De Goris au lac Sevan en passant par le Salim pass

CARNET ARMÉNIEN

Caravansérail Selim juste sous le col

260km au programme, 3 cols au dessus de 2000m.

Nous quittons tôt Goris et reprenons avec grand plaisir la route M2 de la veille, les grands champs immenses, les petits volcans au cône en demi-lune. Nous n’avons pas vu un arbre jusqu’à Sissian. Un berger à cheval pousse son troupeau de moutons en faisant claquer son long fouet ; ses chiens ressemblent à des patous. Les vachers, eux, sont à pied ils brandissent des bâtons pour pousser les vaches. Les bêtes sont bien gardées.

De temps en temps le tuyau jaune du gaz court le long de la route ; il fait des coudes à angle droit dans les villages enjambant ainsi les rues. Après le col de Vorotan nous retrouvons l’Ararat. Les gros camions iraniens sont chargés de containers ; de quel port arrivent-ils ? toutes sortes de véhicules circulent des Lada Niv a et de vieilles Volga toutes cabossées qui ont acquis une allure rurale.

Après Yeghernadzor, nous quittons « Monsieur2 » comme l’énonce madame GPS pour « Monsieur Dix » qui file vers le nord dans les vignes et les vergers puis après Getar dans une montagne aride et escarpée. La vallée se rétrécit. Le torrent écume. Les sommets sont couronnés de prismes basaltiques. La montagne brune est piquetée de petits coussins violets (thym ?). Le long de la route ont été oubliés de gros tubes rouillés, quelles canalisations ? Les lacets montent de plus en plus serrés. Quand on prend de l’altitude on arrive dans des marnes.

caravanserail Selim détail

Juste en dessous du col Selim, nous trouvons le caravansérail de Sélim en parfait état de conservation. Sa porte arrondie est surmontée d’un décor de stalactites et de fins entrelacs. De chaque côté un bas relief avec un taureau et un animal imaginaire. La première pièce est destinée aux voyageurs. Perpendiculaire,  une autre construction très longue et très basse. De chaque côté d’une allée en creux se trouvent des arcades avec des mangeoires : sans doute destinées aux animaux et aux marchandises. Un puits de lumière central (avec stalactites) éclaire la longue pièce. De la neige s’est accumulée et n’a pas encore fondu. Il fait glacial. La taille relativement modeste du caravansérail surprend. Peut être les gens dormaient-ils avec les animaux pour avoir plus chaud ? J’ai envie de relire les textes racontant les caravanes (Tavernier et Lamartine). Sur la carte figure un deuxième caravansérail que nous ne trouvons pas. D’ailleurs nous aurions pu passer à côté du caravansérail sans le voir tant il est bas à l’abri sur le flanc de la montagne.

caravansérail de sélim : intérieur

De l’autre côté du Col Sélim (2410m) le vallon est très humide avec de petits ruisseaux qui serpentent. L’herbe, vert fluo, est piquetée de boutons d’or et de fleurettes blanches. Sur le bord de la route, une belle fontaine grise. Il me plait à penser qu’elle était déjà là du temps des caravanes. Des gens penchés ramassent des asperges ou des bulbes. De la route on devine quelques villages aux maisons de pierre noire, très basses qui paraissent en ruine mais qui sont habitées. Un petit tracteur bleu vif fait une tache de couleur dans les pierres gris foncé. Un petit cône très régulier a été raviné en sillons remplis de neige dessinant des rayons blancs sur les cendres.

petit cône volcanique près du col Sélim

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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