Les plages du sud de Naxos

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Studios Kolonna sur la plage de Mikri Vigla

 

Au sud de Mikri Vigla les plages de sables alternent avec les rochers qui abritent de jolies petites criques à l’écart de la route principale de Hora à Agiassos. Nous longeons la côte par des petites routes et des pistes.

Kastraki

Deux belles plages : Zahara et Glyfada. Les maisons de vacances sont dispersées sans logique apparente dans des jardins ; A l’arrière de Glyfada une lagune asséchée ouo des marais salants s’interposent entre la plage et la route.

Alyko bay

Alyko bay

La forêt de cèdres

Ce cap rocheux portant une « forêt de cèdres » de 88 ha . Ces cèdres (ceddar en anglais) ne sont pas des cèdres mais des genévriers. Ils ont un tronc épais (jusqu’à 1m de diamètre et 6 m de haut) et une silhouette d’arbre. Du genre Juniperus est-ce un Genévrier cade ou un Genévrier de Phénicie ? les deux sont cités dans la littérature. J’aurais plutôt qualifié de maquis cette « forêt ». Pendant le régime des Colonels dans le début des années 70, le terrain a été cédé illégalement -semble-t-il – à une compagnie étrangère qui a construit une résidence hôtelière ; Après maints procès, le projet touristique a été abandonné mais il reste les structures de béton.

Street-Art

Les graffeurs se font emparés de ce lieu pour y peindre des graffs, des tags et des œuvres de Street-Art. j’ai vu hier à la Tour Bazeos, une photographie d’une installation de WD à Alyko. J’étais loin d’imaginer qu’Alyko était un site naturel à une douzaine de km de la Tour. J’imaginais une banlieue glauque, des usines en déshérence.

Le baiser des deux singes, à l’entrée du bâtiment est tout à fait saisissant. WD a consacré une de ses œuvres aux migrants. Sur les murs de l’hôtel abandonné, la bienvenue aux migrants est clairement énoncée. Une série montre un cœur sur le drapeau grec, puis un graffiti affirme :

« L’Europe fait naufrage, l’Afrique se noie » suit le dessin d’un bateau de papier plié et enfin une femme entourée de têtes de morts.

Tous les graffitis sont-ils de cette facture ? j’en doute. Cet endroit étrange donne envie d’écrire une dystopie raconter la fin de la civilisation du tourisme. Ou une histoire de migrants qui échouent et s’installent.  Après avoir filmé les murs, je m’engage sur une piste, découvre les falaises et surtout, nichées dans les falaises, les plus jolies petites criques qui soient. Vides parce qu’il est encore très tôt. Une procession de baigneurs arrive, charriant parasols, chaises pliantes et glacières…

Alyko

 

Plus loin, dans la Baie d’Alyko, il y a encore une grande plage de sable. L’urbanisation est en cours, anarchique, accumulation de cubes blancs ou gris.

La piste fait alors un grand détour autour d’une colline (228 m). On devrait voir une Tour. A l’aller comme au retour nous ne l’avons pas trouvée ;

Aghiassos

Plage d’Aghiassos

Fin de la route venant de Hora et fin de la piste côtière carrossable. Théoriquement elle continue jusqu’à Kalados. Elle doit être en bien mauvais état. Nous ne voulons pas infliger cette épreuve à la petite Fiat Panda.

La plage de sable d’Aghiassos est bordée par des roseaux. Le classement Natura 2000 limitera peut- être la construction. La plage est encore vierge d’installations ; Une buvette a installé deux tables, un petit restaurant, sa terrasse à l’écart. Je me baigne sans craint. L’eau est peu profonde, même loin du rivage.

Psilli Ammos

Sable doré, très fin, plage aménagée avec des lits et des parasols tenue par le restaurant élégants à l’arrière de la piste. Après un bain un peu agité par des bourrasques nous faisons une pause apéro. Café frappé que j’attendais depuis longtemps.

Tour Oskelos

Tour Oskelos

Tour carrée d’architecture vénitienne 17ème siècle, la petite sœur de la Tour Bazeos. Carrée puissante maison fortifiée en cours de restauration. On n’en saura rien de plus.

Déjeuner sur la terrasse ; Nous voulions acheter des feuilletés aux épinards du boulanger, Il n’en reste plus. Dolmas en boîte et salade d’aubergine (en barquette), grosse tomates et olives.

Après-midi balnéaire.  Le vent est tombé. Je peux reprendre mes aller-retours à la nage.

 

D’Epinay à Sarcelles avec le Voyage Métropolitain

PARIS/BANLIEUE

 Départ : Gare d'Epinay sur seine
Départ : Gare d’Epinay sur seine

Le Voyage métropolitain est une aventure collective passionnante. Exploration collective du territoire du Grand Paris en très bonne compagnie : urbanistes, architectes, photographes, journalistes, guides touristiques….ma seule qualité de randonneuse me fait sentir toute petite! Et les conversations sont très enrichissantes.

La gare d’Epinay-sur-Seine est jolie : meulière, boiseries bleues, carreaux fleuris et même le buste du Général de Gaulle (pourquoi? personne n’y fait allusion). Après une courte promenade dans les pavillons nous arrivons sur une place carrée.

Bon sang, mais bien sûr!

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Epinay , c’est le Congrès d’Epinay, (1971)congrès fondateur du PS préparant l’Union de la Gauche et la victoire de François Mitterrand dix ans plus tard. Des stèles portant des citations de Mitterrand jalonnent la place ornée ‘une sculpture de deux chevaux fougueux.

20161210_104947Epinay est une ville de plus de 50.000 habitants un peu hétérogène, de grands immeubles bornent la place mais nous retrouvons des quartiers beaucoup plus verts en descendant vers la Seine. Nous ne suivrons pas longtemps le chemin du halage, dommage, par cette journée ensoleillée, il est bien agréable. Histoire d’observer une curieuse péniche équipée de grosses machines et grilles pour ramasser les déchets flottants sur la rivière.

Péniche barrages flottants
Péniche barrages flottants

Nous longeons un grand espace occupé par des stades le long de grands groupes scolaires de brique, à la base de la Cité-Jardin d’Orgemont construite à cheval sur la commune d’Epinay et celle d’Argenteuil.

20161210_112149 Avant d’aller visiter la Cité-Jardin, nous faisons un détour par le Jardin des Justes  où un belvédère a une très belle vue panoramique sur la Seine avec les gratte-ciels de la Défense  émergeant de la brume (ou plutôt de la pollution).

le couloir de lespoir : les justes
le couloir de lespoir : les justes

une sculpture métallique de Stéphane Rozand Le Couloir de l’Espoir est un hommage aux Justes parmi les  Nations, les familles d’Orgemont qui sauvèrent des enfants juifs de la déportation. La Cité-Jardin est composé de pavillons mitoyens ayant chacun un jardin. Concept venu d’Angleterre, ces garden-cities, devaient former un réseau .  Souci hygiéniste, fournir un cadre sain aux ouvriers, un complément avec les légumes du jardin. La Cité-jardin, comportait tous les équipements collectifs nécessaire, nous passons devant une école maternelle à la façade particulièrement soignée avec mosaïques et briques de céramique.

20161210_113321Comme nous passons devant l’Eglise Saint Ferdinand, le Monsieur responsable de l’entretien nous délivre tout un discours sympathique sur la construction de l’église : « église en kit » aux parpaings de « pierre reconstituée » sur une dalle de béton, inaugurée en 1932. Comme nous n’avons pas le temps de l’écouter plus longtemps, il nous fait remarquer que le discours des habitants est plus culturel que ce que nous pouvons apprendre dans les livres. Exactement! C’est justement le principe du voyage métropolitain que de parcourir le territoire au hasard de ces rencontres!

Nous retournons par le quartier du Cygne d’Enghien qui est un quartier d’Epinay comme son nom ne l’indique pas!

Enghien : la petite mer
Enghien : la petite mer

Enghien est l’étape suivante, la digue le long de la Petite Mer a un aspect de cité thermale avec ses éclairages métalliques, son casino, ses canots. Le lac est artificiel, il y a avait un marais et un ruisseau.

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vitrage à la mode!

On s’arrête devant le Casino dont la belle façade Belle Epoque jaune décorée de stucs aux motifs de coquilles marines, est protégée par une verrière moderne. Là, je pique ma crise! Je commence à en avoir assez de cette mode qui est de précéder les bâtiments ancien d’un mur de verre contemporain. Façade lisse qui enferme la construction, la laisse voir. C’est une bonne idée, cela abrite une terrasse. mais point trop n’en faut. On en voit partout en ce moment! Les architectes que j’interpelle ne comprennent pas ma colère. Pour ce qui est du Casino d’Enghien, ce n’est pas tant le verre qui est de mauvais goût mais l’abondance de rideaux dorés, de guirlandes argentées, c’est Noël, peut être, mais c’est trop.

 

Enghien est une petite ville bourgeoise, ce que j’appelle « une banlieue à Monoprix!« , et justement nous passons devant Monoprix. Saint Maur, Charenton, près de chez moi, ont leur Monop’, pas Créteil, Bonneuil, ni Alfortville, où règnent les G20, Simply et autres supermarchés populaires. Jolies boutiques de la rue animée. Nous n’avons pas le temps de parcourir les berges du lac pour voir les belles villas qu’on devinait de la terrasse du Casino.

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Pour aller à Montmorency, on monte. On n’en finit pas de monter, puisque la petite ville est bâtie sur une butte témoin qui culmine à 176m à l’orée de la forêt. Montmorency, ville de la cerise du même nom (pas vu de cerisier, à l’automne ils sont défeuillés) et la ville de Jean Jacques Rousseau. « Sous ce portail passa l’Emile » proclame une vieille plaque. Grands murs de grandes propriétés cachées dans leurs jardins. Murs de meulière. Le parvis de la Collégiale Saint Martin a une vue dégagée sur les hauteurs boisées de la région, de Cormeille en Parisis jusqu’à Saint Germain dans la brume. Ses marches nous donneront des sièges pour un pique-nique très convivial. J’aurai l’occasion de goûter un cake salé délicieux, un cake au citron excellent, du pain d’épice….L’église est ancienne : gothique flamboyant, 16ème, mais elle a subi des dégâts à la Révolution si bien qu’elle a été beaucoup restaurée au 19ème, seuls quelques vitraux d’époque subsistent, ceux du 19ème sont moins intéressants.

bois de Montmorency et vergers
bois de Montmorency et vergers

J’ai toujours du mal à redémarrer après le pique-nique, surtout quand il est gastronomique! Et nous continuons à monter dans les rues pavées entre les vieux murs. On n’en finit plus de monter. Nous avons un rendez-vous à Sarcelles, il nous faut donc marcher à allure soutenue. Pas le temps de musarder dans les bois de Montmorency, à peine le temps de prendre une photo des vergers qui ont encore leurs couleurs automnales sous une très belle lumière. Il faut descendre le chemin creux sans perdre de vue la tête du groupe.

On n’attendra les retardataires que dans le village de Saint Brice composé surtout de pavillons adossés, genre « rêve-de-la-maison-individuelle » pour ceux qui ont trouvé assez loin de Paris pour que le m2 soit abordable, à condition de ne pas avoir trop de jardin. Au petit centre commercial, quatre troufions de Vigie Pirate patrouillent. Je cherche les arrêts-autobus, n’en trouve pas. Ce n’est pas que j’aie envie de quitter la randonnée. Simplement j’imagine les habitants condamnés à prendre la voiture pour n’importe quelle course.

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La voie ferrée sépare Saint Brice de Sarcelles-village où nous sommes attendus pour une visite guidée. « Ne me parlez pas de DSK! » annonce notre guide, qui se décrit comme chauvine de Sarcelles. Nous commençons la visite devant un panneau qui décrit un parcours touristique autour des curiosités anciennes et du petit Rosne (ruisseau qui a été enterré et oublié et maintenant restauré). Les premières images que nous avons de Sarcelles sont celles d’un vieux manoir qui héberge l’hôtel de ville sur un parc soigné. On ne s’attendait pas à cela. Ni a traverser le village qui a encore garder les portails des anciennes cours de ferme et qui est plus étendu qu’on ne s’imaginait.

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Plusieurs rangées de pylônes électriques séparent ce Sarcelles champêtre du grand ensemble. En chemin, nous sommes photographiés par des jeunes qui nous escortent. Notre caravane de randonneurs ne passera pas inaperçue. Ces jeunes participent à un média local.

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Sarcelles : place de France

Le Quartier des Flanades correspond plus à l’idée préconçue que nous avions de Sarcelles. Tours et barres. Graphisme géométrique simple. On y arrive en traversant une galerie marchande plutôt désertée. La place de France entourée d’arcades est très grande. Cette place au nom des provinces de France exprimait l’espoir d’une nouvelle vie pour tous ceux qui trouvaient le confort moderne après les taudis, ou les rapatriés d’Algérie. Construire vite, bon marché et pour beaucoup, le mot d’ordre des années 1955-1975 après l’appel de l’abbé Pierre dont on se souvient encore ici.

20161210_165034 Le problème est la fermeture du Centre Commercial des Flanades, autrefois, Leclerc puis repris par Auchan, qui a fermé en 2015. Il y a bien eu un repreneur qui a coupé en deux l’espace trop grand. Même comme cela le commerce a périclité. Cette fermeture est très mal vécue par la population qui ne peut plus faire ses courses à des prix raisonnables. Il y a bien des supérettes et un grand magasin Istanbul  propose des produits variés. Ce ne sera jamais aux prix de la grande distribution. Les magasins de la galerie marchande sont privés de clients qui venaient se ravitailler. La place est morose.

Autre fermeture : celle du forum des Cholettes pour cause d’amiante, en 1997. Architecture futuriste, mais fermé. Autrefois c’était un centre culturel très renommé. Là se sont produits les premiers rappeurs français. Vide, complètement vide! J’insiste, personne n’y vient? personne ne squatte? non personne! Comme sont à moitié vides les buildings qui louent des bureaux. la tour Humanis a pourtant belle allure.  Pourtant la rue est animée parcourue par le tramway qui va à saint Denis (j’éprouve une tendresse excessive pour les tramways) là où circule un tramway tout neuf, il doit y avoir de l’espoir! Les équipements collectifs existent pourtant. A la tombée de la nuit nous longeons les barres de 4 étages en pierre de taille d’une longueur infinie toutes pareilles le long d’une avenue passante.

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Aimé Césaire : Jef Aerosol

Seule distraction pour l’œil : les fresques monumentales : Aimé Césaire par Jef Aerosol, des femmes enturbannées de Christian Guémy C215,

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Coexist

et deux tableaux Coexist de Combo et un trois footballeurs  bleus blancs rouges « Quand j’étais petit, il n’y avait pas de Musulmans, de juifs, de chrétiens, de noirs, ou de blancs, il y avait juste des copains ».

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La promenade s’est terminée devant la gare de Sarcelle-Garge-les Gonesses . Et la bonne surprise c’est que c’st le RER D qui y passe et me ramène en 20 minutes à Créteil-Pompadour!

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Quand j’étais petit….c’étaient juste des copains

 

 

 

Lyon promenade à pied en soirée

ESCAPADE A LYON 

Louis XIV place Belcourt
Louis XIV place Belle cour

Nous arrivons avec une facilité déconcertante à l’Appart-hôtel cours Albert Thomas.

4*, sombre et contemporain, chambre sur un jardin planté de platanes, murs blancs sérigraphiés  de violet : Louis XIV en majesté (symbolisant la Place Bellecour) l’opéra, quai de Saône…meubles gris anthracite, tabourets hauts de bar, coin cuisine dissimulé. Parfait !

A la réception, j’ai pris des plans pour localiser ma chambre AirBnB, rue de Nice. La rue de Nice n’est pas sur le plan, mais Googlemaps trouve.

Shanghai
Fresque de Shanghaï

Steet Art  dans le voisinage, en déposant ma valise, nous commencerons le tourisme. Justement, nous passerons devant  la Fresque de Shanghaï . Boulevard des Etas Unis  il y a d’autres fresques. Bonne façon d’aborder la ville par le Street Art !

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Ma chambre se trouve dans une petite maison dans une impasse , dans une zone peu construite, derrière d’anciennes usines. Calme garanti. Bon accueil, j’aurai le temps plus tard de mieux connaître ma logeuse, l’urgent est de faire la connaissance du chien qui devra me renifler pur me laisser entrer ce soir à mon retour. Le décor est très Rock’n Roll, un graph surtout un mur : rouge, noir et blanc, un chat, masque la porte qui mène à mon domaine : une petite chambre, genre chambre d’étudiant, avec une jolie douche au carrelage multicolore, un bureau, un rangement avec l’Union Jack maladroitement peint. La fenêtre donne sur un jardin.  Chambre basique, tout à fait suffisante pour deux nuits. J’ai l’intention de rester avec les copines et de ne pas m’y attarder.

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Nous avons donné rendez-vous à Marine qui loge à Villeurbanne à l’arrêt du tram boulevard des Etats Unis. Le temps de rejoindre l’arrêt, elle est arrivée. Soit les transports de Lyon sont très rapides, soit les distances ne sont pas très grandes. Nous continuons à pied, la grande avenue Berthelot jusqu’au Rhône, à grandes enjambées. L’avenue Berthelot est large, peu intéressante, en face c’est la gare de Perrache.

A la tombée de la nuit,les quais du Rhône sont animés, promeneurs, joggers, cyclistes. Un bateau-restaurant  appareille pour un dîner-croisière. Le long du quai Claude Bernard, l’Université de Lyon occupe des bâtiments officiels. La largeur du Rhône nous impressionne.Trois  grues sont soulignées de rouge, on les croirait plantées pour le décor. Après la piscine et ses « soucoupes volantes »nous traversons le fleuve sur le pont de la Guillotière. J’aime prendre contact d’une ville avec mes pieds. En marchant j’ai le temps de prendre des repères, d’apprendre le nom des artères, de m’étonner du paysage, d’éprouver les distances.

Il fait complètement nuit quand nous arpentons les rues commerçantes qui mènent à la place Bellecour où nous devons retrouver Nadia. On regarde les belles boutiques chics, et les maisons bourgeoises. Au milieu de la place : La statue équestre de Louis XIV par Lemot, et à ses pieds allongés, la Saône et le Rhône. Cette place est immense ! Ses dimensions empêchent d’avoir une impression d’ensemble d’autant plus qu’un marché est installé sous des tentes blanches qui gâchent un peu la vue.

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Par une rue étroite aux belles façades nous arrivons sur la Place des Jacobins ornée d’une belle fontaine. Les restaurants sont nombreux dans le quartier, et les terrasses des cafés aussi. Nous allons tester la gastronomie lyonnaise si réputée. Ma bourse n’est pas vraiment à la hauteur des  prix sur les ardoises dans les restaurants de cuisine lyonnaise. En revanche, au Salmon shop, pour 13 ou 14€, nous avons choisi saumon en papillote, au curry, en escalope mi-cuit ou gravlax mariné à la scandinave. Les desserts sont très bien servis, un avec deux cuillers, c’est parfait.

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Lyon by night : l’Opéra, l’Hôtel de Ville et son architecture compliquée et surchargée, le Musée des Beaux arts…L’Opéra est étrange, composé de deux parties : un socle de pierre très orné, ressemblant aux Opéras que je connais, Garnier, ou Budapest, ou Vienne et un demi-cylindre vitré. Par les grandes baies de l’opéra ancien on voit des fresques par les vitres de la structure supérieure, on devine les cintres où sont pendus les décors. L’éclairage rouge est très réussi.

Comme nous admirons les illuminations, Nadia précise que Lyon, ville Lumière, y est particulièrement attentive, les éclairagistes lyonnais sont internationalement réputés….

Sur la rue de la République les policiers manifestent avec un brassard. Comprenant leur fatigue et leur exaspération, je suis quand même dubitative, et je scrute les visages pour repérer ceux qui – de toute évidence – ne sont pas policiers. Nous terminons notre tour by night sur les quais du Rhône, puis place Bellecour, non sans avoir photographié Fourvière, sa basilique illuminée, sa tour Eiffel étincelante, et ses couvents massifs soulignés d’un liseré brillant.

Djerba : Erryadh et Guellala

CARNET DJERBA ET SUD TUNISIEN 

puits djerbien
puits djerbien

MBarka est guide touristique depuis une vingtaine d’année. Elle nous montre l’architecture djerbienne : Houchs et Menzels.  Arrêt-photo au puits aux montants verticaux. Certains puits sont abandonnés, d’autres, électrifiés servent encore à l’irrigation. Il pleut très peu à Djerba, la nappe phréatique est saumâtre. Les Djerbiens récupèrent les eaux de pluie dans des citernes.  Pendant le repas de midi, une averse d’ un quart d’heure fut la bienvenue mais elle a peine mouillé la végétation.

greniers
greniers

Nous descendons de voiture visiter un menzel. La propriétaire nous rejoint, impression d’exploration. Un peu plus loin, nous remarquons un bâtiment bas à moitié écroulé avec de belles arches de pierre qui soutiennent le toit. C’était un grenier où on entreposait l’huile, les olives et le grain dans des jarres. Ici aussi, le propriétaire accourt. MBarka s’extasie sur la qualité du bâti et l’enjoint de ne pas laisser s’écrouler le bâtiment déjà bien délabré. Le monsieur revient avec des ferronneries d’art qu’il fabrique chez lui : grillages fantaisie, boîtes à lettres, cages à oiseaux. Il m’offre un échantillon. Sa femme nous rejoint avec une navette cassée : le vieux bâtiment abritait aussi un atelier de tissage. C’est un couple de professeur de science, lui enseigne la physique, elle SVT. On échange les emails.  Ils viennent d’acheter la maison de ciment. Restaurer la ruine coûte cher.

Erriadh

la Ghriba
la Ghriba

Je tiens à visiter la synagogue de la Ghriba, une des plus anciennes au monde datant de la destruction du Temple. Le monument est récent mais sa valeur sentimentale est inestimable. Depuis l’attentat de 2002, des militaires montent la garde. Vendredi après midi, elle est fermée aux visiteurs à 15h. MBarka propose de revenir le dimanche 4 janvier avant de prendre l’avion.

Street art : mobylette
Street art : mobylette

Le village d’Errhiad est le théâtre d’une manifestation de Street Art. Des grapheurs de toute origine et de styles différents ont décoré les murs du village. Pieuvre géante dans cette île, motocyclettes…

 Street Art porte
Street Art porte

C’est bien fait, certains mettent en valeur un  élément architectural, une porte, une boutique…Le résultat est plaisant mais ne me parle pas autant que les Murales de Sardaigne qui avaient un contenu  politique ou sociologique. Les cavaliers en arme et armure, ocre, un peu ternes m’ont parlé d’Hannibal, des Romains ou peut être des chevaliers normands ou croisés, eux m’ont parlé !

street art cavaliers
street art cavaliers

Nous entrons dans une bijouterie. Dans les vitrines des parures de mariages authentiques. Le bijoutier le dit lui-même « ce n’est pas de l’or pur mais du métal doré » Heureusement elles  seraient tellement lourdes ! MBarka m’entraine chez le tisserand qui tisse le tissu traditionnel. Sur de petites bobines est enroulé du fil doré qu’il mêle au rouge et au bleu. Plus loin, les couturières cousent le tissu djerbien blanc à bandes rouges. Elles vendent aussi des robes et des tuniques rebrodées de grosses fleurs. Je demande : « qui porte ces habits traditionnels ? » Tout le monde protestent-elles en chœur ! Nous en verrons plus tard de ces dames chapeautées de aille dans ces tissus blancs.

Il y a aussi à Errhiadh des galeries d’art très chics qui exposent des céramiques d’artistes, des cuirs et des objets design.

Guellala

jarres
jarres

Le soleil descend vite. Nous sommes pressées d’arriver à Guellala, le village des potiers. Partout des jarres énormes : par terre, coiffant les murs, les toits, incluses dans la maçonnerie. Nous visitons l’atelier d’un potier qui est à moitié sous terre. Il fait maintenant presque noir et j’ai bien du mal à photographier le tour et les magasins. MBarka m’entraîne aussi dans un magasin où des objets de très belle facture sont vendus. Je retrouve les assiettes et les plats de son service à motifs bleus avec des poissons. J’achète un plat allongé avec ce même motif.

mariage djerbien : musée de Guellala
mariage djerbien : musée de Guellala

Nous arrivons au Musée de Guellala à la tombée de la nuit. Le musée domine l’île, il est construit sur son point culminant (52m) le ciel prend des lueurs violettes et se reflète dans la mer proche. Le musée est encore ouvert mais nous parcourons les salles au pas de course. Dommage, il aurait fallu prendre le temps de regarder les détails, de noter les curiosités, les traditions, décrire les costumes des noces. Le mariage djerbien est décrit dans ses différentes étapes de la préparation de la mariée à la cérémonie et à la fête…On voit aussi un petit dromadaire tourner autour du pressoir à olive dans une huilerie souterraine. D’autes maisons montrent la vie des pêcheurs… mais le temps presse. Maintenant il fait nuit.

Dans la nuit, MBarka ne voit pas tous les ralentisseurs et sa Renault saute dans les cahots. La conduite en Tunisie à la tombée de la nuit n’est  pas de tout repos. Les vélos ne sont pas éclairés, les mobylettes roulent à contre-sens, les priorités sont aléatoires…il semble que tout le monde ait attendu 6heures pour sortir dans la rue, à pied ou véhiculé !

Keith Haring – The political Line au Musée d’Art Moderne

LE MONDE EN EXPOS

 

du 19 avril 2013 au 18 aout au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

 

 

Scotchée!

Séduite d’abord par les couleurs vives des grandes toiles, les motifs décoratifs remplissant tout l’espace d’une ligne sûre, ponctuée de tirets. Plus attentive, j’ai découvert des motifs récurrents:soucoupes volantes, bébé radiant, pyramides… chiens mais aussi croix et télévisions, $, personnages…que je me suis amusée à chercher.

Et j’ai découvert un humour extraordinaire, décapant ce tableau d’une foule acclamant un personnage caché par un mur dont seul est visible le pénis érigé – on a pensé à Berlusconi – anachronisme, je ne sais pourquoi, un très long tableau sous- titré :EVERYBODY KNOWS WHERE MEAT COMES? IT COMES FROM THE STORE

Avançant dans les salles, prenant le temps de déchiffrer les tableaux (le plus souvent untilted), nous avons cherché le sens de l’œuvre : le petit homme aux prises avec une bête (loup ou chien), , abruti par la consommation ou les mass media, écrans de  télévisions  ou ordinateurs foisonnent. souvent l’homme est transpercé, troué, bastonné mais aussi rebelle, cassant le bâton qui l’a battu, tendre.

Enfin de l’art moderne qui a un sens pour tous, qui s’adresse à chacun!

Keith Haring, grand témoin de la décennie 1978-1990, des année graffitis avec Basquiat, des années pop avec Andy Warhol, des luttes contre l’apartheid et le racisme, des années Tchernobyl et surtout des années-Sida.

Keith Haring s’en engagé contre le le capitalisme, le symbole$ sur le groin de la truie, est le meilleur exemple, contre la religion, plusieurs tableau montrent la croix dans diverses circonstances aussi dans son rôle dans l’esclavage des noirs. Il a aussi protesté contre le nucléaire. Dans la fin de la décennie alors que ses amis étaient décimés par le Sida, il a mis sa peinture au service de la prévention, certains peintures sont tendres d’autres terrifiantes.

J’ai beaucoup aimé le regard des enfants nombreux ce dimanche matin, tout à fait à l’aise avec ces images expliquées par leurs parents, reconnaissant Mickey, (Mickey-Warhol?), le bestiaire fantastique, anges ou superman.

Lire Ici pour les vidéos de Keith Haring  article de Télérama

et Ici : Basquiat en bonus!

Et si vous n’avez pas le temps de voir l’expo, quelques affiches dans le métro, station Alma Marceau,  tout à fait dans l’esprit de l’artiste (pour le Musée, descendre à Iéna, la suivante!)