Douiret : nous logeons dans un ksar!

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN

15h, nous approchons de Douiret dasn un décor de western avec des montagnes tabulaires où se détachent les bancs de roche plus compacte, agrémentés de quelques palmiers. Sous la pluie Douiret est désert. Deux femmes en costume rouge enveloppées de leur vaste châle blanc à rayures colorées, quatre hommes dans leur burnous montent sur une piste vers le ksar.

Nous aboutissons sur une plateforme sous les ruines. Aucune indication. Ici aussi pas de réseau Orange. Je continue à pied. Au tournant je découvre une maison, une porte ouverte et trois femmes. Latifa nous attendait.

 

10Elle nous conduit à un escalier qui grimpe à une terrasse. Notre chambre est dans le ksar. C’est une suite troglodyte composée d’une grande chambre avec deux lits et d’une petite avec un grand lit. Nous choisissons cette dernière éloignée de la porte et bien chaude. Des couvertures mousseuses, épaisses et fleuries recouvrent les lits. On en met une deuxième sur le nôtre. Pas de chauffage dans les chambres troglodytes, c’est inutile !Nous avons même eu trop chaud pendant la nuit et j’ai enlevé mes chaussettes de nuit et le châle indien que j’enroule pour dormir depuis Gabès. Pourtant dehors il gèle presque. On grelottait dans la salle à manger en parka. J’ai alors remarqué la pierre de taille : la salle à manger est ajoutée et non creusée dans la roche.

Deux thèses s’affrontent à propos de ces habitations troglodytiques. Selon l’une, les Berbères  s’y enfermaient pour résister aux nombreux envahisseurs, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Ottomans… Selon Patrick, ce n’est pas une stratégie défensive mais plutôt une excellente adaptation des Berbères à un climat particulièrement contrasté, glacial l’hiver et torride l’été. Il me revient à la mémoire la visite à l’Albaicin à Grenade.

Le dîner est simple et revigorant : chorba piquante à souhait, brick à l’œuf exquis, léger, couscous pimenté mais carottes et navets éteignent le feu de la harissa, j’ai pris du piment vert très fort par erreur.

Latifa arrive après le dîner avec le thé et des cornes de gazelle (invention de Tataouine, rien à voir avec les cornes de gazelles marocaines qui sont sablées, celles du sud-tunisien sont frites et dégoulinantes de miel, fourrées aux amandes, dattes et sésame).

Latifa nous parle de l’Association qui rénove le village en partenariat avec des associations étrangères italiennes, espagnoles et françaises. En plus du projet d’hôtellerie et de la restauration de l’ancien village ruiné, il y a l’irrigation grâce à une pompe solaire (aide espagnole), une bibliothèque et de l’aide à la scolarisation des enfants orphelins ou démunis(France) . L‘association bénéficie aussi de subventions de l’Etat. Elle compte 10 permanents : 8 hommes et 2 femmes (Latifa et sa sœur). En 1985 les villageois ont quitté l’ancien village. 1986, création de l’Association. Il a fallu d’abord obtenir l’accord de tous les propriétaires. Les gens du village s’emploient à la restauration. Pour ne pas commettre d’erreur il faut connaître la culture berbère et employer des matériaux et des techniques traditionnels.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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