Au pied du Palais de Justice Porte de Clichy, Parc Martin Luther King

TOURISTE DANS MA VILLE

Une affaire familiale au Palais de Justice m’a fait découvrir le Parc des Batignolles par cette matinée de printemps très ensoleillée. Plaisir de la promenade dans les arbres en fleurs.

palais de Justice

Plaisir aussi de découvrir tout un quartier qui a surgit de terre cette dernière décennie.

façades variées

Et comme l’heure du déjeuner était arrivée, nous nous sommes installés en terrasse au restaurant argentin Palermo à proximité du marché des Batignolles, Rue des moines,  très animée et plus traditionnelle. 

Palermo

Qui dit « argentin« , dit excellentes grillades d’Angus . A la carte empanadas délicieuses ou ceviche. Une boutique adjacente vend également des produits exotiques et des empanadas à emporter.

Promenade dans Maisons Alfort – pavillons et cités de briques

TOURISTE DANS MA VILLE

La promenade commence à la Gare de Maisons-Alfort/Alfortville La voie ferrée arrivée en 1849, avec la Seine et la Marne peut commencer une industrialisation dans la plaine qui est encore maraîchère. Notre petit groupe s’engage dans des rues tranquilles entre petits immeubles de brique et pavillons de meulière.

Patricia, notre guide, nous fait remarquer les appareillages de la maçonnerie, les constructions soignées : les joints décoratifs entre les gros moellons de meulière où les maçon ont coincé des petits morceaux, ou les dessins des briques, panneresse(brique dans la longueur) et boutisse (petit côté), décors avec des briques formant des frises. Forsythias éclatants dans les jardins et un magnolia à l’envers des pétales d’un beau violet.

Cité petit Guyon, pavillons de brique et un immeuble

Avec ses nombreuses industries, alimentaires, pharmaceutiques, Spécia devenu Sanofi, Springer,  imprimerie Cino Del Duca, des immeubles logent les travailleurs, la petite cité Guyon en briques des années 1930 comprenant des pavillons mitoyens et un grand bâtiment de brique. Parallèlement à  la voie ferrée  des hautes barres plus récentes des années 60.

A la place de la grande imprimerie Cino Del Duca, un parc s’étend de la RN6 à la voie ferrée, large prairie ouverte bordée de massifs bas avec de petits jardins et des jeux d’eau l’été. Après avoir traversé le parc nous découvrons la cité HBM :Square Dufourmantelle construit de 1930 à 1934 par les architectes André Dubreuil et Roger Hummel. 600 logements

Square Dufourmantelle

Plusieurs cours communiquent par des arches à caissons ou par des portiques carrés.

Les huisseries étaient métalliques, les décors rythmant les façades en fausse pierre blanche moulée sur place, ferronneries soignées. Dans les cours, des arbres et des bosquets faisaient des espaces de jeux pour les enfants et de socialisation pour les plus grands. Eau courante, toilettes, appartements de plusieurs pièces. Hygiénisme et confort inconnus pour les ouvriers à cette époque.

Nous nous étonnons de la belle tenue de cet ensemble de brique alors que les bâtiments de béton plus récents sont beaucoup plus dégradés.

Le petit chaperon rouge de Maurice Saulo

A l’arrière de la cité se trouve la gare du RER D Le Vert de Maisons et la future station du Métro Grand Paris Express ligne 15. CLIC

j’apprends à cette occasion l’origine de ce nom « Vert de Maisons » : le village de Maisons, devenu au 19ème siècle Maisons-Alfort, était un relai de Poste important. Les chevaux de Poste se restauraient et se reposaient dans une vaste prairie « le Vert » sur l’emplacement actuel de la gare.

Groupe scolaire Jules Ferry

Un peu plus loin sur la Nationale 6,les mêmes architectes ont construit un imposant groupe scolaire dans le même style. Double école : Garçons/filles. Vu de l’arrière, il ressemble à un grand paquebot. Côté façade, un beffroi donne « l’heure laïque » (qui concurrence l’heure du clocher d’église).

Décor « Les contes de Perrault » de Maurice Saulo

le décor de l’entrée est particulièrement travaillé. Maurice Saulo reprend les contes de Perrault et on retrouve son Chaperon rouge . Une plaque nous apprend que ce groupe scolaire a été inauguré en 193 5 par le maire M. Champion(1901-1935) et … nom effacé, il s’agit de Laval. Son nom biffé et la plaque commémorative aux enfants déportés explique ce blanc.

Plus loin, sur la RB6, nous longeons les bâtiments de brique des usines Sanofi. Plus récents les briques ne sont que des parements mais le style du quartier est préservé.

Détour par l’église Saint Remi  ou Saint Rémi, très ancienne, clocher de pierre de style Roman, avec des vitraux modernes réussis.

levure Springer.

De l’autre côté de la route, l’octroi et le complexe des usines de levure Springer qui occupe une vaste surface. Légère déception, je comptais bien la visiter! L’entreprise Springer de Maisons Alfort fut fondée par un baron autrichien après son usine viennoise qui fabriquait de la levure à partir de la fermentation des céréales. En 1926, bouillons, maintenant divers arômes alimentaires sont produits. Tout le monde connaît cette usine et les relents qui s’en dégagent par mauvais temps, l’odeur de Springer annonce la pluie, météo locale! Des bœufs allaient à la Seine chercher le grain pour la fermentation, de cette époque il reste le nom de Pont aux Boeufs juste en face. 

Photo

Dans le petit Château de Réghat un musée d’histoire locale est tout à fait intéressant. Il raconte l’histoire de Maisons Alfort avec des photos, des gravures, des petites boutiques reconstituée des anciens métiers. Les documents sont très nombreux ainsi que les objets made in Maisons-Alfort

Epicerie ancienne et produits locaux.

Il faudrait ajouter aux biscuits la Suze.

Un grand merci à Patricia Castéjon Gélibert, notre conférencière à qui je fais une publicité désintéressée, mais bien méritée : Bulle de culture, tourisme et loisir CLIC

50 ans à la MAC – Jubilée -Jubilons

MAISON DES ARTS DE CRETEIL

Jubilée affiche

Le 3 janvier 1975 : Inauguration de la Maison des Arts et de la Culture. La silhouette originale est l’œuvre de l’architecte Jean Faugeron

Polychromie d’Yvaral

Depuis plus de 40 ans, j’ai fréquenté régulièrement la MAC avec mes élèves et pour le plaisir. Théâtre, danse, musique et rencontres. Plaisir de  retrouver anciens collègues, anciens élèves. Surprises de troupes en tournées. Rendez-vous annuels avec Mourad Merzouki, Angelin Prejlocaj, Montalvo,  Blanca Li…

En mars, Festival de Films de Femmes, cette année, la 48ème édition a disparu en catimini. Privé de subventions de la Région, il a été « différé »(?) supprimé(?) sans aucune explication. C’était pourtant un rendez-vous important où j’étais sûre de retrouver des copines de longue date…

Bonne surprise que ce Jubilée .

La séance de 20 heures a commencé avec une heure de retard, occasion d’évoquer les spectacles qu’on a aimés, se souvenir des plus marquants, des plus anciens.

Théâtre de carton : lac des cygnes

Olivier Martin-Salvan et son complice Clément Deboeur ont joué les maitres de cérémonie avec des intermèdes hilarants et leur théâtre de carton. Pirouettes, musique, chansons à grand renforts de panneaux de carton  ondulé. 

Un grand écran en guise de rideau pour projeter BOLERO.S de Mehdi Kerkouche tourné sur l’esplanade entre la MAC et la Mairie. 

Eric Reinhardt a fait une lecture de« L’Imparfait » paru dans la collection de La Nuit au Musée, nuit dans la Galerie Borghèse.

Puis un extrait du spectacle Requiem(s) du Ballet Prejlocaj

Un extrait aussi du spectacle de José Montalvo en avant-première. Versailles et Créteil, savamment mixé avec une grenouille géante…. pour le plaisir un  extrait de son spectacle Gloria qui est passé à la Mac il y a quelques temps

Et après encore des pitreries et plein de cartons le long de la Ligne8 du métro tous les artistes, le personnel de la Mac est appelé sur la scène pour un final endiablé

Un bal a suivi le spectacle, mais pour nous il était temps de rentrer. Ravies

Visite au Panthéon

TOURISTE DANS MA VILLE

Je n’avais encore jamais visité le Panthéon. Ces grandes bâtisses, Sacré- Coeur de Montmartre, Notre-Dame-de-la-Garde….ne me fascinent pas du tout alors que j’adore flâner au Luxembourg tout proche, au Musée de Cluny…

Récemment, les panthéonisations de Simone Veil(2018) Joséphine  Baker(2021), Missak Manouchian (2024) et Robert Badinter (2025) m’ont interpellée. J’ai écouté Robert Badinter,15 épisodes du podcast Radio France la série Mémorables.   J’ai eu envie d’aller voir l’exposition qui lui est consacrée jusqu’u 8 mars 2026 au Panthéon. Je viens de finir Après Dieu de Richard Malka dans la collection,  ma nuit au musée ; l’auteur a choisi de passer la nuit au Panthéon. Il fallait alors que je fasse cette visite. 

Richard Malka raconte l’histoire de la basilique construite par Soufflot à la suite d’un vœu de Louis XV  de manière très amusante dans Après Dieu et conclue : 

« je déambule dans un bâtiment conçu pour être une église qui existe grâce à un Juif et qui a fini temple républicain. C’est un édifice multiculturel »

Le 4 avril 1791, l’Assemblée nationale Constituante le transforme en temple laïc « Panthéon des Grands Hommes » pour recevoir le corps de Mirabeau et les corps de Voltaire, Jean Jacques Rousseau et Marat y furent transférés. Trois ans plus tard Mirabeau et Marat en furent expulsés. Sous Napoléon 1er la nef fut rendue au culte. A la mort de Victor Hugo, le Panthéon retrouve sa fonction de temple laïc.

la coupole : le dôme le plus haut de Paris

J’entre dans une magnifique nef abondamment décorée avec des colonnes corinthiennes, des décors peints, des sculptures. L’abondance de décorations éblouit à l’entrée. je suis un peu perdue d’autant plus que la visite guidée a été annulée au dernier moment. Le Pendule de Foucault dont le savant fit l’expérience en 1851 attire mon regard . Je sais qu’il prouve la rotation de la Terre mais des explications supplémentaires me seraient nécessaires

Le Pendule de Foucault

Je passe entre la grande installation OMBRE EST LUMIERE de Nicolas Daubannes  (exposition temporaire jusqu’au 8 mars 2026). Deux grands panneaux 4m x 11 m poudre d’acier aimantée représentant l’ancien camp de concentration du Struthof  : dessin d’un paysage de forêt qui dissimule un mirador, l’image de la forêt masquant l’activité du camp.

Ancien camp de concentration de Natzweiler-Struhof

En face, un autre panneau de même dimension s’intitule Mont Valérien, une sorte de caverne où j’ai cru voir un rideau.

Ces deux grands tableaux masquent les décors de la nef. Une vidéo montre l’artiste au travail sur une autre œuvre à Rome : Seul(s) contre tous durée 11″34, il réalise un photogramme d’après l’occulus de la cellule de Galilée. Fils d’ouvrier métallurgiste, Daubanes a choisi d’utiliser les outils du métallurgiste : disqueuse, chalumeau pour souder. il projette de la limaille de fer qu’il incruste dans le verre par des étincelles. Ce procédé est fascinant mais je suis un peu déçue du résultat : le photogramme semble plutôt banal. 

prison de Monluc

Dans le transept, il a installé deux autres œuvres : un mémorial de la Prison de Montluc à Lyon le photogramme est enfermé dans un échafaudage et en face un polyptique de  œuvres, photogrammes et dessins.

Cette installation contemporaine , même si elle ne m’a pas conquise, est tout à fait à sa place dans la basilique. Elle a l’avantage de masquer les peintures fin XIXème des héros chrétiens qui ont marqué l’Ancien Régime : La Bataille de Tolbiac, le Couronnement de Charlemagne, La Réforme de la justice par Saint Louis etc…ou le cycle de la vie de Sainte Geneviève signé Puvis de Chavannes témoignant de la vocation hésitante du Panthéon, oscillant entre église et temple laïc, entre la restauration de l’église par Napoléon 1er et les funérailles de Victor Hugo. De toutes les façons, ces peintures ne me plaisent ni ici ni dans les musées.

Anselm Kiefer

Six vitrines ont été réalisées par Anselm Kiefer à l’occasion de l’entrée au Panthéon de Maurice Genevoix et de Ceux de 14. Elles sont accompagnées d’une œuvre musicale de Dusapin qui résonne de temps en temps. Je suis toujours impressionnée par le travail de Kiefer qui trouve toute sa place ici. 

Après l’art contemporain, j’ai regardé distraitement les sculptures avant de descendre dans la Crypte. L’escalier nous conduit au pied de l’urne du Cœur de Gambetta. Dans le Vestibule Voltaire et Jean-Jacques Rousseau se font face

Voltaire a droit à une statue

Comme je viens de finir Après Dieu de Malka l’endroit m’est presque familier. 

La suite est une sorte de pèlerinage auprès de tous ces panthéonisés que je souhaite visiter : Missak et Mélinée Manouchian ont chacun une rose, une famille de gens très bruns (peut être des Arméniens) se tassent contre les sarcophage. Je n’ai aucune attention pour les dignitaires de l’Empire mais je  m’arrête pour honorer Zola, Hugo et Alexandre Dumas qu’on a regroupés ensemble sans doute se tiennent bonne compagnie comme les scientifiques Langevin, Berthelot Perrin et Painlevé  (sur les photos dans le couloir on a oublié – comme par hasardSophie Berthelot. Marie et Pierre Curie sont à part. Félix Eboué et Victor Schoelcher sont avec Jean Jaurès, Toussaint Louverture et Delgrès sont honorés par une inscription. Bien sûr, je cherche Simone Veil proche de Monnet et Cassin, je n’ai pas trouvé le chat de Malraux

Exposition Badinter

C’est une très belle présentation qui montre Robert Badinter, ses origines familiales, et les grands portraits de Hugo et Zola. On peut visionner son intervention à l’Assemblée, sa plaidoirie pourrait-on dire pour l’Abolition de la Peine de Mort mais aussi la lire sur une grande feuille pliée. Très belle exposition qui mérite toute seule le déplacement.

Et comme j’aime prolonger mes visites à Paris et les faire résonner en marchant dans la forêt, j’ai écouté un dernier podcast : le Panthéon ou les intermittences de la mémoire nationale dans les Nuits de France Culture CLIC Comme il est un peu ancien, il ne rend pas compte des panthéonisations récentes mais il est très intéressant.

Après Dieu – Richard Malka

MA NUIT AU MUSEE – ED. STOCK

Dans cette collection, j’ai lu la nuit au musée de Lola Lafon, dans la Maison d’Anne Frank CLIC, celle de Leila Slimani à la Dogana à Venise CLIC et j’ai apprécié l’idée : un écrivain choisit un musée, l’éditeur lui facilite l’expérience, à charge d’écrire un livre, en toute liberté. 

Richard Malka a choisi le Panthéon,

« Ma nuit au musée, je la passe avec des morts. Un truc d’adolescent ou alors c’est l’habitude, depuis 2015. « 

Richard Malka est l’avocat de Charlie HebdoL’attentat du 7 janvier 2015 reste très présent.  Il explique peut-être ce goût du cimetière.

puis je n’aurais pas d’autres occasions de m’assoupir à tes côtés, François-Marie.

Richard Malka a fait installer son lit de camp au pied de la tombe de Voltaire . Son livre sera un dialogue avec lui, monologue ou plaidoirie, de la part de l’avocat qui le tutoie,  l’appelle familièrement par son prénom François-Marie.  La réponse se trouve dans les écrits du philosophe. 

« Dieu et la liberté ». Voilà ta religion. Tu haïssais le christianisme, tu méprisais qu’il puisse être imaginé que Jésus ou Tartempion soit le fils ou l’envoyé du Ciel mais tu croyais en Dieu

Voltaire, selon Malka est l’initiateur des droits de l’homme en défiant la religion.

Récit de la conception de la basilique à la suite d’un vœu de Louis XV

Je déambule dans un bâtiment conçu pour être une église, qui existe grâce à un Juif et qui a fini temple républicain. C’est un édifice multiculturel.

Il retourne à Voltaire pour qui le pire des tyrans était la religion. Il imagine Voltaire remplaçant Marianne dans les mairie, sur les billets de banque…Son épitaphe imaginé par les révolutionnaires

Il vengea Calas et La Barre, Sirven et Monbailli. Poète, historien, philosophe, il agrandit l’esprit humain et lui apprit qu’il devait être libre

Eclairé par les Lumières du XVIIIème siècle, Malka analyse la situation actuelle, les revendications communautaristes. Il cite les pressions exercées par les islamistes : dans les pays musulmans, envers les femmes, les homosexuels et bien sûr, les athées. Assassinats aussi d’intellectuels et d’écrivains. Aussi ici, quand « dans le logiciel paternaliste, un musulman ne peut être qu’une victime » qu’il s’agit de soutenir, au risque de fêter à Sciences Po une « journée du hidjab ». Je me suis pincée et suis allée vérifier sur Internet l’info. Et oui, cela existe, cela vient d’Amérique! Evolution : on ne lapide plus, les lynchages se déroulent sur les réseaux sociaux. la question du voile est discutée dans un chapitre entier. L’auteur s’étonne:

par quel étrange miracle, un symbole de tyrannie à l’égard des femmes en Iran est-il devenu un étendard de la liberté religieuse en Franc

Pour sa part Richard Malka a eu une éducation traditionnelle juive séfarade mais

On ne parlait jamais de Dieu et ce que je concevais du judaïsme à travers mes parents, c’est qu’il fallait vénérer Einstein, Freud, Blum et tous les juifs du monde qui se distinguaient, surtout lorsqu’ils étaient partis de rien.

Au chapitre du judaïsme, Malka convoque Marx  la religion est « le soupir de la créature accablée de malheur »et Durkheim qui constate la permanence de la religion en tant que ciment de l’humanité. 

A ce propos, Richard Malka pose la question qui fâche : Voltaire était-il antisémite comme on l’a écrit en 1942 dans le livre « Voltaire antijuif »? Certes « tu as dérapé du judaïsme aux juifs ce que tu ne fais pas avec les chrétiens » mais Malka est indulgent « suis-je certain de n’avoir jamais dérapé? »

Puis, à la 17ème chambre du Tribunal, Malka revient à ce qui est le coeur de son métier d’avocat : défendre la liberté d’expression, la liberté d’écrire mais aussi de caricaturer. Et il revient sur Charlie Hebdo :

« le 7 janvier 2015, ce n’est pas un blasphémateur qui a été tué mais douze. jusqu’alors de La Barre était le dernier exécuté pour blasphème en France »

Malka liste toutes les victimes du terrorisme islamiste et discute du concept d’islamophobie. Puis il interpelle Voltaire :

Avoue…Tu n’aurais jamais imaginé que nous en serions encore là deux siècles après ta mort

 

Alors tu aurais assisté à l’effondrement spirituel d’une société privée de récit unificateur. Tu aurais vu la
religion être remplacée soit par un consumérisme compulsif et un individualisme effréné, soit par une quête
désespérée de sens. « Les anciens dieux vieillissent ou meurent, et d’autres ne sont pas nés », s’inquiétait
Durkheim… C’est la thèse du désenchantement du monde de Max Weber.

…tu n’as pas anticipé, François-Marie, c’est à quel point la nature a horreur du vide… Et ce n’est pas la
philosophie qui comble ce vide. Les mouvements pentecôtistes et évangéliques explosent, les prédicateurs
américains dictent, en partie, la politique du plus puissant pays au monde, le nationalisme hindou s’amplifie et le fondamentalisme musulman séduit. Face à ces mouvements conquérants, nous n’osons pas enseigner la méfiance à l’égard des religions, ni parler de leur potentiel de destruction. Nous n’assumons pas de décrire leur dangerosité morale car nous nous sentons coupables de tout.

Donc le problème serait de Remplacer Dieu, ce qui justifie le titre Après Dieu….

 

Clair, incisif, cultivé. N’en jetez plus.

Bien sûr, j’irai visiter le Panthéon

mais si vous préférez écouter sa voix dans les entretiens radiophoniques :podcast 

Il a été un compagnon de promenade merveilleux pendant les  épisodes.

Leonora Carrington au Musée du Luxembourg

 juillet Exposition temporaire jusqu’au 19 juillet 2026

Artes 110 – autoportrait symbolique

Une découverte pour moi !  Leonora Carrington (1917 – 2011) née en Angleterre, peint très jeune. Ses aquarelles peintes à Florence à l’âge de 15 ans sont bluffantes. on peut y trouver de nombreux thème qu’elle exploitera tout le long de sa vie : sa crinière rousse (venant peut être de l’Irlande de sa mère) et qu’on retrouvera dans celle des chevaux, le goût des belles robes et les petites fées fantastiques. Déjà, on note ce qui deviendra le Surréalisme. 

Sisters of the Moon : Juliette (1932)

Elle voyage en Italie, pour « Le Grand Tour » et sera marquée par la Renaissance italienne

 

Leonora Carrington et Max Ernst (inachevé)

En 1937, elle rencontre Max Ernst avec qui elle s’installe à Saint Martin-en-Ardèche. Leur maison est une oeuvre d’art : Max Ernst sculpte à l’extérieur, elle peint les portes, les fenêtres.

Fenêtre peinte

Avec l’occupation nazie, Max Ernst est interné au Camp des Mille, comme allemand. Ils cherchent à fuir et à rejoindre l’Amérique.

Leonora Carrington et Max Ernst

Leonora passe par l’Espagne et connaît un passage difficile, à la suite d’un viol collectif, elle est internée dans un hôpital psychiatrique à Santander dans des conditions terribles

max Ernst : Le médecin Espagnol (c’est le monstre à côté du cheval, Leonoral s’enfuit et le mouchoir représente Max Ernst
..

 

Elle finit par retrouver les surréalistes à New York en 1941 puis s’installe à Mexico en 1942

Kati Horna (1947) Portrit de Leonora Carrington

Sa production est présentée dans la section Le voyage de l’héroïne et Cuisine Alchimique. Le plus souvent ésotérique, toujours surréaliste. je retrouve ses obsessions : le cheval, son alter-ego, les oiseaux parfois familiers, souvent effrayants, 

ladies run there is a man in the rose garden

Souvent de nombreux personnages peuplent le tableau. Il faudrait rester longtemps pour découvrir les détails. Malheureusement on se bouscule dans les salles du Musée du Luxembourg.

 

Certains tableaux sont effrayants d’autres très amusants comme cette sorcière qui donne une perle à un aigle observée par deux spectateurs cachés

Nourrissant la table

 

Avec Leonora Carrington, le surréalisme  peut être très amusant!

Dans les pas de NADAR le Républicain – Jean- Claude RAGARU

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Bonne pioche de la Masse Critique merci à Babélio et aux éditions du Petit Pavé. 

En 2019, la BNF avait offert une belle exposition aux trois Nadar, Félix le plus célèbre, Adrien son frère et Paul le fils. CLIC par ailleurs, j’ai souvent rencontré Nadar dans les expositions, soit les photographies de ses contemporains, soit ses caricatures. Ils ont portraituré presque un siècle de célébrités. 

Panthéon Nadar

La courte biographie de J-C Ragaru (165 p. ) illustrée de nombreuses photographies, caricatures, lettres et documents s’attache à donner une approche complète de Félix Nadar. L’auteur a pris en compte les différentes étapes de sa carrière : journaliste, caricaturiste tout d’abord, photographe à partir de 1854, puis passionné d’aéronautique, de photographies aériennes, entre autres activités. 

R1garu raconte tout d’abord une vie de bohème sous le patronage de l’éditeur Hetzel et du directeur de journaux satiriques Philipon. On pense aux Illusions perdues, on est dans Balzac! On croise de nombreux hommes célèbres, Balzac, Gerard de Nerval, Victor Hugon George Sand…Nadar a souvent recours à des expédients pour faire fortune : son idée de génie est le fameux Panthéon Nadar où chacun veut figurer

Chacun veut son portrait, en caricature ou en photo. Avec son frère Adrien, il ouvre un atelier, puis un autre. La photographie atteint un développement presque industriel, opération rentable.

Une nouvelle passion le tient, ruineuse, l’aérostat, après un envol en ballon captif. Il met au point un très gros ballon Le Géant qui finira sa course en se trainant lamentablement. Le gros ballon devait financer un autre essai de vol préfigurant l’hélicoptère. Nadar devient un personnage de Jules Verne qui s’en inspirera pour Robur le Conquérant. Ce pionnier de l’aéronautique photographe saura combiner ses deux techniques avec la photographie aérienne appliquée au cadastre en temps de paix, puis à la surveillance des opérations militaire pendant le siège de Paris  pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Enfin, il participera à l’aéropostale, par ballons puis par pigeons quand Paris se trouvera isolé. Ragaru a beaucoup développé cet aspect de la vie de Nadar, et m’a un peu perdue dans la description en détail des différents ballons. 

C’est aussi une biographie sensible qui montre Nadar toujours fantaisiste, bohème même sur les périodes de sa maturité . Toujours républicain, de la monarchie de Juillet qu’il caricature dans sa jeunesse, sous le Second Empire où il renoncera à certaines entreprise pour ne pas se soumettre à Napoléon III; Toujours attaché à ses amis républicains. . Il nommera aussi  es ballons  « Louis Blanc »; « Armand Barbès » « George Sand. Vers la fin de sa vie il sera dreyfusard  et étrillera Gambetta dans un pamphlet rabelaisien.

Promenade agréable sur terre comme dans les airs!

Balade dans le XIIIème : Le Corbusier de Chevaleret à La Cité Universitaire sous la pluie

TOURISTE DANS MA VILLE

Cité le Refuge de l’Armée du Salut – rue Cantagrel

La promenade part de la rue du Chevaleret. En bonus, nous admirons le Street Art très présent dans le XIIIème

Escalier Street Art descendant rue du Chevaleret

Une façade du Refuge borde la rue du Chevaleret, peu spectaculaire : c’est l’entrée d’un garage. Occasion d’aborder un des aspects de l’urbanisme selon Le Corbusier : dès les années 20 du siècle précédent, Le Corbusier voue une importance particulière aux voitures (et aux avions) marqueurs de modernité. Il dote donc le Refuge d’un garage au rez de chaussée. Un peu paradoxal, le Refuge appartient à l’Armée du Salut et il est fort improbable que les résidents possèdent un véhicule. Au dessus du garage la façade est vitrée, soit en pavés de verre Nevada soit en grandes baies vitrées qui ne s’ouvraient pas à l’origine. Cet immeuble était prévu « à respiration saine » avec l’air pulsé (qui n’a pas fonctionné). 

Le Refuge rue du Chevaleret

La Cité du Refuge s’ouvre sur la Rue Cantagrel. Le Corbusier fut introduit grâce à Auguste Perret dans les milieux de l’architecture. La Princesse Singer de Polignac, mécène de l’Armée du Salut, lui procura avec Jeannenet la commande après la Crise de 29. Il fut inauguré en 1933. 500 lits en dortoirs et chambres individuels logent dans le grand bâtiment. Les étages supérieurs étaient occupés par les logements du personnel.

L’entrée est inspirée par Mondrian. La façade, à l’origine  en verre, a souffert des bombardements, elle a été restaurée avec les couleurs typiques des bâtiments de l’architecte. Des cadres en béton servaient de pare-soleil. 

occasion pour notre guide de citer les principes du Corbusier : pilotis, toits-terrasses, fenêtres bandeaux, plan libre avec plateaux modulables, façade libre.

Un petit bâtiment rond près de l’entrée agrémente la longue façade plane.

Après la rue de Dessous des Berges, nous passons à côté du jardin Berthe Morisot et arrivons sur les Maréchaux : Boulevard Massena où un grand phare street-art capte notre regard. 

Street art bld Massena

En remontant vers la Porte d’Italie, nous passons devant la monstrueuse caserne de pompier Massena, brutaliste. En face au n° 26 se trouve la Villa Planeix construite en 1924-1926 pour le sculpteur Antonin Planeix. Au rez-de chaussée, un garage est surmonté de deux appartements ateliers. Les ateliers sont éclairés par des sheds comme les ateliers des usines. 

Villa Planeix façade bld Massena

Si le côté boulevard n’est pas franchement avenant, en faisant le tour on voit qu’un jardin arboré avec des coursives et des escaliers extérieurs devaient être très agréables.

En faisant le tour, on passe devant l‘atelier Chemetov cube de verre, bambous, et passages par les fenêtres.

pavillon du Brésil

Court trajet en tramway T3 jusqu’au Stade Charlety pour parvenir à la Cité Universitaire Internationale. Le pavillon du Brésil porte la signature et le style du Corbusier :pilotis, toit terrasse, façade plane et couleurs communes à l’architecte et au Brésil : beaucoup de jaune et de vert. Des carrés blancs sont à l’emplacement despsse-plats initialemnt prévus mais obturés.  Cependant ce bâtiment n’a pas porté chance au Corbusier qui postulait à la construction de la nouvelle capitale Brasilia et qui a été recalé au bénéfice de Niemeyer.

le Corbusier : pavillon de la Suisse

Le Corbusier était suisse. Le pavillon suisse lui revenait naturellement. Point de chalet d’alpage, du moderne, pilotis, façade de verre et même un petit piquant « qui s’y frotte s’y pique » : un cédrat avec des épines acérées, arbre qui ne pousse pas dans les Alpes helvétiques et véritable piège pour les étudiants suisses qui ne se méfient pas.

Salon du pavillon de la Suisse

Moyennant 2€, on peut visiter l’intérieur. Nous nous installons très confortablement dans les fauteuils tubulaires dessinés par Le Corbusier- Jeannenet et charlotte Perriand. Pendant l’occupation allemande, la fresque originelle photographique a été détruite. Le Corbusier l’a repeinte en imitant Picasso . La partie droite s’inspire du poème de Mallarmé : l’Eventail rappelé par quelques mots 

l’éventail de Mallarmé

On peut aussi visiter une chambre d’étudiant, sobre fonctionnelle, avec une grande table face à la baie vitrée.  6 x 2.8 m, elles paraissent pourtant très vastes et sont équipées d’une douche.

la cité linéaire

Sur ce banc émaillé , le plan pour une cité linéaire. Cette civilisation machiniste évoquée plus haut n’attire pas toutes les sympathies. Le plan Voisin détruisait tout Paris en faisant passer des autoroutes du nord au sud au risque de détruire la Sainte Chapelle et la Conciergerie, ainsi que d’Est en Ouest ne laissant que le Louvre et l’Hôtel de Ville. Pire encore le Plan obus à Alger qui remplaçait toute la ville par un immeuble en corniche de 17 km de long. Et le pire, c’est que Le Corbusier y croyait. Il a même été à Vichy pour gagner le soutien des autorités pétainistes. Tandis que son associé et cousin Jeannenet rejoignait la Résistance. 

A la Cité de l’Architecture, au Trocadéro, on peut voir en ce moment la maquette du Pavillon de l’Esprit Nouveau pour l‘Exposition Art Déco 1925 ainsi qu’une réplique d’un appartement de la Cité Radieuse de Marseille qui se visiter sur place. 

Il reste encore de nombreuses œuvres à visiter pour se faire une opinion sur ce constructeur. Je reste perplexe.

Exposition Générale -Fondation Cartier

Exposition temporaire jusqu’au 23 Aout 2026

Bodys Isek Kingelez – projet pour Kinshasaa aménagé le

J’ai toujours beaucoup aimé la Fondation Cartier, Bld Raspail, dans le beau bâtiment de Jean Nouvel avec le jardin. Le nouveau site se trouve dans un emplacement prestigieux  place du Palais Royal, en face du Louvre, dans un immeuble haussmannien édifié pour l’Exposition universelle de 1855.

Au premier plan sculpture de bois de Véio
au fond Ribalta d’Eliane Duarte

Pour son ouverture, l‘Exposition Générale présente les collections sous 4 thèmes  : Machines d’Architecture, Etre nature, Making things et Un Monde réel . Les  œuvres sont réparties sur trois niveaux ouverts les uns sur les autres : on peut découvrir le niveau -1 en surplomb. Cette présentation ne facilite pas la visite. J’ai été déconcertée par la variété des œuvres, des artistes, des provenances. Pas de rétrospective d’un plasticien. Encore moins d’aire géographique, un Japonais côtoie des Français, des Brésiliens, un Chinois. Art textile et sculpture de bois. Dessins minutieux noir et blanc et  grande installation. 

Garouste – Indienne

Heureusement, pour orienter le visiteur perdu, la Fondation a prévu de nombreux médiateurs tablette numérique à la main qui vont compléter les explications des cartels. Il y a aussi des visites-flash. 

Plutôt que de tout voir et de passer vite devant les œuvres proposées, j’ai préféré me limiter au rez-de-chaussée

petite Cathédrale Alessandro Mendinii

les Machines d’Architecture accueillent le passant dès l’entrée . Devant la petite église de mosaïque : Petite Cathédrale (2002) d’Alessandro Mendini, j’hésite, est-ce une maquette? Elle est plus grande que certaines chapelles. Ni croix, un autel doré étrange, un campanile qui pourrait être un minaret, ce n’est pas un projet réalisable, plutôt une rêverie, suggère le cartel. 

Une feuille de béton ondulante est une véritable maquette d’une chapelle au milieu d’une forêt chinoise. Chapelle en couloir ondulant, dépouillée. A-t-elle été construite? Nul ne le sait, l’architecte japonais n’a peut-être pas eu l’autorisation du pouvoir chinois. On peut aussi rêver….

le sapin sur la colonne

A quel stylite est destiné cette colonne? Comme Syméon le Vieux (392-459) dans le désert de Syrie. C’est un petit arbre, un conifère, il semble qui attend son arrosage automatique hebdomadaire. Encore un objet sont la seule fonction est de nous interroger.

Perchée sur un arbre en bois, un vrai tronc, la chatte Nini en bronze d’Agnès Varda. Clin d’oeil sympathique!

Bodys Isek Kingelez projet Kinshasa utopique

Ma préférence va au projet de Kinshasa utopique de Bodys Isek Kingelez avec ses jolies maquettes colorées, son stade Lumumba, sa promenade le long du fleuve Congo, on s’y croirait presque.

Caï Guo-Qiang : papier de riz et poudre à canon

Une grande salle claire regroupe les œuvres diverses sans lien apparent entre les unes et les autres. Heureusement, une médiatrice explique comment le plasticien chinois a dispersé de la poudre à canon, a recouvert d’ un panneau pour contenir les explosions. Caï Guo-Qing est un artificier qui a fait des spectacles pyrotechniques remarqués  dont la fête de fermeture du Centre Pompidou CLIC

Simon Hantai

Sans transition, un très beau panneau orange de Hantai obtenu par de multiples pliages. 

Othoniel paysage amoureux

Le paysage amoureux d’Othoniel m’a beaucoup touchée : les fines perles forment un très long réseau rouge comme le sang des veines et des artères passant par de grosses perles rouge comme des cœurs, et d’autres organes.  « objet rituel et érotique  » note le cartel. 

Ribalta Eliane Duarte (Brésil)

Les cordons de tissu tressés avec des plumes, du lurex, des matériaux recyclés, contiennent des « trésors » sorte de cristaux ou petites mains de plastique. On dirait qu’elle a voulu y enfouir des secrets. A quoi correspondent ces cordes qui ressemblent à des racines d’arbres ou peut-être à la mangrove. Des centaines de mètres, peut-être des kilomètres de travail manuel patient, méditation, ou rituel .

Impossible de rendre compte de toutes les objets exposés, des installations luxuriantes ou minimalistes . Je reviendrai. Pas pour tout voir, pour choisir encore des oeuvres qui me parleront.

DU XIIIème à Ivry, Balade architecturale sous la pluie

TOURISTE DANS MA VILLE

Tours Duo – Jean Nouvel

PARIS RIVE GAUCHE est un projet d’aménagement s’étendant sur 130 ha d’Austerlitz jusqu’à Ivry. La ZAC a été crée en 1991. Depuis bientôt 35 ans, le quartier change. 

J’ai grand plaisir à aller à la Grande Bibliothèque pour de belles expositions et aux cinémas MK2 . De Créteil, j’emprunte le métro Ligne 8 jusqu’à Porte de Charenton puis le Tramway T3a . Parcourant l’avenue de France je remarque le nom des rues : Thomas Mann, Marguerite Duras, Françoise Dolto, Goscinny, Primo Lévi…des noms qui me parlent et qui décrivent un paysage intellectuel, proximité de la Grande Bibliothèque peut être?

Esplanade Vidal-Naquet – fontaine Wallace

Le rendez-vous avec le conférencier de la balade d’Explore Paris  intitulée « Paris-Ivry, aller et retour » est fixé esplanade Vidal-Naquet entre les Grands Moulins et la Halles aux Farines sur le campus universitaire Paris VII-Diderot devenue université Paris Cité depuis le désamiantage du campus de Jussieu (feuilleton à rallonge s’étalant de 1996 à 2016). Les Grands Moulins, une ancienne minoterie industrielle, fut construite lors de la Première Guerre Mondiale. La Halle aux Farines, en 1950, par l’architecte Honegger. Comme pour toute construction publique, une œuvre d’art plusieurs mosaïques au thèmes du Noeud Borroméen, entrelac cher à Lacan et à la psychanalyse

Mosaïque : nœud borroméen – Eric Duyckaerts

Une autre œuvre d’art orne l’Esplanade : Le Monochrome for Paris de Nancy Rubins, sorte d’arbre dont la canopée est formée de 10 barques et 50 canoës en clin d’oeil au blason et à la devise de la Ville de Paris, originellement prévue pour une station du tram T3 mais trop encombrante. 

Monochrome for Paris Nancy Robins

Nous arrivons sur le quai de Seine. Bruno Granozio notre conférencier, nous fait un rappel de l’histoire de Paris. Ce quai, avant l’agrandissement de Paris par Haussmann, appartenait au village d’Ivry. La Zac PARIS RIVE GAUCHE s’est fixé, entre autres objectifsde faciliter le passage vers Ivry, voire de gommer la limite entre Paris intra muros et sa proche banlieue rendant possible par une voie piétonnière et une piste cyclable : l’Allée Paris-Ivry » avec une végétalisation (discrète). 

la cheminée de la Sudac dépasse des buildings de verre

Nous marchons sur le quai en observant les constructions du Campus universitaire, le bâtiment de physique est protégé par un panneau de verre orné de chiffres, tissant une sorte de résille. Entre deux buildings modernes émerge la cheminée d’une usine ancienne : la SUDAC (Société Urbaine de Distribution d’Air Comprimé) construite en 1890. L’air comprimé servait pour la distribution des courriers pneumatiques et au fonctionnement des horloges à air comprimé de la Ville de Paris. le bâtiment industriel remarquable est maintenant occupé par l’Ecole Nationale d’Architecture. 

biopark

Détour par la rue Watt et le Biopark jardin arboré planté de 32 savonniers de Chine entouré d’immeubles où clématites et glycine tentent de verdir le « parc » bien minéral. En fait de parc, c’est plutôt un espace privé où des entreprises Cap Gemini, Orange et d’autres profitent de la proximité de l’université et de ses ressources humaines et intellectuelles. Bien peu de jardin! Comme notre visiter se fait en février, le verdissement des façades est inexistant. Peut-être qu’à la belle saison les lianes grimpantes donnent de la fraîcheur? On fonde de grands espoirs sur le verdissement des cités modernes au temps du réchauffement climatiques mais j’ai souvent trouvé le résultat décevant. 

Grands balcons pour y installer des arbres

On a aussi construit de grands balcons pour y installer des arbres, les occupants les planteront-ils? les arroseront-ils? ou préfèreront-ils faire un salon d’été avec parasol?

l’escalier mène aux Bld des marréchaux et au lavomatik

Retour sur l’allée Paris-Ivry qui passe sous le pont. Nous passons un haut-lieu du Street Art . Sous l’échangeur il y avait un tiers-lieu orné de nombreux graphs. En été c’était très sympa, avec chaises longues, bar,  mais c’est fermé actuellement. L’échangeur a été réduit ce qui a libéré du terrain constructible pour l’opération immobilière des célèbres Tours Duo de Jean Nouvel qui culminent à 180 m et 120 m. Comme la Tour Triangle bientôt achevée, ces tours de verre et de béton me paraissent d’un autre âge. Elles ont été décidée en 2012; comme le changement climatique s’est accéléré. Il y a moins de 15 ans, on ne s’en préoccupait pas. Aujourd’hui, elles paraissent d’un autre âge. Il faut croire que le temps des urbanistes court moins vite que l’Anthropocène. 

Le Berliet ossature bois

Plus innovant, le Berliet, haut de 50 m est un bâtiment d’habitations privilégiant le bois. Cependant l’ossature et le noyau central sont en béton. A l’extérieur la structure est formée de poteaux de bois. Pour construire un tel gratte-ciel en bois, il a fallu obtenir des autorisations spéciale des pompiers. On remarque des cavités permettant d’aménager des espaces communs pour « favoriser le lien social ». Dans les constructions actuelles on invente des coursives, des escaliers, des terrasses ou voisins se côtoient et sont censés se rencontrer. C’est le principe du nudge sorte d’encouragement comme les inscriptions sur les escaliers du  métro « vous avez fait des exercices-cardio en montant ces marches », ou « merci d’avoir déposé vos ordures » dans la poubelle, encouragements à peu de frais. De la com, encore de la com! 

incinérateur d’Ivry, la cheminée neuve Syctom

Derrière le périf, on arrive à Ivry : sous le panache de l’incinérateur

L’ancien incinérateur, très polluant, rejetant des dioxines qui interdisent aux riverains de consommer les œufs quand ils ont un poulailler et, dit-on, les légumes de leurs jardin, doit être remplacé par le Syctom flambant neuf annoncé à renfort de panneaux. Cheminée éblouissante (pas aujourd’hui parce qu’il fait vraiment trop gris) bâtiment très design. Mais pas mis en service! Et voici qu’on a mis en route le troisième four de l’incinérateur de Créteil-Pompadou, et qu’on projette la construction d’une troisième unité à Vitry aux Ardoines! Je viens de signer la pétition contre l’incinérateur de Vitry!

Cimenterie Calcia

Comme le prix du foncier est beaucoup plus bas à Ivry qu’à Paris XIII, les magasins Truffaut, Leroy-Merlin et de nombreux siège sociaux s’y sont installés.Après un petit tour sous la cheminée, nous retournons vers Paris et découvrons à l’ombre des tours duo la cimenterie Calcia, selon les spécialistes un chef d’oeuvre du genre avec ses silos et la structure horizontale sur pilotis pour les bureaux. Elle fait l’objet d’un éclairage la nuit , une oeuvre d’art contemporain. 

immeubles variés

Au pied des tours Duo, de l’autre côte de l’Avenue de France, il y a un point de vue our découvrir les silhouettes variées des immeubles, blancs noirs, verts métallisé. On a voulu éviter la monotonie.  Au dessus des voies ferrées une dalle est coulée en ce moment sur laquelle on installera un jardin, bien nécessaire parce que tout le quartier est vraiment minéral.

Université de Chicago
Bâtiment de cours

Dernier arrêt : le bâtiment très élégant de l‘Université de Chicago de l’architecte jeanne Gang dont la façade est entourée de bâtons « stone sticks » contenant de la fibre de verre qui forme des claustras serant de brise soleiL. Accolé le bâtiment d’habitation pour les résidents (étudiants, professeurs) qui a toujours des colonnettes pour la cohérence. Notre guide nous fait remarquer le soin apporté à la façade et aux balcons intégrant les gaines, et surtout la présence de volets roulants, enroulés à l’extérieur. Enfin, on pense climat et canicule. Si des volets pouvaient dispenser de la climatisation couteuse et surtout très mauvaise pour le climat! 

université de chicago : habitations