Exposition Temporaire jusqu’au 2 mars 2026

la Fondation Vuitton consacre une vaste rétrospective au peintre allemand Gerhard Richter (né en 1932 à Dresde – actuellement à Cologne). Présentée chronologiquement selon 6 décennies de 1962 à nos jours.

1962-1970 Peindre d’après photographies : Richter va utiliser des photographies de magazines et des photographies de famille souvent en noir et blanc. Il va repeindre, écraser, flouter et retravailler l’image parfois en distorsion. Photographies d’actualité, avec des images de bombardiers évoquant les bombardements de Dresde. Il documente un côté douloureux de l’histoire allemande.

De ses photos de famille, il va exhumer des secrets douloureux comme la figure d’un père perdu, parti à la guerre, revenu en 1945 mais interdit d’exercer son métier, de sa tante Marianne liquidée dans les projets eugénistes nazis.

D’après photographies et toujours en Noir&Blanc, il peint des paysages, cette vue aérienne de ville mais aussi de somptueux paysages de montagnes enneigées

Pour peindre la nature, il ne s’installe pas sur le motif. Il emporte son appareil photo et retravaille la photo dans son atelier. Une vidéo le montre dans son atelier projeter la diapositive en couleur, repasser les contours au fusain…et obtenir une précision photographique dans sa peinture. les marines avec des ciels nuageux et le triptyque de nuages est impressionnant.

1971 -1975 Remise en question de la représentation
Une série de peinture d’après photographies est qualifié de dépeintures selon la brochure. A la Biennale de Venise il réalise une série de 48 portraits d’après photographies de personnalités, exposée dans une salle blanche que j’ai trouvée plutôt ennuyeuse après avoir repéré Thomas Mann et Stefan Zweig pas Gide. A Venise, Richter peint une série après la découverte de l’Annonciation du Titien

A partir de la gamme de couleur et des personnages, il peint des variations

De cette époque datent aussi les travaux sur la couleur avec de grands nuanciers qui ne m’ont pas enthousiasmée.
1976 – 1986 Explorer l’abstraction

Parallèlement à ses tableaux d’après photographies, Richter peint de grands formats très colorés, très libres, où il expérimente plusieurs techniques. Une médiatrice présente dans la salle explique qu’un tableau abstrait nécessite de nombreux mois de travail alors que ses tableaux photographiques sont peints en parfois un seul jour. .

La période voit le règne de l’Expressionnisme abstrait dans le monde entier.
Il peint aussi des aquarelles. On ne peut cantonner Richter dans un seul style, en même temps il peint des paysages qui évoquent le Romantisme allemand de Caspar Friedrich, sauf qu’il choisit des points de vue quelconques, peu pittoresques, des barrières dans un champ, un coin peu reconnaissable de la Cathédrale de Cologne, le banal contrastant avec le romantisme du style.

1987 – 1995 Sombre Réflexion
Nouveau thème : la peinture historique autour du cycle 18. Oktober 1977 . Suicide ou liquidation de la Bande à Baader, peintures floues portraits d’Ulrike Meinhof,


Une série de très grands tableaux abstraits à tonalité grise fait suite

Richter expérimente encore couleurs et techniques.
Puis il se tourne vers le papier et le dessin, alterne grandes compositions abstraites et figuratives. Enfin se livre un peu dans un portrait de sa femme et de leur enfant.

La Fondation Vuitton offre un très vaste panorama des œuvres plus tardives de Richter. Je piétine depuis plus de 2h30 et perds un peu de concentration pour prendre des notes ou faire de nouvelles photos. Mais ce n’est pas la lassitude qui m’empêche de rendre compte de la dernière salle Birkenau. Avec la Shoah, j’ai du mal. La représentation, même si elle est pertinente et respectueuse, m’apparait impossible.
Les critiques des Midi de Culture sont beaucoup plus sévères que moi l’une s’étant « ennuyée » l’autre jugeant le peintre pour le podcast ICI
T’es dure avec tes dernières phrases. J’ai ressenti une abîme s’ouvrir avec Birkenau – c’est justement à cause de l’impossibilité de représenter l’horreur…. Je ne me suis pas ennuyé….. et heureusement je n’ai pas dû piétiner.
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@lorenztradfin : le dernier paragraphe signalé un podcast RadioFrance. Les critiques des Midi de Culture ont souvent la dent dure.
Pour Birkenau je n’arrive vraiment pas mais c’est personnel.
Pour le piétinement j’ai mal choisi mon heure il y avait beaucoup de monde.
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