D’Epinay à Sarcelles avec le Voyage Métropolitain

PARIS/BANLIEUE

 Départ : Gare d'Epinay sur seine
Départ : Gare d’Epinay sur seine

Le Voyage métropolitain est une aventure collective passionnante. Exploration collective du territoire du Grand Paris en très bonne compagnie : urbanistes, architectes, photographes, journalistes, guides touristiques….ma seule qualité de randonneuse me fait sentir toute petite! Et les conversations sont très enrichissantes.

La gare d’Epinay-sur-Seine est jolie : meulière, boiseries bleues, carreaux fleuris et même le buste du Général de Gaulle (pourquoi? personne n’y fait allusion). Après une courte promenade dans les pavillons nous arrivons sur une place carrée.

Bon sang, mais bien sûr!

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Epinay , c’est le Congrès d’Epinay, (1971)congrès fondateur du PS préparant l’Union de la Gauche et la victoire de François Mitterrand dix ans plus tard. Des stèles portant des citations de Mitterrand jalonnent la place ornée ‘une sculpture de deux chevaux fougueux.

20161210_104947Epinay est une ville de plus de 50.000 habitants un peu hétérogène, de grands immeubles bornent la place mais nous retrouvons des quartiers beaucoup plus verts en descendant vers la Seine. Nous ne suivrons pas longtemps le chemin du halage, dommage, par cette journée ensoleillée, il est bien agréable. Histoire d’observer une curieuse péniche équipée de grosses machines et grilles pour ramasser les déchets flottants sur la rivière.

Péniche barrages flottants
Péniche barrages flottants

Nous longeons un grand espace occupé par des stades le long de grands groupes scolaires de brique, à la base de la Cité-Jardin d’Orgemont construite à cheval sur la commune d’Epinay et celle d’Argenteuil.

20161210_112149 Avant d’aller visiter la Cité-Jardin, nous faisons un détour par le Jardin des Justes  où un belvédère a une très belle vue panoramique sur la Seine avec les gratte-ciels de la Défense  émergeant de la brume (ou plutôt de la pollution).

le couloir de lespoir : les justes
le couloir de lespoir : les justes

une sculpture métallique de Stéphane Rozand Le Couloir de l’Espoir est un hommage aux Justes parmi les  Nations, les familles d’Orgemont qui sauvèrent des enfants juifs de la déportation. La Cité-Jardin est composé de pavillons mitoyens ayant chacun un jardin. Concept venu d’Angleterre, ces garden-cities, devaient former un réseau .  Souci hygiéniste, fournir un cadre sain aux ouvriers, un complément avec les légumes du jardin. La Cité-jardin, comportait tous les équipements collectifs nécessaire, nous passons devant une école maternelle à la façade particulièrement soignée avec mosaïques et briques de céramique.

20161210_113321Comme nous passons devant l’Eglise Saint Ferdinand, le Monsieur responsable de l’entretien nous délivre tout un discours sympathique sur la construction de l’église : « église en kit » aux parpaings de « pierre reconstituée » sur une dalle de béton, inaugurée en 1932. Comme nous n’avons pas le temps de l’écouter plus longtemps, il nous fait remarquer que le discours des habitants est plus culturel que ce que nous pouvons apprendre dans les livres. Exactement! C’est justement le principe du voyage métropolitain que de parcourir le territoire au hasard de ces rencontres!

Nous retournons par le quartier du Cygne d’Enghien qui est un quartier d’Epinay comme son nom ne l’indique pas!

Enghien : la petite mer
Enghien : la petite mer

Enghien est l’étape suivante, la digue le long de la Petite Mer a un aspect de cité thermale avec ses éclairages métalliques, son casino, ses canots. Le lac est artificiel, il y a avait un marais et un ruisseau.

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vitrage à la mode!

On s’arrête devant le Casino dont la belle façade Belle Epoque jaune décorée de stucs aux motifs de coquilles marines, est protégée par une verrière moderne. Là, je pique ma crise! Je commence à en avoir assez de cette mode qui est de précéder les bâtiments ancien d’un mur de verre contemporain. Façade lisse qui enferme la construction, la laisse voir. C’est une bonne idée, cela abrite une terrasse. mais point trop n’en faut. On en voit partout en ce moment! Les architectes que j’interpelle ne comprennent pas ma colère. Pour ce qui est du Casino d’Enghien, ce n’est pas tant le verre qui est de mauvais goût mais l’abondance de rideaux dorés, de guirlandes argentées, c’est Noël, peut être, mais c’est trop.

 

Enghien est une petite ville bourgeoise, ce que j’appelle « une banlieue à Monoprix!« , et justement nous passons devant Monoprix. Saint Maur, Charenton, près de chez moi, ont leur Monop’, pas Créteil, Bonneuil, ni Alfortville, où règnent les G20, Simply et autres supermarchés populaires. Jolies boutiques de la rue animée. Nous n’avons pas le temps de parcourir les berges du lac pour voir les belles villas qu’on devinait de la terrasse du Casino.

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Pour aller à Montmorency, on monte. On n’en finit pas de monter, puisque la petite ville est bâtie sur une butte témoin qui culmine à 176m à l’orée de la forêt. Montmorency, ville de la cerise du même nom (pas vu de cerisier, à l’automne ils sont défeuillés) et la ville de Jean Jacques Rousseau. « Sous ce portail passa l’Emile » proclame une vieille plaque. Grands murs de grandes propriétés cachées dans leurs jardins. Murs de meulière. Le parvis de la Collégiale Saint Martin a une vue dégagée sur les hauteurs boisées de la région, de Cormeille en Parisis jusqu’à Saint Germain dans la brume. Ses marches nous donneront des sièges pour un pique-nique très convivial. J’aurai l’occasion de goûter un cake salé délicieux, un cake au citron excellent, du pain d’épice….L’église est ancienne : gothique flamboyant, 16ème, mais elle a subi des dégâts à la Révolution si bien qu’elle a été beaucoup restaurée au 19ème, seuls quelques vitraux d’époque subsistent, ceux du 19ème sont moins intéressants.

bois de Montmorency et vergers
bois de Montmorency et vergers

J’ai toujours du mal à redémarrer après le pique-nique, surtout quand il est gastronomique! Et nous continuons à monter dans les rues pavées entre les vieux murs. On n’en finit plus de monter. Nous avons un rendez-vous à Sarcelles, il nous faut donc marcher à allure soutenue. Pas le temps de musarder dans les bois de Montmorency, à peine le temps de prendre une photo des vergers qui ont encore leurs couleurs automnales sous une très belle lumière. Il faut descendre le chemin creux sans perdre de vue la tête du groupe.

On n’attendra les retardataires que dans le village de Saint Brice composé surtout de pavillons adossés, genre « rêve-de-la-maison-individuelle » pour ceux qui ont trouvé assez loin de Paris pour que le m2 soit abordable, à condition de ne pas avoir trop de jardin. Au petit centre commercial, quatre troufions de Vigie Pirate patrouillent. Je cherche les arrêts-autobus, n’en trouve pas. Ce n’est pas que j’aie envie de quitter la randonnée. Simplement j’imagine les habitants condamnés à prendre la voiture pour n’importe quelle course.

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La voie ferrée sépare Saint Brice de Sarcelles-village où nous sommes attendus pour une visite guidée. « Ne me parlez pas de DSK! » annonce notre guide, qui se décrit comme chauvine de Sarcelles. Nous commençons la visite devant un panneau qui décrit un parcours touristique autour des curiosités anciennes et du petit Rosne (ruisseau qui a été enterré et oublié et maintenant restauré). Les premières images que nous avons de Sarcelles sont celles d’un vieux manoir qui héberge l’hôtel de ville sur un parc soigné. On ne s’attendait pas à cela. Ni a traverser le village qui a encore garder les portails des anciennes cours de ferme et qui est plus étendu qu’on ne s’imaginait.

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Plusieurs rangées de pylônes électriques séparent ce Sarcelles champêtre du grand ensemble. En chemin, nous sommes photographiés par des jeunes qui nous escortent. Notre caravane de randonneurs ne passera pas inaperçue. Ces jeunes participent à un média local.

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Sarcelles : place de France

Le Quartier des Flanades correspond plus à l’idée préconçue que nous avions de Sarcelles. Tours et barres. Graphisme géométrique simple. On y arrive en traversant une galerie marchande plutôt désertée. La place de France entourée d’arcades est très grande. Cette place au nom des provinces de France exprimait l’espoir d’une nouvelle vie pour tous ceux qui trouvaient le confort moderne après les taudis, ou les rapatriés d’Algérie. Construire vite, bon marché et pour beaucoup, le mot d’ordre des années 1955-1975 après l’appel de l’abbé Pierre dont on se souvient encore ici.

20161210_165034 Le problème est la fermeture du Centre Commercial des Flanades, autrefois, Leclerc puis repris par Auchan, qui a fermé en 2015. Il y a bien eu un repreneur qui a coupé en deux l’espace trop grand. Même comme cela le commerce a périclité. Cette fermeture est très mal vécue par la population qui ne peut plus faire ses courses à des prix raisonnables. Il y a bien des supérettes et un grand magasin Istanbul  propose des produits variés. Ce ne sera jamais aux prix de la grande distribution. Les magasins de la galerie marchande sont privés de clients qui venaient se ravitailler. La place est morose.

Autre fermeture : celle du forum des Cholettes pour cause d’amiante, en 1997. Architecture futuriste, mais fermé. Autrefois c’était un centre culturel très renommé. Là se sont produits les premiers rappeurs français. Vide, complètement vide! J’insiste, personne n’y vient? personne ne squatte? non personne! Comme sont à moitié vides les buildings qui louent des bureaux. la tour Humanis a pourtant belle allure.  Pourtant la rue est animée parcourue par le tramway qui va à saint Denis (j’éprouve une tendresse excessive pour les tramways) là où circule un tramway tout neuf, il doit y avoir de l’espoir! Les équipements collectifs existent pourtant. A la tombée de la nuit nous longeons les barres de 4 étages en pierre de taille d’une longueur infinie toutes pareilles le long d’une avenue passante.

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Aimé Césaire : Jef Aerosol

Seule distraction pour l’œil : les fresques monumentales : Aimé Césaire par Jef Aerosol, des femmes enturbannées de Christian Guémy C215,

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Coexist

et deux tableaux Coexist de Combo et un trois footballeurs  bleus blancs rouges « Quand j’étais petit, il n’y avait pas de Musulmans, de juifs, de chrétiens, de noirs, ou de blancs, il y avait juste des copains ».

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C215

La promenade s’est terminée devant la gare de Sarcelle-Garge-les Gonesses . Et la bonne surprise c’est que c’st le RER D qui y passe et me ramène en 20 minutes à Créteil-Pompadour!

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Quand j’étais petit….c’étaient juste des copains

 

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « D’Epinay à Sarcelles avec le Voyage Métropolitain »

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