Une journée à Selinunte

CARNET SICILIEN

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La météo a enfin promis un beau jour que nous passerons dans « notre » site de Sélinunte.
A 8h, j’achète chez « notre » épicier deux panini, la bouchère, dans la boutique d’ à côté, tranche du salami et du fromage « per fare degli panini ».

les temples

le temple E et les fleurs
le temple E et les fleurs

A 9h, nous sommes les premières pour photographier le temple E. Les coquelicots explosent après la pluie. Un corbeau rigolo essaie de faire entrer un grand morceau de sopalin dans un trou. J’aimerais bien cadrer les colonnes écroulées du temple F avec les tambours décalés. Sans premier plan, ce n’est que de la pierraille. Quant à l’énorme G, le chaos est indescriptible, la taille des blocs, énorme. L’unique colonne fait plutôt penser à une cheminée d’usine. J’essaie de comparer ses dimensions à celles des colonnes de Karnak (les plus grosses que je connaisse). Elle semble monstrueuse au milieu de la montagne de blocs. Quel séisme a fait tout écrouler N ? S’est il effondré seul sous son propre poids ?

Temple G et F
Temple G et F

De l’autre côté du fleuve Modione

Nous négligeons l’Acropole, étudiée en détail dimanche, et allons droit au Melophoros de l’autre côté du fleuve Modione. La promenade est toujours aussi agréable. La mer a pris une jolie teinte turquoise. Passant le fleuve, au dessus des roseaux, nous ne retrouvons pas les hirondelles. Elles rasaient l’eau sous la pluie. Par beau temps elles se sont dispersées ? Les moutons ne sont pas au rendez vous non plus.

Melophoros
Melophoros

Sous le soleil, le sanctuaire de Mélophoros ne correspond pas à l’image que je m’en étais faite. L’herbe me semblait plus verte, plus drue. Dans mon souvenir, l’endroit était frais, humide, plus verdoyant.

Je m’installe pour dessiner tandis que Dominique explore le site méthodiquement. Le petit édifice de 4 colonnes que j’avais pris pour le temple, n’en est que les propylées. Le temple est situé derrière, très différent de ceux de l’Acropole : rectangulaire fermé par des murs, sans colonnade. La notice parle de mégaron. Bien conservés, ses murs sont hauts. Sur le dallage : deux demi cercles, empreinte de la lourde porte. Dominique découvre un enclos avec des pierres levées, des stèles et des urnes. Une nécropole ?Autant que les vestiges, je dessine le paysage de collines molles plantées d’oliveraies bien entretenues, rangées d’arbres régulières et aussi de rases prairies. Du côté de l’Acropole des lentisques et autres buissons .le long du chemin, un vieux tamaris et une rangée de roseaux. Brusquement, le troupeau envahit le site. Dominique a l’Olympus. Encore une photo spectaculaire ratée ! J’essaie de dessiner les moutons. Dominique a découvert la fontaine que j’avais cherchée Dimanche et un autre site envahi par les herbes.

Déjeuner à l’Acropole

Acropole
Acropole

Nous suivons une belle allée de cyprès le long d’une vigne qui monte à l’Acropole. Nous nous installons sur la muraille qui encercle la ville. Nous entrons ensuite par une rue perpendiculaire à la rue principale. Ce « quartier » est envahi de lentisques. Nous reconnaissons les maisons, les boutiques. La ville nous semble familière. Nous remontons la rue principale,- remarquons les trottoirs, les façades – jusqu’à la porte Nord et à la forteresse de trois étages.

maisons puniques
maisons puniques

Nous continuons hors de la ville sur un plateau. Des terrassiers armés de pioches font des fouilles au loin.

Nous rentrons à 4 heures à la maison avec des coups de soleil.
Nous espérons trouver le marchand de poissons sur le port. Les bateaux de pêche sont sortis par ce beau temps, trois rentrent sous nos yeux. Mais toujours pas de poisson !

La Réserve de Belice

selinunte0001A la recherche d’une nouvelle plage, nous entrons par l’entrée Est de la Réserve de Belice à l’arrière de la dune. Des chemins de planches dans les roseaux rejoignent la plage et l’embouchure du fleuve Belice. Ils sont en bien mauvais état, par endroit, les planches ont été enlevées et même les poteaux brûlés (malveillance ?) Cette Réserve est bien petite et peu organisée. Elle est nécessaire pour contenir la pression des promoteurs. Au bout de la plage, un hôtel énorme se vante de la proximité de la réserve ; du côté de Sélinunte on a construit un lotissement de petits cubes de ciment, tous pareils, serrés au bord du marais, et il y a encore d’autres chantiers…

Dominique rebrousse chemin sur les planches, je la retrouverai à notre endroit sur la plage près du restaurant. Comme il fait beaucoup plus chaud, je peux marcher dans l’eau jusqu’à mi mollets.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

8 réflexions sur « Une journée à Selinunte »

  1. Quel beau et paisible paysage ! Tout ce qui concerne la Grèce m’intéresse énormément : la culture, la religion, l’architecture et sans oublier les paysages encore sauvages mais magnifiques. Un pays où on se trouve toujours très zen.

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  2. Wow ce lieu est pour moi idéal à découvrir tout seul. Généralement, les vestiges et les ruines ont une beauté de passé évoquant en moi une tranquillité avec un peu de mélancolie. Ces paysages me font calmer, vraiment, tout comme la citadelle de la dynastie Ho à mon pays natal! Merci pour votre superbe partage miriampanigel!

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