Visite de Bordeaux abrégée par l’orage

AUTOMNE AQUITAIN

Bordeaux et la Garonne

 

 

Du Pin sec à Bordeaux il n’y a que 78km,  mais près d’une heure et demie sur des routes rectilignes et passablement ennuyeuses.  Nous sommes donc parties assez tôt pour profiter d’une » longue » journée.

Arrivée vers 10h15, cours du XXX juillet  où se trouve l’Office de Tourisme. On y vend pour 1€ un parcours piéton sur un très beau dépliant très détaillé, juste en face part un car rouge à impériale pour un tour de ville d’une heure (12€). Un petit train  fait un parcours plus court.

La promenade  nous mène d’abord à l’Esplanade des Quinconces  annoncée comme la plus vaste place d’Europe, encombrée d’une fête foraine qui gâche un peu les perspectives. Le beau monument aux Girondins avec sa fontaine et ses statues n’est pas à son avantage. Je devine les colonnes rostrales sans pouvoir les photographier.

place de la bourse avec la fontaine des trois Gràces

Le car s’engage ensuite sur les quais de la Garonne. L’ensemble est splendide. Rien ne vient troubler l’harmonie: même hauteur de façades, des décors sculpté dans la belle pierre claire. Théâtrale, la Place de la Bourse avec sa fontaine aux Trois Grâces aujourd’hui curieusement affublées de sorte de tabliers de toile cirée rouge !

Une autre fontaine est étrange, colonne tronquée avec des tronçons bizarres.

De l’autre côté, c’est la modernité avec le joli tramway, la promenade très contemporaine avec ses massifs de lavandes, ses haies fleuries d’albizzias, ses bancs et ses dalles où se déplacent des jeunes en rollers, skates, jusqu’aux gendarmes sur des engins à deux roues trottinettes à moteur que je n’ai jamais vus ailleurs. Le clou de la création contemporaine est le miroir d’eau  ce bassin très plat. Aujourd’hui un cinéaste tourne : les actrices en maillot et bonnet de bain font des cabrioles.

cinéma et danse sur le miroir d’eau

Le contraste entre les façades 18ème siècle et la promenade 12ème ne choque pas, au contraire l’ensemble architectural est mis en valeur. C’est une réussite parfaite. Plus loin, on nous montre un palais 19ème , château kitsch, trop décoré, pâtisserie un peu écœurante. Le car passe un  pont moderne et  passe devant le quartier de la Bastide, très aéré avec des entrepôts abandonnés et une caserne des pompiers sur pilotis de ciment, à la manière du Corbusier, peut être une réussite architecturale, en tout cas bien mal entretenue, la peinture rouge s’écaille.

Pour passer la Garonne on emprunte le pont de pierres qui est  plutôt en briques roses avec 17 arches (comme les 17 lettres de Napoléon Bonaparte, dit le commentaire du car) il enjambe une Garonne café au lait qui tourbillonne près des piles. Du pont la vue est idéale sur le front du « port de la lune » on voit aussi les clochers pointus dépasser, comme pour nous dire que, derrière les façades, il y a une ville plus ancienne de petites rues ,où le car à impériale ne pourra pas s’engager, et qu’il faudra découvrir à pied.

la grosse cloche

Le circuit suit des cours courbes sur l’emplacement d’anciens remparts. Je remarque de nombreuses boutiques orientales. Arrêt devant la Grosse Cloche portée par une porte de la ville. Je me tors le cou pour voir le lion, la girouette. Puis ce sera la Cité judiciaire, voulue par Napoléon,  les Musées  et retour dans notre siècle dans le quartier de Mériadeck, quartier moderne très homogène, encore des références au Corbusier ( ?)  Rien d’enthousiasmant, c’est compact, lourd, fonctionnel sûrement.

Une heure plus tard, nous avons appris beaucoup de choses sur Bordeaux que nous allons nous empresser d’oublier, j’espère me rappeler du  nom de Tourny, l’Intendant, genre de préfet de louis XV qui a ordonné l’urbanisme de la ville, dessiné les allées pour les promenades à pieds et les cours où circulaient les carrosses.

Il fait un  temps radieux, nous cherchons d’abord à nous ravitailler, pique-nique prévu sur les bords de la Garonne. Devant le théâtre,  énorme avec ses douze colonnes aux chapiteaux corinthiens et ses 12 statues, 9 muses et 3 déesses, nous achetons une salade à la Brioche dorée. De nombreux jeunes mangent leur sandwich sur les marches du théâtre. Sur la place il y a une statue monumentale, une tête en fonte, à ‘expression énigmatique de Jaume Plensa, Sanna. Un écriteau nous apprend que le sculpteur a réalisé d’autres statues monumentales pour Bordeaux ; J’aurais bien aimé les voir.

L’église Notre Dame, à proximité du Grand Théâtre, est le seul monument que je visite dans le circuit pédestre, sa façade très décorée, trop est baroque. C’est une église dominicaine très kitch à l’intérieur, les chapelles sont peintes à fresques, mais fresques 19ème que je ne prise guère ; l’une d’elle avec Notre Dame des Roses de Lima pleine de roses est particulièrement réussie.

sur la façade de l’église Notre-Dame

A peine avons-nous trouvé un banc devant le fleuve que le ciel se charge de nuages menaçants. J’aurai juste le temps de finir la salade que les premières gouttes tombent. Nous aurions dû prendre l’averse plus au sérieux, le temps de traverser la voie nous sommes complètement trempées. Un seul éclair, un seul coup de tonnerre, très violent. Il tombe un déluge incroyable. Il ne nous reste plus qu’à prendre la voiture et rentrer se changer au gite. Tant de route pour si peu de temps en ville !

Au retour il fait un beau soleil qui nous nargue. Nous décidons de terminer l’après midi au bord de l’océan.  La marée monte, 5 ou 6 rangs de rouleaux puissants se déchaînent dans un déploiement d’embruns, de mousse écumeuse qui roule sur la plage.

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

7 réflexions sur « Visite de Bordeaux abrégée par l’orage »

  1. « ….aux Trois Grâces aujourd’hui curieusement affublées de sorte de tabliers de toile cirée rouge ! »….
    Peut-etre quelq’un a decide de commencer une restauration, ou peut-etre les passants doivent oublier la sainte beaute de la femme et l’oeuvre de l’artiste qui a cree ces Grâces, car il faut les habituer, n’est-ce pas, avec des autres choses plus actuelles, « modernes »/ « progressistes », etc. …

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  2. Chère Miriam,
    je ne sais si son film sortira en salle. Il y aura sans doute plusieurs projections en Ile-de-France, à guetter. Elle présente Touki Bouki de son oncle lundi prochain au Ciné 104. Je lui demanderai si j’y vais.

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