Keith Haring – The political Line au Musée d’Art Moderne

LE MONDE EN EXPOS

 

du 19 avril 2013 au 18 aout au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 

 

Scotchée!

Séduite d’abord par les couleurs vives des grandes toiles, les motifs décoratifs remplissant tout l’espace d’une ligne sûre, ponctuée de tirets. Plus attentive, j’ai découvert des motifs récurrents:soucoupes volantes, bébé radiant, pyramides… chiens mais aussi croix et télévisions, $, personnages…que je me suis amusée à chercher.

Et j’ai découvert un humour extraordinaire, décapant ce tableau d’une foule acclamant un personnage caché par un mur dont seul est visible le pénis érigé – on a pensé à Berlusconi – anachronisme, je ne sais pourquoi, un très long tableau sous- titré :EVERYBODY KNOWS WHERE MEAT COMES? IT COMES FROM THE STORE

Avançant dans les salles, prenant le temps de déchiffrer les tableaux (le plus souvent untilted), nous avons cherché le sens de l’œuvre : le petit homme aux prises avec une bête (loup ou chien), , abruti par la consommation ou les mass media, écrans de  télévisions  ou ordinateurs foisonnent. souvent l’homme est transpercé, troué, bastonné mais aussi rebelle, cassant le bâton qui l’a battu, tendre.

Enfin de l’art moderne qui a un sens pour tous, qui s’adresse à chacun!

Keith Haring, grand témoin de la décennie 1978-1990, des année graffitis avec Basquiat, des années pop avec Andy Warhol, des luttes contre l’apartheid et le racisme, des années Tchernobyl et surtout des années-Sida.

Keith Haring s’en engagé contre le le capitalisme, le symbole$ sur le groin de la truie, est le meilleur exemple, contre la religion, plusieurs tableau montrent la croix dans diverses circonstances aussi dans son rôle dans l’esclavage des noirs. Il a aussi protesté contre le nucléaire. Dans la fin de la décennie alors que ses amis étaient décimés par le Sida, il a mis sa peinture au service de la prévention, certains peintures sont tendres d’autres terrifiantes.

J’ai beaucoup aimé le regard des enfants nombreux ce dimanche matin, tout à fait à l’aise avec ces images expliquées par leurs parents, reconnaissant Mickey, (Mickey-Warhol?), le bestiaire fantastique, anges ou superman.

Lire Ici pour les vidéos de Keith Haring  article de Télérama

et Ici : Basquiat en bonus!

Et si vous n’avez pas le temps de voir l’expo, quelques affiches dans le métro, station Alma Marceau,  tout à fait dans l’esprit de l’artiste (pour le Musée, descendre à Iéna, la suivante!)

Jef Aerosol expose à la MAC

LE MONDE EN EXPO

Street art! Peintre au pochoir.

Devant tags et grafs je suis dubitative. Est-ce de l’art? Certains m’amusent. Certains égaient une ville grise et neutre. A force d’en voir, je me suis lassée. En revanche, les pochoirs me surprennent et souvent me plaisent.

 

Cette exposition montre un art du pochoir, de l’aérosol très élaboré. Sur toile et non pas sur les murs. Triptyques, montages de personnages sur du carton ondulé brut, portraits d’artistes. Le monde de Jef Aérosol est un peu le mien : les artistes qu’il représente sont souvent des musiciens, Bob Dylan, Gainsbourg, mais aussi l’accordéoniste roumain du métro, les joueurs de banjo des westerns… et puis, au détour de la rue, Beckett ou Sartre.

Noir et blanc, surtout avec de petites flèches rouges. Parfois la couleur éclate.

Je n’y connais rien à l’art contemporain mais ce plasticien m’a scotchée!

celui-là m’a vraiment fait un clin d’œil!

Une conférencière explique à une trentaine de bambins du centre aéré  ce qu’est un pochoir, elle leur parle de la loi de 1881 qui interdit d’afficher  et d’écrire sur les murs. Elle raconte les grottes préhistoriques, les premiers pochoirs : la terre brune soufflée autour d’une main…. les enfants sont attentifs. Moi aussi!

 

Palais de la Porte Dorée – Cité nationale de l’histoire de l’immigration – aquarium tropical

TOURISTE DANS MA VILLE

le palais de la Porte Dorée par une matinée hivernale

Souvenir de l‘Exposition coloniale de 1931, le Palais de la Porte Dorée abrite désormais la Cité nationale de l’immigration et l’aquarium tropical en bordure de bois de Vincennes.

Il est recommandé d’y aller en métro Porte dorée Ligne 8 ou avec le nouveau Tramway, le stationnement étant problématique et payant.

Bas relief colonial

 La façade est spectaculaire, témoignage de l’esthétique des années 1930, colonnes de granite à section carrées qui n’auraient pas déparé dans l’esthétique mussolinienne ou stalinienne et bas relief colonial. La France métropolitaine trône au dessus de la porte tandis que les colonies offrent leurs richesses. Le message est clair! Réminiscence des bas-reliefs angkoriens! Si le contenu idéologique est contestable l’ensemble sculptural est réussi.

 

le forum

A l’intérieur, au rez de chaussée un vaste forum offre une salle de spectacle (il y a une scène sur une estrade), entouré de galeries avec un haut plafond en pyramide évidée (ou stupa). la décoration Art Déco est spectaculaire avec des frises colorées dans les teintes chaudes. Autour de l’entrée des voiliers inspirés des caravelles ou des galions d’autrefois  sur un ciel sombre apporte la colonisation civilisatrice ou la civilisation colonisatrice. Des panneaux représentant les vertus de la Justice ou de la Science montrent des femmes blanches fortes sur un décor végétal fleuri et exubérant alternent avec de grands tableaux montrant les indigènes dans et les européens , curés bonnes sœurs, explorateurs ….au sol une mosaïque colorée encadre un très beau parquet. Deux grands salons art Déco étaient ceux des officiels du temps de l’Expo.

Les expositions de La cité nationale de l’histoire de l’immigration prennent l’exact contre-pied de l’idéologie coloniale. Des installations variées symbolisent l’immigration  – une barque naviguant sur un océan de bouteilles vertes charriant des ballots de tissus africains colorés  – des lits superposés où sont accrochés les sacs écossais en plastique à fermeture éclair, pauvres ballots des immigrants – des théières, récipients exotiques apportés du monde entier suspendus…..Des vitrines présentent les souvenirs des migrants : familles italiennes avec l’accordéon, l’atelier du tailleur juif polonais avec ses papiers, des photos de famille, un mariage serbe, les photos de classe et les bulletins d’un écolier algérien, des journaux yiddish, chinois, ou arméniens…. des objets des années 30 ou 40 ou même plus tardifs. Le poste de radio de mon enfance…tout cela forme un ensemble pédagogique et émouvant.

Photos d’artistes ou d’amateurs, toujours signifiantes et émouvantes.

Panneaux pédagogiques : là sont regroupés les artistes, les danseurs de Noureev à Prejlocaj, ldes champions sportifs, les peintres….Bien  sûrt, comme dans tout musée moderne, il y a aussi des vidéos, des écrans interactifs. On peut choisir des films, télécharger sur son smartphone l’application du musée pour avoir la visite guidée….

par hasard, dans un blog que j’aime bien, celui de la femme de cendres, je découvre le poème clic

 on peut visionner le film ici :le film

Une exposition temporaire

VIES D’EXIL DES ALGÉRIENS EN FRANCE PENDANT LA GUERRE D’ALGÉRIE (1954-1962)

est visible jusqu’au 19 mai 2013

Beaucoup de photos, de coupures de journaux, d’objets de la vie quotidienne, de tableaux aussi me rappellent un passé qui m’est contemporain mais en même temps si ignoré. Les bidonvilles de Nanterre, j’ai failli aller y enseigner, et pourtant je suis surprise. les cafés de la Goutte d’Or, je suis passée devant, du métro aérien mais c’était un domaine exotique où une adolescente ne se serait pas aventurée. J’ai regardé cela avec u ne grande émotion.

lire également l‘article consacré à l’expo

Aquarium

l’aquarium a été un véritable émerveillement. pas tant les poissons que la richesse des végétaux dans les aquariums d’eau douce et des coraux, mollusques, oursins dans ceux d’eau de mer. Féérie pour les yeux.!

 


 

Les arts de l’Islam au Louvre

VOYAGE EN ORIENT

Céramique turque

Ce département  ouvert récemment est d’une grande richesse( digne de tous les autres départements de notre célébrissime musée) . Collection permanente, il suffit d’avoir le billet du Musée (ou le Pass Education pour les privilégiés). Pas de queue ce vendredi matin, une affluence tout à fait raisonnable pour profiter des installations: vitrines, vidéos.

calligraphie

L’exposition est partagée en deux étages entresol haut pour la première partie de 622 à l’an mil, entresol bas pour les siècles ultérieurs. La première partie est abritée par une sorte de tente bédouine dans une cour du Palais du Louvre, avec de grandes verrières qui confèrent au lieu un très bon éclairage tandis qu’en dessous règne une douce pénombre, les vitrines sont, elles éclairées.

calligraphie?

Nous sommes restées très longtemps dans la première salle et avons découvert les grands relevés des mosaïques de Damas ainsi que des calligraphies sous toutes les formes, calligraphies sur bois, sur des stèles de pierre, émaillées, ornant des plats, des bassines…..J’ai pris deux résolutions : apprendre à écrire l’arabe avec plus de sérieux qu’à notre dernier voyage égyptiens, visiter la Syrie dès que la guerre aura cessé!

Qu’est-il écrit?

Les salles du bas ont un parti pris plus  historique: mais nous avons si bien visité au début que nous ne sommes plus aussi attentives. Les objets sont aussi différents: plus de vaisselle, d’aiguières, de carrelages et de tapis. Beaucoup proviennent d’Iran. Il faudra qu’on revienne!

ivoire égyptien : scène de chasse et musicien

 

les Mille et une nuits à L’Institut du Monde Arabe

LE MONDE EN EXPOS

 Une exposition très copieuse qui s’intéresse d’abord aux manuscrits et éditions des Mille et Une Nuits, on connait diverses versions, différentes influences du IXème siècle au XIX ème. Bien difficile de décider quelle est la version originale!

Viennent-elles de la Perse? de L’Inde? de Baghdad d’Haroun-El -Rachid? du Caire? La première salle présente donc les manuscrits en arabe avec leurs calligraphies, quelques illustrations, mais aussi les premières traductions en Français par Galland (1701) ou plus récentes par Mardrus (1898 à 1904) dédiés à Mallarmé, éditions anglaises, allemandes, russes….l’histoire des Mille et Unes Nuits est tout un roman,  les suites également!

On passe ensuite dans une salle au plafond étoilé – lieu d’écoute – confortablement assis dans des alvéoles, on peut écouter un conte, ou plus grâce à des écouteurs.

 

La visite est loin d’être terminée. L’IMA nous a installé plusieurs salles pour recréer l’ambiance orientale des contes. Merveilleux objets des palais, cuivres, poteries, bijoux, coffres et portes de marqueterie…. mais aussi des photos du Caire, de Damas. Témoignages historiques, archéologiques mais aussi très kitsch, tous les aspects sont envisagés.

 

Une projection d’un film de Méliès (20minutes) se déroule dans des palais d’un Orient de fantaisie. Une salle Sindbad le Marin nous emmène en Inde, en Chine…La salle Aladin et la lampe merveilleuse est encore plus étrange, exposant des lampes à huiles yéménites ou égyptiennes de Siwa, récentes mais aux allures antiques qui voisinent avec un projecteur (lampe magique). On peut même visionner des films aussi grand public qu’Ali Baba à allure de Popeye, ou japonais…

Et toujours le personnage de Shéhérazade…. comme fil conducteur ou comme récitante. Ballets russes et danse du ventre. Telle est la richesse de l’expo!

Musique!

Chaim Soutine – L’ordre du chaos – à l’Orangerie

LE MONDE EN EXPO

(du 3 oct.2012 au 21 janvier 2013)

Le Musée de l’Orangerie détient 22 tableaux de Soutine dans ses collections permanentes. même après la fin de l’exposition, il sera encore temps de découvrir ce peintre à l’Orangerie.

 

 

 

 

On fait connaissance avec le peintre par un portrait de son ami Modigliani entouré de plusieurs portraits des familiers de Soutine et d’un autoportrait. On connaît le goût de l’artiste pour ces visages déformés, les couleurs flamboyantes, les attitudes un peu figées sur un fond bleu, neutre.

les maisons dansantes de Cerêt

La salle suivante présente les paysages de Cerêt, avec des maisons alignées en une sorte de barre horizontale, mais dont les verticales auraient subi une sorte de torsion. maisons-visages qui paraissent danser, se tordre en un chaos un peu angoissant. Face à Cerêt, des vues de la Côte d’Azur, plus gaies, plus colorées.

Cette fois-ci les maisons sont à peu près représentées mais ce sont les routes qui ont subi une étrange métamorphose. Le spectateur est invité à entrer dans le tableau et à tourner dans les lacets d’une route de la montagne provençale. Le ciel envahit les côtés. Plus de perspective ni d’horizon. On est happé dans la couleur et dans les coups de pinceaux tournants. Sur un troisième mur, ce sont des paysages de Bourgogne dont les arbres sont animés de tournis dans la tempête. Deux enfants courent sur la route, revenant peut être de l’école avant l’orage.

La troisième salle est consacrée aux séries et natures mortes. Glaïeuls flamboyants, encore du rouge! Soutine a une prédilection pour les carmins et les vermillons! Une série de lapins et lièvres pendus, de poulets à moitié plumés, de carcasses de bœufs sanguinolentes. ce n’est pas vraiment la partie de l’exposition la plus séduisante. Même si c’est une grande leçon de peinture (merci aux commissaires de l’expo qui ont mis en regard les tableaux d’une peinture des grands maîtres qui ont inspiré Soutine : Rembrandt et Chardin. la nature morte avec la raie correspond bien au tableau de Chardin.

On revient à des portraits, séries d’enfants de chœur (inspirés par Courbet, de l’enterrement à Ornans) de personnages en livrée, d’un des pâtissiers (qui ont ouvert la porte des collections prestigieuses) de femmes encore en rouge, une Anglaise m’a bien plu.L’exposition se termine sur un tableau encore inspiré de Rembrandt : une femme âgée relève sa chemise pour entrer dans l’eau.

Belle découverte pour moi!

Je ne connaissais pas les collections permanentes , les Renoir, Rousseau, Modigliani, Laurencin, Picasso Matisse, Utrillo, Derain. Il y en presque autant qu’à Orsay, avec beaucoup moins de touristes. Il faudra revenir.

On n’aurait pas quitté l’Orangerie sans passer par les Nymphéas. Deux merveilleuses salles elliptiques, des bancs confortables pour passer un moment de recueillement au beau milieu de l’étang de Giverny! Rêverie!

 

Cima da Conegliano au Luxembourg, une expo, une rencontre et une nouvelle….

 

LE MONDE EN EXPOS

affiche de l'expo Tête de Saint Sebastien

D’abord, l’occasion de faire la visite en compagnie de 2 blogueurs amis que je n’avais jamais rencontrés. C’est quand même plus chaleureux que les commentaires, même s’ils sont fréquents et amicaux! Échanger devant un tableau, c’est plus enrichissant que sur le net! surtout quand on a un spécialiste de l’huile, moi qui ne connaissais rien aux couches et glacis….

Plusieurs longues minutes devant une gravure de Venise en 1500! Nous arrivons à reconstituer nos itinéraires de vacances récentes!

Cima (1459-1517)de Conegliano dans les Dolomites est moins célèbre que Carpaccio ou que Bellini ou Giorgione, les maîtres vénitiens les plus connus. C’est donc une découverte que nous offre cette exposition!

La première salle est dominée par un grand tableau de 1489 La Vierge à l’Enfant en trône entre St Jérôme et St Jacques : trône de marbre sous un arc formé par une tonnelle de vigne et chaque côté, des orangers modèrent un peu la solennité et la symétrie parfaite du tableau.

Cima vierge et l'enfant bologne

Plusieurs tableaux plus petits sont des variations sur le thème de la Vierge et l’enfant, Vierge très mélancoliques, enfants tout à fait adorables. Ma préférée est celle de 1494 exposée à Bologne. Déjà, perfection de la technique, mais je ne suis pas technicienne, mon esprit s’égare dans le souvenir d’une nouvelle de Stefan Zweig  » les Prodiges de la vie » dans le recueil « L’Amour d’Erika Ewald« où un peintre cherche longtemps l’inspiratrice de la Vierge dans Anvers des guerres de Religion, la trouve en une jeune Juive et métamorphose la jeune fille en lui faisant asseoir l’enfant sur ses genoux. La tristesse de l’expression des Vierges de Cima m’a tout de suite fait penser à cette nouvelle.

lamentation sur le Christ

Les Lamentations sur le Christ est un tout à fait frappant d’expressivité. la douleur de la mère est palpable. Cima a représenté Marie vieillie, inconsolable malgré la présence des deux femmes qui l’entourent. En plus des visages la variété des couleurs des costumes en font un tableau remarquable.

Saint Sébastien et Saint Roch faisaient partie d’un triptyque, ils sont pourtant très différent. Saint Roch réaliste tandis que Saint Sébastien au corps marmoréen malgré la flèche qui transperce sa cuisse a le visage complètement détaché, déjà ailleurs? Les paysages en arrière-plan sont merveilleux. Ce n’est pas pour rien que la présentation numérique de l’exposition est sous-titrée : La Poésie d’un Peintre , Paysages et Visages à la Loupe. Francis nous fait remarquer les couches successives d’huile pour obtenir une telle transparence. Transparence et lumière extraordinaire dans une tête de Christ couronné d’épines!

Cima ne s’est pas cantonné à des sujets religieux. Des coffres de mariages montrent aussi des sujets mythologiques dont l’un racontant Thésée m’a bien amusée.

 

Pour les explications des spécialistes, le parcours numérique du Musée du Luxembourg est passionnant.

 

Les Juifs et l’Orientalisme – Expo MAHJ

Exposition temporaire : 7 mars 2012 – 8 juillet 2012 – Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme 71 rue du Temple PARIS 3ème

« Proposant un parcours à travers la peinture orientaliste, l’exposition se penche sur la représentation du Juif comme « oriental » dans l’art, de 1832 à 1929. »  brochure du MAHJ

 

L’exposition s’ouvre sur des citations du journal de Delacroix que je me reproche de n’avoir point copiées., carnet d’esquisses, un seul tableau du maître, c’est un peu frustrant. En revanche plusieurs de Chassérieau m’enchantent. J’aime les couleurs vives que les orientalistes ont découvert au Maroc ou en Algérie, ciels bleu presque turquoise se détachant sur des murs blancs, costumes colorés des femmes. J’avais beaucoup aimé l’exposition à l’Institut du Monde Arabe il y a quelques années où Delacroix, Chassérieaux  et Fromentin étaient à l’honneur.

Dans l’exposition du MAHJ, le propos est plus ciblé : l’Orientalisme a trouvé une résonance particulière quand il découvre les communautés juives d’Afrique du Nord, exotiques mais aussi peut être plus ouvertes sur l’Occident. Quoique, un grand tableau représentant le départ de centaines de juifs vers la Terre Sainte, fuyant une menace représentée par la colonisation française de l’Algérie, m’a interpellée. J’ignorais totalement cet épisode.

Les peintres du 19ème siècle découvrent ces populations avec le regard un  peu biaisé de l’ethnologie de l’époque, cherchant à décrire des races. Certaines observations des Juifs confortent des stéréotypes antisémites analogues aux représentations de Shylock. Cet aspect est aussi représenté.

La vision d’un Orient biblique est aussi centrale. Les Juifs orientaux, comme les Arabes d’ailleurs, offrent des modèles à l’illustration biblique : Abraham d’Horace Vernet, ou Esther. L’engouement pour l’Égypte est aussi passé par là : j’ai retrouvé avec plaisir David Roberts dont je connaissais les représentations de l’Égypte.

Cette exposition sort aussi des chemins battus et nous fait découvrir des peintres russes ou allemands que je n’avais jamais rencontrés.Elle élargit aussi la période traditionnellement attribuée à l’Orientalisme, incursion dans la peinture  Symboliste s’éloignant ainsi de ma vision à partir de Delacroix.

Enfin, le projet sioniste n’est pas oublié. Non plus que des illustrations bibliques. J’ai beaucoup aimé  celle du Cantique des Cantiques par Kupka.

cantique des cantiques

 

lire aussi ICI sur l’Orientalisme

 

Sainte Anne de Léonard de Vinci – Exposition au Louvre, une leçon de peinture

affiche

Le Louvre nous convie à une véritable leçon de peinture. La Sainte Anne de Vinci, on la connaît, on la reconnaît, on la redécouvre nettoyée de tout ce vernis jauni qui obscurcissait ses couleurs. La restauration, à elle seule est un évènement.

L’exposition est une vrai leçon de peinture. De carton en dessin, l’œuvre prend corps, se transforme, les personnages trouvent leur disposition définitive en diagonale, Jean Baptiste est remplacé par un agneau. Les coiffures s’adaptent à la mode qui a changé pendant les 20 années que le tableau est en gestation. On admire la finesse des dessins de Leonardo. les premiers, j’ai eu du mal à les déchiffrer avec l’acharnement à chercher le bon tracé, les traits se chevauchent. Où est l’enfant? Où est donc l’agneau? Pourquoi 3 têtes féminines sur cette esquisse puisque seules Anne et Marie doivent figurer?

le carton de Londres

Et le regard s’aiguise, en recherche, à comparer trois, quatre études du visage de Sainte Anne, toujours le même visage si doux. qu’a-t-il voulu changer là? La coiffure? Le drapé du manteau?

La peinture, à la Renaissance était histoire d’atelier. Quelle est la part du maître? Qu’a ajouté le copiste?  Quelle étape de la recherche de Leonardo l’élève a-t-il utilisé? Pourquoi, sur certains tableaux le groupe se détache-t-il tellement du décor qu’il paraît rapporté?

Jubilation de pouvoir entrer dans le secret d’une œuvre!

J’aimerais  être capable d’une telle analyse dans un musée. j’ai encore bine besoin d’être conduite.

J’ai consacré tant d’attention, de concentration, à Sainte Anne que je visite distraitement l’exposition, consacrée à Arles et aux découvertes archéologiques dans le Rhône. Cette expo mérite mieux qu’un regard blasé. Elle est vraiment très belle. Il faudra que je trouve un moment pour retourner voir ces Romains, ce Gaulois blessé, ces dauphins et cette Victoire dorée.

Les peintures de Tagore au Petit Palais

SAISON INDIENNE

On connaît Tagore comme poète, écrivain, prix Nobel 1913 moins comme musicien et comme peintre. L’exposition du Petit Palais « Dernière Moisson » présente 85 œuvres sur papier, encres, pastels ou aquarelles de premier plan. Ce n’est pas la première exposition de Tagore à Paris : dans les années 30, Anna de Noailles avait parrainé une exposition du poète et écrit la préface du catalogue (visible dans une vitrine).

C’est sur le tard, passé  60 ans, que Tagore a fait œuvre de plasticien : d’abord en jouant avec les ratures sur ses manuscrits (merveilleuse calligraphie indienne) puis avec ces « gribouillis » sont arrivés des animaux monstrueux. Le bestiaire extraordinaire occupe la première salle. Fantastique? humour? on ne sait comment interpréter ces tableaux étonnants. La figure humaine est aussi largement présente : portraits presque des caricatures d’hommes et figures féminines très douces. Ses paysages sont souvent nocturnes, masses sombres tranchant sur un ciel jaune, temples ou feuillages. Un mur porte des fleurs d’une délicatesse rare…

Assez petits formats sous verre. Les encres ont des tons métalliques, les oranges sont dorés, les noirs épais et mats. Quand on s’approche on admire la finesse du graphisme.

A la fin de l’exposition une vidéo passionnante raconte la vie de Tagore : paysages du Bengale actuel, extraits de films de Satyajit Ray mais aussi interviews d’un poète de Calcutta et d’un peintre qui souligne les parentés entre l’œuvre picturale de Tagore avec la peinture occidentale de l’époque : fascination des primitifs mais aussi Art Nouveau, il évoque aussi l’expressionnisme et Emil Nolde. J’ai le grand plaisir de retrouver les musiciens Bauls dont j’ai récemment fait connaissance. Le fil conducteur de cette biographie est justement le récit  chanté qu’un artiste de rue fait de la vie du grand homme à la manière des épopées historiques ou des textes sacrés du Râmâyana ou Mahabarata, déroulant une toile naïve illustrant les différents épisodes.

http://www.dailymotion.com/swf/video/xoe1bx<br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/xoe1bx_rabindranath-tagore-au-petit-palais_creation &raquo; target= »_blank »>Rabindranath Tagore au Petit Palais</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/mairiedeparis &raquo; target= »_blank »>mairiedeparis</a></i>

Ma « Saison Indienne » avait commencé dans ces mêmes salles au Petit Palais avec l’exposition photo, Elles Changent l’Inde, à 5 jours de notre départ, je suis contente de me retrouver dans ces lieux familiers avant le grand saut dans le dépaysement.