CARNET ROMAIN

je lis Quo Vadis : la visite de la Via Appia est une évidence. Hors les murs de Rome, c’est une expédition. Piazza Venezia, pas de trace du bus 118 sur le plan des bus. Un chauffeur de bus me montre la colonne de Trajan : « le 118 tourne là ». Je découvre un arrêt du 118 de l’autre côté. Tous les bus s’y arrêtent sauf le 118. Après 20 minutes d’attente j’interroge les chauffeurs qui marquent l’arrêt. Celui du 51 nous fait signe de monter et nous fait descendre devant le colonne de Trajan. Encore 10 minutes, enfin !
Le 118 contourne le Colisée, arrive au Circo Massimo, prend la Via delle terme de Caracalla, sort dans la campagne à la Porte de San Sebastiano – une vraie porte entre deux tours . La route est goudronnée et la circulation est dense ; j’avais imaginé la Via Appia autrement, avec de grosses dalles et des pins parasols…
Nous avons dépassé l’arrêt des Catacombes. Nous débarquons Via Ardeatina après le Monument des Fosses Ardéatines qui commémore le massacre de juifs et d’otages pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Que faire ? Nous sommes découragées. La route qui rejoint la Via Appia n’a pas de trottoir, la circulation est infernale. Je suis résignée à rentrer à Rome sans avoir vu les catacombes. Le 118 dans l’autre sens tarde. Le 218 s’arrête. Je descends à la hauteur du Mémorial, Dominique rentre à Rome. On se téléphonera pour se retrouver.
La route qui rejoint les Catacombe San Sebastiano a un trottoir, elle n’est as fréquentée. La promenade est plaisante (amis pas antique). Je passe devant les Catacombes de Callisto fermées le mercredi, celles de Sebastiano sont un peu plus loin.
Catacombes de San Sebastiano

La visite est guidée en français. Mes compagnons de visite sont un monsieur en grand manteau de laine noir, très-comme-il-faut et ses deux neveux et un jeune randonneur. Le guide parle un français parfait avec juste une pointe d’accent italien. Il tient à tordre le cou aux légendes du 19ème siècles ; entre autres, à celles de Quo Vadis. Les catacombes, selon lui, sont des cimetières où sont enterrés des chrétiens mais aussi des juifs et des païens. Elles n’ont jamais servi de refuges aux chrétiens ni de lieu de culte. En revanche c’est un lieu de dévotion aux martyres.
On enterrait les morts dans les loculi individuels ou familiaux plus ou moins luxueux selon les moyens économiques. Le mort était enveloppé dans un linceul puis on mettait de la chaux vive. Le tombeau était celé avec du marbre ou des tuiles (selon la richesse de la famille).
Le guide nous fait remarquer que ses commentaires ont » l’approbation « du Vatican.

Selon lui, Constantin ne se serait converti au Christianisme qu’au moment de sa mort. Les « rêves » ou miracles n’auraient rien d’historique. Il n’a pas non plus fait du christianisme une religion d’état – au contraire il a rétabli la liberté de culte, principe qui existait dans la Rome républicaine.
Maxence avait favorisé les conflits inter-cultes pour asseoir son autorité. Il s’agit donc ici de politique et non de religion. L’histoire de Constantin a fait l’objet de manipulations ultérieures. A ce moment-là un certain équilibre s’était établi entre Chrétiens, Mithréens et païens. Quand les Chrétiens sont devenus majoritaires il en a été fini de la liberté de culte de Constantin. Les Mithréens furent massacrés et les païens convertis. Le 4ème siècle fut un siècle de décadence pour l’Empire romain. Il fallait alors consolider l’empire par la religion.

Le guide nous montre le sceau rond du fabricant de tuiles ainsi que les empreintes de la patte d’un chien qui s’était assis sur la tuile qui séchait, il nous fait remarquer les lampes à huile encastrés dans la paroi. Les Chrétiens utilisaient des symboles : l’orante, silhouette avec les bras tendus vers le haut, le poisson, l’ancre et le monogramme du christ. Nous visitons ensuite le tombeau de Saint Sébastien, soldat de Dioclétien qui aurait subi deux martyres. Au premier, il fut attaché à un arbre et criblé de flèches. Une matrone romaine l’aurait soigné. Au second il fut attaché à une colonne et battu à mort. Nous arrivons enfin au lieu-dit Kata (près) cumbes (cavité) ancienne carrière abandonnée, nécropole païenne découverte au 20èùme siècle en très bon état de conservation. Les chambres mortuaires avaient une façade décorée de masques de théâtre servant de gargouilles, sur la tombe voisine la plaque de marbre porte des inscriptions latines faciles à déchiffrer. A l’intérieur, les peintures sont en parfait état : peintures avec des perdrix entourant un compotier et une vigne. D’après le Guide Bleu, la vigne pourrait avoir une symbolique chrétienne. Une scène bucolique a été figurée ainsi que trois hémicycles avec des têtes figurant un banquet mortuaire. D’autres décors prêtent à des interprétations : pioche : allusion au métier du défunt, un artichaut…Il semblerait que les restes de Pierre et de Paul auraient été conservés quelques temps ici du 1er au 3ème/4ème siècle. Des témoignages de dévotions des fidèles à ces deux saints sont nombreux : graffitis en latin, grec et même araméen invoquent Pierre et Paul. Une basilique leur fut consacrée (maquette) remplacée par l’église actuelle barque dédiée à Saint Sébastien. Elle a un magnifique plafond à caissons dorés aux armes des Borghèse ; Cette église recèlerait la dernière œuvre du Bernin que nous ‘avons aps pu voir puisqu’on célébrait la messe quand nous sommes arrivés.

Promenade sur la Via Appia jusqu’au Palais de Maxence : une tour dans la campagne, le mausolée de Romulus, fils de Maxence dont on avait visité le temple dans le Frum. Puis des arches, ruine de la villa ou d’un aqueduc. On distingue encore le cirque de Maxence long de 520m large de 92m, l’obelisque a été transféré Piazza Navona.

Le mausolée de Caecilia Metella , cylindrique rappelle un peu celui d’Hadrien, en plus petit bien sûr. Une frise de marbre blanc avec guirlandes et bucranes tient encore. A l’intérieur on a exposé de nombreuses sculptures. J’ai oublié de prendre le billet des thermes de Caracalla qui donne l’entrée au mausolée. Je renonce à payer à nouveau. Je continue pour trouver enfin les vieilles dalles antiques de la Via Appia. J’aurais aimé voir aussi la borne miliaire. J’avise un autobus garé non loin, le 660 qui va au métro Colli Albani et profite de l’aubaine pour descendre à la première bouche de la Metropolitana à Arco di Traventino.
C’est clair que l’accès à ces catacombes est loin d’être facile… nous on avait eu la chance de voir un troupeau de moutons paissant au-dessus de la première catacombe !
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D’apres mes souvenirs au sujet du latin, la traduction des « Symboles chrétiens »( de cette stele funeraire) est: « Ici repose Priscus qui a vecu 36 anees. Faite en quietude par son frere Iunias »….(I apollogise for the missing accents)
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@george : le latin est pour vous une seconde nature!
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16 ans , Via Appia , découverte du tombeau de Caecilia avec ma mère.
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@claudialucia : un beau souvenir gravé dans ta mémoire
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