Deauville – Les Mondes flottants

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2024

Une moderne Olympia – Morimura

Exposition de Normandie-Impressionniste2024 jusqu’au 22 septembre 2024

Les Mondes flottants, au Japon qualifient des estampes décrivant la vie quotidienne. Les impressionnistes, avec l’ouverture vers le monde extérieur à l’ère Meiji, collectionnèrent estampes, éventails, paravents et cet engouement fut le Japonisme. L’exposition Les Mondes flottants  est une confrontation  entre deux mondes, entre l’art Japonais et les tableaux impressionnistes, entre les impressionnistes du XIXème siècle et les artistes japonais contemporains. Confrontation, mise en abyme.

D’entrée, La Parisienne japonaise d’Alfred Stevens (1872) est présentée à côté du tableau Une moderne Olympia de Yasumasa Morimura (2018) montage photographique qui s’inspire de l’Olympia de Manet, tableau scandaleux. Dans l’œuvre de Morimura, c’est un homme nu japonais qui est couché tandis que le rôle de la servante est joué par un homme occidental. Questionnement des genres, questionnement racial. Sur le divan, l’homme oriental est féminisé, est-ce le regard occidental ? l’homme occidental barbu avec un haut de forme revêt des vêtements féminins.

la parisienne Japonaise- Alfred Steven

Plus loin, ce sont des tableaux impressionnistes qui sont accrochés en sandwich avec des estampes japonaises : Maurice Denis et Valotton on compare l’usage des à-plats. Deux jolis et très petits Henri- Edmond Cross sont soumis à la même comparaison avec les estampes des Ponts d’Edo.

Etude d’un poisson dans un aquarium – Albert Copieux

Et ce poisson exotique, japonais ? non Albert Copieux, peintre normand.

Cette exposition fait la part large à la photographie souvent en très grand format Etonnantes lunettes de Le Corbusier laissant apparaitre un texte français tandis qu’à côté les Lunettes de Tanizaki lisent des idéogrammes, de la photographe japonaise Tomoko Yoneda.

Félix Regamey – 2 prêtre de la secte shigon expliquent à Emile Guimet la qualité de leur dogme

Felix Elie Regamey(1844-1907) est le seul peintre français présenté ici qui a peint le Japon. Il a accompagné en 1876 Emile Guimet pour un voyage de 10 mois dont deux au Japon. De retour, Guimet lui commande 40 grandes toiles pour l’Exposition Universelle de 1878.

Une section est appelée Immensité du Littoral révélant que les Japonais n’ont pas la même approche de la mer Hiroshige voisine avec Boudin et Valtat.

Une série de grande photographie documente sur le séisme et le tsunami en 2011.

Une vidéo hypnotique » Ocean view resort » m’a scotchée de longues minutes : des rideaux qui remuent au vent, une femme fume à sa fenêtre dans la nuit bleutée, seule point coloré, la braise de sa cigarette

La ville : ce nouveau sujet

prison nuke fission 235

Des images proche de l’univers manga décrivent une ville apocalyptique, Prison NUKE FISSION 235 utilise la xylogravure pour une allégorie sur la politique nucléaire. .

Mari katayama

Face aux « Parisiennes de Blanche et de Helleu, des tirages très grand formats de la photographe Mari Katayama. Amputée des deux jambes, elle se met en scène avec ses prothèses, regardant bien en face l’objectif. Au sol les prothèses brillent. Une femme amputée- mannequin, l’accompagne dans un décor kitsch très brillant.

Encore un couple Hiroshige/Signac !

Nature mystérieuse

La vidéo de Momoko Seto : Planet Sigma  m’a fascinée.  Je suis restée longtemps devant ce monde en transformation, ces insectes qui se dégèlent, d’une beauté extraordinaire. Momoko Seto est une artiste franco-japonaise, née à Tokyo mais élève d’école française, venue à Paris étudier aux Beaux -Arts, vidéaste, cinéaste, documentariste pour le CNRS. Intéressée par la croissance des cristaux de sel, des moisissures, de la germination des graines. C’est aussi une bricoleuse qui fait appel à des technologies sophistiquées pour montrer ces croissances qui semblent immobiles. Sa démarche me fait penser à celle d’Hicham Barrada à la différence que ce plasticien expose ses bocaux et ses aquariums où se déroulent les cristallisations en direct.

Yayoi kusama

L’exposition continue avec l’installation de Yayoi Kusama, univers étonnant en pois blancs sur fond rouge et miroirs.

 

Deauville – les Franciscaines -Robert Capa – Venise d’André Hambourg

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2024

145 avenue de la République – A l’entrée de Deauville en arrivant de Villers-sur-mer.

Le grand couvent édifié au XIXème siècle a été occupé par des sœurs franciscaines qui l’ont vendu en 2011 à la Ville de Deauville qui l’a aménagé en « lieu culturel » : médiathèque et lieu d’exposition, Fablab, auditorium pour des conférences.

le cloitre et le lustre

Le cloitre bordé d’arcades est couvert et éclairé par un lustre monumental fait de 14285 tubes de polycarbonate. Chaises, tables, blocs et présentoirs de la Presse en font un lieu de lecture ou de rencontre.

Le comptoir de la Billetterie repose sur d’étranges briques blanches : les tranches de livres. Déclassés, ils étaient promis à la benne et ils se retrouvent encore en bibliothèque !

Billet d’entrée cher : 16€ mais il y a 4 expositions en ce moment.

Exposition Robert Capa

Photographe de guerre, Capa a documenté l’histoire du XXème siècle, de la guerre d’Espagne jusqu’à sa mort en Indochine en 1954.

On peut admirer la qualité des photographies ou s’intéresser à ces témoignages. Conflits ou naissance d’Israël.

Il faudrait avoir un œil neuf, le cerveau disponible pour passer le temps nécessaire dans cette exposition. Après les Mondes Flottants, je sens mon attention flottante. Je reconnais certaines images universellement connues mais je passe trop rapidement.

André Hambourg – Rendez-vous à Venise

Hambourg

 

André Hambourg est né à Paris en 1909 et s’est éteint à Deauville en 1999 . La ville de Deauville a reçu en leg 539 peintures et des milliers de dessins. Le Musée Hambourg est situé aux Franciscaines. En 1957 il découvre Venise et s’y rendra une quinzaine de fois. Cette exposition nous entraine à la découverte de Venise.

Jeux d’eau de de lumière, reflets de jour ou de nuit. C’est une peinture très jolie, séduisante, décorative, un peu trop de tout cela.

 

promenade sur la Côte de Nacres – Cabourg : La villa du Temps Retrouvé

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE  2024 

Les belles villas de Hermanville

 

 Le matin : un petit tour de Ouistreham à Lion-sur-mer

Nous achetons des moules à la petite halle à poissons à l’entrée du port de Port Guillaume. Aujourd’hui, on trouve aussi des soles de toutes les tailles, même des petites épluchées très bon marché et des tourteaux.

Après, le golf  de 18 trous de Cabourg, le Home-Varaville puis Sallenelles,  très joli village. Le Pont Pegasus; sur le canal de Caen à la mer, relevé cause un bel embouteillage.  Benouville est construit de blonde pierre de Caen avec sa petite église romane. Nous faisons le détour par le village ancien de Ouistreham avec sa belle église Saint Samson et sa Grange aux Dîmes qui loge une exposition Normandie Impressionniste.

La mer haute est toute proche de la digue . A Cabourg, les coquillages, surtout les couteaux, s’accumulaient à la limite du sable sec. Ici, ce sont les algues. Pas terrible de marcher dans les algues.

Sur la digue, à Hermanville, je peux admirer les belles villas, la plupart à colombages de style normand avec tourelles et toits pentus. Certains en pierre blanche sont de véritables petits palais. D’autres jouent avec le mélange de pierre et brique. Sous le soleil, des gens nagent, d’autres font du longe-côte. Je les imiterais volontiers mais de lourds nuages menaçants s’accumulent, la mer est passée de bleue à verte puis grise avec des crêtes d’écume blanche, le vent se lève. Quand je retourne à la voiture tous les nageurs sont sortis et il ne reste plus que deux planches à voile qui filent.

Après midi à Cabourg : La Villa du Temps Retrouvé

L’allusion à l’œuvre de Marcel Proust est claire. Venu enfant avec sa grand-mère, revenu adulte, il a toujours logé au Grand Hôtel dans la suite 414. Cette villa 15 avenue Raymond Poincaré se situe dans un quartier tranquille construit de très belles maisons dans des terrains arborés. Ce n’est pas un Musée Proust plutôt un Musée Belle Epoque qui abrite également des expositions temporaires.

Marcel Proust

Dans le jardin charmant et sans prétention la Une du Petit Journal raconte les nouvelles les plus sensationnelles de l’époque, exploration des pôles, projet de Tour du monde en avion. Excellente introduction à l’Exposition Jules Verne visible jusqu’au 11 Novembre 2024.

Au rez-de-chaussée, un mur d’images de tableaux impressionnistes de portrait m’intrigue. Toujours imprégnée de ma lecture récente de la Recherche ; je cherche les paysages qu’il a décrit, les personnages du roman, ceux que Proust aurait croisés. Encore plus immersive, la projection dans une salle ronde de séquences de films d’époque. J’ai surtout aimé l’arrivée d’un train, j’ai pensé à Zola et à la Bête Humaine qui se déroule dans la région. Les visages et les costumes d’autrefois, pêcheurs et dockers. Images parisiennes et pour finir la lune de Méliès.

Helleu : Deauville et le bassin

 

A l’étage, des tableaux de Helleu  et  d’autres peintres voisinent avec ceux de Vuillard . Dans le cadre de Normandie Impressionniste 2024, l’Exposition Belle Epoque donne la vedette à Vuillard à Amfreville jusqu’au 22 septembre 2024. Qui a inspiré le personnage d’Elstir ? Whisler ou Helleu, on pourrait ajouter l’hypothèse Vuillard.

Vuillard Annette à la plage de Villerville

De tous les tableaux de cette exposition ce sont les Vuillard que je préfère. Annette sur la Plage de Villerville illustrerait bien les Jeunes Filles en Fleur . J’ai noté aussi Deauville et le bassin de Helleu, version Belle Epoque de la vue de  notre balcon de Port Guillaume.

J.E Blanche portrait de Suzette Lemaire – Mme Verdurin?

De grands portraits de Eugen Von Blaas montrent les élégantes : Madame Lebreton ou Mademoiselle Suzette Lemaire qui a peut-être inspiré Madame Verdurin. Boldini a dessiné Helleu. Vais-je imaginer ainsi Elstir ?

Giovanni Boldini : portrait de Helleu – Elstir?

Les objets sont aussi évocateurs : une lanterne magique comme à Illiers-Combray, le piano de Reynaldo Hahn . Sous une vitre, sont présentées des lettres de Marcel Proust. Je ne connaissais pas son écriture. C’est un choc de les lire même si elles sont simples et factuelles. Je n’avais pas imaginé que Proust dessinait. Les petits croquis au crayon sont très vifs : une expédition en voiture, Reynaldo Hahn au piano.

Dessin de Marcel Proust

La salle suivante présente les « placards » de Celeste Albaret, ces collages d’épreuves corrigées, les rajouts sur les « paperolles » assemblés sur de grandes feuilles collées avec des manuscrits et des morceaux de tapuscrits. Quel travail de secrétaire ou plutôt d’éditrice ! s’y retrouver dans les ratures, les ajouts de l’écrivain. Cette visite est très dense.

Quayola : tempête

Davide Quayola , l’héritage digital de l’impressionnisme est une autre manifestation dans le cadre de Normandie Impressionniste 2024, « inscrite dans une relecture contemporaine de l’Impressionnisme » comme le présente le livret. Ce sont des « tableaux numériques » de tempêtes. J’ai du mal à comprendre cette technique et je n’arrive pas bien à distinguer photo, vidéo de la construction digitale. Qu’est-ce qu’un « tableau numérique » ? Les vagues écumantes et les embruns m’ont bien plu.

Jules Verne, père de la Science-fiction est une autre exposition de la villa. On peut voir les couvertures originales de nombreuses œuvres, de belles maquettes, des idées innovantes. Science-fiction et technologie. Jules Verne a également inspiré de nombreux films dont on peut voir des séquences marquantes.

Beaucoup de sujets dans cette villa ?

Ce n’est pas tout : Les épis de faitage de la Côte Fleurie font aussi l’objet d’une exposition en collaboration avec la Poterie du Mesnil de Bavent.

Cabourg : à la plage

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2024

En moins de cinq minutes à pied, par la passerelle, on est à Cabourg.

Comme nous y passerons la matinée nous préférons prendre la voiture. Longer la voie ferrée de la SNCF ligne Deauville-Dives-Cabourg. Ce train me rappelle celui de Proust très utilisé par les estivants. Les invités de Madame Verdurin s’y retrouvaient régulièrement Marcel rapporte les conversations. Il y avait une autre ligne de train vers vers les gares de Dozulé – Putot et Mézidon mais elle a été fermée dès les années 30 et remplacée par des autocars. La ligne TER actuelle fonctionne de manière intermittente seulement en saison. Il y a deux gares, une à Port Guillaume, l’autre près du pont routier qui va à Cabourg.

Cabourg est une station balnéaire conçue selon un plan rayonnant en demi-cercle dont le centre serait le Grand Hôtel et le Casino. La Digue, Promenade Marcel Proust, longe la mer. Les rues se déploient en éventail, les plus petites portent des noms d’arbres : sycomores, tamaris, platanes…Dominique se gare rue des Sycomores en face d’un joli golf miniature orné de monuments ; tour Eiffel, Statue de la Liberté, Big Ben.

J’entreprends ma promenade pieds nus dans l’eau mais comme la marée est haute le franchissement des épis brise-lames est malcommode. En plus des rares promeneurs je remarque des hommes munis de détecteurs de métaux et des femmes portant des pinces et un sac poubelle. Curieuse, j’interroge l’une d’elles : une association Côte Fleurie Propre convoque les bénévoles par sa page FaceBook chaque jour sur une plage différente. Les hommes des détecteurs ne s’intéressent qu’aux pièces de monnaie perdues.

Quand je passe devant le majestueux Grand Hôtel, je marque l’arrêt pour la photo, cherchant sa chambre 414 (on ne visite pas mais on peut la réserver) et la salle à manger l’ »aquarium » me revient en mémoire.

A force de marcher dans l’eau, il me vient l’envie de me baigner. Le soleil chauffe bien, la température de l’eau est de 19°2 (plus que la température de l’air). Facile de rentrer dans l’eau très calme de la mer étale sans même une vague. Une dame me croise en nageant :

« Cela fait du bien que les vacanciers soient partis ! » dit-elle

« Mais je suis une vacancière ! »

Nous rentrons déjeuner sur notre balcon ensoleillé. Auparavant courses dans les grandes surfaces de Dives. A Aldi et Lidl je ne trouve rien de ce que je cherche ;  je me perds dans un  Intermarché immense. En rentrant nous passons devant le lycée Paul Eluard. Le GPS annonce les rues Maurice Thorez, Elsa Triolet. Nous sommes loin des Guermantes avec cette toponymie communiste. Avant la fermeture des dernières industries métallurgiques Dives était une ville ouvrière.

Nous avons des invités, des cousins de Dominique qui viennent avec leur chien d’Houlgate. Moins de 3 kilomètres à pieds que je fais avec eux vers le soir sous le crachin qui se transforme rapidement en pluie drue.

 

 

Port Guillaume – une belle marina mais où sont donc les magasins?

NORMANDIE IMPRESSIONNISTE 2024

Port Guillaume notre f=résidence le Manoir est celle qui a une tourelle

Notre appartement dans la Résidence du Manoir possède un très grand balcon, presque une terrasse sur le port de plaisance. Port Guillaume est une grande marina entourée d’immeubles contemporains. L’appartement est vaste, très lumineux accessible par un ascenseur. Il est aussi très bien décoré. Dans la chambre une reproduction de l’ange de Matisse que je ne connaissais pas. Le luxe !

A peine installée, il faut songer aux courses. Et tout se complique. Dans la rue personne ne peut me renseigner. Aucune boutique d’alimentation en dehors des « casiers du port » proposant des produits de luxe à des prix prohibitifs destinés aux plaisanciers. Des restaurants,  des cafés, trois pizzerias mais aucun boulanger ni épicier encore moins de boucherie. Comment est-ce possible qu’un quartier artistiquement dessiné aux immeubles normands à pans de bois, tourelles et toits pentus, cerné de maisons basses colorées, qu’un quartier soit dépourvu de commerce traditionnel. Incrédule je pars avec mon cabas. Une dame en bas confirme, il faut aller au centre-ville ou à Lidl ou Aldi ? un couple passe, des sourds muets à qui je montre le sac, ils ne savent pas. Puis des retraités allemands du Pierre et Vacances. Rien à en  tirer.

la Dives à Marée basse

Le long de la voie ferrée, je trouve le Café de la Gare : si je longe la voie ferrée , un peu plus d’un kilomètre plus loin je trouverai Lidl. Allons-y pour un quart d’heure de promenade, au retour avec le cabas plein ce sera plus long. Je n’achèterai que l’essentiel. Je découvre une belle promenade le long de la Dives . me voici réconciliée avec le quartier. Sur les bords de la rivière des petites maisons colorées s’alignent et cachent les immeubles. Elles sont toutes légèrement différentes, toit de tuile ou d’ardoise, crépis pastel de couleurs variées. Ne pas se leurrer. Ce ne sont pas des logements mais des résidences secondaires qui font illusion. Dès la première semaine de septembre, elles sont déjà vides. Cela me fait penser à un autre village contemporain artificiel autour d’une marina : Port Grimaud. Aucune authenticité mais quand même charmant.

Comment des urbanistes ont-ils oublié les commerces de proximité ? Sont-ils négligents ? est-ce dans l’air du temps d’aller faire ses courses en voiture en grande surface ou de se faire livrer des pizzas ?

Une passerelle de bois pour les piétons et cyclistes enjambe la rivière et arrive à Cabourg. La marée basse découvre une plage immense

la plage de Cabourg Port Cabourg

 

A l’ombre des jeunes filles en fleurs : Partie 2 – Balbec

LECTURE COMMUNE AVEC CLAUDIALUCIA …et d’autres 

logo de la lecture commune

J’ai  bien aimé suivre Proust à Balbec. Je n’ai pas forcément retrouvé Cabourg et la Côte Normande.  J’ai surtout aimé le dépaysement, le voyage en train qu’il présente de façon très plaisante avec beaucoup d’humour. 

Malheureusement ces lieux merveilleux que sont les gares, d’où l’on part pour une destination éloignée, sont
aussi des lieux tragiques,

Les levers de soleil sont un accompagnement des longs voyages en chemin de fer, comme les oeufs durs, les
journaux illustrés, les jeux de cartes, les rivières où des barques s’évertuent sans avancer.

Lever de soleil et œufs durs, quel rapprochement osé!

L’installation au Grand-Hôtel de la Plage est toute une aventure, le narrateur est plutôt timide et routinier, apprivoiser une nouvelle chambre n’est pas évident.

La pendule — alors qu’à la maison je n’entendais la mienne que quelques secondes par semaine, seulement
quand je sortais d’une profonde méditation — continua sans s’interrompre un instant à tenir dans une langue
inconnue des propos qui devaient être désobligeants pour moi, car les grands rideaux violets l’écoutaient sans répondre, mais dans une attitude analogue à celle des gens qui haussent les épaules pour montrer que la vue d’un tiers les irrite. Ils donnaient à cette chambre si haute un caractère quasi-historique qui eût pu la rendre appropriée à l’assassinat du duc de Guise, et plus tard à une visite de touristes, conduits par un guide de l’agence Cook, mais nullement à mon sommeil.

La découverte de l’« église persane de Balbec » m’a fait penser à sa déconvenue au théâtre quand il est allé entendre la Berma. Enorme attente, déception de ne pas être aussi enchanté.

Et puis, bien sûr la mer :

Car chacune de ces Mers ne restait jamais plus d’un jour. Le lendemain il y en avait une autre qui parfois lui
ressemblait. Mais je ne vis jamais deux fois la même. Il y en avait qui étaient d’une beauté si rare qu’en les
apercevant mon plaisir était encore accru par la surprise. Par quel privilège, un matin plutôt qu’un autre, la fenêtre en s’entrouvrant découvrit-elle à mes yeux émerveillés la nymphe Glaukonomèné, dont la beauté paresseuse et qui respirait mollement avait la transparence d’une vaporeuse émeraude à travers laquelle je voyais affluer les éléments pondérables qui la coloraient? Elle faisait jouer le soleil avec un sourire alangui par une brume invisible qui n’était qu’un espace vide réservé autour de sa surface translucide rendue ainsi plus abrégée et plus saisissante, comme ces déesses que le sculpteur détache sur le reste du bloc qu’il ne daigne pas dégrossir. Telle, dans sa couleur unique, elle nous invitait à la promenade sur ces routes grossières et terriennes, d’où, installés dans la calèche de Mme de Villeparisis, nous apercevions tout le jour et sans jamais l’atteindre 

Ne nous impatientons pas, les jeunes filles en fleurs ne ferons leur apparition que plus tard dans le roman, il faudra d’abord décrypter les subtiles hiérarchies sociales, les titres de noblesse, les relations compliquées. Agacement devant sa fascination pour l’aristocratie !

L’homme qui tonnait ainsi contre Israël sortit enfin de la tente, nous levâmes les yeux sur cet antisémite. C’était mon camarade Bloch.

Sur la plage, nettement moins aristocrate mais très drôle, Bloch et sa tribu : caricature ou humour juif? Proust force le trait, en fait un sujet pittoresque.

Bloch était mal élevé, névropathe, snob et, appartenant à une famille peu estimée, supportait comme au fond des mers les incalculables pressions que faisaient peser sur lui non seulement les chrétiens de la surface, mais les couches superposées des castes juives supérieures à la sienne, chacune accablant de son mépris celle qui lui était immédiatement inférieure. Percer jusqu’à l’air libre en s’élevant de famille juive en famille juive eût demandé à Bloch plusieurs milliers d’années. Il valait mieux chercher à se frayer une issue d’un autre côté.

Avant les jeunes filles, les garçons! Et l’amitié avec Robert de Saint-Loup  qui lui révèle « les vertus de l’amitié » qu’il considère « comme une oeuvre d’art« 

Une fois que j’avais quitté Saint-Loup, je mettais, à l’aide de mots, une sorte d’ordre dans les minutes confuses que j’avais passées avec lui; je me disais
que j’avais un bon ami, qu’un bon ami est une chose rare et je goûtais, à me sentir entouré de biens difficiles à acquérir, ce qui était justement l’opposé du plaisir qui m’était naturel, l’opposé du plaisir d’avoir extrait de moi-même et amené à la lumière quelque chose qui y était caché dans la pénombre.

par son intermédiaire, il fait connaissance du  Baron de Charlus, Palamède de Guermantes. Et nous revoici en terrain connus depuis Combray et toujours entiché des Guermantes. Les titres de noblesse, les lignages anciens ne me font pas rêver et auraient plutôt tendance à m’ennuyer. En revanche, les châteaux achetés par les financiers juifs et les réactions de Saint-Loup, de Proust sont très ambigües et intéressantes. Sachant que Proust était un Dreyfusard de la première heure, les allusions antisémites sont à prendre au deuxième degré. J’ai eu cette même surprise avec Zola dans l’Argent.    A creuser….

Enfin, scène touchante aigre-douce avec le portrait que Saint Loup devait tirer de la Grand-Mère du narrateur qui se met sur son 31 pour la photo tandis que le jeune homme la rabroue.

Traversée de la Baie du Mont Saint Michel à partir de Saint Léonard

BALADE NORMANDE

le Mont Saint Michel à l’arrière du Couesnon; On devine la foule des pélerins qui traverse

Les traversées de la Baie ne se ressemblent pas, selon les saisons, la météo, l’heure,  la lumière mais aussi le coefficient de marée. Par petites marées, le départ est à Saint Léonard, non loin d’Avranches.

C’est bien sûr la marée qui impose ses horaires. Départ 13 heures, retour 19 heures.

les salicornes plantes pionnières

Traversée gourmande qui commence par la cueillette des mûres le long du chemin qui descend du parking près du village à la Maison de la Baie (800m). On entre dans les herbus – prés salés . Marcher pieds nus sur l’herbe rase est très agréable. Après l’herbe verte, les plantes pionnières halophiles  salicornes, soude et obione aux feuilles arrondies. On goûte : les salicornes sont bien charnues, la soude fleurit en ce moment, plus coriace. Nicolas, le guide, apprécie la bonne chère et nous explique qu’il ne faut pas manger trop tôt les agneaux de prés-salés, à Pâques, ils n’ont pas encore profité des herbes aromatiques, il vaut mieux attendre l’été. Après ce ne sont plus des agneaux….

Soude fleurie

Il vante aussi les qualités de la tangue argile appréciée en massage ou en masques. La tangue est glissante. Eviter de se mouiller les pieds de peur que la plante ne devienne vraiment glissante. Préférer les endroits secs. A ma dernière traversée (à partir des Genêts) j’avais trouvé la marche fatigante (voire pénible) quand on s’enfonçait dans la vase molle qui aspirait les pieds qu’il fallait dégager à chaque pas. Aujourd’hui, rien de semblable. Nous progressons sur un sol sec qui ressemble au sable du désert. De petits grains ronds parsèment la surface : ce sont les tortillons très petits de vers qui s’enfoncent pour rester dans un substrat humide. En découpant une motte on peut  deviner leurs fins tunnels. 

Les épisodes les plus amusants sont les traversées de la Sée-Sélune, deux rivières qui convergent vers Avranches et qui se déploient en larges boucles dans la baie. Comme il fait bon ce sont presque des baignades : pour moi  tout au moins, les grands avancent avec de l’eau aux genoux. Le guide teste à l’avant pour ne pas faire tomber le groupe dans un trou (il y a des tourbillons et parfois presque des gouffres de plusieurs mètres de profondeur) . Tantôt on traverses, tantôt on suit le petit fleuve. les divagations de la Sée-Sélune et du Couesnon modifient sans cesse la morphologie de la baie, parfois la marée montante coupe un méandre et le cours d’eau est modifié, laissant de côté un bras mort. A marée basse, on retrouve ces vestiges de lits que le fleuve a abandonné. Il reste parfois de l’eau sous la surface et cela induit le phénomène des sables mouvants. Phénomène spectaculaire, et dangereux qui pimente notre promenade : quand on piétine, le sol se liquéfie et on s’enfonce très facilement et rapidement profondément. Les enfants et les jeunes se prêtent volontiers à l’expérience. Je préfère repérer des trace d’anciens lits, des berges fossiles… Le dernier passage à gué est celui du Couesnon, élargi par la Sée-Sélune dont les eaux ne se mêlent pas vraiment, plutôt se côtoient. Mon short est bien mouillé quand nous nous approchons des remparts du Mont.   

45 minutes de pause, mais pas de visite. L’entrée est complètement embouteillée, impossible de s’entendre au téléphone tellement il y a de vacarme. La passerelle est comble. Les vélos adossés à la muraille, j’ai du mal à trouver un peu d’ombre. Grande queue aux toilettes payantes.

L’aller a pris 3h15. Nous bouclerons le retour en moins de 2h. Le niveau des rivières a beaucoup baissé avec la marée. Le guide fait moins de pauses sauf celle qui permet d’observer les goélands se nourrir : les oiseaux piétine le sol gorgé d’eau, ils pédalent un moment jusqu’à ce que coque ou telline ne s’approche de la surface. Ils gobent le coquillage entier, leur gésier broie la coquille. Près du lieu de la capture on voit un petit tas blanc et les traces du piétinement.

Nous avions craint l’orage (vigilance jaune) nous avons eu de la chance et une promenade splendide.

vers la Pointe de Barfleur : Coutances, Saint Vaast la Hougue, Barfleur

BALADE NORMANDE

le Port de Barfleur

Traversée du Cotentin, du Sud-Ouest au Nord-Est par Coutances et Valognes (environ 110 km aller)

Jusqu’à Coutances, la route est une 2×2 voies très roulante dans une campagne boisée très verte. Les villages aux sévères maisons de pierre présente un homogénéité architecturale étonnante. Peu de constructions contemporaines défigurent l’ensemble. Seule concession au XXIème siècle : les ronds-points.

Cathédrale de Coutances : transept

La Cathédrale de Coutances se voit de loin, perchée sur sa colline. Y accéder en voiture est un peu compliqué. Il faut tourner autour de la vieille ville avant d’arriver sur la grande place située entre la Mairie et le parvis de la Cathédrale qui est aussi la Place du Marché. La Cathédrale est impressionnante. Elle peut se visiter guidée ou individuellement avec un audioguide (après 10h du matin). Je me contente d’une courte visite dans la haute nef très lumineuse, prodige du gothique en Normandie. Après avoir admiré piliers et arcades d’une hauteur vertigineuse et d’une grande finesse, je découvre les vitraux anciens très colorés.

Coutances vitrail

Selon le Guide Vert, Geoffroy de Montbray acheva la nef en 1056 grâce à la générosité des fils de Tancrède de Hauteville, les conquérants de la Sicile et des Pouilles. Non loin d’ici : le Château de Hauteville-la Guichard loge le musée Tancrède. Ce nom de La Guichard me rappelle le petit port grec de Fiscardo à Céphalonie qui doit son nom justement à un des fils de Tancrède né à La Guichard.

Le ciel est barré de gris puis la route de Valognes entre en plein brouillard. Le Château de Gratot n’est pas loin mais invisible de la route. L’Abbaye de Lessay, en bordure de route, mérite la visite mais nous n’avons pas le temps. Nous traversons Valognes : l’hôpital occupe un véritable château. Les hôtels qui bordent la rue principale sont construits avec un soin particulier et de belles pierres de taille claires qui contrastent avec le style des maisons de la Manche que nous avons vu, petits moellons de schiste gris rosé. La ville est très fleurie, les rondpoints débordent de dahlias, géraniums et œillets d’Inde.

Saint Vaast-la-Hougue

port de Saint Vaast et île TAtihou

A la sortie de Valognes, il reste encore 7 km pour arriver à la côte à Quettehou qui touche Saint Vaast-la-Hougue que nous découvrons sous un ciel gris et bas qui nous étonne en ce mois d’Août de canicule sur le reste de la France. Le guide Vert conseille d’abord la visite du port. Déception, la plaisance a chassé les bateaux de pêche : une forêt de mâts qui se balancent. Nous continuons la route et arrivons à l’abri de remblais herbus bien verts, protection contre les vagues submersives, mais pas de vue ! Demi-tour. A l’autre extrémité du port, derrière un petit chantier naval où sont réparés de beaux bateaux de bois. Derrière, la Chapelle des Marins, vestige de l’église du Xième siècle : portail roman et des modillons sous la corniche. A l’intérieur les murs sont couverts de plaques gravées aux noms des marins morts en mer. A côté une plateforme surélevée permet de découvrir la jetée conduisant au phare à l’entrée du port et plus loin l’Île Tatihou qu’on pourrait rejoindre à pied à marée basse. Comme la mer est haute, une curieuse embarcation amphibie, bateau à roue, bleue et blanche fait la navette pour emporter les touristes.

Symétrique au fort de l’Île Tatihou, le fort de la Hougue est construit par Vauban sur la presqu’île de la Hougue au bout de la Grande Plage. Construites après la bataille de la Hougue (1692 défaite de Tourville.) en 1695.

Saint Vaast la Hougue

Nous assistons à un curieux ballet à la sortie du port, course entre les gros bateaux de pêche lourds et colorés et une flottille de petits bateaux blancs à moteur qui suivent les grands puis les dépassent. Les petits partent-ils à la pêche ou sont-ils des plaisanciers suiveurs ? Ces embarcations ont attendu la marée et sortent tous en même temps. Le long de la jetée un gros bateau a le pont couvert de caisse plastiques contenant des bulots. Je surprends une conversation ; le bulot n’aime pas l’eau chaude, le réchauffement de l’océan leur sera-t-il fatal ? Chez les poissonniers les prix des mollusques ont grimpé en flèche, maintenant le bulot est devenu un produit de luxe.

Saint Vaast la Hougue : fort de la Hougue

Parcourant la digue au-dessus de la Grande Plage qu’on ne voit pas à marée haute j’arrive à la Hougue (1.5 km) . De l’autre côté de la digue, il y a de l’eau calme comme celle d’un lac et plein d’oiseaux. La visite du Fort de la Hougue est fléchée. Fermée le matin, visite possible l’après-midi. Je me contente de faire le tour des remparts sur un bon chemin à l’abri d’épineux, ronces et prunelliers qui forment un tunnel. Ce sentier est d’abord très confortable et je ne comprends pas les avertissements l’interdisant aux poussettes. Je le comprendrai quand le cheminement sera au sommet d’une muraille large de 50 cm sans aucun garde-fou se prolonge au-dessus de l’eau ; la dame devant moi est bloquée et a le vertige. La balade sur l’eau est facile mais impressionnante. Heureusement tout le monde le suit tranquillement amis que se passerait-il si un touriste indiscipliné arrivait à notre rencontre : un peu étroit pour se croiser.

Etroit passage entre deux eaux

Pour le pique-nique nous trouvons un emplacement « avec vue » après Réville sur la route de Barfleur en suivant la côte au-dessus de la petite anse de Landemer. Les maisons de pierre sont fleuries et pittoresques. Des marches descendent à l’anse. Quelques algues brunes n’empêchent pas un homme de nager. Après la salade de pommes-de-terre/anchois, j’hésite à me baigner. Le ciel s’est dégagé, je me laisse tenter et suis bien récompensée. Dans la crique, l’eau est lisse, même pas une ride. Un peu fraîche, mais nager réchauffe. Un vrai bonheur.

Barfleur

Barfleur église saint Nicolas

Barfleur est un tout petit port de pêche et pratiquement pas de plaisanciers. Curieuse, je regarde sur les ponts les chargements de bateaux : l’un d’eux croule sous les caisses d’araignées ; certaines sont énormes.

L’église Saint Nicolas (17ème siècle) semble fortifiée avec sa tour carrée trapue ; pas vraiment un clocher. Si on en fait le tour on découvre la mer. La rue principale est bordée de maisons de pierre, fleuries décorées par un céramiste qui a émaillé les plaques des rues et les numéros des maisons, fabriqué d’amusants oiseaux vernissés posés sur les toits. La promenade devient un jeu à la recherche de ces éléments du décor. Heureusement les boutiques de souvenirs ont oublié de s’installer et le village reste authentique.

A l’horizon on devine le très mince et très haut phare de Gatteville : 12 étages, 365 marches, un défi pour les touristes. Il marque la Pointe de Barfleur. Nous voici arrivées à la Pointe Nord du Cotentin.

La côte Nord du Val de Saire qui arrive à Cherbourg est recommandée par le Guide Vert. L’heure tourne et il nous faut penser au retour. Je sélectionne le minuscule Port Pignot et le Cap Levi et son phare qui ne sont distants que de 25 minutes à pied sur le sentier côtier (très fréquenté).

En route de Créteil à Granville par la Nationale – Falaise

BALADE NORMANDE

Par l’autoroute, 362 km et moins de 4 heures.

Parties vers 6h30, et arrivées en moins d’une heure à Mantes la Jolie.

Nous décidons de quitter l’itinéraire prévu et de traverser la Normandie par la route. A la sortie de Mantes, je remarque une jolie petite mosquée puis la route passe par la forêt. Une statue géante(4.30 m) en marbre blanc de Sully accueille les voyageurs à Rosny-sur Seine elle était  destinée à orner le pont devant la Concorde à la place des généraux de Napoléon prévus antérieurement. Comment est elle arrivée ici ?

La RN 113 monte sur le plateau, on devine les boucles de la Seine et les falaises de craie. Notre Dame de la Mer est le nom absurde d’un village situé bien à l’intérieur des terres. La route descend à Pacy-sur-Eure, la statue de la Prudence veille : ce n’est pas un vœu pieu pour la sécurité routière mais un monument dédié à Aristide Briand. Décidemment la route réserve des surprises aux voyageurs peu pressés ! On traverse ensuite Evreux peu attirante malgré sa belle église toute en dentelle. Zones commerciales, prison, quartiers périphériques sinistres. Certains noms des villages sont vraiment pittoresques : Tournedos-bois Saint Hubert, Sainte Colombe-la -Commanderie.

Ecardenville : église

La petite église d’Ecardenville-la-Campagne nous fait de l’œil pour une pause. C’est un petit village (475 habitants) à côté du Chemin de la Messe qui mène logiquement à l’église, se trouve une Rue aux Juifs. Pour me dégourdir les jambes, je parcours les rues bordées de grands murs. Derrière  se trouvent de belles propriétés, des fermes imposantes.

Avant Bernay, la route descend dans une vallée verte. Elle est ensuite bordée d’une double rangée de sycomores dans la campagne plate plantée de betteraves, blés moissonnés.

Arrivées dans le Calvados les vergers de pommiers, les prairies et les vaches normandes, forment un décor typique. Nous passons près de Lisieux et de son énorme basilique. LaD511 tortille entre des haies à travers de nombreux haras. Les prés sont très verts, pas de sécheresse ici ! La Vallée d’Auge a de jolis villages fleuris à pans de bois. Arrêt-photos à Saint Julien-le -Faucon. A Saint Pierre-sur-Dives, grande église. Nous passons sans nous arrêter devant le château de Carel. Le bocage laisse la place à une campagne ouverte de tournesols fanés et de blés moissonnés.

Falaise : le château et la vallée de l’Ante

Falaise est dominée par son grand château sur un éperon fortifié de remparts.

Au pied des murs, coule l’Ante, petit ruisseau autrefois bordé de plusieurs moulins animant la minoterie et une industrie textile de bonneterie. Nous grimpons sur la route Panoramique qui nous conduit en ville.

Guillaume le conquérant est né à Falaise en 1027. Sa statue se trouve sur la place entre la Mairie, l’Office de Tourisme et   lEglise de la Trinité dont la fondation remonte à 840. Après le rattachement de la Normandie au Royaume de France en 1204 et l’occupation anglaise en 1417 pendant la Guerre de 100 Ans, et les destructions, l’église fut reconstruite au XIIIème et au XIVème siècle puis le chœur fut agrandi en Gothique Flamboyant et à la Renaissance. Une arche pittoresque enjambe la rue.

Guillaume naquit dans le château féodal et c’est son fils Henri 1er  Beauclerc qui fit ériger le grand donjon carré en 1133. Le donjon a été restauré, couvert précédé d’un pont-levis en ciment et ferraille. Cette reconstruction contemporaine offre une visite historique numérique avec une tablette confiée à la billetterie gratuitement (billet 9.5€) . Sur les murs sont projetés les personnages parlants de Mathilde et Henri 1er qui racontent leur histoire . En face se dresse l’arbre généalogique de Rollon (911-932) accompagné de la citation suivante :

« Il me semblait pendant mon sommeil qu’un arbre sortait de moi si grand, si long, si droit, si merveilleux qu’il atteignait le ciel

Et au-dessus de nous son ombre s’étendant sur toute la Normandie, la mer et la Grande Terre d’Angleterre »   

Par la suite, nous faisons connaissance avec Aliénor d’Aquitaine et Henri II Plantagenet qui eurent 8 enfants dont Richard Cœur de Lion et Jean sans Terres devenu roi d’Angleterre. Arthur fils de Richard réclama la couronne et fut enfermé à Falaise par Jean sans Terres. En 1214 après le désastre de Bouvine ce dernier fut obligé d’accepter la magna Carta.

 

Dans une autre pièce sont énumérés les sièges de Falaise

1027 : Assiégeants, les Normands. Assiégés les Normands

1138 : Assiégeant le Comte d’Anjou Geoffroy Plantagenet : assiégés les Normands et Anglais.

1204 : Assiégeant Philippe Auguste. Assiégé Louvrecaire, capitaine de Falaise

1417 :  Assiégeants anglais ; assiégés Français ? la garnison française capitule

1450 : Assiégeants Français, Assiégés Anglais. Les Anglais capitulent.

1590 : Assiégeant armée royale Henri IV assiégés Ligueurs. Capitulation et pendaison des Ligueurs.

 

Pont de pierre d’Ouilly

Ouilly le Pont de pierres sur l’Orne

C’est un beau pont de pierre de schistes sur l’Orne dans la campagne très vallonnée de la Suisse Normande. Les berges sont fleuries. Sur l’eau : activités nautiques canoë et kayak. Nous nous arrêtons pour pique-niquer.

La route continue par Vire et Villedieu-les-Poêles et nous arrivons vers 15 heures à Granville. Samedi 19 Aout, la ville est bondée. Difficile de trouver une place de parking. Je me fraie un chemin dans la rue Lecampion piétonnière parmi la foule. Cette affluence nous dissuadera ensuite d’y retourner.

 

Sallenelles de l’autre côté de l’estuaire de l’Orne

CARNET DE NORMANDIE 2023

Estu

On passe le Canal de l’Orne à Pegasus Bridge (encore un souvenir du Débarquement -Britanniques). Après Ranville nous quittons la route principale pour traverser une campagne très agréable. La Maison de la Nature de Sallenelles est ouverte à 10 heures. Je pars à l’aventure sur un des circuits balisés dans le marais. Au loin on devine le phare de Ouistreham.

Pegasus Bridge sur le Canal de l’Orne

En route je découvre le très joli village de Sallenelles avec des maisons normandes fleuries et une jolie rue commerçante qui le traverse.

maison normande à Sallenelles

Au retour, je visite le centre d’interprétation avec diverses expositions : plancton, faune de l’estuaire…très pédagogique très bien fait pour le grand public. J’ai vu tant de ces centres d’interprétation que je suis un peu saturée.

Sallenelles : Maison de l’Estuaire

Mereville-Franceville est une petite station balnéaire. Le marché perturbe un peu la circulation mais nous trouvons une place sur le parking en face de la plage. Ces derniers jours de classe, elle est envahie de classes et de groupes d’enfants d’âge primaire. Ceci ne me dissuade pas de marcher au bord de l’eau vers l’ouest, vers l’estuaire de l’Orne.

Méréville-Franceville les cabines originales

Je passe devant de curieuses cabines, laquées de blanc qui semblent de vannerie. Un dossier arrondi fait de l’ombre (par beau temps) ou abrite de la pluie un petit banc vert et blanc où deux personnes peuvent se tenir : mobilier original qui ne peut pas remplacer les cabines où l’on se change et où on stocke du matériel. Le sable est assez grossier et il y a de nombreuses coquilles. J’arrive à l’extrémité de la flèche de sable qui se recourbe vers Ouistreham dans l’estuaire. Belle promenade sauvage.