Exposition temporaire jusqu’au 22 février 2026

Connaissez-vous Otobang Nkanga ? Elle est née au Nigéria en 1974, a étudié à Paris aux Beaux Arts et à Ilé-Ifé, Nigéria. Elle a effectué de nombreuses résidences en Europe et en Afrique et a participé à la Dokumenta14 Athènes/Kassel ainsi qu’à nombreuses expositions dans la monde entier.

Difficile de classer cette plasticienne qui utilise nombreuses techniques, dessin, photographie, sculpture, tapisserie, céramique, vidéo, danse... et qui les mixe dans des installations spectaculaires. Oups! j’ai oublié la poésie qui est le fil conducteur de certaines installations.

Anglophone, les commissaires de l’exposition n’ont pas jugé bon de traduire les poèmes. Je serai forcée de le faire moi-même, et sans doute maladroitement.

Quatre très grandes tapisseries 350×600 cm forment l’ensemble Unearthed série en textile tufté . (je ne savais pas ce que c’est que le Tufting, il semble que c’est une technique permettant de réaliser tapisseries et tapis en mélangeant différentes fibres, naturelles ou synthétiques en utilisant un pistolet – je viens de découvrir cela sur Internet). Cet ensemble Abyss, Midnight, Twilight et Sunlight est très spectaculaire. Parmi les coraux, trainent des éléments, comme des pièces de membres de marionnettes. Nous allons retrouver ces éléments oblongs, perforés dans d’autres installations.

En face, une série très différente, photo ou collage? Montage ou maquette. Un personnage domine un paysage. De petites maquettes (photos?) de constructions sont posée sur le personnage. On comprend que c’est l’artiste elle même qui est juchée sur une maquette. Elle est même armée de couverts, couteaux pour dévorer la terre

Elle symbolise ainsi l’impact des humains dévorant la terre. Les grandes tapisseries partant des fonds océaniques arrivent sur le littoral ensoleillé montrent des richesses fragiles que l’extraction minière et pétrolière endommagent jusqu’aux abysses, témoins les éléments mécaniques accumulés. A moins que ce soient les ossements des noyés de la traite atlantique, ou des naufrages des migrants.

Tout l’espace est occupé par plusieurs tapis aux motifs géologiques sur lesquels sont étalés des cordages, des colliers de perles de verre, de céramique. Des « phares » (becon) balisent l’installation, ce sont des colonnes de grès alertant sur le réchauffement climatique et le dessèchement des terres. Des sons sortent de grosses sphères,. il est encore question d’extraction minière.

aux murs sont des panneaux d’argiles sont gravés des poèmes
loaded tears
turn to rock
slowly drips
A silent force
A red caress
Loaded Tears
Dans cette ambiance calme, dans le salon coloré, on a envie de s’attarder. Un banc s’adosse face aux tapis. Des dames ont apporter leur matériel pour dessiner ou peindre. Je les envie. Je me promène, cherchant des angles pour les photos, les vidéos. je copie les poèmes.
Les installations suivantes seront plus explicites
les braa et les jambes des des ouvriers sont suspendus à un mécanisme compliqué, on comprend qu’il s’agit d’extraction minière. Toutes les oeuvres suivantes déclinent ce thème.

Le plus souvent les têtes sont coupées. Seule compte la force mécanique. Sur la série de Pointe Noire (Congo)les dégâts à l’environnement sont figurés

Souvent le thème de la molécule évoque les minéraux extraits. A la place des atomes, l’artiste a collé des photos ou peint des paysages, le plus souvent dévastés.
Une installation présente une collection de minéraux, cristaux colorés, géodes…

Le couple figure sur un fond noir pailleté de cristaux. sur les tablettes, les minerais. Ce thème de l’extraction est largement documenté.

Un peu plus loin, une sorte de forteresse, de château avec tours et enceintes fleure bon le savon. Conçue à Athènes en savon grec, Otobong a fait réaliser 15.000 cubes de savon qui furent vendus pour financer deux initiatives, une pour un centre d’art à Athènes et l’autre pour une ferme organique au Nigéria. Dans une vidéo l’artiste explique le sens.
Je pense à la Terre comme un être, comme notre corps. L’eau, l’air, l’arbre la pierre, la plante sont des êtres comme notre corps
Nous sommes restées très longtemps dans l’exposition et je vous invite à y consacrer une bonne demi-journée.
Et pour compléter un podcast de RadioFrance : Les Midis de Culture
Merci pour la découverte de cette artiste qui semble explorer différents moyens d’expression.
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