulier caché aux yeux des passants. Il appartenait au gouverneur de la Bastille, de Launay. Des merveilles sont ainsi invisibles et secrètes. Un guide est bien nécessaire.
vitrine du Café Royal à l’entrée du passage de Bourg l’Abbé
Des constructions récentes ont été bâties à la place de l’ancienne Cour des Miracles souvenir littéraire dont il ne reste plus rien. Rue Réaumur, près du métro Sentier, Monsieur Bac nous parle de l’ancien quartier de la Presseet nous montre le siège de l‘Indépendant, évoque Paris-Soir, puis France-Soir, Pierre Lazareff….temps révolu, il ne reste plus d’imprimerie de Presse maintenant. Heureusement qu’une visite guidée peut me rafraîchir la mémoire. Nous sommes dans le Quartier du Sentier, quartier du textile et de la passementerie et arrivons Place du Caire
passage du Caire
Le Passage du Cairea été construit après l’expédition de Bonaparte. Sur la façade des figures d’Hathor sont surmontées d’une frise ressemblant aux bas relief de RamsèsII et au sommet de l’immeuble des hiéroglyphes fantaisistes intègrent une caricature du profil d’un professeur des Beaux Arts.
Verrière Passage du caire
Le Passage du Cairea été construit dans l’esprit d’un bazar oriental sur un plan en Y avec 3 différentes allées rejoignant la rue du Caire, et la Rue Saint Denis. Les boutiques ne sont guère jolies, ce sont plutôt des entrepôts et des ateliers de textiles. L’endroit ne respire pas la prospérité. Discrétion des grossistes ou crise du textile?
Encore un passage : Le passage du Ponceau et la découverte d’un autre hôtel particulier ravissant.
Nous passons Rue Blondel, puis Rue Saint Denis très animée depuis des temps très anciens : voie qu’empruntaient les rois de France pour aller à la Basilique Saint Denis. L’arc de Triomphe est élevé en l’honneur des campagnes militaires de Louis XIV et de la victoire sur la Hollande, érigé en 1673 par Blondel. Nous traversons ensuite leBoulevard Bonne Nouvelle pour un dépaysement certain : nous sommes en Turquie! Cette petite Turquie est très animée avec des commerces de bouche et de nombreux restaurants.
passage du Prado
Art déco ou indien, le décor métallique qui soutient la verrière du Passage du Prado ? nous continuons le voyage en Orient, Pakistan ou Afghanistan, des officines de traducteurs sont décorées de l’ancien drapeau afghan. Barbiers à prix dérisoires, commerces exotiques.
passage Brady
Passage Brady, ,nous sommes en Inde avec des restaurants très appétissants, des épiceries exotiques et des coiffeurs. Perruques, extensions, teintures…Un peu plus loin, après le Château d’Eau nous arriverions au Château Rouge, concentration de coiffeurs africains….mais nous ne ferons pas le voyage ce jour.
Bouillon Julien
Dernière découverte : le Bouillon Julien, nombreuses tables dans un décor Art Nouveau (ouvert en 1906)verrière à motifs végétaux, mosaïque de Trezel sur des motifs de Mucha, stucs et un comptoir en bois précieux de Cuba. Les prix sont tout à fait raisonnables et j’ai prix la carte pour réserver à la prochaine occasion.
Très belle exposition du peintre finlandais Pekka Halonen (1865-1933) qui nous fait découvrir la nature de son pays en plus d’une centaine de tableaux. Au tournant du XIXème siècle et du XXème, Paris a aussi attiré EdelfeltCLIC à qui le Petit Palais avait consacré une belle exposition et Gallen-KallelaCLIC Exposition à jacquemart-André
L’exposition Pekka Halonen rappelle le contexte de l’indépendance compliquée de la Finlande, Grand-Duché sous la tutelle de la Russie, dotée d’un parlement mais dont l’indépendance ne fut proclamée qu’en 1917. peintres et musiciens étaient inspirés par l’élan nationaliste. Pekka Halonen est représenté jouant de l’instrument de musique typiquement finnois : le Kantele et avec Sibelius
1891 Eero Jarnefelt : Pekka halonen jouant du kantele
A l’Exposition Universelle de Paris 1900 la Finlande avait un pavillon qui est reproduit dans l’exposition où Pekka Halonen exposa avec d’autres peintres finnois.
1900 – La lessive sur la glace Pekka Halonen
Venu à Paris en 1890 il fut formé par Jules Bastien-Lepage , peintre naturaliste à la suite de Jean-François Millet mais en 1893, il devient l’élève de Gauguin.Il peint les hommes de son pays au travail, bûcherons, ou pêcheurs
Homme goudronnant sa barque
Mais son inspiration principale est la nature : lacs, nuages et surtout la neige.
1907 Fin d’hiver au lac Tuusula
Sa maison-atelier Halasenniemi à Tuusula qu’on découvre sur le tableau est reproduite dans une grande salle de l’exposition : large baie vitrée donnant sur le lac et chaudes boiseries à l’intérieur. Dans cette salle, on voit la vie se dérouler de-dans comme dehors, les saisons passer avec les couleurs vives succédant aux blancs bleutés de la neige et de la glace
La lessive qui sèche
Couleurs vives de l’automne aussi. Reflets sur l’eau, sur la glace qui fond pendant la débâcle
la Débâcle
Bouleaux et pins de la forêt
1916 Grand pin Kotavuori
mais l’éblouissement, l’émerveillement se trouve dans la dernière salle où la neige est peinte sur tous ses aspects. On pourrait y rester longtemps en contemplation.
Bouleau japonisant
j’aurais aimé tous les photographier : les pins, les rochers, les bouleaux,
Surtout dans cette grande exposition gardez du temps pour rester longtemps dans cette salle!
J’ai découvert Soulages, chez lui, dans son musée de Rodez. Découvert l‘Outrenoir sur des toiles où le noir appliqué au pinceau, au couteau, griffé gratté joue avec la lumière qui transforme le tableau selon l’angle d’incidence. De grands tableaux noirs et tant de variété…une visite passionnante. CLIC
J’ai suivi Soulages à Conques et observé comme la lumière modifie les vitraux selon le temps qu’il fait, l’angle d’incidence… Et toujours la sobriété des abbayes cisterciennes CLIC
Soulages, peintre du noir ou de la lumière.?
« J’aime l’autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité. Son puissant pouvoir de contraste donne une présence intense à toutes les couleurs lorsqu’il illumine les plus obscures il leur confère une grandeur sombre »
Soulages 2005
Quoique… Soulages n’a pas toujours peint du noir. Quand il s’est installé à Paris à la fin des années 40, il a surtout utilisé du brou de noix à la riche teinte brune.
L’exposition présente des papiers marouflés sur toiles. Ordre chronologique, on peut deviner l’évolution du travail. Bou de noix, gouache noire, encre. Peinture abstraite : ne pas chercher d’intention, les titres donnent une date, et les dimensions de l’œuvre. Rien pour guider le regardeur qui se fera son interprétation personnelle. Ou pas.
On découvrira des séries qui se répondent,
Intrigué, je zoome :
surprise! une timide apparition de la couleur
il y a aussi une exposition « immersive » avec casque numérique mais j’ai horreur du casque, je ne peux donc pas vous en parler.
EN REVENANT DE L’EXPO…GABRIELE MÜNTER et KANDINSKY
1929 la sténographe Suisse en pyjama
« Ecrire. Gabriele peint le portrait de la féminité et aussi celui de la femme active, qui a une fonction propre et réalise un métier. Sténographe, le premier métier officiel attribué au genre féminin. La femme représentée, motif central, occupe tout l’espace du tableau. La frontalité et le peu de perspective accordée au sujet peint nous rapprochent. Une coupe de cheveux à la garçonne. Plutôt courte, crantée. Le pantalon a la forme « harem », la mode de l’époque. Les chaussures rouges indiquent qu’elle aime aller danser, mais qu’elle s’est rendue immédiatement disponible au travail. Elle serait vêtue sous son pull d’un pyjama, le tissu apparaît, souple. Panoplie de la femme émancipée. L’artiste utilise peu de couleurs, du bleu outremer au fond, plus clair[…] Gabriele vient de peindre la « femme nouvelle » en France, « Neue Frau » en Allemagne.
Je me souviens très bien de ce tableau à l‘Exposition Gabriele Münter au MAM au printemps dernier (CLIC), mais je n’avais pas acheté le livre de Florence Mauro à cette occasion. En visitant l’Exposition Kandinsky à la Philharmonie( CLIC) j’ai pensé à elle.
1907 Kandinsky à l’harmonium
Courte biographie (109 pages en comptant les annexes), Florence Mauro s’attache à décrire certaines œuvres majeures de la peintre. Si bien que j’ai lu ce texte en 3 jours, m’arrêtant pour chercher dans la galerie-photo de mon ordinateur, ou sur Internet les tableaux du livre. Lecture hachée mais très plaisante.
Paul Klee assis dans un fauteuil.
Plaisir aussi de croiser au fil des pages les peintres du Cavalier Bleu, ceux de Montparnasse, Paul Klee, et de découvrir des noms inconnus.
Suivre cette voyageuse, partie très jeune aux Etats Unis d’où elle a rapporté de belles photographies (dans l’exposition du MAM), qui a voyagé avec Kandinsky, d’abord son professeur, puis son compagnon, à Paris avant la Grande Guerre, puis en Suède où elle avait imaginé vivre avec Kandinsky qui n’était plus le bienvenu dans l’Allemagne en guerre.
1936 Route menant aux montagnes
Encore une fois, mesurer comme la notoriété était plus compliquée pour une femme. Revenue seule en Allemagne, oubliée alors qu’elle était une figure majeure de l’Avant-Garde du temps du Blau Reiter tandis que Kandinsky et Klee avaient intégré le Bauhaus et étaient au faite de la célébrité.
Je compte persister dans la lecture de cette collection Le roman d’un chef d’oeuvre afin de continuer les visites des expositions et musées.