« Condamné, c’était peut-être ça la seule réponse. La réponse à tout. Ne plus vouloir revenir dans cette société, ce n’était pas de l’impuissance. Seulement une grande fatigue à vivre après tant d’heures et d’heures de misère. La mort de Titi. Les colères de Dédé. Les silences de Félix. Pourquoi tenter de remonter à la surface des choses ? »
Le Soleil des mourants paru en 1999 est le dernier livre de J.C. Izzo décédé en 2000. Ce n’est pas un roman policier comme la Trilogie de Fabio Montale.
Ce roman s’attache à des hommes et ces femmes SDF : Titi, trouvé mort de froid dans le métro parisien, Rico, son copain, veut fuir le froid et retrouver le soleil et ses souvenirs heureux à Marseille, Marjana, la bosniaque a vu sa famille massacrée par un ami de la famille et vit sous la menace de son passeur/mac et, enfin, Abdou, jeune mineur algérien orphelin des violences du FIS, déjà toxico.
Roman empathique. On suit les galères de Rico qui veut rejoindre Marseille et le soleil. Rico a été un cadre commercial à Rennes, il a vécu une existence bourgeoise, est père de famille et tout s’est écroulé à son divorce. A Avignon, il partage quelques temps un abri avec Marjana, la bosniaque, survivante d’un massacre, déjà fantôme….
Je te l’ai expliqué, Rico, je suis comme si j’étais morte. Toi, je ne sais pas où tu es mort. Ni quand. Mais tu es
comme moi, ça, je le sais. On se trimballe avec nos vieilles peaux. Nous ne sommes plus que des emballages
vides.
A l’arrivée à Marseille, Izzo promène son héros dans le décor familier du port, du Vieux Port et du Panier.
Place des Moulins, dans le Panier – le vieux quartier, proche du port –, Rico découvrit que Marseille était une ville de collines. Léa lui avait fait grimper les marches de la montée des Accoules. – C’est seulement en marchant, en flânant, que l’on peut prendre conscience qu’ici on n’arrête pas de monter, de descendre, de remonter.
Ces ruelles aux noms chantants, et qui l’émerveillaient : rue du Refuge, rue de Lorette, rue des Pistoles, rue du Petit-Puits… Place de Lenche, un orage violent les surprit, et ils se replièrent chez Léa.
routes des Crêtes de Cassis à la Ciotat – déjeuner à Carqueiranne – Bormes les Mimosas
Nous quittons vers 9h Marseille d’Est en Ouest par un long tunnel payant qui débouche dans le IX ème arrondissement vers Mazargues, Cabot, Le Redon. Nous passons sous l’énorme barre blanche de la copropriété La Rouvière à la Panouse que j’avais repérée du bateau du Château d’If. Le grand rectangle blanc tranchait sur le paysage et m’avait paru monstrueux. Elle a été érigée au début des années 60 pour héberger les rapatriés d’Algérie. Un peu plus loin, sur la route de Cassis je découvre Luminy et son campus. Nous entrons dans le Parc National des Calanques aux montagnes blanches arides. Les Calanques sont inaccessibles en voiture.
Cap Canaille et Cassis
Après Cassis, le Cap Canaille avec sa haute falaise se détache. On parvient très vite au sommet de la plus haute falaise de France (394 m) par des lacets serrés. De belvédères partent des sentiers dans la garrigue pour atteindre le rebord de la falaise. Vertigineux ! le romarin en fleur, les bruyères se détachent sur le bleu intense de la mer. Nous sommes passées, il y a une dizaine d’années par grand vent et Dominique avait été prise de vertige. Soit la route a été élargie, soit le temps magnifique a contribué à nous sécuriser. Après plusieurs arrêts nous avons trouvé le parcours trop rapide. Les grands pins pignons nous ont étonnées. Ils ont été plantés après un incendie en 1982. Spectaculaires aussi ces rochers, grottes, arches du côté-terre.
Nous voulions éviter l’autoroute et rester en bord de mer. Rapidement nous en avons assez de rouler dans les stations balnéaires entre feux rouge, ralentisseurs et passages-piétons nous rejoignons l’autoroute avant Bandol. Traversée en souterrain de Toulon.
Carqueiranne
Déjeuner sur le bord du port de Carqueiranne qui semble être un haut lieu de la pétanque. Côté port deux rectangles sablés entourés de planches formant des bancs. Deux hommes avec de la ficelle s’affairent à tracer les terrains, survient un troisième avec un cerceau. Au-dessus des rochers, un parc arboré est aussi dédié à la pétanque : « la Boule des pins penchés », au sol les rectangles sont très étroits et très longs délimités par des lignes blanches permanentes.
Bormes les Mimosas
Je n’ai pas emporté de documentation touristique pour le Var comptant sur celle des Offices de Tourisme. L’OT de Bormes-les-Mimosas est ouvert le samedi après-midi. Ce n’était pas vraiment une bonne idée. Ce week-end à Bormes-les-Mimosas, se déroule le Corso, la fête du Mimosa en pleine floraison. Le parking est très difficile. Le village est occupé par diverses anima tions. Trois comédiens-danseurs costumés en jaune se trémoussent. Des ateliers sous des barnums occupent la place : peinture de bouquets de mimosa pour els enfants, pompons jaunes et divers travaux manuels avec de la laine jaune (enfants + dames âgées) . Un petit marché touristique propose des spécialités locales et du mimosa. A l’Office de Tourisme les hôtesses sont débordées. Je n’en tirerai rien de bien intéressant.
Courses au Leclerc de Cogolin, immense.
notre cabanon dans les vignes
Nous retrouvons avec grand plaisir notre « cabanon dans les vignes »Je ne me souvenais pas que la chambre était si jolie avec le linge en dentelle et les rideaux à volants brodés, couette assortie, la commode ancienne et les grandes photos de cerisiers blancs en fleur.
Dimanche nous retournons à La Londe-les-Maures sur le sentier côtier de l’Argentière à Cabasson (en face de Brégançon). Sentier spectaculaire, magnifique, mais un peu trop fréquenté le dimanche matin. On y reviendra en semaine !
11h45 sur le Vieux Port . L’Ombrière ne me séduit pas , Peut-être l’été par temps chaud ?
Coup de chance : le bateau pour le Château d’If part dans 5 minutes, j’ai juste le temps d’acheter le ticket (11€), un homme d’équipage m’assure qu’il ne partira pas sans moi.
Voir le fort Saint Jean et le Mucem du bateau est un régal. L’architecture gagne en cohérence.
A peine dix minutes de traversée. Le bateau s’approche du quai, pas de grosses cordes ni de chaînes. Pas de passerelle non plus ; il faut sauter sur le quai. Un marin attrape le coude des moins rassurés. Une feuille de papier sur un petit panneau indique les prochains passages. Le prochain 12h55, après 14h15.
le Fort Saint Jean vu du Bateau
Une visite guidée vient de commencer dans la cour du château. François 1er décida de sa construction en 1529 pour surveiller le Port de Marseille et les galères royales. En 1591, la ville de Marseille refusa de reconnaître l’autorité d’Henri IV parce qu’il avait été protestant. Le gouverneur du château d’If, fidèle au roi fit bâtir des fortifications qui seront surélevées en 1604 puis en 1701 par Vauban.
graffiti prisonnier 1848
Plus qu’une place forte, If fut une prison d’Etat où furent incarcérés des prisonniers politiques comme le chevalier d’Anselme 1580 accusé de complot. Le Masque de fer y aurait séjourné. Avec la Révocation de l’Edit de Nantes des protestants y auraient été entassés avant d’être enchaînés aux galères. Mirabeau, sur lettre de cachet, à la demande de son père y rédigea l’Essai sur le Despotisme. JB Chataud, commandant du Saint-Antoine qui aurait amené la peste à Marseille en 1720.
Le corps de Kléber, assassiné en Egypte, embaumé dans son cercueil aurait été « oublié » pendant 17 ans de 1801 à 1818.
En 1848, les ouvriers, tailleurs de pierre de Marseille, contraints de travailler une heure supplémentaire non payée se révoltèrent. Incarcérés, ils laissèrent des « graffiti », souvenir de leur emprisonnement. Gravure de belle facture très émouvantes. Graffitis aussi des Communards de 1971 en attente de déportation. Combien y moururent ? Selon le guide, les conditions étaient si dures que l’espérance de vie était de huit mois. Certains prisonniers « à la pistole », comme Mirabeau, qui payaient une pistole par jours étaient mieux traités et avaient même une cheminée.
La légende du Château d’If, c’est bien sûr le Comte de Monte-Christo sur lequel s’étend le guide qui montre la cellule-présumée de l’Abbé Farias, celle d’Edmond Dantès….mais je suis plus touchée par les traces des véritables prisonniers.
J’aurais pu passer plus longtemps dans le château lire tous les panneaux, regarder les reproductions mais je voudrais prendre le bateau de 12h55 pour être de retour pour déjeuner.
Et voici à 14h45 que je vois un bac s’éloigner. On me rassure, celui de 12h55 sera au rendez-vous, en revanche il ne rentre pas directement au Vieux Port. Il fait d’abord escale dans les îles du Frioul et ce sera beaucoup plus long, près de 40 minutes ! Manque de chance, il se met à pleuvoir et la « croisière » enfermée est moins agréable. Je remarque un bloc d’immeuble, rectangle blanc qui barre le paysage vers l’est.
Nous retournons déjeuner face à la mer sous le soleil revenu.
Itinéraire p. 34 à p. 50 du petit guide Hachette Marseille et ses Calanques. (Quartier 2)
Ce petit guide est tout à fait pratique avec ses petites cartes à l’échelle du quartier, très petit 10.5×15.5 cm vraiment un format de poche avec des explications claires.
J’ai très présentes à l’esprit les lignes le Prologue Rue des Pistoles vingt ans après de Total Khéops d’Izzo et je vais mettre mes pas dans ceux de Fabio Montale qui gravit les marches de la Montée des Accoules puis la Rue du Panier,
Dominique a retrouvé une place de parking (payant) rue Saint Jean et je monte dans la colline, par des rues en pente et des escaliers. Je débouche sur la Place du Lenche qui est aussi en pente. C’était l’emplacement de l’ancienne agora grecque. Une plaque commémorative rappelle que l’ancien quartier Saint Jean, la « Petite Naples » fut détruite par les Allemands en février 1943, 1500 immeubles rasés, les Juifs déportés. Les murs des petites rues sont bien décorées en Street Art. J’ai bien aimé la fresque peinte sur un coin ; sur un mur on reconnait les quartiers de Marseille et ses monuments emblématique, sur l’autre mur la fameuse partie de cartes de Pagnol.
La partie de Cartes
Du Street-Art, il y en a partout, rue du Refuge, Rue des Repenties qui rappellent un couvent qui « soignait les brebis galeuses » prostituées ou femmes adultères. J’arrive enfin rue des Pistoles, chez Lole…
La Vieille Charité
Tout près, la Vieille Charité et retrouve Izzo :
« Je passai devant la Vieille-Charité, le chef-d’œuvre – inachevé – de Pierre Puget. Le vieil hospice avait hébergé les pestiférés du siècle dernier, les indigents du début du siècle, puis tous ceux que les Allemands avaient chassés de chez eux après l’ordre de destruction du quartier. Il en avait vu de la misère. Il était maintenant flambant neuf Sublime dans ses lignes, que la pierre rose mettait en valeur. Les bâtiments accueillaient plusieurs musées, et la grande chapelle était devenue un lieu d’exposition. Il y avait une librairie, et même un salon de thé-restaurant. Tout ce que Marseille comptait d’intellectuels et d’artistes venait s’y montrer, presque aussi régulièrement que moi j’allais à la pêche. Il y avait une exposition César, ce génie marseillais qui a fait fortune en faisant des compressions de tout »
Œuvre de l’architecte marseillais Puget (1620-1694) que je connaissais plus comme sculpteur. La Vieille Charité correspond à un projet hospitalier et carcéral . En 1640 le Conseil de Ville décide, selon la politique royale de « grand renfermement des pauvres » de rassembler dans un lieu propre les pauvres natifs de Marseille. La chapelle d’inspiration romaine (Puget voyagea en Italie) a été remaniée au deuxième Empire. Le Corbusier la fit classer aux Monuments historique et s’en inspira pour sa Cité Radieuse. Calme d’un cloître bordé de trois étages d’arcades, de moins en moins hautes vers les étages supérieurs.
Un centre de poésie avec une bibliothèque est installé au rez-de-chaussée tandis qu’au premier se trouve le Musée des Antiquités méditerranéennes. Antiquité égyptiennes et grecques. Tentant.
Je ne fais qu’une rapide incursion dans la section égyptienne où se trouve la Collection Clot Bey – Antoine Barthélémy Clot, médecin à l’Hôtel-Dieu de Marseille démissionna de dépit de ne pas avoir obtenu la promotion qu’il pensait mériter, partit en 1825 en Egypte où il resta jusqu’en 1849. Il y soigna Mehmet Ali, créa un Conseil de santé et une Ecole de médecine, introduisit la vaccination et lutta contre une épidémie de peste. Pendant son séjour en Egypte il réunit une belle collection qu’il fit don à la Ville de Marseille. Les antiquités sont très bien présentées, on se croirait à l’intérieur d’un mastaba. Je suis la seule visiteuse et la dame me fait les honneurs des vitrines.
Malheureusement il me faut négliger les antiquités grecques ou du Proche-Orient. Je veux garder du temps pour flâner dans le quartier du Panier.
Rue du Petit-Puits, de nombreuses boutiques de savons, santons des galeries chics. Place de Lorette un mur est tout écrit.
Street Art au Panier
Je cherche l’Hôtel-Dieu et tournicote dans les rues, un vrai labyrinthe malgré le plan du Guide Hachette. Le clocher des Accoules me sert de repère, je trouve enfin la Montée-des Accoules et le Préau des Accoules : dans le collège des Jésuites (1702) on installa en 1863 le Musée des enfants où se déroulent en ce moment des animations, il y a également une exposition qui leur est destinée : « Elles ! les femmes artistes » mais les visites libres sont après 16 h.
Hôtel dieu
Au pied de la Montée des Accoules, que je redescends je trouve enfin l’Hôtel-Dieu monumental transformé en Palace Continental. Près de la grille je remarque le buste de de Honoré Daumier (né à Marseille en 1808). Il domine la grande place Villeneuve Bargemon qui descend par paliers successifs jusqu’au Vieux Port. Je trouve la Maison Diamantée avec son bossage à pointe et l’Hôtel de Ville Louis XIV
En face de l’Esplanade du J4, un bâtiment d’angle, discret en pierre de taille, ancienne station sanitaire maritime construite par Fernand Pouillon en 1948, c’est le Musée Regards de Provence où deux expositions s’affichent : Poésie et Lumière de Jean-Pierre Blanche avec une affiche qui me plait beaucoup et 25 ans de Collections.
Jean-Pierre Blanche (1927-2022) est un peintre de la Méditerranée, passé en 1940 à Montpellier, il a passé deux années en Algérie, quelques temps au Liban et s’est installé dans les environs d’Aix-en-Provence en 1965.
On entre dans la première salle où est accrochée une série de pastels très lumineux : bleus et blancs avec parfois du jaune. Corniche de Marseille ou bords de mer d’ailleurs, géométriques, très construits. Malheureusement ils sont protégés par une vitre ; les reflets rendent les photos impossibles. Dommage parce que je les ai beaucoup aimés.
JP Blanche Le sous bois rouge
J’aime aussi ses études d’écorces d’arbres, de troncs des cèdres, roseaux, oliviers, fusain et encre. J’ai pensé à Szafran. Une autre série est consacrée au plateau de Cengle. Blanche a peint Vauvenargues autour de sa maison. Il ne peint pas sur le motif ; en atelier il reconstruit. Ces tableaux de nuit évoquent un peu Hopper. Ils sont très beaux.
JP Blanche Tableau de nuit
J’aime beaucoup ces découvertes inattendues !
Pour pique-niquer nous retournons aux Goudes et à Callelongue. Moins de soleil que la dernière fois, mer bleue et crêtes blanches. Je suis retournée sur le sentier côtier pour faire la promenade jusqu’à la Calanque de Marseilleveyre bien décidée d’aller au bout. Un peu plus d’une heure et je n’ai pas regretté d’avoir persévéré : la fin est beaucoup plus facile que le début et j’ai le plaisir de découvrir une petite crique avec un bar, qui m’a fait penser aux restaurants de Grèce.
Visite réservée par Internet à Cosquer/Méditerranée pour 9h50.
Nous nous sommes levées très tôt pour être à l’heure. Dominique a retrouvé sa place de parking Rue Saint Jean. Je vais faire un tour autour de la Major, fermée également jusqu’à 10 h. Cette Cathédrale XIX -ème de style romano-byzantin, construite à partir de 1852 ne me passionne pas . La vieille Majo du XIIème siècle m’intéresserait plus mais elle est enfermée derrière des planches avec la nouvelle. le vieux baptistère du Vème siècle n’est pas visible.
9h30, le Centre Méditerranée ouvre ses portes. On me laisse entrer en avance, m’équipe d’un audioguide et d’un casque. Descente en ascenseur qui simule la descente de 37 m dans la véritable grotte Cosquer. A la sortie de l’ascenseur, par groupe de 6 on monte dans des « capsules » qui ressemblent à des voitures d’auto tamponneuses. Il est demandé aux visiteurs de faire silence. Nous sommes plongés dans l’obscurité pour se mettre dans l’ambiance des galeries que les plongeurs ont parcourues avant de découvrir la grande salle. Stalagmites, stalactites, parfois soudés pour obtenir des colonnes quelquefois cannelées comme les colonnes des temples antiques, draperies élégantes et surtout plusieurs rangées de « lustres » ressemblant à des assiettes empilées. Certaines concrétions très fines poussent aussi dans tous les sens.
On remarque d’abord les traces de doigts parallèles dans le plafond de la grotte. J’avais cru à un décor mais l’audio-guide propose une autre hypothèse : cette boue très fine, très tendre, aurait pu être prélevée pour d’autres usages, protéger la peau, se maquiller, ou pour des utilisations médicinales. Les traces d’un feu sont encore visibles. Ses flammes ont éclairé la grotte, les charbons ont servi à dessiner. Justement nous découvrons les premiers chevaux parfaitement dessinés au charbon. D’autres animaux sont stylisés : bouquetins ou cerfs. D’autres, gravés. Dans les gravures on reconnait une vulve. En plus des animaux de nombreuses mains ont été dessinées en une sorte de pochoir en soufflant des pigments rouges, noirs. Ce sont elles que Cosquer a vues avec sa lampe de plongée en premier avant de découvrir les animaux.
La grotte a été occupée à diverses époques : Gravettien (34.000 – 22.000 ans) Epigravettien (22.000 – 10.000). ¨Plusieurs artistes, plusieurs techniques. J’ai été bluffée par le bouquetin (peut être chamois) dessiné en deux traits, le premier une partie de la tête, l’autre jusqu’au dos – maîtrise extraordinaire du tracé. Les artistes ont tiré profit des volumes de la paroi, certains animaux semblent en sortir.
Le bestiaire de la Grotte Cosquer : 50% chevaux petits avec la crinière en brosse, 35% bouquetins, 20% aurochs ou bisons, phoques, pingouins, mégacéros (élan irlandais), saïgas(antilopes à gros nez) félin.
Il faut imaginer que cette grotte actuellement immergée était à l’air libre. Le niveau de la mer était 120 m plus bas qu’actuellement. Au maximum de la dernière glaciation une plaine était découverte là où se trouve la mer et les calanques. Les hommes gagnaient la grotte à pied sec. Ils n’y vivaient pas, on n’a pas trouvé de relief de repas ou de cuisine. Cette grotte serait plutôt une sorte de chapelle.
Le fac-simile est tout à fait convaincant. On peut aussi lui donner un statut de conservation de l’état au temps de la découverte. Avec la montée des eaux déjà constatée entre 2010 et 2020 les images se détériorent. Un petit cheval intact en 2010 porte des signe d’altération au niveau du museau.
35 minutes passent vite à essayer de déchiffrer les dessins, l’audioguide et les spots lumineux aident bien.
Après cette « promenade en capsule » des flèches nous conduisent dans un auditorium pour visionner un film d’une dizaine de minutes racontant la découverte de la grotte près de la Calanque Morgiou en 1985, déclarée en 1991. En cherchant sur Internet, j’ai trouvé des critiques de ce film hagiographique centré sur la personnalité de Cosquer alors que tout un groupe était autour de cette découverte et que le film passe sous silence.
Au premier étage des reconstitutions attendent le visiteur : animaux naturalisés comme l’énorme auroch ou la Saïga qui existe encore en Asie Centrale. On a aussi recréé la grotte de l’Ours à Sormiou où des animaux (hologrammes) évoluent. Deux grands pingouins mâles se battent tandis que la femelle plus petite attend de côté ce qui a été dessiné dans la grotte. Des cerfs passent, la saïga, au loin des phoques et une cavalcade de chevaux .
parure de tête de la Dame de Cavillon coquillages et dents
Une exposition a pour thème : les hommes et la mer montre les parures de la Dame de Cavillon (24.000 ans) découverte près de Menton en 1872. Parure de tête en coquillages retenus par un tissage en fibres d’orties. Un canot expérimental a été reconstruit avec quatre peaux de bison.
Des instruments de musique : Conque (18.000 ans)
Des dents de cachalots sculptées ou gravées présentent des scènes avec des animaux marins>.
Un dernier thème est traité : l’Histoire du Niveau de la Mer
Un diaporama montre la rade de Marseille au cours des temps préhistoriques et actuels.
Un montage est une alerte sur la montée des eaux en Camargue et dans le Delta du Rhône.
Pas un nuage, soleil radieux. Les amandiers en fleur se détachent sur le ciel bleu.
Le GPS nous offre un très joli parcours sur les hauteurs du XIIIème arrondissement par des chemins tortueux, des traverses, des ruelles étroites entre des murs de pierre.la ville semble très loin et brusquement, un building, une tour. Nous avions craint les embouteillages. Sur ces petites routes étroites, une seule voiture arrivant en face est un obstacle. On ne peut pas se croiser. Les conducteurs sont habitués, ils reculent jusqu’à un emplacement plus large et tout se passe bien.
Un panneau signale un Musée du savon de Marseille. Hélas, la savonnerie ne se visite que sur rendez-vous.
Nous arrivons sur le port avec ses grues géantes.
marseille l’Estaque
L’Estaque est un joli village qui a gardé son caractère. Cézanne, Derain, Dufy, Braque, Matisse y ont trouvé l’inspiration. Un Sentier des peintres conduit les touristes sur ls bords du port, monte à l’église et dans les rues. L’église est toute simple ; un vieil homme la sonorise avec un lecteur de cassettes. De belles villas surplombent le bord de la route, pas des bastides comme sur la Corniche JF Kennedy, mais des maisons Art Déco. La plus belle est la Villa Palestine de style mauresque avec ogives, arcs arabisants et créneaux en stuc. Les bateaux de plaisance en plastique ont remplacé les barques des pêcheurs. Autrefois la pêche faisait vivre le village u mémoire les plans des films de Guédiguian, le train qui circule sur les arcades…Nous ne sommes pas allées jusqu’à la Calanque Méjean où ont été tournés plusieurs films. Je le regrette.
Marseille L’Estaque – viaduc train
Nous sortons de l’Estaque par la route D5 vers l’Ouest en dessous des grandes arcades de la voie de chemin de fer – petit TER bleu qui me fait rêver. Arrêt au-dessus des plages des Corbières accessibles par des marches. Des gens se baignent mais je n’ai pas le courage de descendre pour remonter tout de suite.
La D5 devient D568 et monte dans le massif calcaire de la Côte Bleue avec ses rochers en chicots et pitons où poussent des buissons de lentisques et des pins. Des panneaux signalent des troupeaux de chèvres sauvages que nous n’avons pas vues. Nous traversons Le Rove et Ensues (station-service, Casino) maisons neuves toutes pareilles sans caractère.
Carry-le-Rouet
Cary-le-Rouet luzerne arborescente
Premier arrêt au début de la plage de Le Rouet-plage. Deux minuscules plages sont installées. La première galets et posidonies est malaisée pour marcher, la seconde est cimentée.
Au-delà de la base nautique s’étend une grande plage. Nous avons décidé de fêter ce jour de beau temps (et la Saint Valentin) au restaurant. A l’extrémité un restaurant a une belle terrasse couverte. Le patron très aimable nous installe une table sur le ciment au bord du sable. D’autres clients nous imitent. On se croirait en plein été. Alors qu’à pied j’ai mis moins de 15 minutes, Dominique en voiture va se perdre arriver au port de Carry, errer dans les villas. Il lui faudra l’aide du GPS pour trouver le Jean Bart. Pour se consoler de sa mésaventure, elle commande un mojito et le patron va cueillir exprès de la menthe dans son jardin.
Salades pour un déjeuner au soleil. Chèvre chaud disposé sur des croûtons arrosés d’un trait d’huile d’olive et thym sur un généreux mesclun, anneaux de calamars frits pour Dominique. Servi sans façons, avec beaucoup de gentillesse et très abondant. A une table voisine toute une famille s’installe pour gérer la location des canoës, kayaks et paddles encore à la bonne franquette.
Sur le sentier littoral de Carry-le-Rouet à Sausset-les-Pins
Dans l’eau, un groupe faisait du longe-côte en combinaison, plusieurs baigneurs en maillot sont restés un bon moment. Après le déjeuner, la plage s’est peuplée. Des enfants barbotent. J’ôte mes chaussures remonte mon jeans pour tâter de la température.
Nous poursuivons vers l’ouest jusqu’au port de Carry, jolie anse occupée par des plaisanciers mais défigurée par une tour de 20 étages. Qui a donné le permis de construire une telle horreur ?
Calanque de la Tuilière : le sentier littoral très bien entretenu mène d’un côté au Port de Carry-le-Rouet (1.8 km) et de l’autre côté à Sausset-les -Pins, promenade très agréable en balcon mais très fréquentée même en février.
Calanques : piquenique entre Les Goudes et Callelongue
Ciel rouge et orange au-dessus de Marseille, splendide !
9h15 – Nous descendons vers la mer traversant des quartiers hétéroclites : un joli petit pavillon côtoyant une barre d’immeuble de 20 ou 3 étages, puis une rue commerçante animée avec Döner Kebab, agrumes en vrac et petits commerces traditionnels, sans transition une autoroute passe par des tunnels, à la sortie une belle avenue bordée d’arbres. Un autopont interminable jusqu’au grand bâtiment bleu de l’Hôtel du Département. Au loin, les ferries rouges de la Corsica, et à nouveau un tunnel qui nous prive de Mucem et du Vieux Port pour surgir au pied du Pharo.
10h le long de la Corniche. Dominique a retrouvé le parking face à l’Anse de la Fausse Monnaie à côté du Marégraphe qui calcule le zéro du niveau de la mer. Ne se visite pas.
Villa Valmer au dessus de la Corniche
Presque en face : le Parc Valmer est ouvert je fais un détour pour découvrir la villa Valmer « villa Vague à la Mer » (1865) presque un château. En travaux entourée de grillages. Je prête plus d’attention aux belles villas de la Corniche. L’une d’elle est un établissement thermal. Toute la colline du Roucas Blanc en est construite émergeant de la verdure des jardins.
Plage du Prophète, une pensée à Gianmaria Testa et à Izzo qui en a écrit le poème. J’ai commencé ce matin la Trilogie de Fabio Montale qui réunit Total Khéops, Chourmo et Solea et qui va me servir de guide touristique.
Marseille Plage du prophète
Le Mémorial des Rapatriés d’Algérie et son hélice de bateau haute de 9 m . Etonnant monument noir conçu par César.
La Marina olympique est en chantier derrière de grandes palissades. Chantier très bruyant qui occulte le sentier littoral mentionné en pointillé sur ma carte. Je retrouve le bord de mer à La Plage du Prado très grande et très bien aménagée. Le grand David, copie de celui de Michel Ange me tourne le dos.
Des jeunes s’exercent au kayak sur ce qui ressemble à un canal et qui est un fleuve l’Huveaune. Pour le passer, retour à la route. De l’autre côté, l’Hippodrome et le Parc Borely. Dominique m’a donné rendez-vous à la Pointe-Rouge à la sortie du port.
marseille calanque de l’escalette
Nous continuons en voiture au bord de l’eau et à travers Montredon qui fait penser à un village et que nous dépassons pour nous arrêter juste au-dessus de la Calanque de l’Escalette très étroite avec un restaurant Le Petit Port, suspendu au-dessus de l’eau. Plus au fond, se profilent les arcades et les ruines d’une usine abandonnée. Selon le guide, il y aurait une galerie de sculptures qui se visiterait, mais c’est fermé aujourd’hui. Des randonneurs du 3ème âge, bâtons et doudounes retournent à leurs voitures. Du parking je distingue un sentier bordé de piquets sur la roche blanche.
Nouvel arrêt à la Calanque de Samena.
Marseille Les Goudes
Le village des Goudes a ses maisons pastel alignées au fond d’un petit port. La montagne au- dessus est hérissée de rochers dominés par un piton qui dépasse comme une dent. Nous allons au bout du village jusqu’à ce qu’un panneau l’interdise « demi-tour difficile – réservé aux riverains et aux clients du Restaurant de la Baie des singes ». Je continue à pied. Des cabanons bordent la route. Certains sont bien décorés avec des bouées de bateaux de pêche, bouée de sauvetage orange, bouées oblongues, coniques oranges ou délavées, filets. C’est là que Fabio Montale a son cabanon ! Au bout de la route goudronnée j’espère trouver le Sentier des Goudes pour une randonnée. Un couple âgé m’explique qu’il vaut mieux aller chercher à Callelongue pour une plus belle balade. Nous suivons leur conseil et déjeunons à côté de la table d’orientation en face de l’ île de Maïre et des petits rochers les Pharillons. Le temps est magnifique. Au menu de grosses crevettes roses et un beignet aux pommes.
Calanques Callelongue
Le village de Callelongue est blotti au creux de la calanque étroite et sinueuse comme un fjord. Quelques maisons un bar a installé ses tableaux dehors et il y a du monde à la mi-février. Le sentier littoral commence par une belle montée rocailleuse. Heureusement je suis munie de mon bâton. Le sentier est bien balisé. Il faut se fier aux marques pour trouver l’itinéraire. Quand on arrive à une belle hauteur il continue en balcon. Cela fait longtemps que je n’ai pas grimpé un sentier aussi sportif. Les rochers escarpés ne découragent pas les randonneurs. Le mardi, en février il y a affluence ! je n’ose pas imaginer les week ends d’été. Selon notre guide il faudrait 45 minutes pour arriver à la Calanque de Marseilleveyre. Sans doute, les randonneurs aguerris au rythme de marche soutenu y parviennent. Après la Calanque de la Mounine, je fais demi-tour après que des promeneurs m’aient assuré qu’il faut encore une demi-heure pour arriver (avec le retour cela fait une heure) et il n’y a pas de réseau Internet ni téléphone pour prévenir Dominique.
Le calcaire est très blanc, très lisse. « On a ciré le carrelage » remarque un Monsieur avec un bel accent marseillais. De temps en temps, des pins tordus par le vent donnent un peu d’ombre. Il faut s’arrêter pour admirer le paysage et marcher les yeux attentifs aux plaques glissantes ou aux cailloux instables. Merci à mon bâton de m’assurer dans la descente et de me hisser en haut de marches naturelles très hautes.
Calanque de Sormiou le soir
Sormiou est une autre calanque visitable en voiture. Il faut retourner à Marseille et suivre le Chemin du Roy d’Espagne. Brusquement l’urbanisation s’arrête. Une petite route en lacets escalade la colline puis redescends de façon spectaculaire. Grand stress pour la conductrice et grand spectacle pour la passagère. La calanque de Sormiou est déjà à moitié dans l’ombre : eau marine lisse comme de la soie. La falaise se reflète du côté encore ensoleillé. Cette calanque me rappelle la Cala Lunga de Sant Antioco en Sardaigne.
« Écoutez, c’est moi, le port de Marseille, qui vous parle. Je suis le plus merveilleux kaléidoscope des côtes. Voici les coupées de mes bateaux. Gravissez-les. Je vous ferai voir toutes les couleurs de la lumière ; comment le soleil se lève et comment il se couche en des endroits lointains. Vous contemplerez de nouveaux signes dans le ciel et de nouveaux fruits sur la terre. Montez ! Montez ! Je vous emmènerai de race en race. Vous verrez tous les Orients—le proche, le grand, l’extrême.[…] Je vous ferai voir des oiseaux qui plongent et des poissons qui volent.
Embarque-toi ! Embarque-toi ! »
Albert Londres est le père du journalisme d’investigation. Grand voyageur, il s’est embarqué de Marseille pour ses voyages lointains en Asie, Inde, Chine et Japon… Eté 1926, aprèsl’Exposition Coloniale de 1922 Albert Londres écrit une série de reportages réunis dans ce livre qu’il dédie au Gardien du phare du Planier.
« En résumé, une porte monumentale, où passeraient, flux et reflux, les cent visages du vaste monde. Passer ! Le mot convient à la ville. On va à Lyon, à Nice. On « passe » à Marseille.
Il y a les sédentaires de Marseille et puis le flot des nomades qui va de la gare au port ou du port à la gare. Si vous ne faites partie ni des sédentaires ni du flot vous n’êtes plus rien. Vous êtes le badaud. Vous gênez la circulation. »
Pour Albert Londres,Marseille est avant tout un port où entrent et sortent personnes et marchandises et ceci depuis 2500 ans avec l’arrivée des Phocéens. Entrée des marchandises coloniales, sortie des colons qui partent peupler l’Algérie ou l’Indochine. Et inversement arrivée des marins en transit vers les ports du monde entier et qui se rencontrent autour d’un verre avant de repartir. Arrivée aussi des émigrants s’installent . En 1926 Marseille est italienne, grecque et arménienne…
« Marseille était bien dans un département qui s’appelait les Bouches-du-Rhône. J’ai fermé la géographie. Le lendemain, je l’ouvris de nouveau. Marseille était dans les Bouches-du-Rhône, cependant les Bouches-du-Rhône devaient être en Italie. Eh bien ! Non, ce département était en France. Je repris courage et, comme nous étions au matin de cette journée d’expérience, je sonnai la femme de chambre. Elle arriva. C’était une Italienne. « Alors,
lui dis-je envoyez-moi le valet. » C’était un Italien. « Faites monter le sommelier ! » Il était italien ! J’empoignai mon chapeau, ma canne, mon pardessus. Je sortis de ma chambre. J’appelai l’ascenseur. Le garçon de l’ascenseur lisait Il secolo ! Je brûlai le hall jusqu’à la porte. Là, je m’adressai au portier et j’eus comme un espoir : le portier était anglais… »
Même si le propos est connu, le livre est original par le ton amusant. Lecture jubilatoire.
J’aurais pu choisir pour illustrer ce billet des conversations de bistro, rencontres de commerçants qui se donnent rendez-vous après avoir fait le tour de la planète. Chaque chapitre, chaque annecdote
J.P. Blanche Camargue exposition au musée Regards de Provence
79 km pour Salin de Giraud aux portes de la Camargue. Nous évitons le centre de Marseille en contournant par les hauteurs dans la colline avant de descendre vers le Merlan où on trouve la voie rapide et les embouteillages.
A gauche de l’autoroute, le Massif de l’Estaque et ses rochers ruiniformes. A droite, Marignane, l’étang de Berre, miroir opalin. Un pont enjambe Martigues qui intrigue. On se serait volontiers arrêté. Port de Bouc, Fos nettement moins touristiques. Dans la belle lumière du matin nous ignorons les raffineries. La D268 est très encombrée de camions énormes, elle dessert le terminal des conteneurs et le terminal minéralier. Après Port Louis, la route oblique vers l’Ouest et nous avons la surprise de nous trouver face au Grand Rhône ? une file attend le bac de Barcarin qui traverse le fleuve en deux minutes, le plus long étant d’embarquer et de débarquer. Cette « croisière « inattendue nous amuse.
A la descente du bateau, nous arrivons au Salin de Giraud, village ouvrier du XIXème siècle : rues se coupant à angle droit, place carrée. En 1855 Henri Merle qui possédait une usine de soude dans le Gard fit l’acquisition du marais pour le transformer en salines industrielles. En 1896, Solvay installa une usine chimique. Ces deux industriels dans la tradition paternalise construisirent des maisons ouvrières. Celles de Solvay s’inspiraient des corons du Nord. Péchiney prit la succession de Merle. Comme à Noisiel, la hiérarchie de l’usine se traduisait dans l’habitat. Des arènes confèrent au village une touche camarguaise. Après la Première Guerre Mondiale on embaucha des ouvriers Italiens, beaucoup de Grecs et des Arméniens. De la présence grecque il subsiste une chapelle orthodoxe et un jumelage avec l’île de Kalymnos.
Salin de Giraud
Les salines se visitent en saison (à partir d’Avril) les billets sont vendus à l’Office de Tourisme. En février tout est désert mais pas tout à fait fermé puisque la barrière rouge et blanche est relevée et que nous profitons de l’aubaine. Des flèches blanches et roses proposent des circuits : vers la Plage de la Courbe, le Sémaphore, le Grau d’enfer. Belles pistes en cailloutis beige destinées sans doute à l’exploitation du sel. Les bassins sont presque à sec, les belles couleurs roses des photos sont bien pâles. Il faudrait revenir l’été ! Cette incursion sans ticket a goût d’aventure. Goût aussi du calme parfait. Les flamants sont au rendez-vous. Certains arpentent gravement les bords ; d’autres dorment la tête sous l’île, grosses boules rose très pâle. Si je m’approche trop ils s’envolent et les belles couleurs pourpres se déploient sous els ailes. Au sémaphore, rappel historique. Le dernier sémaphore date de 1792 et a transmis les nouvelles de la guerre révolutionnaire avec l’Autriche. Non loin, la plage de la Courbe. Je monte sur la digue. La mer est déchaînée.
La D36b, puis la D36c devaient nous emmener à l’Etang de Vaccarès. A une fourche nous suivons la route vers la Digue à la Mer notée piéton/cycliste sur notre carte. Elle est goudronnée et un curieux balisage partage la chaussée en trois : à droite et à gauche, piste cyclable, au milieu les voitures sont tolérées mais elles ne peuvent pas se croiser, elles doivent donc se déporter sur la piste cyclable tout en donnant la priorité aux vélos. Quand le goudron s’arrête une mauvaise piste pleine de trous longe l’Etang de Fangassier (site de reproduction des flamants) et l’étang de Galabert.
Pendant la pause pique-nique une bonne pluie se met à tomber et ne s’arrêtera que vers 16 heures, nous aurons quitté la Camargue. Elle ne m’empêchera pas de me promener, mais la balade aura moins de charme.
Nous arrivons à l’Etang de Vaccarès puis rentrons par le même chemin ?