Le Général de l’Armée morte – Kadaré

HOMMAGE A ISMAIL KADARE –  LECTURE COMMUNE AVEC CLEANTHE

Tel un oiseau superbe et solitaire, vous volerez sur ces montagnes silencieuses et tragiques, pour arracher
à leurs gorges et à leurs griffes nos malheureux garçons.

Il y avait dans la tâche qu’il allait accomplir quelque chose de la majesté des Grecs et des Troyens, de la
solennité des funérailles homériques.

C’est une relecture.

Lu autrefois, il y a si longtemps. Je venais de découvrir Kadaré. Ne connaissant rien à l‘Albanie j’avais lu ce texte comme Le Désert des Tartares. Lecture hallucinée avec ce général qui parle de ses guerriers dans leurs uniformes de nylon, leur linceul. Général pataugeant dans la boue et souvent pris de boisson avec d’étranges compagnons comme ce prêtre mutique, et l’autre militaire manchot qui déterre également des corps…Fantastique, intemporel. 

Ils me rappellent mon armée à moi et je me demande comment mes soldats défileraient vêtus de leurs sacs
bleus aux lisérés noirs.

Relu au retour d’Albanie, j’ai reconnu des paysages. Compris que c’est un récit historique qui raconte la campagne calamiteuse mussolinienne en 1939 en Albanie. Un récit qui rend compte de la résistance des partisans. Etrangéité de cette Albanie isolée avec ses coutumes anciennes, ses chants guerriers, son hospitalité…

Leurs chants ont pour thèmes dominants la destruction et la mort. C’est une particularité de leur art. On la
retrouve dans leurs chants, dans leurs costumes, dans toute leur existence. C’est, en général, une
caractéristique commune à tous les peuples balkaniques, mais elle est, chez les Albanais, plus prononcée que partout ailleurs. Même leur drapeau national ne symbolise que le sang et le deuil.

Relu à l’occasion de cette lecture commune rendant hommage à l’auteur disparu récemment. J’ai repris ce livre et j’ai été encore fascinée par le récit. Redécouvert des épisodes comme ce mariage où les étrangers n’avaient rien à faire mais où les traditions d’hospitalité transcendent les souvenirs douloureux. Musique et danses. Et la tragédie que la vieille femme fait surgir…

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

12 réflexions sur « Le Général de l’Armée morte – Kadaré »

  1. C’est un livre qui mérite sûrement une relecture. Très heureux de pouvoir lire ton billet et me remettre dans l’ambiance de ce titre qui fut le premier de Kadaré pour moi !

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    1. @claudialucia : pas de soucis je le fais dans l’après midi. 3 liens chez toi 1 pour Keisha 3 sodome et Gomorrhe chez moi + cabourg plagecet grand hôtel et cabourg La Villa du Temps Retrouvé. Est ce que tu as autre chose en magasin?

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      1. on a un peu cafouillé : je croyais que c’était le bilan 4 . Je l’ai commencé mais je le mets en attente tu me dis pour quel jour (après tes articles bien sûr pour qu’ils figurent

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      2. Je n’avais pas lu ta réponse. On on a un peu cafouillé ! Peut-être n’as-tu pas reçu mon message où je te donnais les dates ? Enfin tant pis, ce n’est pas grave; mettons-nous bien d’accord pour La Prisonnière. Je t’ai envoyé un mail aujourd’hui.

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