Monastère de Rila (3) promenade et musée historique

CARNET BULGARE

le monastère dans son écrin vert du Rila

J’ai très bien dormi, entortillée dans les deux épaisses couvertures de laine. L’air est vif à 1150m.La cloche a sonné à 6h. J’ai attendu, bien au chaud 6h30 que le pope se promène en frappant sur la simandre. J’ai juste eu le temps de l’apercevoir de dos- sinistres voiles noirs – la planche dépasse, dessinant avec sa silhouette verticale une croix. J’avais espéré entendre les chants de la Messe. A travers les épais murs, rien ne transpire.

Petit déjeuner à l’hôtel situé derrière le monastère, crêpe au miel et aux noisettes.

Promenade de l’Oratoire Saint Luc

Luc était son neveu qui voulait se ffaire moine. Son père étant venu le chercher pour el retirer du monastère, l’enfant fut mordu par un serpent. Les fresques de la chapelle d’IVAN Rilsky au Monastère racontent cet épisode.

Dans  les prés et  dans une splendide hêtraie, le sentier s’élève d’une petite centaine de mètres. Une très belle fontaine toute simple et moussue se trouve près d’un groupe de maisons, deux chapelles, la chapelle Saint Luc, par hasard je découvre la maison de Néofyte Rilsky construite en 1843. Néofytes Rilsky est un personnage récurrent du voyage. Le chemin pavé conduit ensuite au tombeau d’Ivan Rilsky, fondateur du Monastère

Musée Historique

J’emboîte le pas à un groupe de francophones guidé par un excellent conférencier. A propos de la carte des Terres du Monastère, il explique que le supérieur du Monastère ne règnait pas seulement sur les moines mais aussi sur les paysans des villages voisins. Ces derniers donnaient chaque année le tiers des récoltes mais surtout n’étaient pas libres ni de se marier ni de déménager sans l’autorisation de l’Higoumène. Cette situation perdura au 20ème siècle jusqu’à l’avènement du pouvoir communiste qui fit une loi pour libérer les paysans. Dans des vitrines on voit les firmans des sultans ottomans (un de Soliman le Magnifique) avec un cierge d’apparat dans un tube métallique don d’un sultan.

Le monastère reçu, au cours des siècles de nombreux cadeaux, principalement de Russie : linceuls brodés, icônes recouvertes d’or, manuscrits précieux. Le conférencier en profite pour faire remarquer que els icônes russes sont serties d’or tandis que els grecques le sont d’argent. A côté des encensoirs, et divers objets liturgiques, inévitables dans un tel musée, on voit les portraits de Zahari Zograf, le peintre, de Nikolaki Dospeti, peintre d’icônes et surtout de Neofyte Rilsky – moine à rila – connu surtout comme le premier pédagogue bulgare. Un globe terrestre en cuir avec le dessin des continents, une grammaire montrent l’œuvre pédagogique de ce moine qui fonda les premières écoles laïques du pays.

L’objet le plus curieux est une croix sculptée avec minutie que le moine Rafail mit des décennies à sculpter avec des centaines de personnages. On dit que cette œuvre lui coûta la vue.

J’aurais pu monter au sommet de la Tour Hrilo, le donjon  médiéval où les moines se réfugiaient en cas d’attaque de brigands, des Byzantins, des Albanais, des Turcs….

J’aurais pu aussi visiter le Musée consacré aux fermiers du domaine.

Il était temps de déjeuner pour partir à Sofia en début d’après midi. je fais l’essai de langue servie dans une cassolette nappée de sauce à la crème et de champignons, garnie de tomate cuite, le tout recouvert de fromage jaune fondu.  Excellent. Le patron avait proposé ses truites fraîches. Nous mangerons des truites chez nous !

Nous prenons en stop une famille de l’Oise avec une petite fille blonde bien tranquille. La route de Sofia est bien chargée. Les fous du volant doublent sans prudence : appel de phare en protestation, ce sont les policiers ! Le GPS s’affole dans les quartiers périphériques de Sofia, nous perdons une bonne heure dans les ruelles et chemins de terre avant de trouver la Villa Boyana.

L’accueil du patron est aussi chaleureux qu’à notre premier passage ; Il a gardé la même chambre avec le balcon. Il me laisse imprimer ma carte d’embarquement Air France sur son  ordinateur et résout avec une grande gentillesse tous nos problèmes de voyageuses qui devront prendre l’avion à 6h du matin.

Après l’excellente matinée à Rila, nous nous offrons une après midi de paresseuses : douche, valises et télévision satellite suffisent à nous remettre d’aplomb. Seule inconnue : le GPS saura-t-il nous conduire à l’aéroport à 4h du matin ?

Pour terminer  notre dernier jour bulgare nous allons au beau restaurant bulgare (il y a aussi un Italien très classe) sur la place Boyana. Dernière curiosité gastronomique : une salade de champignons (surtout des ceps) avec du pain aux herbes, à l’ail et au beurre. Le maitre d’hôtel est un peu surpris de me voir commander de l’Ayran et pas du vin ou de la bière.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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