Petros MARKARIS : Pain, Education Liberté

LIRE POUR LA GRECE

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31 décembre 2013, des drachmes factices volètent sur la place Syntagma, la Grèce fête l’adieu à l’euro et le retour la drachme.

2 janvier 2014, le gouvernement grec suspend les salaires des fonctionnaires. Des manifestants s’affrontent, les jeunes qui conspuent l’Euro, les vieux qui le regrettent.

Politique fiction ?

Non, roman policier dans la trilogie de la Crise. Le commissaire Charitos enquête sur trois meurtres qui se succèdent. Bien sûr, pas question de dévoiler l’intrigue.

Le titre : » Pain, éducation, liberté «  était un slogan des étudiants qui occupaient Polytechnique en 1973 sous les Colonels.  Markaris ancre son roman dans la Grèce contemporaine sans oublier l’histoire récente. Si la Grèce est actuellement en crise, elle a eu ses moments de prospérité, les chantiers des Jeux Olympiques……Plongée dans les magouilles.

« Manque d’argent rend diligent ! »

En plus de la leçon d’histoire ce roman donne une leçon de survie. Les Grecs se rappellent encore des recettes de la pauvreté. Adriani, la femme du commissaire, va cuisiner pour familles et proches les haricots, les maquereaux, les tourtes aux poireaux. Le commissaire va remiser sa SEAT…les jeunes seront imaginatifs pour donner l’espoir aux démunis.

Et ne pas oublier qu’il y a aussi une enquête rondement menée !

La Caverne des Idées – J.C.Somoza

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« Parfois les idées et les théories des hommes

Me semblent être des exploits d’Hercule

En un combat éternel contre les créatures

Qui opposent à la noblesse de leur raison. »

 

Difficile de rendre compte de ce thriller philosophique sans en dévoiler l’intrigue au risque d’en faire perdre le suspens !

Tout pour me plaire dans cet ouvrage :

Une promenade dans l’Athènes de la période classique : parcours du Céramique à l’Académie ou professe Platon, un soir dans les quartiers chauds du Pirée à la recherche d’une hétaïre, une séance dans un théâtre clandestin, une cérémonie païenne dans une grotte de la Pnyx…

Une intrigue rondement menée par le Déchiffreur, ainsi nomme-t-on l’homme qui fait profession d’enquêter dans les affaires compliquées ou de comprendre les oracles de la Pythie de Delphes. Son client, Diagoras est un mentor de l’Académie qui fait appel au Déchiffreur à la suite de l’assassinat d’un de Tramaque, un éphèbe fréquentant l’Académie.

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Le titre La Caverne des Idées est un clin d’œil à Platon. L’auteur développe ce thème de la Caverne, de la recherche de la Vérité ainsi que d’autres thèmes du philosophe. Pourtant peu de pédanterie, un peu bien sûr, tempérée par une bonne dose d’humour. Et si l’Académie était un lieu si ennuyeux que les jeunes gens n’avaient de cesse de s’encanailler chez ce dépravé de Menechme , chez les prostituées du Pirée, ou pire ? Et quoi de plus incongru que cette jument carnivore qui mange de la viande pourrie dans les jardins de cette sérieuse école ?

Une construction sophistiquée : 12 chapitres correspondant aux 12 travaux d’Hercule. D’ailleurs, le Déchiffreur ne s’appelle-t-il pas Heraklès ? Encore plus sophistiquée, la présence d’un Traducteur qui écrit un corpus de notes de bas de page qui s’émancipe de l’intrigue initiale pour devenir une histoire en soi, compliquée d’un étrange personnage masqué.

Toujours plus sophistiqué encore la notion d’Eidesis , utilisation de métaphores, d’images récurrentes, de mots répétés dans le corps du texte figurant une histoire indépendante. Un texte eidéitique en contenant un autre secret qu’il faut reconstituer en identifiant les images incongrues ou répétitives dispersées comme des indices pour reconstituer la clé secrète. Il m’a fallu effectuer des recherches pour comprendre que le concept d’Eidesis est une invention de Somoza ! (attention je commence à trop en dire et spoiler !

Ce thriller se lit comme un policier, mais il demande du lecteur de l’attention, de l’imagination, des retours en arrière. Les figures poétiques magnifiques, ne sont pas là uniquement pour le plaisir du texte. Il faut s’y arrêter pour y revenir dans la démarche de l’Eideisis. Lecture riche de plusieurs niveaux.

Dionysien, orphique… mystères d’Eleusis. L’Athènes de Platon n’est pas uniquement gouvernée par la raison !

« Cessez de chercher des idées cachées ! Cessez de lire et vivez !! Sortez du texte que voyez- vous ? Juste des ténèbres » exhorte le poète.

« Je ne crois pas qu’ils m’écouteront : ils continueront, acharnés et petits comme les lettres de l’alphabet…. » en conclusion de l’ouvrage.

Cités à la Dérives – Stratis Tsirkas

JÉRUSALEM – LE CAIRE – ALEXANDRIE

le Caire
le Caire

Ce gros volume de près de 800 pages est une trilogie : Le Cercle, Ariane, La chauve-souris, trois romans écrits en 1960, 1962 et 1965. Gros pavé riche en personnages et en intrigues, personnages historiques ou personnages fictifs, que l’on retrouve dans les trois épisodes. Une liste des protagonistes est donnée en annexe, p 763 et il convient de s’y référer souvent pour éviter de se perdre, entre les noms, les prénoms, les surnoms et les pseudos pris pour la clandestinité…

Un café à Alexandrie
Un café à Alexandrie

Stratis Tsirkas donne une version hellénique du Moyen Orient. L’essentiel de l’action se déroule dans la communauté grecque, celle de la Diaspora grecque en Egypte et en Palestine mais aussi au sein de l’armée grecque qui a combattu Rommel et les fascistes aux côtés des britanniques ainsi que les électrons libres qui ont quitté la Grèce alors occupée par les Allemands pour prendre part à la lutte. Evidemment les Services de Sa Majesté sont très présents.

Cimetière britannique El Alamein
Cimetière britannique El Alamein

J’ai emprunté ce livre (désiré depuis de nombreuses années) à la suite de la lecture de L’Automobile Club d’Egypte d’Alaa El Aswanny  et du Colonel et de l’enfant-roi de Sinoué, une autre oeuvre comparable serait le Quatuor d’Alexandrie de Durrell qui se déroule dans le même décor mais qui est un peu antérieur. El Aswanny a un regard égyptien, tandis que le  point de vue de Durrell  est britannique.

 

« Jérusalem, cité à la dérive, Jérusalem cité des réfugiés » Juillet 1942

Deux vers du poète Seféris  donnent le titre de cet ouvrage.

Jérusalem, printemps  1941, Tobrouk a été prise par Rommel qui menace le Caire où les autorités brûlent les archives, Juifs et britanniques s’enfuient. La pension tenue par Frau Feldmann réunit cette population cosmopolite : un couple autrichien, une princesse roumaine, un couple de Juifs yéménites, une famille de Juifs polonais, une Tchèque, un commandant de la R.A.F, un Grec cohabitent dans cette maison à la salle de bain unique et sans téléphone.

Que fuit Caloyannis? Il a caché son uniforme et ne sort que la nuit. Déserteur? Espion? Qui sont ces « têtes coupées » ?

Jérusalem est un nid d’espions. Le ministre autrichien qui rêve de la monarchie des Habsbourg, doit rencontrer  Von Papen à Ankara est surveillé par l’Intelligence service ainsi que par les Américains, envoyé par les Anglais ou agent double? Tous ces diplomates et militaires sont cultivés, ils citent Hoelderlin, Eliot,  Cavafy ou Flaubert. Confidences sur l’oreiller, jeux de séductions ou même simples paris mondains, on boit, on couche beaucoup. Les couples se font et se défont.

Les « têtes coupées » sont les communistes grecs, à leur tête, Le Minus,  dogmatique stalinien. Entrés en clandestinité, ils souhaitent noyauter l’armée grecque dont les officiers ont une position ambiguë,  des sympathies fascistes ou une allégeance aux Anglais. Le rôle de Manos Caloyannis est de rédiger une gazette Le Combattant imprimant une ligne politique claire. l’urgence est de combattre Rommel.

Décembre 1942; Rommel a été repoussé à El-Alamein. Manos Simonidis,  en uniforme, rejoint la brigade grecque dans le désert lybique. Blessé lors d’un bombardement aérien, il est  hébergé dans une famille grecque du Caire chez Ariane dans le quartier du « Labyrinthe » où il renoue avec ses activités journalistiques. Le Minus n’est pas le seul dirigeant, d’autres permanents, Fanis, Foteros, Garélas forment un noyau très actif. Curieusement, ils restent presque uniquement dans la communauté grecque et ont peu/pas de relations avec les communistes égyptiens. Cloisonnement du mouvement internationaliste? Un chef du PCF venu de Moscou via Téhéran refuse d’entrer en relation avec les militants locaux et ne se réfère qu’au Minus. Clandestinité, autocritiques, discipline. C’est un véritable document quant au fonctionnement révolutionnaire à cette époque. L’objectif est bien sûr la lutte antifasciste aux côtés des anglais mais aussi le maintien d’une armée grecque révolutionnaire prête à conquérir le pouvoir en Grèce  après la libération du pays. Il convient donc de soutenir le moral des troupes tandis que les Anglais préféreraient leur laisser un rôle secondaire et mettre au pouvoir le roi et un gouvernement libéral à sa solde.

Le but des Anglais n’est-il pas de dissoudre l’armée de libération?Une étrange Anabase entraîne une brigade grecque dans une Marche pour l’Euphrate à travers le désert syrien, Alep, Racca..

Alexandrie, automne 1944, Simonidis doit relancer la gazette des marins. la flotte grecque est basée devant le port. L’action clandestine s’organise encore au sien de la communauté grecque. On a l’occasion de rencontrer des personnalités pittoresques, famille originaire de Chios réfugiés après le séisme de 1882. Alexandrie, grecque depuis l’Antiquité, avec ses Bains Cléopâtre, ce poète farfelu qui s’appelle lui-même Alexandre le jeune, où le marchand de légume arabe crie sa marchandise en grec!

Les antagonismes se précisent avec la fin de la guerre. Une ligne politique claire est nécessaire. Les communistes doivent-ils soutenir un gouvernement d’union nationale . la confrontation entre l’armée, la flotte grecque et les forces britanniques devient inévitable. Doit-on encourager les protestations contre les humiliations anglaises ou préserver à tout pris les armées pour la prise de pouvoir en Grèce. la guerre civile s’annonce déjà. La flotte subit l’attaque anglaise.

L’action clandestine devient de plus en plus risquée. les rivalités s’exacerbent : face à face intéressant entre le permanent et l’intellectuel.  Des agents anglais réactivent les provocations jusqu’au meurtre. Dans ce contexte difficile Simonidis retrouve une lady écossaise Nancy qui prendra part à l’action….

J’ai été happée dans le tourbillon de ce roman foisonnant, excitant. Difficile pour moi cependant de faire la part du réel, de l’histoire et du romanesque. Et une terrible envie de relire le Quatuor D’Alexandrie de Durrell!

 

Le Roi des Montagnes – Edmond About

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Le Roi des Montagne, Hadji-Stavros est un bandit qui sévit aux portes d’Athènes. Pallikares, klephtes, armatoles, haidouks, les bandits grecs ont résisté à l’occupant turc, combattu pour la liberté de la Grèce et n’ont pas été désarmés à l’indépendance.

« Clephte aux yeux noirs descend dans les plaines : son fulsil doré sonne à chaque pas ; il dit aux vautours : « Ne me quittez pas, je vous servirai le pacha d’Athènes »

Le narrateur, un botaniste allemand Hermann Schultz, parti herboriser sur le chemin du Pentélique, rencontre deux Anglaises, la mère et sa fille, avant de tomber aux mains d’Hadji-Stavros qui les capture pour en obtenir rançon.

L’Anglaise est très imbue de ses origines et commence toutes ses phrases par « Je suis anglaise et je veux être bien servie… »

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Le jeune Allemand est conforme à ce qu’on attend d’un scientifique et s’il est d’un milieu modeste, il n’en souscrit pas moins à la misogynie:

« Le portique d’Erechtée repose sur quatre Athéniennes du siècle de Périclès.

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Les femmes d’aujourd’hui sont de petits êtres ailés, légers, remuants et surtout pensants, créés non pour porter des temples sur leur tête, mais pour éveiller le génie, pour égayer le travail, pour animer le courage et pour éclairer le monde aux étincelles de leur esprit »

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La lecture naïve est celle d’un roman d’aventures exotique bien amené et plein de rebondissement.Comment les trois otages seront libérés? avec la rançon ou par l’intervention des gendarmes, ou bien en s’évadant? On se laisse prendre à l’action, regrettant les préjugés et les lieux communs : les bandits sont sales, boivent beaucoup mais sont chevaleresques et pieux, les Anglais bornés et fiers de leur supériorité…

On peut aussi passer au deuxième degré et voir l’ironie et l’humour d’Edmond About.Il  se moque des touristes, naïfs, des Anglais se voulant les maîtres du monde, des savants allemands….

« -il cherche des herbes – c’est un apothicaire. – non madame : c’est un savant; – Ah! sait-il l’anglais<, Oui, madame, très bien – Ah! les trois « ah »de la vieille dame furent dits sur trois tons différents »

L’auteur se moque aussi bien du brigand qui tient bureau en plein air sous le soleil mais qui place l’argent de ses rançons dans une banque anglaise et qui fonde même une société par actions. On peut même imaginer un clin d’œil, à la corruption du pouvoir, à l’impuissance des politiques grecs tandis que » les puissances qui avaient mis la Grèce en liberté essayaient de fonder un royaume » en plaçant un roi Allemand.

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Hadji-Stavros, ami des militaires et des politiques affirmait:

« Alors le brigandage ne sera plus qu’un impôt sur la circulation : impôt juste car il sera proportionnel ; impôt normal, car il a été perçu depuis les temps héroïques ».

Et au Nième degré de lecture on goûte d’autant plus la plaisanterie!

 

le Che s’est suicidé – Petros Markaris

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Au tout début des années 2000, le village olympique en chantier, tout est déjà en place pour annoncer la crise grecque qui éclatera 10 ans plus tard.Le genre littéraire le plus à même de faire ressentir les failles dans la société est encore le roman policier.
Corruption à grande échelle dans les chantiers des jeux olympiques? Opacité du de la spéculation immobilière? Intervention de l’extrême droite – pas encore Aube Dorée mais cela y ressemble – magouilles télévisuelles, harcèlement journalistique?
Qu’est-ce qui a poussé au suicide trois personnalités en vue à Athènes? Quel scandale? quel chantage?
Le commissaire Charitos en arrêt maladie, va mener une enquête officieuse et discrète.
Rien ne nous sera épargné des embouteillages d’Athènes ni de la canicule qui s’installe au début de l’été, nous apprendrons les meilleurs itinéraires et les rues qu’il vaut mieux éviter…un peu longuet quand on n’a pas le cerveau d’un chauffeur de taxi (je n’ai jamais conduit dans Athènes préférant le taxi ou le métro). mais cela fait couleur locale. Couleur locale, ou plutôt gouts, les recettes d’Adriani la femme du commissaire qui est une fine cuisinière.
Machos, les Grecs? Sûrement! La place traditionnelle de la femme est à la cuisine et même les jeunes futées savent qu’il vaut mieux la jouer « courge » si elles veulent arriver à se marier. Si on va plus avant dans la lecture, on voit qu’elles tirent les ficelles, et sont de hardies femmes d’affaires et d’anciennes résistantes.
Parce que le souvenir de la résistance à la Junte est encore très vif, les communistes ne sont pas encore tous désabusés. Les liens dans les cachots « Bouboulina » sont très forts….

La Citadelle de la Mémoire – Aris Fakinos

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Cette citadelle est-elle Paliokastro, nid d’aigle perchée dans les montagnes sauvages  d’Épire,  assiégée par l’armée ottomane pour soumettre les palikares irréductibles? Est-ce le monastère du Prophète Elie où les moines ont conservé les manuscrits, la langue grecque, les traditions, cachés dans ses grottes qui ont abrité les fugitifs et les résistants?
La mémoire se trouve-t-elle dans les manuscrits, dans le journal d’Isidore, le bibliothécaire du monastère qui a raconté dans les marges de son Évangile la chute de Paliokastro. Ou se trouve-t-elle dans les chants des aèdes, dans les contes que racontent les femmes? Ou dans les pierres, les marbres, les tombes recélés dans la terre grecque?
L’action traverse les temps:

1789, siège de Paliokastro,mais aussi année des Droits de l’Homme, velléités des Philhéllènes occidentaux d’aller au secours des Grecs qui luttent pour la liberté.

Fin du 20ème siècle, au monastère, un écrivain essaie de retracer l’histoire de Paliokastro. Confrontation de la civilisation moderne et marchande à la tradition.

« Il y a des millions de gens dans l’histoire qui se sont battus pour une religion ou une autre, qui se sont sacrifiés pour une idée, pour la liberté ou pour la démocratie. mais a-ton entendu que quelqu’un ait accepté d’endurer prison et tortures, de se faire fusiller pour une banque? »

Temps immémoriaux qui se souviennent d’Homère, des dieux de l’Antiquité.
Roman historique, mais pas que.

Il raconte la lutte sans concession pour la liberté. Il raconte aussi la transmission de la mémoire, de la langue grecque. C’est aussi une réflexion sur la place de la Grèce, charnière entre l’Occident et l’Orient. Critique acerbe de l’Orientalisme, des « Itinéraires », de l’hypocrisie des grandes puissances, et maintenant de la civilisation marchande.  En écho à mes lectures récentes de Saïd.

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« Nous croyons que les étrangers respectent notre pays et notre passé parce que nous les voyons venir en masse admirer nos antiquités, parce qu’ils écrivent une foule de livres sur nos ancêtres, qu’ils se réfèrent sans cesse à notre civilisation. Mais tout ce la c’est de la comédie et rien d’autre. Au fond ils se fichent pas mal de nous, mais notre présence les dérange. Oui cela a l’air de te surprendre mais c’est comme ça. Si nous n’existions pas, si nous avions disparu de la face du monde comme tant d e peuples, ils seraient bien plus libres de faire ce qu’ils veulent avec notre histoire, de l’interpréter selon leur,  bon plaisir, de la tailler et de la recoudre à leurs mesures, se l’approprier peu à peu. Tu n’as qu’à lire les récits de voyages et autres « Itinéraires » des voyageurs européens qui sont venus visiter la Grèce à partir du XVIIème siècle; et tu verras, tu comprendras…Ils sont toute admiration devantles ruines, ils adorent les paysages grecs, mais ça dérange qu’il y ait encore des Grecs, ils le disent , ils l’écrivent' »

J’ai aimé cette fresque colorée, ces personnalités fortes, ces images saisissantes. L’auteur décrit avec minutie l’installation de l’armée turque, avec ses janissaires mais aussi ses tanneurs et ses bourreliers. Il raconte la vie des palikares et des femmes sur cette terre aride, leurs légendes, qui les rattachent à l’antiquité.

« Nous avons tout essayé pour trouver le salut, tout sauf les contes.

Il faut faire vite. Avant qu’ils ne soient frappés d’interdiction »

Récit des temps perdus – Aris Fakinos

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Un très joli récit!
C’est l’histoire de Vanguelis et de Sophia qui se sont éteints en 1970 après une longue existence de 103 ans. L’histoire de leur village, si pauvre du temps de leur jeunesse, que les bulldozers des chantiers détruisent, tandis que s’étend la banlieue d’Athènes.
Entre la vie rurale d’un journalier parti se vendre à un riche propriétaire, une pioche et une besace à l’épaule et la vie moderne…deux guerres mondiales sont passées, des luttes sociales, la vie a bien changé.
J’ai surtout aimé le début, le récit de jeunesse, quand la pauvreté se définissait par la quantité d’huile nécessaire pour allumer la veilleuse. Quand un séisme a asséché les sources du villages et que Yorghis, le sourcier a retrouvé l’eau mais perdu la vue. Quand Vanguelis a trouvé une statuette de marbre et en est tombé amoureux…Le merveilleux se mêlait alors à la vie quotidienne, les superstitions, et même les dieux d’autrefois et les animaux parlaient aux hommes. Quand on crucifiait vraiment le Christ dan les villages pendant la Semaine Sainte..
Vanguelis et Yorghis ont vu la guerre, le front, ils ont parcouru la Grèce avec une charrette.

L’électricité s’est répandue.. le merveilleux a cédé la place à la modernité.

Retour à Patmos – Patricia Emsens

LIRE POUR LA GRECE

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Merci tout d’abord à Eimelle qui l’a fait voyager et découvrir à plusieurs blogueuses – livre voyageur donc, occasion de partage de la joie de lire!

Cette lecture tombe à point alors que je prépare un prochain voyage dans les îles grecques.

Lecture agréable et fluide, les 187 pages se lisent presque d’un trait. Lecture estivale, solaire. Lecture fluide, agréable, facile, estivale…
Un roman d’amour, et de deuil. Marie, belge, revient avec ses enfants à Patmos dans la maison de son mari décédé récemment. Ils se sont aimés, elle redoute le retour dans la maison vide.
Coïncidence, son amant débarque. Passionnément aimé avant son mariage, et même pendant. Tragédie pour ces gens de théâtre?
Patmos est le cadre de vacances à la plage, de dîners à la taverne.  Patmos des estivants, des habitués, adoptés par les Grecs. Pas de tourisme culturel, pas trop de folklore. L’auteure reste sur le mode mineur. Jean, c’est son mari pas l’Evangéliste. Et c’est très bien ainsi.

retour à patmos

Qu’a-t-elle vu la femme de Loth? Ioànna Bourazopoùlou

la femme de lothLIRE POUR LA GRECE

Pourquoi entourer de secret la destruction de Sodome?

De la littérature grecque sans aucune couleur locale. Si vous cherchez des souvenirs de vacances dans les îles, passez votre chemin! Pas non plus de référence à l’Antiquité classique. D’ailleurs la Grèce a été engloutie comme toute l’Europe du sud dans le Grand Débordement.

Trois continents ont pris le deuil pour que sorte de terre cette maudite purulence mauve, qui rend fous les civilisés plus que l’opium.

L’allusion biblique à la destruction de Sodome est plus pertinente: la Colonie se trouve sur l’emplacement d’une Mer Morte mauve et mortifère dans un désert infranchissable commençant dans la vallée du Jourdain.
Sodome, ville de tous les péchés symbolise-t-elle la perversion de la Compagnie des 75, multinationale faisant régner l’horreur économique et la tyrannie en commercialisant le sel mauve – drogue mystérieuse – d’où elle tire des profits insensés en réduisant les colons l’exploitant en esclavage?

Je lis peu de Science Fiction et cette lecture m’a été un peu pénible. Même si la construction est extrêmement sophistiquée, même si le propos est très intéressant : critique du totalitarisme, conditionnement des esprits, utilisation de la religion dans l’asservissement des personnalités.

« Sinon vous sauriez ce qu’une démocratie fait d’abord quand la sécurité est menacée: supprimer les droits individuels, limiter les libertés. »

Même si le livre critique le monde d’aujourd’hui, j’ai eu du mal à accrocher à cette lecture. Je ne me suis attachée à aucun des personnages sauf peut être au rédacteur de mots croisés. Ce monde étrange sans balises m’a semblé trop artificiel pour que je m’y attarde.

Le Peintre et le Pirate – Costas Hadziaryiris

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Une jolie surprise!

Un court roman qui commence par une histoire de pirates bien saignante, avec abordages pittoresques, qui tourne court et se poursuit avec un miracle rocambolesque en Angleterre pour se terminer dans un village grec perché. Nous allons de surprises en surprises. Jubilatoire! On esquisse un sourire, pour pouffer franchement. et plus on avance dans la lecture, plus c’est drôle!