Vienne Graben, Stefansdom, Schubert, Freud et musiciens

MITTELEUROPA – 2001 – un mois en AUTRICHE, HONGRIE, CROATIE

Place de la cathédrale, Graben

Stefansdom

Stephansplatz : les toits de la cathédrale sont vernissés brillants et colorés mais les murs sont passablement noirâtres. A l’intérieur, le baroque a colonisé la nef gothique qui est un peu encombrée. Il y a foule, on ne s’y arrête pas Dehors, il fait grand soleil, Dominique trouve un banc disponible et je pars explorer le Graben et les rues piétonnes voisines : beaucoup de beaux cafés et des magasins de luxe. Les vitrines détonnent un peu, c’est dommage! On doit en faire abstraction pour examiner les façades très ornées.

Caryatide, crème fouettée

Je suis un peu déçue : c’est toujours du même style que le Ring, 19ème siècle pompier, genre Nice, monstruosité crémeuses avec caryatides et atlantes. J’avais espéré quelque chose de différent.

colonne de la Peste

La colonne de la Peste rappelle le chœur de Karlskirche, encore des angelots débordant d’un nuage. En suivant nos guides on débusque les maisons les plus spectaculaires : le Palais Equitable, gros et noir renfermant une cage d’escalier en marbre donnant sur un patio fermé par une verrière.

Pour déjeuner, j’achète dans une pâtisserie un gâteau au pavot pour moi et un rouleau au jambon salade russe.

Peterskirche
Baroque, nef ovale comme Karlskirche mais en cours de restauration.

Palais Ferstel

Palais Ferstel

Dominique a potassé les guides, elle mène donc par la Naglersgasse étroite et tranquille bordée de maisons baroques avec guirlandes et angelots, visitons le palais Ferstel, une galerie italiénisante débouchant sur un patio où se trouve le Café Central où Trotski avait ses habitudes, fermé. Encore un escalier de marbre monumental, des atlantes de bronze, des luminaires 1900, difficile de cadrer les photos.

Schubert

A la recherche de Schubert

Nous négligeons les musées et les palais pour aller à la recherche d’une des maisons de Schubert : la Dreimädlhaus cachée derrière le Ring. On  accède par un étroit escalier à une rue pavée qui tourne, puis à un groupe de petits immeubles de deux ou trois étages.

Dreimädelhaus

La terrasse fleurie du café Schubert a un aspect campagnard, en dehors du temps, loin de la circulation du Ring, pourtant à un jet de pierre, des magasins classieux du quartier, loin des excès architecturaux de la fin du XIXè. Les maisons XVIIIème de couleur pastel ont des guirlandes, un médaillon peint ovale représente les trois Mädel de la garçonnière de Schubert.

Schubert au Stadtpark

Maison de Freud

Pèlerinage à la maison de Freud, Berggasse 19, à l’extérieur du Centre. La Berggasse, rue bourgeoise descend vers le canal du Danube. On nous confie un gros classeur rouge puis nous assistons à la présentation de vidéos des dernières années de la vie de Freud ; c’est assez émouvant de le voir en famille, peu d’intérêt autre qu’anecdotique, sauf peut être les images de l’arrivée d’Hitler à Vienne. La salle d’attente est meublée, avec sa table et ses chaises on dirait plutôt une salle à manger, quelques objets antiques des collections de Freud sont présentés dans une vitrine.

chez Freud!

Les autres pièces sont vides, les murs couverts de photos et de fac-similés de documents. Chaque numéro renvoie à un commentaire de Freud souvent tiré de sa correspondance.  Au début c’est amusant de voir ses livres préférés d’enfant , Hannibal, le héros sémite contre l’empire Romain, ses photos de jeunesse, la Bible familiale ornée de dessins égyptiens, puis les photos de ses professeurs, de Charcot Jung et Adler. Au bout d’un certain temps je me lasse. Dominique est plus persévérante. . Elle a trouvé enfin après toute une journée des toilettes gratuites pour se laver les mains, son TOC,  après une longue attente, elle voit ressortir une femme avec un air béat des chiottes- Freud , cela l’a fait bien rire.

Vienne la rouge

En quelques stations de métro nous rejoignons les faubourgs de Vienne la Rouge pour visiter l’ensemble architectural du KarlMarxHof, nous sommes un peu déçues : l’énorme barre d’un kilomètre de long n’est pas visible dans son ensemble, nous n’avons pas le recul nécessaire. On se contente d’une vue partielle de HLM rouge et jaune, sobre, mais on sent la volonté de l’urbaniste de placer des statues dans une cité ouvrière. On se demande bien pourquoi André a recommandé cette visite.

Stadtpark : musiciens

Johann Strauss

Retour au centre, tram sur le Ring jusqu’au Stadtpark : l’attraction consiste à chercher les statues des Viennois célèbres : Schnitzler, Bruckner, Schubert, Makart, Franz Lehár, Strauss doré joue du violon.

Il fait très chaud, le ciel devient brusquement très menaçant, nous rentrons sous l’orage et achetons en route deux escalopes viennoises.

Vienne Karlskirche,et Naschmarkt.

MITTELEUROPA -2001 – UN MOIS EN AUTRICHE,  HONGRIE ET CROATIE

Karlskirche

 

Karlskirche

La pluie contrarie nos plans,  prenons le métro U4 à Pilgram et deux stations plus loin, descendons à Karlskirche. L’église est vraiment curieuse : une coupole précédée d’un fronton, encadré par deux colonnes rondes, évoquant des minarets et deux tours carrées à toit en pagode de cuivre oxydé.

Karlskirche « colonne trajane »

Lorsqu’on s’approche, les« minarets » font place à deux colonnes trajanes avec des bas-reliefs comme à Rome. La façade à fronton triangulaire classique représente l’épidémie de peste de 1713.  Charles VI (le père de Marie Thérèse) avait fait vœu de la construction d’une église à la fin de l’épidémie.

Intérieur très baroque

Karlskirche : baroque!

C’est la plus belle église baroque que j’ai jamais vue. La nef ovale est surmontée d’un dôme très haut. Au fond du chœur, Saint Charles Borromée, en habit d’évêque tout en dentelle, est entraîné au ciel par des dizaines de petits anges, les putti siciliens tant aimés par Fernandez, certains crèvent le nuage et seules leurs têtes émergent des rondeurs.


Fresque de la coupole


La fresque de la coupole a été restaurée, elle est bien lisible. Une scène est parlante : un ange armé d’une énorme torche met le feu à la Bible de la Réforme. Ce n’est pas seulement la Peste qu’il s’agissait de combattre. Il y a bien une démonstration  flagrante des liens entre la Contre-Réforme et le Baroque.

La pluie a cessé, une timide éclaircie permet de prendre quelques photos.

Nous quittons le Baroque pour l’Art Nouveau : les pavillons du Métro Karlsplatz bien rénovés et le beau pavillon Sécession, pas de chance, c’est aujourd’hui jour de fermeture !

Naschmarkt

Le marché Naschmarkt est très joli avec ses boutiques exotiques grecques ou turques. Cela sent bon les olives et les épices. Après Marrakech et Istanbul nous sommes blasées ! Les épices sont vendues dans des petits godets fermés : cela n’a pas d’allure !

Jugendstil

Majolica haus dessinée par Otto Wagner

Les maisons Jugendstil d’Otto Wagner sont face au marché : la maison majolique est décorée d’un rosier qui s’étale sur toute la façade carrelée tandis que les balcons sont ornés de feuillage vert (nymphéa ou lierre ?) La maison voisine porte des médaillons dorés et les feuilles sur les rambardes vertes sont plus simples.

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Evasion littéraire, au fil du Danube

MITTELEUROPA

Le Danube à Budapest

Comme le Voyage en Orient, le Grand Tour en Italie, le Danube a inspiré les écrivains-voyageurs. Sans projet de voyage, j’ai donc décidé de m’évader par la lecture au fil de l’eau.

Pourquoi précisément le Danube?

A cause du livre Art Nouveau de Paul Greveillac qui met en scène un architecte viennois (fictif) arrivant à Budapest. Pour revoir les photos j’ai ouvert les albums et les carnets de voyage et décidé de dépoussiérer Mitteleuropa2001 qui avait disparu lors des migrations de mes blogs. Scanner les photos, revoir les textes me transporte loin des confinements….

Le Danube à Klosterneubourg

J’ai aussi descendu de l’étagère Danube de Claudio Magris, gros livre de 560 pages,  que je n’avais pas lu. Lecture savante d’un germaniste érudit que je savoure lentement m’arrêtant presque à chaque page pour consulter la carte, ou wikipédia pour approfondir, chercher une date, un auteur, un ouvrage…

Bien antérieur, et bien différent, le récit de Patrick Leigh Fermor  raconte son itinéraire à pied, de Hollande à Constantinople (1933-1935).  Dans la nuit et le vent (2016) réunit les trois volumes : Le Temps des Offrandes, et Entre fleuve et forets et La Route Interrompue. Lecture inoubliable, et relecture à la parution du recueil, tout aussi éblouissante. Je l’ai lu comme un livre d’aventures.  

Vagabondages de Lajos Kassak raconte les tribulation d’un jeune artiste de 22 ans entre Budapest et Paris en 1909. Entre Budapest et Vienne, avec un camarade il marche et mendie le gîte et le couvert dans les fermes, se clochardisant petit à petit. A Vienne, il connaît les asiles pour vagabonds mais fait aussi de belles rencontre avec des artistes. 

Recommandé par Keisha, Sur la Route du Danube de Emmanuel Ruben, m’a tentée, je l’ai réservé à la Médiathèque. D’après le billet de la blogueuse, je sais que ce sera une balade à vélo dans le sens Mer Noire vers la source. 

Déjà dans ma liseuse : Europolis du Roumain Jean Bart(Eugeniu Botez) sur la recommandation de Claudio Magris. Europolis, serait un port sur la Mer Noire dans le Delta du Danube. A explorer. Prévu aussi, Lisière,  de la bulgare Kapka Kassabova. 

Lectures anciennes, mais excellents souvenirs : le Voyage d’un Européen à travers le XXème siècle de Geert Mak traverse les contrées danubiennes( entre autres). Plus à l’Est encore, Le Voyage aux frontières de l’Europe de Paolo Rumiz, nous fait quitter le Danube pour la Volga… mais je le cite parce que Rumiz est de Trieste comme Magris et que leur point de vue est parent. 

Et malgré ce confinement qui risque de durer, je ne serai pas en panne de lecture!

 

Vienne : Kunst Haus Wien : Hundertwasser et Tiffany

MITTELEROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE

Hundertwasser haus

Métro puis tram jusqu’à la place Radetzky.  Un itinéraire fléché mène aux maisons colorées de Hundertwasser.

Les maisons colorées Hundertwasser (carte postale puisqu’il pleuvait)

Le temps s’est couvert. Il commence à pleuvoir. C’est tout à fait dommage ! Je me faisais une fête de photographier ces curieux immeubles multicolores décorés de pilastres géants en céramique, de mosaïques et de miroirs où les terrasses arborées font entrer les végétaux à tous les étages. Il fait si sombre que les couleurs ont l’air passées et on se contentera de cartes postales.

WC remarquables!

Hundertwasser : toilettes remarquables

Dans la galerie marchande de l’Art Moderne les WC sont remarquables. C’est la première fois que je paye pour entrer dans des toilettes publiques sans les utiliser ! Elles méritent la photo avec leur carrelage à damier, les bandes rouges et bleues et les miroirs encadrés brisés.

Exposition Tiffany 


Exposition Tiffany : lampes 1900 avec des abat-jours en vitrail aux motifs végétaux Glycine merveilleuse, narcisses et jonquilles, nénuphars ou feuilles de vigne. Autre motif récurrent : les libellules. Je me souviens en avoir vu à l’exposition « 1900 » du Grand Palais. Dans la pénombre, avec des effets de miroir, toutes ces lampes précieuses font un ensemble extraordinaire. Tiffany est un Américain qui a saisi l’opportunité de la découverte de la lampe à incandescence d’Edison pour faire de la lampe électrique un objet d’art .Cette exposition cadre très bien dans notre programme « Art nouveau » ou Sécession prévu pour demain.

Hundertwasser

Hundertwasser maquettes

Le reste du musée est consacré à Hundertwasser : des maquettes présentent son travail d’architecte: des maisons d’habitation mais aussi une usine d’incinération (type de celle du Carrefour Pompadour)toute habillée de couleurs vives de mosaïques et de bulbes dorés.
Architecture écolo
Un village aux forme arrondies à moitié enterré sous des pelouses témoigne de la sensibilité écologique de l’auteur : la terre isolerait du froid comme de la chaleur, on marcherait sur les toits, ce serait la fin de l’architecture verticale, la maître d’œuvre y voit une nouvelle convivialité, également un traitement différent de l’eau.

peintre ou  plasticien?

En plus de cette utopie, nous découvrons un peintre, ou plutôt un plasticien, majeur. Comment nommer celui qui utilise plutôt la sérigraphie, la gravure, un graphiste ? un graveur ?? les titres sont amusants, un peu surréalistes, les couleurs, vives parfois criardes dans les épreuves de sérigraphie avec une utilisation d’encres métallisées, dorées argentées et même violet métallisé. La spirale est un motif récurrent ainsi que les gouttes qui traversent le tableau, gouttes de pluie, pluie de sang, larmes… Les arbres, parfois de simples boules vertes, surviennent dans des situations inattendues : un meuble, un portrait.

On devine une sensibilité écolo très forte, Hundertwasser semble traduire l’air du temps, quand j’examine les dates , je découvre un précurseur « Mehr grün » n’est pas un slogan politique des années 80, le tableau a trente ans de plus, un « garçon aux cheveux verts » baskets aux pieds, tellement actuel a presque 50 ans En tout cas son œuvre me touche beaucoup.  Les pluies de sang, flammes et cendres sont elles des réminiscences des années de guerre Hundertwasser a perdu une partie de sa famille dans les camps ou traduisent elles un état de guerre permanent à travers le monde ?

Selon la biographie de l’artiste (1928  – 2000), il a beaucoup voyagé, Paris, Japon, Nouvelle Zélande, il est d’ailleurs mort en mer à bord d’un paquebot. Curieuse idée d’inventer des drapeaux ! Pour Israël la moitié du Magen David au dessus d’un croissant vert allongé sur le même fond blanc, une curieuse spirale verte pour la Nouvelle Zélande, un rocher rouge sur fond bleu pour l’Australie.
La visite se déroule dans le calme, nous sommes presque les seules visiteuses. Il y a des bancs pour s’asseoir. Nous passons une excellente après midi.

Retour vers 7h30 à la pension Kraml après avoir acheté des poissons chez Nordsee (très chers pour un fast-food mais délicieux)

Vienne : Schoenbrunn

MITTELEUROPA 2001 -un mois en AUTRICHE, HONGRIE, CROATIE

Schoenbrunn

Le petit déjeuner buffet de la Pension est tout à fait roboratif avec plusieurs sortes de charcuteries, des petits pains variés des yaourts aux fruits. Il permet d’envisager un déjeuner tardif et léger .

Métro viennois

Le métro  nous mène à Schönbrunn en 3 stations. Les transports en commun viennois sont vraiment remarquables : rapides propres, fréquents et peu bondés. Avec notre Vienna card de 72 heures, nous ne nous privons pas et utilisons toutes les ressources du réseau, de plus ils sont équipés d’ascenseurs ou d’escaliers roulants.

Schönbrunn- Versailles

Schönbrunn est l’équivalent de Versailles : construit à la même époque, un parc à la française, un bassin de Neptune, un labyrinthe… la gloriette analogue à Trianon, une orangerie. Mais en moins beau.

Dans l’intimité des Habsbourg

François Joseph et Sissi

En revanche, l’intérieur est beaucoup mieux conservé et plus vivant. Ce palais a été habité jusqu’en 1918, il a conservé beaucoup plus de meubles et d’accessoires. Nous pénétrons dans l’intimité des Habsbourg dans les détails les plus triviaux (WC de François Joseph, salle de bain de Sissi). L’audio guide est très bien fait, le commentaire, agréable et intéressant.

A Schönbrunn donc, leçon d’histoire. Tout d’abord, François Joseph et Sissi, dans leur décor familier avec les journaux d’époque, la coiffeuse de Sissi, ses brosses, son pèse personne… la table est dressée pour leurs repas.

Avant cette visite, Vienne m’évoquait surtout la période 1900 avec Freud, Schnitzler, les intellectuels juifs ou les musiciens : Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert, Mahler? Schönberg dont les statues sont dispersées dans Vienne.

Schoenbrunn : la grotte

Marie Thérèse 1717 -1780

Marien Thérèse d’Autriche

Un  autre personnage essentiel que j’avais oublié : Marie Thérèse qui, en plus d’avoir embelli Schönbrunn, d’avoir gouverné l’empire d’une main de fer, a eu 16 enfants

Les appartements de François Joseph sont plutôt laids avec les murs tendus de marron, les meubles lourds (sauf un joli secrétaire arrondi). La partie du château de Marie Thérèse, en revanche, est très sophistiquée, les motifs chinois ou indiens sont délicats. Des aquarelles peintes par la famille royale sont encadrées dans de la porcelaine bleue. Tout cet ensemble rococo est extrêmement raffiné.

Le parc – la Gloriette

Schönbrunn : fontaine



Nous montons à la Gloriette dans le parc. Des touristes asiatiques très excentriques en chapeau de paille, auraient fait de beaux figurants sur une photo, je réagis trop tard. De la Gloriette, la vue sur Vienne est magnifique : Je reconnais la flèche du Stefansdom, de nombreux parcs et des collines boisées.

Parc botanique

Schoenbrunn : serres

Nous redescendons par le parc botanique avec des essences rares étiquetées. Notre carte d’entrée VIP très chère (175 ats) ne nous donne pas accès aux serres de la Palmeraie, dommage! nous passons par un joli jardin japonais aux structures de bambous et par la roseraie.

Chère saucisse!

Schoenbrunn : parc

Sur un banc devant les tonnelles, nous devons nous contenter du plus cher hot-dog de ma vie, tout ce qu’il y a de plus ordinaire !

 

 

Arrivée à Vienne

MITTELEUROPA – 2001 –  un mois en AUTRICHE,  HONGRIE, CROATIE

Les musiciens en vitrine

Arrivée en Autriche   par une autoroute  encombrée de camions,  désagréable, mais bien roulante. Le Danube est très large et impressionnant. De part et d’autre la plaine du Danube est cultivée de maïs et de pommes de terre. Au loin, des montagnes se détachent.
A Passau le passage de la frontière est peu visible : même signalétique sur la route, rien d’évident du point de vue de la géographie, seul changement  : l’autoroute est enclose par un grillage comme chez nous.

L’arrivée sur Vienne surprend : nous roulions dans une montagne boisée de résineux quand la pancarte nous a surprises. Pas de banlieues ou de zones industrielles ! Nous entrons de plain pied dans la ville résidentielle. Nous trouvons en face d’un beau bâtiment jaune : Schönbrunn ! Nous n’avons pas le temps de réagir nous l’avons déjà dépassé. Dominique refuse de faire demi-tour et prétend faire « le tour du pâté de maison ». Ce qui fait un certain nombre de kilomètres quand la « maison » en question possède un parc comparable à celui de Versailles !

Pension Kraml

Pension Kraml

Après des embouteillages sur l’artère commerçante de Mariahilfer – réputée mais fort laide – nous trouvons finalement la Pension Kraml. Bonne pioche : la voiture sera garée à l’intérieur de la cour.
Notre chambre est très belle , vaste et meublée avec goût . C’est une adresse à recommander.

Pension Kraml cour

Vienna card

Il nous faut d’abord acquérir notre sésame : la « Vienna Pass » qui nous permettra de circuler gratuitement et d’obtenir des réductions dans les musées.  En vente dans les bureaux de tabac selon nos guides. Après en avoir visité 4, il faut se rendre à l’Office de tourisme . Nous arpentons Mariahilfer : magasins de fringues, c’est le moment des soldes, restauration rapide : MC Do, des pizzerias et une chaîne spécialisée dans le poisson Nordsee. Nous  ne mourront pas de faim !
A Karlplatz l’office de tourisme est introuvable. Marche à pied jusqu’à l’Opéra… A cinq heures seulement nous achetons la précieuse carte. Nous sommes flapies et optons donc pour le tour du Ring en tramway.

Tour du ring en Tramway

Tram viennois pour découvrir la ville

Reposant  et spectaculaire : toute une collection de monuments énormes et pompeux défilent devant nos yeux.»Historicisme » du règne  François Joseph. Copie de l’antiquité, une statue « chryséléphantine » de Minerve ressemblant à celle de l’université d’Athènes. Copie gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles. Un temple grec ionien. Théâtres très ornés. Palais énormes.  Même une caserne orientalisante! C’est pompier, pompeux, trop tout…Malgré de jolis jardins, le Ring ne réussit pas à nous séduire. C’est amusant de jouer  à reconnaître les bâtiments reproduits sur le guide Gallimard. Surtout agréable d’être assises !

Après le tour complet du Ring nous descendons visiter un parc : la statue de Mozart est en ravalement, devant elle une grande clé de sol en bégonias roses, encore du kitsch !

On a installé devant l’Hôtel de Ville un écran géant pour la  projection de films musicaux gratuits. Nous nous mêlons à une foule qui engloutit des nouilles dans des barquettes comme à Ratisbonne. L’attente de 3 heures avant la séance, nous décourage.

Les boutiques ferment tôt!

Recherche d’une carte de téléphone, d’urgence. Mariahilfer, si animée à 16 heures, est maintenant déserte alors qu’il est tout juste 19 heures. Tabacs fermés ainsi que la plupart des fast- food. Je suis bien déçue pour le dîner. . Il faudra se contenter des restes!

Vers l’Est : de Créteil à Ratisbonne

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Ratisbonne et le Danube

Vue de  l’autoroute : la forêt
Départ de Créteil 7h

Première surprise : des montgolfières  survolent la Montagne de Reims! La Lorraine est très boisée, nous ne quitterons la forêt que beaucoup plus tard, en Allemagne. Par la fréquence des sorties, nous devinons les villes et les activités industrielles (Opel, Bosch,…) sans jamais les voir.

Rhénanie : vignes

Vers Kaiserslautern nous roulons dans des vignes plantées dans le sens de la pente. Sommets sont assez pointus. Villages proprets au bas des côtes avec de jolies églises.

Ensuite :  vergers, champs de patates et de choux. Traversons le Rhin sur un pont haubané de filins d’acier très élégant. Passons dans le Bade Wurtemberg :un paysage de collines riantes en évitant les villes

Passons en Bavière.

Ratisbonne, clocher

 

15h15 : Ratisbonne.

La ville est fermée à la circulation automobile : c’est la fête. Une foule dense est rassemblée sur les bords du Danube et dans les petites rues aux façades multicolores. Partout, des fanfares en costume folklorique. Plus que la fête de la musique, c’est la fête de la bouffe : des tables en bois et des bancs sont installés sur toutes les places, dans les cours et dans les rues. Des stands proposent toutes sortes de nourriture : plats turcs, thaïs, pizzas, des nouilles dans des barquettes, des poissons grillés enfilés sur des bâtons.

Dans la cour de l’Evêché des serveurs apportent des bocks de bière et des portions de choucroute, un groupe de musiciens joue des airs folkloriques, les spectateurs sont d’âge très mûr. Image très « typisch » sortie d’un magazine touristique, qui mériterait la photo. Je me ravise, je n’ai vraiment aucune sympathie pour ces buveurs de bière. De l’autre côté du Danube des babas, rockers dans une sorte de foire moyenâgeuse me paraissent plus proches et moins suspects. Les chapeaux de feutre avec leur plume de faisan et lederhose m’effraient. Nous déambulons dans la foule, difficile de faire du tourisme dans une telle ambiance, les fumets des étals nous distraient des façades, impossible de nous livrer à notre habituel safari photo.
J’entre quand même dans la cathédrale gothique illuminée de beaux vitraux colorés et dans une autre église baroque –pas trop- avec un orgue orné d’angelots musiciens. Dominique, en bermuda n’entre pas dans les églises. Tout le monde est endimanché, quelques dames mûres arborent des tenues folkloriques : jupe longue froncée, corsage blanc à manches bouffantes et chaussettes blanches. A part un groupe de cyclotouristes en cuissards, personne n’est en short.

Ratisbonne nous laissera le souvenir d’une villes aux façades peintes en jaune, rose, vert pale, bleu, aux rues étroites bordées de maisons anciennes très variées certaines ornées de sculptures de la Vierge, d’autres de têtes grotesques, de styles et d’époques diverses : une bâtisse étroite comme une tour avec de petits balconnets à balustre rappelle la Toscane. Juste à côté, un hôtel  XVIIIème siècle peint en crème et orange, décoré de moulures délicates  avec des bow- windows carrés….

Pont sur le Danube

Le débit du Danube qui s’engouffre entre les piles du pont de pierre en tourbillonnant est impressionnant. On ne peut pas bien se rendre compte de sa largeur puisqu’il se divise en multiples bras, certains canalisés.
Mon rejet des bavarois en costume m’inquiète un peu pour la suite du voyage ;  difficile d’aborder une civilisation étrangère avec suspicion. En général, j’aime me laisser aller à la sympathie sinon ce n’est pas la peine !

 

Art Nouveau – Paul Greveillac – Gallimard

BUDAPEST 1896 – 1914

Rentrée littéraire 2020. J’ai trouvé la référence sur le blog de Matatoune.

Un  voyage livresque à Budapest m’a tenté et la réflexion sur lArchitecture m’intéresse! Il y a tout juste un an, à la Cité de l’Architecture,  j’ai visité l’Exposition Otto Wagner

J’aime beaucoup le style Art Nouveau que j’ai appris à connaître à Paris avec Guimard puis à Vienne, le mouvement Sécession, à Riga, et dans nombreuses villes hongroises. 

Le héros du roman, Lajos Ligeti,  jeune architecte viennois, arrive à Budapest lors de l’inauguration du métro par François Joseph. Il entre comme apprenti au cabinet d’architecte d’ Ödön Lechner, le célèbre bâtisseur de l’Institut de Géologie, de la Caisse d’Epargne de la Poste de Budapest, du Musée d’Art décoratif et de nombreux édifices Art Nouveau en Hongrie. Il rencontre tous ceux qui comptent dans le mouvement de la Sécession hongroise. Je me suis promenée avec grand plaisir dans le Budapest du Millenium. Le fonctionnement d’un cabinet d’architecte est raconté: dessin des plans, choix du matériel, début de l’architecture en béton, mais aussi intrigues pour obtenir les commandes…L’auteur décrit en détail les bâtiments construits ainsi que les maquettes de ceux qui ne seront pas retenus. 

La seconde partie du roman intitulée  Le Chevalier raconte les succès du cabinet de Ligeti et de son associé Barnabas Kocsis, conducteur de travaux. Quand les commandes de prestige viennent à manquer Ligeti dessine des pierres tombales ou des immeubles de rapport. Ce dernier est même décoré et fonde une famille. 

La chute viendra d’un projet pharaonique, un complexe industriel près de Prague. Jalousies et intrigues, nationalisme des tchèques dans l’Empire Austro-Hongrois qui va se déchirer – la Cacanie – Ligeti est juif, cela n’arrange rien. J’ai moins aimé cette partie qui fait la part belle aux tractations avec moins d’éléments concrets décrits. On visite à Vienne les réalisations d’Otto Wagner. On croise Egon Schiele, furtivement Belà Bartok. 

Il ne s’agit toutefois pas d’un traité d’architecture, mais bien d’une fiction. Ligeti emprunte beaucoup à son maître Ödön Lechner (qui lui, est bien réel). Il y a aussi une histoire d’amour, un destin tragique. Le style un peu trop recherché de Greveillac m’a parfois agacée : on ne pend pas ses vêtements à une patère, on les append.

Une lecture qui m’a donné envie de revenir à mes photos de Hongrie, et à mes carnets Mitteleuropa.