Cristian : capitale des cigognes, citadelle saxonne

Un mois en Roumanie en Logan chez l’habitant

nid de cigogne

 

Cristian  est la capitale des cigognes pour la Roumanie. En 2004, on dénombrait quinze nids, trente en 2008 avec 183 oiseaux.

Deux ans ont passé après ce voyage et voici que je reçois de Roumanie le lien vers le site de gens de Cristian qui sauvent les cigognes blessées

Le clocher de Cristian porte lui aussi les quatre tourelles de gué. Nous découvrons les fortifications. La citadelle est bien plus belle que celle de Cisnadié. Quand je pense que nous avons parcouru des kilomètres pour voir la même chose  que ce qui se trouve à deux pas de chez nous !

Le soleil est revenu : nous pourrons dîner sur la table de jardin dans la cour.

Chorba : épaisse soupe rouge où nagent des morceaux de porc fumés (on croyait que c’étaient des tripes), un bol de salade de chou, très fraîche enfin de la poule dans la sauce rouge avec des gnocchis et finalement un clafoutis aux prunes.

Gura Raului : petit matin au village

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Gura Raului : rue du village

 

Souvent, les oiseaux me tirent du lit de bon matin. Ici, ce sont les sonnailles des vaches qui partent au pré. J’ai guetté leur retour le soir. Elles rentrent seules et connaissent leur étable. Leur propriétaire ouvre le portail, la vache entre. Je n’ai pas vu intervenir la bergère qui suit de loin le troupeau.

Le petit déjeuner est à huit heures. J’ai donc du temps pour dessiner. C’est un plaisir d’observer tous les détails, de comprendre comment le portail a été confectionné. Au village il n’y en a pas deux portes identiques. On s’applique à varier la forme de l’arche, le plaquage des lattes ou les découpes. Volumes compliqués des toits avec leurs tuiles en écailles en poisson. Multiples usages du bois.

Décor coloré : maïs suspendu, grosse potées de pétunias dans des paniers…courbes sinueuses de la vigne  qui suit tout le bâtiment et traverse la cour.

Ce matin, Ana a fait de petites croquettes rondes de viande, oignon, herbes. Hier c’étaient des galettes de pommes de terre. Des années que je n’ai plus goûté aux latkes. Autrefois, j’en faisais. C’est facile et bon marché. Notre hôtesse varie aussi les fromages, hier du chèvre un peu jaune à la texture du massepain, un délice.
Aujourd’hui, une sorte de féta blanche. Les confitures changent tous les jours : myrtilles, abricots, miel…Nous sommes tentées d’emporter les croquettes et le salami pour le pique-nique de midi. Plutôt que d’agir en catimini comme des voleuses, nous en parlons à Ana qui apporte deux boites en plastique et un pack gelé.

Sibiu : en cherchant la ville close – Remparts

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Sibiu : remparts

La signalisation routière de Sibiu est bizarre, elle ne concerne que les camions de passage et pas les touristes : aucune indication « centre-ville » ou « Parking ». Des hôtels émergent : Hilton, Ramada ou Ibis à des prix très « européens » en €. On galère, traversant des quartiers minables aux barres décrépites ou dans les pavillons avec jardinet.

Par hasard, nous tombons sur les murailles qui ceignent la ville close. Tout au long, il y a des parkings.

De l’autre côté des remparts de brique, nous trouvons une promenade ombragée et herbue bordée des maisons aux teintes pastel de la rue Cetacii avec les trois tours et la galerie ou des compagnons menuisiers travaillent.

Sibiu: les maisons des marchands saxons et leurs cours

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Sibiu : belle maison verte

 

Iitinéraire 15(p.115-117) du guide Evasion.

Après une promenade tranquille le long de la muraille, nous visitons les rues  animées de la Ville Haute bordées par les vieilles demeures des commerçants saxons. Depuis le Moyen Age, d’après le livre sur Dracula que je viens de lire, la banque et le commerce étaient florissants dans les villes saxonnes. Comme à la campagne, les porches s’ouvrent sur des cours. En place des bâtiments de la ferme, des immeubles d’habitation entourent la cour avec, à chaque étage, un balcon.  Nous connaissons cette disposition. Nous habitions dans une telle cour à Budapest.

Sibiu : porche et cour

A Sibiu, le désordre – et, il faut bien le dire, la misère – règnent dans  une grande fantaisie. Ici dort une vieille Dacia. Là, on cultive des tomates et des patates, là on a entreposé des gravats. Sur une porte, on nous invite à entrer « soyez les bienvenus » proclame un carton punaisé sur le bois. Confiante, je pénètre loin dans la verdure et m’enfuis prestement, chassée par un aboiement inquiétant.

Une gitane passe de cour en cour. Elle appelle les occupants et récupère des choses qu’on jette. Elle s’intéresse même à un tas de cailloux. Un homme crie aussi. Qui est-il ? Le rémouleur ? Ou un autre chiffonnier ?

Sibiu : les belles places de la ville haute

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La Place  plata mare de Sibiu

 

De la place Aurarilor, un escalier entre de belles maisons roses nous mène Place Mica (petite) qui est très vaste bordées de belles terrasses de café. Un bâtiment vert amande abrite la Maison des Arts (Casa Artelor) qui était en 1370 la Halle du Marché. Les belles demeures forment une galerie d’arcades colorées. De tours coiffées d’un bulbe se détachent sur le ciel encore bleu.

De la place Mica on passe sur la place Huet où se trouve l’Eglise Evangélique avec son clocher de tuiles colorées, comme à Vienne ou à Budapest. Imposant bâtiment de pierre claire 1321-1520). La visite est payante et l’église, en rénovation,  pleine d’échafaudages. Nous renonçons à payer pour ne voir que des bâches et des planches à la place des fresques et des pierres funéraires.

La Plata Mare (la Grande Place)  est vraiment très vaste elle communique avec la Plata Mica par un passage sous les beffrois. Ces deux places mises ensemble forment un espace impressionnant pour une si petite ville. Les bâtiments de la Plata Mare sont aussi les plus prestigieux. Si la place est belle et pourvue de bancs il n’y a pas d’ombre et il fait bien chaud à midi. Je vais chercher la fraîcheur dans l’église des Jésuite annoncée baroque mais plutôt sobre à part une chaire étonnante où des personnages blancs sont bizarres.

De retour à Paris, au mois de septembre, nous avons vu la peinture flamande de la collection Bruckental au musée Jacquemart André. Collection merveilleuse. Mes préférés sont les Bruegel! A ne pas rater

Sibiu : le Musée de Plein Air de Dubrava

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osier tressé

 

Le Musée de Plein Air se trouve sur la route de Rasinari (s’il faisait beau, nous pourrions rentrer par la montagne). Hélas le tonnerre se fait entendre. Heureusement j’ai ma cape ! Certains voyageurs ont des objets fétiches : un jeu de carte, une flûte, un chapeau à plume… moi, ce serait plutôt ma cape et mon couteau.

Nous avons déjà visité un musée où ont été déplacées des maisons traditionnelles en Hongrie à Szombathely sous un orage impressionnant. Nous courrions de maison en maison en riant. J’en avais gardé un excellent souvenir ainsi que de la visite à Hanoï également sous la pluie.

Les premières maisons que je visite ont de très hauts toits de chaume. Les panneaux présentent la « Maison du colporteur », la « Maison du Tonnelier ». Les maisons regroupées par région, forment une sorte de village. Des prés et des bois séparent chacun des ensembles architecturaux. La pluie redouble. On ferme les maisons, sans doute pour éviter que les objets ne soient inondés. La visite perd son intérêt. La cape protège bien le haut mais le bas du pantalon est trempé, l’humidité remonte par capillarité. Au bout d’une heure je fais demi-tour.

Gura Raului : danses folkloriques

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danses forlkloriques

 

De retour au gite, le soleil brille. Ana armée d’un balai et d’une serpillière chasse l’eau de notre perron et met de l’ordre dans les fleurs. Nous nous installons dans la gloriette du jardin.

Ana vient nous chercher :

–  « Il y a un festival à l’église avec des costumes nationaux ! »

On fonce. La télévision tourne un film. Les danseurs sont nombreux, habillés tout nde blanc : collant blanc, chemise brodée ample, une jupette comme les evzones, une grosse ceinture en cuir, un gilet noir brodé et un feutre conique. Les femmes portent un foulard noir sur la tête et un tablier noir.
Après la première danse les danseurs enfilent des chemises   aux broderies jaunes, des chapeaux à ornements multicolores, les femmes des tabliers bariolés. Comme en Hongrie, les hommes saurent, tapent sur leurs cuisses de grandes claques. Les femmes se contentent de tourner sur elles-mêmes et de faire gonfler leurs jupons.

Gura Raului : dans la cour d’Ana

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Pour dîner Anna a refait la chorba rouge avec le lard fumé. La soupe est beaucoup plus légère avec plus de tomate fraîche et des gnocchis de polenta. Elle apporte ensuite une assiette de poivron rouge et des fleurettes de chou-fleur en pickles. Ensuite une délicieuse purée de pommes de terre  et des tranches de porc. Pour terminer : une mille-feuille.

Nous quittons notre petit paradis. Avant le petit déjeuner, son mari s’occupe du cheval, brosse et racloir à la main,. C’est l’occasion de découvrir les trois cochons, très roses, très propres dans un enclos sous le même toit que le cheval. Tout est parfait chez Anna sauf le cheva,l qui n’est pas sorti des trois jours et qui piaffe bruyamment. Pour moi, « piaffer » était un verbe abstrait qui dénotait l’impatience. Maintenant, je penserai au cheval enfermé dans son écurie.

Slimnic citadelle saxonne

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citadelle ruinée de Slimnic

9h : Slimnic (Stolzenburg 14ème siècle)

La forteresse n’est pas visible de la route. Un chemin creux fait le tour de la colline couronnée par une belle ruine – hauts murs de brique et créneaux. C’est fermé. Un garçon d’une douzaine d’année m’accompagne sur un sentier qui fait le tour. . Il ne comprend ni l’anglais ni le français : « nitchevo ». ce mot russe me fait penser à « oulitsa »qu’a prononcé Ana quand elle a vu la photo de la la rue.  On dit que le Roumain est une langue latine. Combien de slave a-t-il intégré ?l’enfant  répète « citate » ce qui désigne une citadelle .
Un panneau explicatif explique qu’il s’agissait d’une citadelle-paysanne. Nous sommes bien loin du stéréotype du château fort et de la féodalité avec le seigneur et son donjon !
En bas de la colline, un monument célèbre Petöfi  Sandor. La Transylvanie était hongroise pendant des siècles. Dans les villages, la présence allemande est visible : sur le mur d’une maison vert foncé se trouvent des cerfs bien germaniques je lis sur une autre « Gebaut in 1923 », « Johann Hahn ».