CARNET PORTUGAIS

Troisième monastère visité dans la semaine (billet groupé 15€). Et aucun sentiment de répétition. Alcobaça : la découverte et surtout les deux histoires : celles de la fondation du monastère (azulejos) et celle de la Reine Morte. A Tomar, découverte de la puissance et de la richesse des Templiers et de leurs successeurs, l’or des Grandes Découvertes avec les symboles manuélins résumés dans la fenêtre célèbre. Batalha est différent.
Mis en valeur sur une vaste esplanade, l’église peut être abordée de tous les côtés. On peut choisir le porche gothique tardif de Huguet aux nombreux personnages gardant l’entrée, ou par le chevet dans l’énorme ébauche des chapelles Inachevées. De l’extérieur c’est la gloire du gothique flamboyant. Belle couleur de la pierre sous le soleil du matin, pierre claire, un peu orangée où la patine grise se mêle harmonieusement.
On entre dans la nef en contournant la pierre tombale d’un des architectes. Cinq architectes se sont succédé :
- 1388 – 1402 Afonso Domingues
- 1402-1438 Huguet
- 1438-1448 Martin Vasques : Chapelles Inachevées
- 1448 -1477 Fernao d’Evora : cloître d’Afon
- 1480-1515 Matéus Fernandez : style manuélin
- 1515-1533 Style Renaissance

La nef immense d’Afonso Domingues est éclairée par des vitraux. Dans le chœur les vitraux 16ème s sont très colorés. Sur les hauts piliers qui semblent être des faisceaux de plusieurs colonnes soudées les chapiteaux paraissent très petits. Alternent une ronde d’’anges avec de longues iles en V qui forment un zigzag et des feuilles de vigne. A la base des piliers, un motif discret orne chaque colonne. Le chœur et les chapelles autour sont sobres, pas de dorures baroques pour masquer le gothique.

La chapelle des Fondateurs est construite autour du double tombeau de Jao et Philippa de Lancastre. Sur la très haute pierre tombale les deux gisants sont côte à côte. Dans des niches reposent les quatre fils dont Henrique le Navigateur. Huit énormes piliers soutiennent la lanterne octogonale très élégante.

Lorsqu’on entre dans le cloître on change d’univers quittant le gothique pour le style manuélin, dentelle de décors avec les symboles marins des Grandes Découvertes, la Croix des Templiers qui ornait les voiles des caravelles, la sphère armillaire, les nœuds marins et cordages…

La Salle capitulaire renferme le tombeau du soldat Inconnu. Elle est gardée par des militaires en treillis de camouflage armes à la main. Nous assistons à la relève de la garde. Ce déploiement militaire donne de la raideur et enlève du charme au cloître. Le silence est troublé par le pas martial. Les commandements s’accordent mal avec la méditation. Mêm le murmure de l’eau dans la très belle fontaine ou lavabo, en est troublé ;
Le calme, nous le trouverons dans le cloître suivant, très simple et parfumé de roses qui poussent autour de trois grands cyprès. Des panneaux racontent la vie des dominicains, vie vouée à l’étude.
La visite se termine dans les chapelles inachevées. L’énormité des piliers laisse supposer un monument imposant. La mort du roi commanditaire a mis fin au chantier. Ou peut être sa démesure ?
Non loin du monastère un petit musée est très agréable à visiter. Géologie, Préhistoire, Histoire et Ethnologie. Une exposition temporaire est consacrée aux minees de lignite de la région.

Les vitrines racontant l’histoire géologique du Jurassique au Miocène m’ont beaucoup intéressée. C’est au Jurassique que vivaient les dinosaures de Lourinha. La paléogéographie montre que le continent était haché de failles correspondant à l’ouverture du Proto-Atlantique avec déppôt de sédiments marins. Au Jurassique supérieur et au Crétacé, le bassin se ferme tandis qu’au Miocène le massif calcaire est relevé. L’érosion karstique se met en place.
A côté des maquettes structurales, de beaux fossiles sont exposés : ammonites, encrines (très beau) aussi dinosaure (stégosaure) et des dents de mamouth.
Un romain en toge occupe le centre d’une pièce ronde où sont regroupés les vestiges romains venant de Conimbriga et de Collipe.
Les étapes de la construction du Monastère sont détaillées par des maquettes.
Je passe distraitement dan la section ethnologique.
Vers midi, nous sommes de retour au Moulin pour un déjeuner sous la treille.
Après midi ensoleillée à la piscine ; Il est plaisant de profiter de ce gîte si joli avec une hôtesse sympathique. La petite chatte Cal, très joueuse nous tient compagnie.

Vers 18heures nous retournons au Sitio pour refaire les photos prises hier par temps gris

je découvre un autre Portugal grâce à toi!
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@eimelle : il te faut y retourner!
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je suis sous le charme du bleu des agaçantes
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@Dominique: coquille ou fait exprès, ces agaçantes sont très réussies
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