3ème CARNET BÉNINOIS ET TOGOLAIS

La route des Pêches est une piste sablonneuse sous les cocotiers. C’est un enchantement. Les laideurs de la modernité n’ont pas encore abîmé les villages des pêcheurs aux paillotes traditionnelles rectangulaires aux toits à double pans parfois renforcé de filets. Autour des habitations, les courettes sont entourées de palissades de feuilles de palmes tressées. Leur tissage me fascine, leurs couleurs aussi : vertes, fraichement confectionnées, brunes puis gris argent, celles qui sont patinées.
Les pirogues reposent sur le sable. La plupart grises en bois brut. Parfois décorées peintes de couleurs vives qui s’écaillent, des frises gravées. Certaines ont un drapeau.
Sous des abris – 4 piquets, un toit de chaume – se déroule une vie variée. Des femmes sont allongées avec leurs bébés. D’autres assises attendent avec leurs bassines le passage d’un zem ou d’un taxi. Ailleurs un babyfoot et des enfants. Des animaux traversent la voie, volaille, chevreaux.
Après à peine une demi-heure, nous arrivons à la Porte du Non-Retour. La Route de l’Esclave, avec ses statues comme un chemin de croix, disparaît sous des tas de gravier. Le chantier est difficilement praticable. Nous ne songeons plus du tout aux monuments.