CARNET CRÉTOIS
Négligeant les restaurants touristiques du port, leurs menus imagés pour illettrés et les promotions spéciales à 25 ou 26€, nous nous installons dans une taverne ravissante en retrait des docks : chaises et tables vertes, une tonnelle de bougainvillées (pas encore fleurie), énormes jarres vertes d’où débordent des géraniums, et petits jardins aromatiques – basilic, menthe, sarriette dans une jardinière. Sur les tables, un brin de romarin ou une branchette d’olivier. Avec notre apéritif habituel nous demandons des mezzés. Le garçon parle français :
– « Ici nous n’avons pas d’assiette de mezzés mais vous pouvez choisir sur le menu »
Nous nous laissons guider et fixons notre choix sur les beignets aux épinards. Ils sont divins. Nous renouvelons la commande ; il nous avait semblé qu’il y avait de la menthe en plus du fromage de chèvre.
– « Non » dit le serveur, « ce sont des pissenlits »
Il faut remettre 1€20 dans le parcmètre pour visiter les arsenaux vénitiens. Un autre musée naval est censé s’y tenir au Dock Moro et présenter le bateau minoen qui avait rejoint Athènes aux Jeux Olympiques de 2004. Hélas, les arsenaux sont fermés.
Au bout du quai se trouvent des restaurants de poissons aux tables et chaises de bois. Celui qui est à l’angle a chaises et tables rouges et pour enseigne une figure de proue au nom d’Antigone.
Je parcours à pas pressés la digue, filmant en panoramique. Je découvre un minaret près de l’église Saint Nicolas. Clocher et minaret sont parallèles et jumeaux.

Le Phare est étrange : phare ou minaret ? Avec 2 balcons ! Construit par les Vénitiens, il mesurait 21m et a été surélevé par els Turcs à 26m.
Un panneau indique Fortezza : là, l’entrée du port était bloquée par une chaîne, un barrage, Firka.
Nous rentrons vers 16h à l’hôtel Maranthis : il reste une belle fin d’après midi pour profiter de la belle plage de Kato Stalos. Mes interrogations sur les tas de galets trouvent une amorce de solution : des traces de tracteur montrent que le sable a été travaillé, remanié, ratissé, peut être tamisé comme sont préparées les pistes de ski. La disposition naturelle des galets et graviers a bien été bouleversée par l’action anthropique. Peut-être les tas erratiques représentent-ils l’état sauvage et hivernal de la plage ?
