Arrivée sur le lac Sevan

CARNET ARMÉNIEN

bleus! le lac Sevan et le petit camion

Au détour d’un virage : le lac bleu dans son écrin de montagnes enneigées. La descente sur Martouni est beaucoup plus rapide qu’on ne l’imaginait. Un cortège d’hommes occupe toute la route. Des hommes, pas une seule femme, pas un enfant suivent un enterrement. Un vieux camion ouvert – une bétaillère – sert de corbillard. Dans la cabine, à l’avant, une photo en couleur du défunt. A l’arrière, en plein air, le cercueil de bois est debout entouré de couronnes de fleurs artificielles en forme de cœur. Plusieurs centaines de personnes suivent le cortège. Derrière, une longue file de voitures (peut être seulement de passage retenues là).Martouni est une ville sans grâce. De grandes statues communistes ornent la place flanquée de bâtiments officiels. Les jeunes sortent de l’école. Les petites filles en robe noire et corsage blanc sont pomponnées au sens propre du terme, portant pompons et nœuds dans les cheveux. Nous cherchons les guinguettes et restaurants au bord du lac où nous pensions déjeuner. Rien. Nous piqueniquerons de fruits secs plus tard. La sortie de Martouni est interminable, immeubles pouilleux, maisons basses, dépotoirs. Les gens qu’on aborde parlent Russe sans préambule et nous aiguillent vers la route principale (on a débranché le GPS qui ignore l’étape suivante,  Noradouze). Le lac est invisible derrière un rideau d’arbres hivernaux. Les peupliers n’ont pas une seule feuille. Les cerisiers commencent à peine à fleurir à plus de 2000m. Partout on voit des troupeaux de vaches et de grandes étables grises et basses. Nous nous engageons dans le premier chemin conduisant vers le lac et découvrons une petite église entourée de khatchkars.

pique nique sur les bords du lac Sevan

Plus traitres que les nids de poules ou les ornières, les rochers plats qu’on ne voit pas. La voiture se plante sur l’un d’eux. Je descends pour alléger la charge et continue à pied. Un  chien m’effraie par ses aboiements mais il se contente de garder sa maison et son étale sans s’en éloigner. La petite église est construite de blocs arrondis de basalte. Le toit à double pente en tôle a été remonté récemment : des photos montrent le chantier de restauration.  Les abricots secs et les noix prises ans du sirop calent bien. Le site est merveilleux. A quelques centaines de mètres, le Lac Sevan, bleu. Nous assistons à un spectacle amusant : le retour du troupeau. Une femme en jupe rouge, chandail noir, marche poussant son veau, le téléphone vissé à l’oreille.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

2 réflexions sur « Arrivée sur le lac Sevan »

  1. Le camion avec la cabine bleu/blanche est un ZIL 130 russe(ZIL= Zavod Imeni Likhacheva=Fabrique Automobiles Likhachev) produit a partir de anees ’60. Les « voitures » ZIL russes (limousine de luxe et sedan de luxe – equivalent de Maybach et Rolls-Royce) ont ete fabriquees seulement pour les « top officials » russes. Mais on peut les acheter par commande speciale, a un prix « special » autour de 400 – 500 milles Euro ou plus…Le camion coute moins cher: autour de 3000-4000 Euro(« second-hand »)

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    1. @george : je me doutais que le camion vous était connu. Tous les petits camions étaient sur ce modèle. Bien sûr il y en a des gros pour les transports internationaux la plupart sont iraniens.

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