Trois peintres élèves de l’Ecole des Beaux-Arts d’Hanoï et du peintre Victor Tardieu. Excellent enseignement aussi bien dans les techniques académiques européennes que dans les traditions et techniques asiatiques. Soucieux de la réussite de ses élèves Tardieu leur obtint des postes d’enseignants du dessin ainsi que des commandes à l’Exposition coloniale de 1931.
Lê-Pho – Laque
Si chacun des peintres a excellé dans l’exécution de portraits à l’huile, aquarelles ou dessin, l’originalité de ces peintres est l’exécution de tableaux originaux en laque ou la peinture sur soie qui assurent un succès en France.
Lê-Pho
Dans les années 30, les trois peintres ont rejoint la France
Lê-Pho : la lettre
Mai-Thu a suivi un parcours analogue et peint aussi sur soie.
Mai-Thu : baigneuses
j’ai aussi aimé ses petits tableaux représentant les enfants au jeu d’échec comme les enfants dans la guerre.
Mai-Thu : jeu d’échecs
Vu Cao Dam était également sculpteur. L’exposition montre un buste de HoChiMinh très connu. Installé dans le midi, il donne du relief à ses peintures à l’huile très colorées sous l’influence de Chagall.
Vu Cao Dam jeune fille assise
C’est une très jolie exposition.
Radis rongeur
Les collections permanentes du musées sont merveilleuses et je n’ai pas manqué pas d’y faire un tour d’autant plus qu’une salle est en ce moment dédiée à la nouvelle laque vietnamienne :
Chiharu Shiota est une plasticienne japonaise née en 1972 à Osaka. Elle travaille également à Berlin. Son matériau de prédilection est le fil qu’elle tisse de ses mains fil de laine ou de coton, rouge le plus souvent mais également noir ou blanc.
Where are we going? barques et fil blanc
Le visiteur est accueilli en haut de l’escalier d’honneur par cette gigantesque suspension blanche qui prennent des allures d’ailes blanches.
Il traverse les arches rouges qui jaillissent des barques, déstabilisé.
j’ai déjà rencontré son fil rouge au Musée Guimetjuste après le confinement, les objets enfermés dans la toile d’araignée correspondaient bien à l’humeur du moment, quand nous étions enfermés, liés. *Elle avait empaqueté de très petits objets, des meubles et et jouets de maisons de poupée. Au Grand Palais, changement d’échelle. Elle joue avec des chaises, lie un piano après sa combustion de fil noir
Piano carbonisé et fil noir
Avec ces fils, ces nœuds, j’avais rapidement classé Chiharu Shiota comme « artiste textile » c’est réducteur! En plus de ces installations, elle a aussi expérimenté avec son corps, l’enfouissant dans la terre, ou se baignant dans la boue. Les vidéos où on la voit couverte de boue me mettent mal à l’aise.
Untitled Islande
Elle met en scène son corps. Dans une vidéo on la voit nue sous un enchevêtrement de fins tuyaux où circule le sang. Elle est parcourue de spasmes . je pense un peu à Sophie Calle. Elle trempe aussi de boue des très longues robes suspendues qui gouttent
Memory of skin
ou elle joue avec la peinture, devenant elle-même peinture
Becoming painting
Toujours ce rouge sang!
l’exposition du Grand Palais montre des dessins préparatoire, des esquisses, des photos, des vidéos. L’une d’elle de 23′ est particulièrement éclairante. Si on prend le temps d’écouter on comprend ce qui échappe à la seule vision.
peintre, artiste textile, vidéaste, photographe.
Crépuscule des Dieux
Elle est aussi scénographe de nombreux opéras : Siegfried, le Crépuscule des Dieux, Oedipe de Sophocle par Stravinsky et bien d’autres oeuvres sont jouées dans les décors de Chiharu Shiota.le problème est que l’exposition a voulu trop en montrer. On voit les captation des différents opéras, les danseurs, les chanteurs mais la musique d’un seul domine. C’est perturbant
Fenêtres de Berlin
.
Chiharu Shiota a aussi été témoin de la Chute du Mur de Berlin qu’on voit en vidéo; la ruée vers l’Ouest a entrainé l’abandon de quartiers de Berlin Est. La plasticienne a récupéré les châssis des fenêtres et portes des maisons désertées et les a assemblées. L’huisserie garde quelque chose de ces maisons abandonnées, leur âme?
Et que dire des valises en lévitation?
Rien n’est gratuit dans ces installations; A Venise, elle a suspendu des clés aux fils rouges. On peut aussi imaginer que les souvenirs sont prisonniers de la toile d’araignée, ou que les barques et les valises sont celles des migrants.
J’ai découvert fortuitement Guillon Lethièreau musée de Saint François, en Guadeloupe et j’ai attendu avec impatience cette exposition.
Guillaume Guillon Lethière est né en 1760 à Sainte Anne, Guadeloupe fils d’un colon blanc exploitant une plantation et d’une mère esclave métisse. En 1774, son père l’emmène en métropole et lui fera bénéficier de ses relations pour réussir sa carrière de peintre. Artiste reconnu, il sera directeur de l’Académie de Rome, puis professeur à l’Ecole des Beaux Arts.
Boilly : Guillon Lethière et Carle Vernet
La première section de l’exposition le montre à différentes étapes de sa vie. Boillyle représente parmi ses pairs, peintre respecté entouré d’autres artistes fameux comme Ingres, Redouté…Pour se maintenir et maintenir son rang, il faut participer à des salons. Il faut aussi s’adapter aux changements politiques
Don patriotique des femmes à l’Assemblée Nationale septembre 1789
La peinture de Guillon Lethière est un témoignage de l’évolution politique . Un autre dessin Thermidorien est un véritable manifeste comme le tableau de La Patrie en danger (1799)
La Patrie en danger (1799)
Guillon Lethière trouve un mécène en Lucien Bonaparte qui lui commande des portraits de la famille Bonaparte et des tableaux historiques.
Lucien Bonaparte contemplant sa maîtresse Alexandrine Jouberton
Un très grand tableau représentant les Préliminaires de la Paix de Leoben restera à l’état d’esquisse. Il sera terminé trop tard après la Restauration. mais la tapisserie qui en a été tissée a traversé l’Histoire.
tapisserie prise des Préliminaires de la Paix signée à Leoben
Guillon Lethière traverse les différents régimes de la Restauration et peint même La Fayette présente Louis Philippe au Peuple de Paris après les 3 Glorieuses
La Fayette présente Louis Philippe au Peuple de Paris
Guillon Lethière meurt en 1832 du choléra, la chronique historique s’arrête là!
Homère chantant l’Iliade aux portes d’ Athènes
Classicisme :
La grande peinture reconnue au Salon, c’est la peinture historique avec des références à l’Antiquité. Guillon Lethière suit les sujets romains de David.
Brutus condamnant ses fils à mmort
Répondant à l’Enlèvement des Sabines, les Horace est les Curiace … Guillon Lethière illustre des tragédies patriotiques, héroïques et édifiantes :La Mort de César, La mort de Camille, ce(sœur d’un Horace, fiancée à un Curiace exécutée par son frère)Brutus condamnant ses fils à mort, (ce n’est pas le Brutus connu, celui qui a tué César mais un bien plus ancien du temps des rois Tarquin)
la mort de Camille
La mort de Virginie, héroïne antique d’un récit de Tite-Live qui préfère la mort à devenir esclave sexuelle de Marcus ClaudiusCes deux dernières tableaux sont de « Grandes machines » exposées dans le salon Denon (salle 701) au premier étage de l’aile Denon. Ils n’ont pas été descendus dans l’exposition. Tableaux énormes 4mx8m. Guillon Lethière a repris pendant de longues années ses études, esquisses au crayon ou huiles petit format sur ces thèmes avant d’aboutir au tableaux exposés au Louvre; l’exposition montre les différentes étapes et métamorphoses. Un dessin garde encore les tracés à la règle de la perspective, les personnages sont nus, le peintre les habillera ensuite…la mort de Virginie avait tout d’abord pour sujet principal Virginius, le père.
le Serment des Ancêtres (1822)
Le Serment des Ancêtres est une sorte de fantôme qui plane sur l’exposition. Il est en majesté et sert d’affiche (voir ci-dessus). Il se trouve en Haïti mais n’a pas pu faire le voyage. On peut uniquement voir une photographie noir et blanc mais expliqué par des cartels et un audioguide très complet. Alors que Napoléon a rétabli l’esclavage aux Antilles, aboli par la Révolution, que ce dernier a envoyé la troupe combattre Toussaint Louverture et que Guillon Lethière avait pour mécène Lucien Bonaparte. Le peintre peint en secret ce grand tableau à la gloire des héros de l’indépendance d’Haïti : Dessaline et Pethion. Au centre du tableau, comme les tables de la loi, une stèle gravée des articles de la Constitution haïtienne, en arrière plan, le peuple de Haïti….
Une signature originale est apposée au Serment des Ancêtres : Le Thiere né en Guadeloupe.
Ce tableau montre une certaine ambiguïté de l’artiste : obligé de plaire aux gouvernants pour maintenir ses commandes et sa gloire, il n’oublie pas son origine. Il fréquente les abolitionnistes mais continue à percevoir les revenus de la plantation de son père esclavagiste. Je n’arrive pas à avoir d’opinion tranchée.
Autre étonnement : comment un peintre arrivé au faite de la gloire, académicien, professeur aux Beaux Arts, est-il tombé dans l’oubli?
Je continue à m’interroger.
Cette peinture classique n’est pas vraiment de mon goût, en revanche l’exposition est passionnante du point de vue historique: une vraie leçon d’histoire!
Jose Ribera (1591 -1652) est né en Espagne, il arrive à Rome en 1605 juste avant la fuite du Caravage en 1606, en 1616 Ribera part à Naples.
Plus sombre et plus féroce que le Caravage, sa peinture est présentée comme « ténébrisme et extrême férocité du réalisme ».
Allégorie des cinq sens : l’odorat
La présentation du Petit Palais adopte l’ordre chronologique, avec les premières salles de sa production romaine puis napolitaine. On entre dans la première salle tendue de rouge où sont accrochés de grands portraits de philosophes, mendiant et deux tableaux des Allégories des cinq sens.
Un philosophe
Le philosophe ci-dessus est un modèle que le peintre fera souvent figurer dans ses compositions : avec son crâne chauve, rond, ses oreilles décollées. Je m’amuse à le chercher et à le retrouver au cours de l’exposition.
Une autre série est celle des Apostolados, les Apôtres, même format, même posture sur un fond le plus souvent très sombre avec un éclairage oblique.
Saint Barthélémy (je retrouve le chauve)
De grands tableaux sur des thèmes religieux sont très construits, éclairage clair-obscur caravagesque
Le Reniement de Pierre
le Reniement de Pierreme fait penser à un tableau de Caravage à Saint Louis des Français.
Jésus et les docteurs
A côté des grands tableaux religieux, une série de portraits des Apôtres, un cycle des saints martyrs et des Philosophes. Les grands penseurs sont représentés en haillons témoignant peut-être de la richesse intérieure contrastant avec l’aspect extérieur.
Esope
Ribera s’intéresse aux marges de la société, prend pour modèle la plèbe napolitaine, une gitane, les scugnizzi de Naples.
Le pied-bot
Grand tableau en pied d’un couple de barbus, l’un d’eux est une femme allaitant un enfant. Cette femme a vraiment existé. Un autre tableau très marquant est l’enfant au pied-bot. Goût pour les infirmités, les monstruosités.
martyre de Saint Bartélémy
Ribera fut aussi un virtuose de la gravure. Certaines caricatures témoignent aussi du goût du burlesque, qui annonce Goya. Certaines études de martyres ont été croquées sur place s’inspirant des tortures de l‘Inquisition active à Naples, alors espagnole. Un monsieur dans l’exposition a montré bruyamment sa réprobation, Non! d’après lui « l’Inquisition ne torturait pas, ne mettait pas à mort ». Saint Barthélemyaprès être crucifié est même dépecé, un tableau représente l’arrachement de la peau.
Apollo, et Marsyas
La plupart des tableaux illustrent des sujets religieux mais le peintre ne s’est pas interdit les grandes compositions mythologiques. Le supplice de Marsyas grimaçant s’apparente aux souffrances des martyrs. le Silène ivre est aussi monstrueux.
Certains tableaux sont plus clairs, plus souriants, colorés. Deux grands paysages dans les bleus sont agrestes, paisibles, de minuscules pêcheurs tirent des filets, un homme allume un feu… Décidemment, le peindre a plusieurs cordes à son arc!
C’est donc une bien belle et riche exposition. En introduction, un podcast de RadioFrance : des Midis de Culture
De la Chine des Tang j’ai des souvenirs de lectures anciennes de la série des enquêtes du juge Ti de Robert Van Gulik,.
Palefrenier et cheval
La dynastie Tang (618 -907) marque une époque de prospérité, de calme. marchands et commerçants circulaient librement. Les prisons étaient vides. Une population de 50 millions d’habitants se répartissait sur un territoire allant de la Chine orientale à l’Asie Centrale.
Deux cavaliers poterie vernisssée
Les chevaux sont très présents dans l’exposition, chevaux indispensables dans les conquêtes militaires. En 665, 700.000 chevaux étaient élevés dans les fermes d’Etat. Rapides et puissants, ils étaient originaires d’Asie Centrale, de la vallée de Ferghana (actuel Ouzbékistan).
Joueuses de polo
Même les dames montaient à cheval, certaines étaient même joueuses de polo. L’exposition montrant la mode féminine avec de jolies statuettes en céramique montre qu’elles ne dédaignaient pas le costume masculin avec un caftan et des bottes.
Cavalière
Ces céramiques donnent une représentation très vivante de la vie à l’époque des Tang. Fan des tanagras grecs, je suis conquise par ces statuettes chinoises.
Cheval hennissant
La capitale Chang’an comptait 1 million d’habitants et sa densité dépassait celle de Byzance . Construite selon un plan régulier, les 110 quartiers se répartissaient de chaque côté d’une large artère. Deux marchés irriguaient la ville en marchandises provenant de tout l’Empire mais aussi de Corée, Japon, Perse et Indes. La Route de la Soie entretenait les échanges avec Byzance.
Chamelier et chameau
Cette ville cosmopolite se trouvait à La Croisée des pensées et des religions : Confucianisme et Taoisme y étaient les plus répandues avec le Bouddhisme
Gardien du temple : chimère
D’autres cultes étaient pratiqués comme le Zoroastrisme, le Manichéisme. Il y avait une église chrétienne de nestoriens.
Musiciennes et danseuses
La vie culturelle était raffinée, avec musiciens, comédiens, magiciens. l’exposition présente des services pour l’alcool, ou la vaisselle pour le Service du Thé
Service à thé miniature
C’était aussi un monde très lettré, on a dénombré 50.000 poèmes qui ont été calligraphiés. Les artisans travaillaient des matériaux précieux rares comme l’argent, le lapis-lazuli, le jade, le verre venait de Byzance.
On a représenté les étrangers dans cette ville cosmopolite, les marchands sogdiens de la route de la Soie, les étrangers au nez pas du tout asiatique comme le personnages ci-dessus, même un personnage à la peau noire…
Pierrot intitulé autrefois Gilles, fut peint par Watteau (1684-1721) découvert en 1826,dans la collection de Vivant-Denon, entra au Louvre en 1869.
Le tableau a fait l’objet d’une restauration et cette exposition le présente nettoyé, agrandi, accompagné de commentaires, de vidéos et de tableaux soit peints par Watteau soit traitant du sujet de la comédie italienne au XVIIIème siècle ou plus tard.
Pierrot et le Théâtre comique
Arlequin Empereur de la Lune – Gillot
Deux troupes officielles officiaient à Paris : La Comédie Française dont le personnage-vedette était Crispin, valet manipulateur et La Comédie Italienne avec Arlequin et Pierrot. La Comédie Italienne fut interdite par les édits de 1697 et de 1716 : elle avait déplu par des plaisanteries ayant offensé les élites. Des comédies privées jouaient un répertoire burlesque pendant les foires sur des tréteaux en extérieur et dans des parades.
Le tombeau de maître Arlequin soldat gourmand – Gillot
Watteau originaire de Valencienne vint à Paris en 1702 et, en collaboration avec Claude Gillot était spécialisé dans les représentations du théâtre à l’italienne.
Watteau et la conception de Pierrot
Watteau : Pierrot
On a supposé sans preuve que la toile avait servi d’enseigne dans un café tenu par un ancien acteur spécialiste du rôle de Pierrot.
la postérité de Pierrot
Après 1721 un nouveau personnage triomphe dans les parades devant les salles de théâtres : Gilles, valet grossier.
Arlequin et Pierrot Derain
Evolution du personnage de Pierrot
Un acteur de génie Debureau joua une pantomime au Théâtre des funambules avec une tenue blanche, campant un sombre Pierrot repris par Sarah Bernhardt
Sarah Bernhard dans Pierrot l’assassin – Photo Nadar
Au XXème siècle
Picasso, Derain, Juan Gris ont peint leurs Pierrot. J’ai bien aimé celui d’Alberola
Le clown d’Albérola
On assiste aussi à la projection d’une séquence des Enfants du Paradis qui s’est inspiré de Debureau
Barbara Chase-Riboud est à l’honneur cette année à Paris. Son œuvre se déploie dans huit musées parisiens prestigieux, dont Le Louvre, Orsay, le Quai Branly…
Ses sculptures trouvent leur place parmi toutes les installations du Palais de Tokyo. Ses sculptures noires, colonnes doubles ou stèles, s’alignent dans une pièce noire . Sur les cimaises, des tableaux blancs, textiles. Fils noués qui accompagnent les grandes colonnes noires et lisses. Ces bronzes rendent honneur aux femmes noires et aux luttes pour les droits civiques.
Prise au dépourvu je n’ai rien compris à cette installation monumentale.
En revanche, j’ai beaucoup aimé, dans la petite salle attenante, l’écoute de ses poèmes lus en anglais avec texte bilingue projetés sur l’écran From Memphis and Peking. Textes évoquant les voyages à travers le monde, des villes, peut-être adressées à son mari la photographe Marc Riboud.
Barbara Chase-Riboud est l’auteure de La Virginienne qui relate l’histoire d’amour de l’esclave Sally Hemings et de Thomas Jefferson, 3ème Président des Etats Unis.
Plus je recherche, plus Barbara Chase-Riboud m’intrigue. Deux podcasts ont occupé ma matinée de marche en forêt. Le premier des Midis de Culture est centré sur l’exposition actuelle
Cette rencontre sur YouTube permet de mieux la connaître
Barbara Chase Riboud au Louvre
Et comme la personnalité de cette artiste m’a beaucoup intéressée, je me suis précipitée au Louvre pour voir 3 autres œuvres.
Colonne d’or sous la Pyramide du Louvre
En majesté, sous la Pyramide s’élève fièrement la colonne dorée. Mise en évidence dans un emplacement d’honneur, voire…La pyramide est beaucoup plus grande qu’on ne l’imagine. Vue du dessous, elle est presque invisible. D’ailleurs, je suis passée sans la voir à ma visite précédente au Louvre. Il existe bien un escalier qui permettrait de l’approcher, interdit aux visiteurs. Trop loin pour pouvoir vraiment apprécier le travail du bronze à la cire perdue.
La Cape de Cléopâtre
Barbara Chase Riboud a visité dans sa jeunesse l’Egypte et ce voyage a beaucoup compté pour elle. La Cape de Cléopâtre est exposée dans le Département des Antiquités Egyptiennes. Pour parvenir à la statue, il faut parcourir toutes les salles et c’est un véritable plaisir de redécouvrir les statues, objets, instruments de musique…Tout à côté du plafond astronomique de Dendara.
Découverte entre les granites sculptés: la Cape de Cléopâtre
Le lit de Cléopâtre se trouve dans la Salle des Caryatides dans le département des Antiquités Grecques. Il me faut donc retourner sur mes pas, retraverser les salles égyptiennes, descendre de nombreuses marches, en remonter autant parcours initiatique?
Salle des Caryatides
Le lit de Cléopâtre est aussi constitué de plaquettes carrées de bronze mais elles sont mats. Ces sculptures sont accompagnées par les vers tirés de l’Opéra Portrait of a Nude Woman as Cleopatra, publié en 1987.
Lit de Cléopâtre
Non loin de là, l’Hermaphroditeest couché sur son lit de marbre.
hermaphrodite endormi
Barbara Chase Riboud dans le Salon des Laques au Palais de la Porte Dorée
Le salon des Laques du palais de la Porte Dorée
j’ai continué ma poursuite des sculptures de Barbara Chase Riboud
Alors que j’avais été déçue de la mise en scène au Louvre, ici les sculptures Zanzibar noir et Zanzibar doré sont mises en majesté.
Zanzibar noir rehaussé de soie rouge
Zanzibar doré dans le Salon des Laques
les deux stèles s’accordent parfaitement avec les laques noires et les panneaux dorés, les œuvres se répondent.
Il reste encore cinq musées pour découvrir le reste de l’exposition. Je visiterai sans doute Orsay, Le Musée Guimet, le Quai Branly d’ici la mi-janvier mais cela fera l’objet d’un autre billet!
Myriam Minhidouest une plasticienne franco-gabonaise que j’ai découverte récemment au Musée du Quai Branly CLIC. J’avais été impressionnée par l’exposition Ilimb l’essence du deuil : le « serpent » musical qui réagissait au passage du visiteur, les larmes de sel sculptées, les instruments traditionnels m’avaient parlé.
Services
J’étais donc impatiente de voir plus d’œuvres dans les grandes salles du Palais de Tokyo. J’ai été désarçonnée par la diversité de la présentation.
Objets, rituels, présence du corps de l’âme et de la mémoire dans notre relation au monde sans cesse déséquilibrée
peut-on lire sur la feuille de présentation.
Aer bulla
Je suis perdue dans des notions étranges comme la « Transsudation » ou les « mondes subtils » ou « Dechoukaj »
les vidéos m’ont mise très mal-à-l’aise Folieet La robe envolée
Je suis ressortie avec un sentiment très mitigé, avec l’impression d’avoir raté cette rencontre.
Il sera question de deuil, de rituels, de sorcellerie peut être, de femmes caribéennes sûrement.
Tituba qui pour nous protéger, Naudline Pierre (USA)
j’ai beaucoup aimé la vidéo (10’33) de Myriam Charles d’origine haïtienne, vivant à Montréal, à la mémoire d’une jeune fille assassinée. L’écran est troué d’un cercle dans lequel s’impriment des images plus intimes : la chambre de la jeune fille alors qu’hors cadres on voit des images de nature tropicale. Une marche funèbre est chantée en créole « Pakité m’égaré »
Liz Johnson Arturexpose des photographies des manifestations à Londres de Black Life Matters
Installation étrange de parpaings émaillés construisant murs et barrières dans la pièce. Une armoire couchée en biais contient de la vaisselle en cristal cassée.
Naomi Lulendo présente 3 photographie au fond presque noir, clair obscur : Potomitan, Nuit Noire, Ombre portée (impossible à photographier avec mon téléphone.
Le montage photographique de Claire Zaniolo montre des images de Guadeloupe.
Malala Andrialavidrazana est une artiste franco-malgache, architecte de formation.
Figuresest une fresque de 58 m x5 m conçue exprès pour la grande verrière du Palais de Tokyo. Elle est réalisée par collages numériques à partir de de 2000 sources d’images : cartes d’Atlas anciens, billets de banque principalement. D’ailleurs, le titre Figures se comprend au sens anglophone de « chiffres », des montants des billets qui circulent. Figure, c’est aussi le visage d’un personnage emblématique comme Mobutu et son léopard qui symbolise aussi la ruse et l’autorité dans la culture swahilie.
Mobutu, le léopard et l’idole pop
Dans le collage ci-dessus, le léopard zaïrois saute sur l’idole pop.
Cartes de géographie et bateaux qui relient les continents, qui ont transporté les esclaves, tout cela évoque une circulation mondiale, une mondialisation des marchandises et des personnes. Tous les personnages de la fresque sont en mouvement.
mondialisation
Ponts et barrages relient les continent. On imagine des univers africains, d’autres asiatiques. Et toujours personnages et animaux bougent, nagent rament. Figures peut aussi évoquer les personnages célèbres comme Charlot, Cadet Roussel, La Semeuse et son bonnet phrygien et même Ramsès II sur son char, arlequin qui symbolise la fourberie, les navigateurs européens dont les « découvertes » sont synonymes de pillages, exploitation, esclavage et extractivisme.
Ramsès sur son char mais que vient donc faire l’orignal et la moto?
En cherchant bien, je découvrirai Nelson Mandela (billet de banque) , la frise de l’Evolution, une tortue tractée….
La semeuse
On pourrait rester des heures à détailler les personnages, à imaginer des circulations. Une dame me montre une minuscule souris sur une balançoire. Pour mieux identifier personnages et symboles trois écrans interactifs donnent des explications. Chacun se promène à sa guise.
Je suis étonnée par le nombre d’enfants très attentifs, d’adolescents de jeunes adultes. L’ambiance est très décontractée et ne ressemble pas à celle des expositions de l’Orangerie, Orsay ou le Luxembourg. Il y a aussi beaucoup plus d’espace.