La Fontaine des Innocents – Histoires d’un chef d’oeuvre parisien – Carnavalet

Exposition temporaire jusqu’au 25 Aout 2024

Le marché et la Fontaine des Innocents, 1822 John James Chalon

Avant 1273, une fontaine existait près du cimetière des Innocents

Le cimetière des Innocents, l’église et la fontaine

A la Renaissance, Jean  Goujon a réalisé une fontaine décorée de bas reliefs sur des thèmes aquatiques. 

Nymphe de Jean Goujon

Si on ne sait rien sur la biographie de Jean Goujon on sait qu’il a réalisé les bas reliefs du jubé de Saint Germain l’Auxerrois (1544) avec les quatre évangélistes et une déploration de toute beauté

 

Il a également sculpté les ornementation de la façade Lescot du Louvre (1447-1459)

Cette nouvelle fontaine se situait sur le parcours de l’Entrée du roi Henri II dans Paris (1549). Elle se trouvait accolée à un immeuble d’habitation et ressemblait à une loggia avec deux arcades sur une face et une troisième sur le côté, reposant sur une citerne rectangulaire.

Dès le 17ème siècle, et, à la suite de la visite du Bernin, cette fontaine est reconnue comme un chef d’œuvre cité dans les guides touristiques. 

Vers 1760 on ferma le cimetière et à sa place s’installa le marché aux herbes.

La fontaine fut remaniée de forme cubique, le sculpteur Augustin Pajour rajouta une nymphe sur le quatrième côté.

 

Aquarelle : la fontaine des innocents et le marché aux herbes

Un reportage photographique en 1856-1859 montre sur la dernière la construction des Halles Baltard. Cette fontaine garde des souvenirs historiques : la proclamation de la Constitution en 1791 puis les victimes de 1830.

En 1859 la Fontaine fut déplacée dans un square arboré. Elle fut protégée pendant la construction du forum des Halles.  (1971-1976)

En 2024 s’achève la restauration de la Fontaine . On peut d’ailleurs assister au travail des restaurateurs qui nettoient les moulages en plâtres du siècle dernier.

David D’Angers : la Néréide Thétis portant le casque d’Achille

Les nymphes de Jean Goujon ont inspiré de nombreux artistes, Ingres, David d’Angers, Carpeaux, Bourdelle…

J’aime beaucoup ces expositions autour d’une seule œuvre qu’on étudie avec soin.

Lire le bel article de Sonia ICI

Créteil, Bientôt un téléphérique! Promenade estivale au Lac

TOURISTE DANS MA VILLE

Pointe du Lac : Le métro et la gare du Câble

Une liaison par téléphérique est prévue entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges s’arrêtant à Valenton pour 2025. Le câble va enjamber les voies de chemin de fer, la 4 voies N406, nous verrons la station d’épuration avec les gros yeux de JR…Depuis quelques mois nous avons guetté l’installation des pylônes. Cette semaine les câbles ont été tirés. 

Pointe du Lac : câble

J’attends impatience la mise en route !

Passerelle Tégéval

Depuis ma visite à Saint Denis mon intérêt pour les passerelles :s’est renouvelé.  Celle qui relie la Base de Loisir du Lac de Créteil en portant la Végétale (piste cyclable et piétonne de 20 km) appelée auparavant Tégéval au dessus le la N406 est particulièrement élégante. 

Au lieu de faire mon Tour de Lac près de l’eau, je pars sur les buttes de remblai explorer les nouveaux quartiers vers la Pointe du Lac avec la Faculté des Sports, la Maison du Handball

les cyclistes de ferraille

Les cyclistes de ferraille, souvenir d’un passage ancien du Tour de France suivent la piste cyclable près d’un rond-point planté d’oliviers. Changement climatique oblige, des oliviers à Créteil! Au fond se profile un bâtiment que je ne connais pas.

Centre Martin Luther King

Centre Martin Luther King

Une hôtesse m’interpelle quand je rentre : elle m’explique que cet espace est dédié à l’évènementiel. On peut y louer des salles pour une fête, un mariage, mais tous les dimanche une communauté protestante y célèbre le culte. pourtant l’hôtesse insiste : ce n’est pas un temple. Au dernier étage, il y a un restaurant et un beau roof-top. 

A la Pointe du Lac, près du Stade Duvauchelle, on prépare le passage de la Flamme Olympique dimanche prochain, et une fan-zone pour ceux qui n’auront pas la chance d’avoir des billets pour les jeux…

Le Canal

Il fait maintenant très chaud, 30°C, je rentre au bord de l’eau par la Promenade François Mitterrand et le canal.

lac de Créteil

Pour terminer le long du Lac de Créteil . La Croisette est à l’ombre, la Préfecture (bâtiment doré), les Choux, se reflètent dans le miroir de l’eau. On devine le Palais de Justice trapézoïdal plus loin à gauche. 

Saint Denis (J.O. – 12j) – ce qui se construit, ce qui restera – Franchissement urbain Pleyel

EXPLORE -PARIS – PROMENADE GUIDEE AU- DELA DU PERIF

Pour prendre la mesure du chantier titanesque il faudrait prendre de la hauteur, j’ai donc emprunté la photo aérienne sur Internet

La promenade guidée s’intitulait :

 » Le franchissement urbain Pleyel, métamorphose des quartiers Pleyel et Stade de France « 

Une visite d’actualité !

En ce 14 juillet 2024, 12 jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques, cette visite tombe fort à propos au cœur de l’évènement. 

la Passerelle Pleyel fut inaugurée le 16 mai 2024

la Station du Métro14 Saint Denis Pleyel, le 24 juin 2024.

Les Jeux se préparent, les navettes qui véhiculeront les athlètes, sont déjà parquées sur l’immense parking près du Village Olympique, les ouvriers peaufinent les derniers agencements, les gendarmes et CRS sont déjà en place aux alentours du Village Olympique que nous ne verrons que de très loin. 

Le Stade de France

 Rejoindre Saint Denis est déjà toute une aventure pour moi : que choisir? Le RER B, comme indiqué sur le billet plus le bus 353, ou le RER D beaucoup plus direct de Créteil, ou le métro? En attendant les super-métros du Grand Paris, aller de banlieue Sud-Est en banlieue Nord est un casse-tête. 

Le rendez-vous est donné au 13 Rue Jesse Owens, parallèle au Stade de France. Tristan, le guide conférencier nous rappelle qui était Jesse Owen, le champion afro-américain des Jeux de 1936 à Berlin et raconte l’émouvante amitié entre Owens et Luz Long, l’athlète allemand que tout séparait a-priori. 

Cette randonnée sera Sous le signe de la Passerelle. Deux passerelles enjambent le Canal Saint Denis. La plus ancienne (à droite) la Passerelle Des Francs-Moisins a été construite en 1998 – Coupe du Monde de Foot – légère élégante qui saute sans appui sur le canal tandis que la nouvelle, Passerelle  Lucie Bréard, beaucoup plus large, aux couleurs des Jeux Olympique se déroule et s’enroule pour faciliter la montée aux cyclistes, poussettes et PMR. Entre-temps un pont tournant fut mis en place dans les années 2000, mais sujet à nombreuses pannes il a été démantelé. Il en reste une partie du tablier incorporé dans la nouvelle passerelle. 

Passerelle 2024

Ces constructions, à l’occasion d’évènements sportifs, sont prétextes pour le conférencier de battre en brèche le « JO-bashing » qui a cours actuellement. Pour ma part, j’y adhère activement, après les soucis causés aux bouquinistes, les restrictions de circulation dans Paris, l’invisibilité de tous les évènements hors-JO, le matraquage sportif à la télévision, sans parler des musées où l’accès est limité (même les Amis du Louvre). Il va falloir beaucoup de persuasion pour me faire changer d’avis.

Tristan balaye les arguments économiques les plus souvent avancés en mettant en avant les réalisations pérennes qui vont métamorphoser le département le plus pauvre de métropole : le 93,  en un pôle dynamique. Les ponts relient des quartiers isolés les uns les autres. Saint Denis  est une ville fracturée par deux autoroutes A1, A86, des voies ferrées les plus denses au monde (après Tokyo et Chicago), le canal et la Seine . Des photographies anciennes témoignent l’emprise gigantesque de l’ancienne usine à gaz  occupant la Plaine, qui a pollué les sols. Ces pollutions aux hydrocarbures sont encore préoccupantes ; elles doivent être prises en charge sous les installations sportives. Par la même occasion, un réseau intéressant de pistes cyclable a étsé tracé. Des quartiers nouveaux ont poussé dans la lancée des constructions du village olympique et on espère, à Saint Denis qu’une nouvelle prospérité remplacera pauvreté et chômage que le départ des industries ont laissé. 

Ce ntre Aquatique Olympique

Le Stade de France n’est plus à présenter. Le Centre Aquatique Olympique a une silhouette étonnante avec son toit concave. Le creux a pour but de diminuer le volume intérieur et ainsi d’économiser du chauffage puisque la consommation en gaz des piscines est un véritable problème. Tristan nous rappelle le déficit en équipement sportifs et surtout en piscines dans le département de Seine-Saint-Denis où la proportion d’enfants qui ne savent pas nager en entrant au collège est préoccupante. La silhouette est  aérienne  avec sa  structure de bois retenue par des piliers. Sur le toit, des panneaux solaires. Le Centre ne sera pas uniquement une piscine, d’autres activités sont prévues : mur d’escalade, padel….

Nous passons dans un étroit souterrain piétonnier sous l’autoroute A1, accessible par des marches. Occasion de se souvenir des attentats qui auraient pu être encore plus meurtriers si l’évacuation du Stade l’avait emprunté. Nous traversons le Landy, quartier neuf de bureaux,  technicentre SNCF, assurances, Studios de Cinéma. Ce Saint Denis du XXIème siècle paraît  tertiaire et prospère. Comme c’est dimanche, la circulation automobile est absente. Le guide précise qu’en semaine il en est de même, les employés se déplaçant volontiers avec les transports en commun. la Gare du RER D m’impressionne par ses dimensions.

Franchissement Pleyel Exosquelette

Nous arrivons à la Passerelle Pleyel  au-dessus de 48 voies ferrées. Sa construction a été une prouesse d’organisation.  Impossible d’arrêter le trafic ferroviaire (Eurostar, Thalys, RER, transiliens, et trains vers le Nord). une interruption se prévoit 3 ans à l’avance. Seulement 3 piliers soutiennent l’ouvrage d’art . L’architecte Marc Mimram, pour stabiliser l’édifice, a eu recours à trois exosquelettes qui confèrent une silhouette étonnante à cette passerelle en Y. Seul le côté piétonnier est terminé. On lui adjoindra plus tard une chaussée pour les automobiles, autobus….Pour l’instant on ne devine rien derrière la palissade couverte de panneaux explicatifs et d’exposition-photos. La passerelle relie le Landy au Quartier Pleyel isolé par ces chemins de fer. Les Dyonisiens se sont déjà emparés de l’espace convivial pour y faire de la gymnastique en musique. 

Gym en musique devant les Tours Pleyel

La Tour Pleyel

A l’origine, 4 tours étaient prévues. A la suite de la Crise pétrolières de 1973, une seule a été construite. Le choc pétrolier de 73 a été une catastrophe pour la Seine Saint Denis. Cette tour de bureaux est restée à l’abandon jusqu’à ce qu’un homme d’affaire décide de la réhabiliter pour en faire un hôtel de luxe. Ce n’est pas une idée si saugrenue qu’il y parait. Avec la Gare de RER D, et celle du RER B reliant Roissy-CDG, et de l’autre côté de la passerelle le Métro14 qui va à Orly cet hôtel est situé dans un noyau de communications. D’autant plus que les lignes du Grand Paris Express auront un arrêt à côté de Saint-Denis- Pleyel. La vue du rooftop est époustouflante sur Paris et plus loin, la Défense.

La Gare du Métro Saint Denis Pleyel

La Gare du Métro 14 St Denis Pleyel

Terminus de la ligne automatique 14 qui conduit à l’aéroport d’Orly, la conception a été confiée à l’architecte japonais Kengo Kuma . 56 escalators descendent dans le creux à 28 m de profondeur. Par sa profondeur, le pôle multimodal est analogue à la Station des Halles. L’idée de génie de l’architecte est de recouvrir le puits d’une verrière apportant à l’atrium la lumière naturelle. La charpente de bois clair contribue aussi à l’ambiance chaleureuse alors que les Halles sont angoissantes. On compare aussi le plan à une sorte de pliage comme un origami. Malheureusement nous ne verrons pas l’installation des 108 Vénus suspendues au mur vertical. Il faudra revenir d’ici quelques mois. 

La balade se poursuit dans le Quartier Pleyel, maintenant désenclavé. Des souvenirs de sa vocation industrielle, squelettes des anciennes usines Hotchkiss, construction automobile et militaire, sont encore debout. Plus loin, le village olympique est déjà gardé par la maréchaussée. Pas question de s’approcher de trop près. Il suffit de croire sur parole le guide qui vante l' »écoquartier », les constructions utilisant largement de bois (cela ne se voit pas sous une peau de béton). Rien que de très cubique, peu d’originalité. Construction très dense contrebalancée par le projet d’un parc dont on ne devine rien. Les parkings des navettes Toyota aux couleurs des JO sont impressionnants. 

Fin de la promenade à la Seine, à Saint Ouen en face de l‘Île-Saint-Denis occupée en partie par le Village Olympique. Ce qui a permis de construire un nouveau pont sur le fleuve. A l’Ouest se profile la Skyline de la Défense. Au dessus des arbres on devine le toit du bâtiment de la Grande Nef de l’île des Vannes, nef Belloni construite en 1968 où se sont déroulés les concerts mémorables des Pink Floyd, Led Zeppelin et des rassemblements politique. Les Jeux Olympiques ont apporté les financements nécessaires pour la rénovation de la nef. A nos pieds des rangs de vigne rappellent un passé de guinguettes aujourd’hui disparu. 

Arrivée au Métro Mairie de Saint Ouen (ligne 14 et 13) après avoir traversé un joli parc mi-paysagé, mi-jardins partagés et être passés devant le « château de Louis XVIII ».

 

Le Tour du Périph’ Porte de Bagnolet au Pré Saint Gervais

VOYAGE METROPOLITAIN

Le Périphérique Porte des Lilas

On envisage le Périphérique comme la limite de Paris intra-muros, comme un anneau enserrant la ville et la séparant de la banlieue. Dans l’optique du Grand Paris, on peut imaginer une autre image : celle d’un rond-point irriguant aussi bien les deux bords de la route. Marion et une autre voyageuse ont fait au préalable l’expérience de Tour du Périphérique en voiture. Banale expérience qui se répète chaque matin quand les banlieusards partent travailler? Pas tout à fait, puisqu’elles ont roulé 3 heures à petite vitesse, Marion dessinant autour de l’anneau les bâtiments remarquables. Le Périph’ vu comme un monument!

parc jean Moulin – les Guilands

Le Voyage Métropolitain est une randonnée qui s’effectue à pied et en groupe, au rythme de nos découvertes et de nos bavardages. Cette édition est la deuxième étape, après celui de Mai de la Porte de Gentilly à celle de Bagnolet. Nous prenons la suite logique, nous retrouvons à la sortie du métro Galliéni, non loin d’un centre commercial sous les piles de béton de l’autoroute A3, à l’ombre des Tours Mercuriales. Comme l’endroit est bruyant et peu sympathique le groupe se dirige le long de l’autoroute et s’élevant sur la butte sur une promenade très verte entre les tours verticales du quartier de La Noue (à cheval sur Montreuil et Bagnolet). Après une jolie grimpette nous arrivons sur le plateau dans le Parc Jean Moulin – Les Guilands et nous regroupons sous la statue « A la santé de la Révolution »  d‘Ipoustéguy installées en 1989 pour célébrer le Bicentaire de la Révolution de 1789 . Après quelques recherches sur Internet, je découvre que la statue fait partie d’un ensemble plus complexe de bronzes. Cela me motive pour revenir. Une averse nous chasse pour venir s’abriter dans les sous-bois. 

Promenade dans Bagnolet

Bagnolet à l’ombre des Mercuriales

Le groupe descend du plateau dans le « village » de Bagnolet par des rues tranquilles bordées de pavillons ou plus animées commerçantes. Nous arrivons sur une place où l’architecture est vraiment hétéroclite. Et toujours les Mercuriales occupent le paysage. Nous nous rapprochons du périphérique caché dans l’exubérance de la végétation. les pluies incessantes de ce printemps (et de l’été) ont profité aux graminées, chardons, autres laiterons. Un drapeau malien attire mon attention : c’est le Consulat du Mali accolé à la jolie Mosquée de Bagnolet

Mosquée de Bagnolet et toujours les Mercuriales!

La rue est parallèle au Périph’, en regardant les plaques des rues nous constatons que nous sommes bien à Paris XXème. Le Périphérique ne sépare rien du tout, Paris s’étend bien des deux côtés.

jardins partagés, pour le plaisir des enfants qui ont fabriqué les épouvantails.

le XXème arrondissement, à défaut d’une grande production maraîchère peut s’enorgueillir de plusieurs dizaines de jardins partagés, certains ouverts au public. Nous avons enjambé le périph’ sans nous en rendre compte et suivons la rue Haxo

Trompe-l’œil, Caserne des pompiers rue Haxo

Cette promenade nous mène à l’Eglise des Otages à la façade de pierre devant une nef en béton. Ces otages sont des prêtres et des catholiques versaillais retenus par les Communards à la fin de la Semaine Sanglante, fusillés. Une plaque rappelle sur la Villa des Otages, un peu plus loin ce souvenir. Un facétieux a coincé derrière la plaque une petite boîte à musique qui joue le Temps des Cerises. Dans le quartier le souvenir de la Commune est encore vif, deux cortèges s’y sont croisés, l’un allait à l’Eglise des Otages, l’autre, beaucoup plus important au Mur des Fédérés. Des heurts se produisirent. Les Jeux Olympiques ont été l’occasion de la rénovation de la piscine  George Vallerey où se sont déroulées les épreuves de natation aux Jeux de Paris 1924. Par la même occasion on a piétonisé les rues y conduisant. 

Porte des Lilas : le Cirque électrique

le Cirque électrique a posé son chapiteau sur la dalle qui couvre le périph’. Cette randonnée autour du périph me fait penser à des points de piqûres à la machine à coudre, on traverse, on revient, on fait une boucle, on traverse, on revient….. Et chaque fois par des jardins bien verts, avec des belvédères pour surplomber la chaussée qui est sortie de son tunnel sous la dalle des Lilas. 

le regard du Trou Morin

De l’autre côté du Périph’ : le Pré Saint Gervais et le Belvédère Lente descente dans des rues tranquilles , puis par une ruelle : la Sente des CornettesEn bas une surprise : une fontaine : Le Regard du Trou Morin qui abrite une source Et par la plus grande chance le Fontainier, est présent avec sa clé (la même pour tous ces bâtiments). Un secret, la serrure est protégée par un cache qui doit pivoter. Nous avons la chance inouïe de pouvoir, un à un en longue file voir la source

source du trou Morin

 Le Voyage métropolitain se préoccupe souvent de l’approvisionnement en eau. Un terrain militaire dûment protégé cache les citernes, véritable château d’eau de Paris, eau apporté autrefois par l’aqueduc de la Dhuys. 

les sources captées au Pré Saint Gervais proviennent de l’aquifère, résurgence de la marne, elles ont été captées dès le XIIème siècle mais ne sont plus employées pour l’usage courant.

Le Pré-Saint-Gervais a tout un quartier occupé par une Cité jardin que nous traversons avec plaisir dans un luxe de verdure pour arriver à un quartier de pavillons aux jardins enchantés. Nous débouchons sur Pantin….

Présences arabes – Art moderne et décolonisation ( 1908 – 1980) Au MAM de la Ville de Paris

 Exposition temporaire jusqu’au 25 Aout 2024

Hamed Abdalla – Egypte 1956 – Conscience du sol

1908-1980

1908 : arrivée de Gibran Khalil Gibran – 1980 reconnaissance de l’immigration arabe dans les musées parisiens. Huit décennies, une très longue période!

Présence arabe : du Maghreb à l’Irak, si on inclue aussi la Turquie, c’est un vaste domaine . Et si on inclue les artistes juifs mais de culture orientale, cela fait encore plus de monde! Si on ajoute les français militant pour l’indépendance de l’Algérie, cela en fait encore d’autres….

les mosquées de Mogador 1965 Ahmed Louardiri

Donc, une exposition au long cours, dans le temps comme dans l’espace, beaucoup d’œuvres et en regard, des photos et des affiches rappelant le contexte, des publications de revues…Très riche, trop riche, je me suis un peu perdue.

Il sera question de décolonisationloin de l’Orientalisme du XIX ème siècle. pas besoin de faire appel à Edward Saïd que j’attendais un peu pour sa critique de l’Orientalisme. Tout simplement parce que les plasticiens sont orientaux, tandis que les Orientalistes ont un regard occidental sur l’Orient idéalisé ou fantasmé. 

1.l’Orientalisme arabe ou l’Orient rêvé par lui-même

En revanche je n’attendais pas Khalil Gibran peintre. Je connaissais l’écrivain. Il a suivi l’enseignement de l’Académie Julian. 

La fiancée du Nil – Mahmoud Mokhtar 1929

Avec Nahda en Egypte on assiste à l’essor d’une pensée libérale. Le sculpteur égyptien Mahmoud Mokhtar conçoit le monument à la Nahda.

maternités arabes 1920 Georges Hanna Sabbagh

L’alexandrin Georges Sabbagh a étudié à l’académie Ranson en 1910. On voit donc la porosité entre les plasticiens orientaux et les nabis et peintres français.

Prière au soleil -1928 – Abdelazziz Gorgi Tunisie

De Tunisie, proviennent des images variées comme cette prière au soleil et la Synagogue de Tunis de Maurice Bismouth (1930)

Les années 30 sont celles des Expositions Coloniale (1931) et Internationale des Arts et techniques (1937). Un mur est dédié à l’exposition coloniale avec les affiches « Ne visitez pas l’Exposition Coloniale », protestation des communistes. On y voit les pavillon de l’Egypte et de la Tunisie

2. Adieu à l’Orientalisme : les avant-gardes attaquent

Femme kabyle combattante Rabah Mellal

 

Les premières indépendances Liban (1943), Syrie (1946), Egypte (1953) et Irak (1958) 

Le groupe surréaliste égyptien expose à Paris ainsi que l’algérienne Baya. Des artistes rejoignent les ateliers de Fernand Léger et de Lhote. je retrouve avec plaisir la Kahena peinte par Atlan figure de la reine rebelle témoignant de l’engagement anticolonial du peintre qui fut un résistant.

Atlan La Kahena (1958)

j’ai aussi retrouvé les dessins de Mireille Miailhe et de Senac. Tour un mur est couvert d’affiches sur la Guerre d’Algérie, le référendum de De Gaulle, une accusation de Massu et de la torture. 

les larmes de Francis Hamburger

3. L’art en lutte : de la cause palestinienne à l’Apocalypse arabe

la Famine dans le Tiers monde année 50 El Meki

Un autre mur de photos et d’affiche montre Nasser et la nationalisation du Canal de Suez,et la construction du Barrage d’Assouan ; un autre est consacré à la Palestine. La guerre au Liban n’est pas oubliée avec l’illustration d’Etel Adnan, poétesse et plasticienne : des bandes en accordéon aquarellées sont accompagnées d’une bande-son. 

L’arbre amoureux Mahmoud Darwich d’après Mona Saudi (1979)

Les Arts en France sous Charles VII – (1422-1461) au Musée de Cluny

Exposition temporaire jusqu’au 16 juin 2024

Les emblèmes de Charles VII  : 2 cerfs ailés, bannière de Saint Michel et soleil levant, fleurs : iris, roses

Le règne de Charles VII commence pendant la Guerre de Cent Ans. Jeanne d’Arc conduisit le roi à Reims pour le Sacre en 1429.

1435, le Traité d’Arras signe la réconciliation du Rois de France avec Philippe le Boon duc de Bourgogne

En 1453, fin de la Guerre de Cent ans  après la Victoire de Castillon 

Dans ce contexte politique et économique chaotique, les Arts se développent plutôt dans les Pays Bas bourguignons où les Flamands innovent avec la peinture à l’huile, et en Italie avec la Renaissance (perspective, retour à l’Antique).

Cette exposition suit celle du Louvre autour de la Vierge du Chancelier Rolin (1435) que j’ai vraiment beaucoup aimée.

Couple sous un dais (laine et soie) Tournai 1455-1460

Les tapisseries sont spectaculaires. ma préférée est celle des emblèmes de Guillaume de Jouvenel des Ursins, avec l’ours, sans surprise, et les acanthes qu’on appelle aussi des ursines.

De nombreux manuscrits enluminés sont présentés : Livres d’Heures, missels, mais aussi de Grandes Chroniques de France (1429) et les merveilleuses enluminures du Maître de Rohan

Le mort devant son juge Le Maître de Rohan

On peut « feuilleter » le manuscrit qui a été scanné : » tourner », les pages sur un écran. 3 gros parchemins reliés proviennent d’Italie, Plutarque, Vie des Hommes Illustre, Cosmographie de Ptolémée et une géographie de Strabon.

Jean Fouquet obtient le titre de « peintre du Roi » sous Louis XI mais il est déjà actif sous Charles VII dont il a peint le portrait. Il a aussi illustré le très gros ouvrage des Chroniques de France avec 31 miniatures. 

Retable de l’Annonciation de Barthélémy d’Eyck

Le merveilleux Retable de l’Annonciation peint par Barthélémy d’Eyck originaire de Liège mais Peintre du Roi René, a longuement retenu mon attention. la présentation de l’exposition avec des explications des détails permet une lecture symbolique passionnante. Chaque détail même infime a son importance, la chauve souris sous les chapiteaux comme le singe juste touché par les rayons de la lumière céleste. 

Pleurants du monument funéraire du duc de Berry

N’oublions pas la sculpture. Coup de cœur pour les pleurants!

 

Musée de la Toile de Jouy – l’Histoire de la Manufacture d’Oberkampf

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Chinoiseries à la mode du 18ème siècle;

Nous avons déjà visité le Musée de la Toile de Jouy il y a quelques années et j’avais tant apprécié cette visite que nous avons emmené une amie pour son anniversaire. Je me me souvenais de l’aspect historique et de l’illustration de l’Histoire de France sur les motifs dessinés. Ces dernier ne se bornent pas à être de fades pastorales pour chambres d’enfant roses ou bleus mais sont beaucoup plus élaborés, colorés et variés que cette version populaire.

Oberkampf par Boilly

Depuis cette dernière visite les collections ont été réorganisées en privilégiant l’Histoire de la Manufacture CLIC(1760 -1843) par Christophe Philippe Oberkampf. héritier de teinturiers germanique, il a appris à travailler en Suisse et trouve à Jouy le lieu idéal avec les eaux de la Bièvre, du foncier disponible et la proximité de Versailles. En 1686 un édit interdit l’importation des indiennes, toiles colorées  venant d’Orient par les caravanes d’abord, puis par voie maritime. la prohibition n’empêche pas la mode et les indiennes arrivent en contrebande d’Allemagne et d’Angleterre. 

En 1759 la liberté d’imprimer les tissus est rétablie.

Manufacture de Jouy peinte par la fille d’Oberkampf

Les tissus furent imprimés d’abord à l’aide de plaques de cuivres gravées puis dès 1793 avec des cylindres.

En 1793 , on enlève l’adjectif « royale » à la manufacture

Fête de la Fédération

En 1803 la Manufacture de Jouy était la 3ème entreprise française après les Charbons d’Anzin et Saint Gobain.

En 1805, 1318 employés y travaillaient, 3 dessinateurs, 5 graveurs sur cuivre, 2740 graveurs sur bois. 47% du personnel étaient des femmes. 72 gamins épingleurs étaient embauchés à 8 ans.

Empire : décor des monuments d’Egypte

En 1806, Oberkampf reçu la Légion d’Honneur des mains de Napoléon 1er.

Pastorale : offrande à l’amour

Les dessins de Jean-Baptiste Hueétaient très sophistiquées. On parlait de meubles à personnages 

Oberkampf meut en 1815, lègue l’entreprise à son fils mais la manufacture ferme en 1843 et elle démantelée. En 1870, l’Ecole des Beaux Arts organise une véritable Renaissance, Oberkampf est panthéonisé par la III République symbolisant les valeurs du Travail.

Les étapes de la Fabrication sont détaillées dans le couloir :

1 Blanchissage : La toile brute est d’abord blanchie au chlore

2. Battage : les toiles sont trempées dans la Bièvre puis frappées avec des fléaux.

3. Le séchage : les bandes de tissus séchaient étalées dans les prés, ou sont accrochées au rebord des toitures

4. Grillageafin de brûler le duvet et d’obtenir un tissu lisse

5. Lavage

6. Engallage : bain de noix de galles

7. Sèchage à l’étuve et rinçage

8. Calandrage les bandes de tissu passaient entre des rouleaux pour être bien lisses

8; Mordançage : impression des traits de contour

9. Garançage ou Gaudage : la toile est passée dans un bain de garance ou de gaude qui agissent comme révélateur sur les mordants pour faire apparaître les couleurs

10 bousage : la toile est passé dans un bain de bouses de vache pour éliminer l’excès d’épaississants. puis dans un second bain de bouse pour aviver les couleurs

11 pinceautage: les retouches sont ajoutées à la main par les pinceauteuses qui fabriquent leur pinceau avec des mèches de leurs cheveux..

Ces termes techniques précis me ravissent.

L’appartement Oberkampf

On peut visiter l’appartement des Oberkampf utilisant bien sûr les tissus imprimés!

La Toile de Jouy fut utilisée au XXème siècle. Christian Dior en fit la promotion dans la décoration de son magasin de New York . La toile de Jouy symbolisant la France pour les Américains, donnant une touche exotique remarquable. 

timorous Beasties : Toile des Alpes

Enfin, l’Exposition Toiles Tales de Timourous Beasties  (Exposition temporaire du 9 février jusqu’au 19 mai 2024) donne un regard très contemporain dans l’impression de papiers peints ou de tissus, rideaux, tentures, objets dérivés. Timourous Beasties est un studio de design écossais fondé à Glasgow en 1990 par Paul Simmons et Alistair Mc Auley.

Timourous Beasties Toile de New York

 

la toile de New York est subversive avec le mur vertical qui sépare (avec le symbole du Dollar le deux populations avec la poubelle des repus.

j’ai aussi aimé la Toiles de Londres, curieuse celle de Nike, motifs de golf, motifs fantastiques. De la Toile de Jouy bien loin des pastorales roses!

En plus de visite du Musée de la Toile de Jouy on peut visiter la Maison de Léon Blum. Un sentier de randonnée d’environ 2 km relie les deux musées dans la forêt (mais c’est très escarpé) . On peut aussi longer la Bièvres.

Et pour déjeuner, je vous recommande Le Robin des Bois juste en face de la Gare, service très sympathique, cuisine simple mais bien servie. 

 

La Maison d’Emile Zola à Médan

LES ROUGON-MACQUART

La maison de Zola vue des bords de Seine à Médan

26 rue Pasteur – Médan – de Paris environ 30 km par l’autoroute A13

Les visites sont guidées, il convient de réserver les billets sur Internet sur le site de la Maison d’Emile-Zola – Musée Dreyfus

Zola acheta sa maison en 1878 grâce aux gains de l’Assommoir, puis agrandit la maison avec deux tours Nana et Germinal 

Salon de Zola, côté billard avec le vitrail au paon

A la mort de Zola en 1902, Alexandrine Zola a vendu les meubles, les vitraux et a offert la maison à l’Assistance Publique. En 1999, Pierre Bergé avec l’Association de la Maison-Zola a restauré la maison à l’identique sur le souhait de François Mitterrand. De la petite maison initiale, l’écrivain a meublé un château à son goût, collectionnant de nombreux objets parfois hétéroclites. Le conférencier nous fait remarquer que ce républicain avait multiplié les fleurs de lys, cet agnostique, les madones…

Salon côté musique et jardin

L’évocation de la vie sociale, des Soirées de Médan (Maupassant, Huysmans, Céard, Hennique, Paul Alexis) se fera autour de la table de la salle à manger. Chez les Zola, on mange beaucoup, on invite à déjeuner.

Salle à manger

On remarque les assiettes dans le buffet : ce sont des « produits dérivés » à l’image des personnages de l’Assommoir, vendues dans les librairies. Alexandrine en parfaite hôtesse surveille la préparation du repas mais y participe. La cuisine communique avec la salle à manger, ce qui ne se faisait pas dans les maisons bourgeoises.

cuisine

la salle de bains était aussi très commode et fonctionnelle, très grande aussi. L’écrivain recevait ses invités quand il était dans son bain. En revanche, pour ne pas être dérangé, il a refusé qu’on lui pose le téléphone.

le bureau de Zola

Zola était un gros travailleur. Sa devise « pas un jour sans une ligne » est inscrite en latin sur la cheminée. Il passait 4 heures chaque matin à son bureau. Derrière la balustrade, sa bibliothèque. Le guide nous montre un fauteuil avec les symboles du Rêve qu’il a écrit dans la lumière colorée de vitraux anciens (provenant d’une chapelle bretonne) Il se trouvait donc dans l’ambiance. Je n’ai pas beaucoup apprécié cet opus. Les vitraux ont été vendus « à un Américain » sans autres précision, et perdus. Le plus amusant est qu’ils ont été retrouvés très récemment. Le magnat de presse Hearst les avait achetés, emporté aux Etats Unis, et  n’avait même pas déballé les caisses. Ils ont été retrouvés sur un compte Instagram très récemment et seront peut-être copié pour retrouver le décor initial. 

La lingerie

La lingerie permet d’animer le souvenir d’Alexandrine, Madame Zola, qui était lingère avant d’épouser Zola. Une personnalité intéressante. Un mariage égalitaire (pour l’époque) et d’évoquer la maîtresse de Zola, lingère aussi,  qui lui donna deux enfants.

Dans la dernière salle une exposition est dédiée au #J’accuse…! de Dytar

Dytar BD #j’accuse!…

que je viens de réserver à la Médiathèque : BD traitant de l’Affaire Dreyfus avec les techniques actuelles .

La visite était passionnante, mais elle s’est terminé à 12h30, heure de fermeture de la Maison Zola. Je n’ai pas pu visiter le Musée Dreyfus. Il nous faudra revenir. 

Médan château

Le village de Médan mérite une visite. Le château(1494) a vu la visite de Ronsard , celle de Cézanne et de Maeterlinck qui en  a été propriétaire. Pour le visiter en groupe, il convient de prendre rendez-vous, les individuels sont accueillis certains jours précisés sur le site du château ICI

Il y a même un accueil spécial ‘randonneurs » avec possibilité de suivre le GR1 et de s’arrêter dans le parc.

Une exposition de photos en face de la Mairie présente des clichés pris par Emile Zola et par Alexandrine. Un panneau montre les photos du chemin de fer. 232 trains par jour passaient à travers la propriété de Zola. Avec ses amis ils s’amusaient à compter les trains, les wagons et la documentation pour la Bête Humaine a pour origine ces passages. Une autre série de photos est consacrées aux habitants célèbres de Médan en plus de Ronsard, Maeterlinck et Zola, Geneviève Tabouis, Bruno Crémer Suzy Solidor et d’autres que je ne connais pas du tout ont habité Médan. 

Nous avons pique-niqué sur les bords de Seine, les deux restaurants Aux Ecrivains et la Crêperie sont fermés. Le sentier de halage m’a conduit enfin à la Guinguette de l’île du Roi qui aurait pu faire l’affaire. Une jolie promenade. 

De la porte d’Ivry à la porte de Bagnolet

EN SUIVANT LE PERIPHERIQUE AVEC LE VOYAGE METROPOLITAIN

Porte d’Ivry

J’arrive à la Porte d’Ivry par le tramway T3 sur son gazon vert qui court sur les boulevards des Maréchaux,  apaisés. Le Périphérique, objet de notre exploration est invisible.

Des Fortifs au Périf

Denis est notre conférencier pour le début de la matinée, spécialiste Ivry-Vitry. L’histoire commence avec les fortifications de Thiers qui ont coupé à travers le tissu urbain d’Ivry et isolé Ivry de Paris.  Une référence :    Des Fortifs au Périf de A. Lortie et J-L Cohen. Cette ceinture démantelée a donné un espace non constructible La Zone où se sont installées des cabanes, roulotes ….

Les usines Panhard-Levassor bordaient les » maréchaux » avec leurs bâtiments de briques. Le Rendez-vous est devant l’Ecole Emile Levassor construite en angle en face du boulevard Massena, à la pointe des usines Panhard.

En face, un bâtiment de brique occupé par les bureaux de la SNCF est une réhabilitation moderne des bâtiments Panhard.

Un stade, le siège de la fédération française de Tennis de table, des installations sportives isolent la ville du périphérique que nous ne voyons toujours pas.

« habiter une porte »

De l’autre côté du boulevard Massena, une ceinture de briques des logements sociaux (HBM)impriment une identité originale à ses habitants qui ne sont ni vraiment parisiens, ni banlieusards. Espace aménagé récemment ménageant des perspectives singulières place Yersin,  avec la Tour Eiffel dans l’axe.

Souvenir des anciens chemins comme celui du Château des Rentiers que l’on retrouve de l’autre côté du périf dans le Petit Ivry. La place Jean Ferrat est bordée d’un côté d’une barre de logement impressionnante, on a dû déplacer l’ancien moulin qui a gardé ses ailes.

Petit Ivry pavillon

 

 

 

Des pavillons avec des jardins coexistent avec les constructions contemporaines.

Un hôtel, un parking, dominent la tranchée du périphérique. Le plaisir du Voyage Métropolitain est de prendre son temps à regarder ce que personne ne voit : le mur antibruit coloré bariolé, les petites maisons.

 

 

Nous descendons par des ruelles rappelant les traboules lyonnaises entre des jardins et des maisons tranquilles. Pour conforter les construction sur cette pente raide des vis en métal sont électrifiées pour empêcher la corrosion. Bizarre!

Juste en face de cette ruelle bucolique les deux cheminées de l’usine d’incinération d’Ivry et la grande tour du retraitement des ordures. Perspective assez dantesque.

Street Art

Domaine des graffeurs et du Street Art, la  galerie Lavo//Matik et plus bas sous les escaliers nous découvrons un lieu qui leur est un peu réservé sous les bretelles d’une voie rapide reliant Paris à Ivry, autoroute fantôme où ne passe aucun véhicule qui coupe le passage vers la Seine.

Street At sous l’échangeur

il y a bien des chaises, transats et cabanes de bars éphémères, mais il est trop tôt, cela n’ouvre pas avant 11 heures. Nous nous trouvons à la base des Tours Duo de Jean Nouvel. Elles éclipsent un autre bâtiment « remarquable » primé celui de Perreault qu’il faut chercher pour le voir. De l’autre côté on peut voir le joli spectacle de la circulation automobile reflétée sur le mur oblique en une sorte de kaléidoscope. Effet optique étonnant qu’on ne remarque pas quand on roule sur le périf : soit on roule trop vite pour regarder en l’air, soit il y a un bouchon et alors le spectacle s’arrête! 

les tours Nouvel

Le vent glacial rend la traversée de la Seine sur le Pont National assez désagréable. Un gros point rouge sur le béton du périphérique signale le kilomètre zéro de ce dernier. Nous descendons et marchons le long du centre commercial Bercy 2, croisant au passage des Flex bus espagnols ou hongrois. Drôle d’endroit pour embarquer! 

Une odeur alcoolisée nous signale qu’on marche le long des bâtiments de La Martiniquaise  puis un  passage discret nous conduit à une passerelle très haute et très longue qui enjambe les rails des trains de la gare de Bercy. Du haut de la passerelle nous découvrons les bouteilles….

De la passerelle de Bercy

Là où se trouvent les voies ferrées, il y avait autrefois un très beau château et un magnifique parc. Il n’en reste que deux jolis pavillons à Charenton

 

Nous nous dirigeons vers le Bois de Vincennes (qui appartient à la Ville de Paris) . Pour encore quelques jours, la Foire du Trône occupe la Pelouse de Reuilly. Pour entrer il faut se soumettre à la fouille, une file pour les femmes, une autre pour les hommes, on écarte les bras. Palpation et visite des sacs. C’est une plaisanterie parce que nous avons tous des couverts et opinels pour le pique-nique et qu’on nous laisse passer. 

Foire du trône

A 11 heures, il n’y a encore personne, nous traversons sans voir les attractions en action. En revanche les odeurs de barbapapa et de frites nous titillent déjà. Pourquoi ai-je un pique-nique d’œufs durs dans mon sac?

Pique-nique tout à côté sur les bords du Lac Daumesnil. Nous repartons ensuite par la Porte Dorée . Arrêt devant la grande stèle de l’Exposition Coloniale : Monument à la Mission Marchand avec les noms des militaires coloniaux gravés sur une sorte de bouclier et un bas relief représentant des coloniaux aux attitudes avantageuses en compagnie de tirailleurs …L’existence de cette stèle pose problème. Elle est bien propre mais elle fait souvent l’objet de tags ou de jets de peinture. La discussion s’engage dans le groupe. Nous n’avons pas le temps de nous attarder à détailler la très belle façade du Musée de l’Immigration (autrefois musée des colonies) .

la Coulée verte et la Petite Ceinture

Nous entrons dans Paris par des rues tranquilles et des jardins. Nous  accédons à la Petite Ceinture par le square Charles Péguy. Les rails sont toujours en place. A la base du talus des jardins partagés élargissent le périmètre de verdure. Dans Paris, mais avec une impression de campagne. Malheureusement, la coulée verte est barrée au niveau d’un tunnel, c’est le RER A  qui prend la suite des voies ferrées de l’autre côté du périphérique.

Nous continuons la promenade dans Saint Mandé avec un petit détour au Lac de Saint Mandé moins connu que le Lac Daumesnil.

Saint Louis de Vincennes

La promenade dans les rues cossues nous réserve une surprise : l‘Eglise Saint Louis de Vincennes des architectes Droz et Marrast qui remportèrent le concours en 1912, construction terminée en 1924

Le plan d’inspiration byzantine est centré en croix par des arcs de béton.

Eglise Saint Louis de Vincennes

Les murs extérieurs sont en meulière et en brique, le curieux campanile en brique. Le porche est abrité par un auvent semi-circulaire décoré

Porche . H Marret

A l’intérieur, les fresques sont l’œuvre de Maurice Denis et de Marret, les céramiques colorées de Maurice Dhomme.

De Vincennes nous arrivons à Montreuil, accueillis par la grosse barre rouge de la BNP, tout le quartier est BNP, sauf en rez de chaussée les concessionnaires automobile, Renault, Dacia mais aussi des modèles de luxe. Dimanche, ce quartier bancaire est particulièrement désert. Nous montons sur le toit d’une construction sportive et découvrons un curieux espace très graffité. Désert lui aussi. Des enfants jouent sur un terrain. De l’autre côté de la rue, un bloc symétrique : Bloc CGT  face aux capitalistes ! 

Une statue  syrienne  en exil à Montreuil

Nous buttons alors sur une énorme tête d’homme sur un socle: celle du poète syrien aveugle Abu Ala Al Maari (973 – 1057) qui a dénoncé il y a plus de  1000 ans l’intégrisme religieux . Quand sas ville, Ma’arrat Al Numa’Man, s’est révoltée au printemps 2011, le régime syrien l’a bombardée. occupée par les djihadistes en 2013, la statue fut décapitée.

le sculpteur syrien Assem Al Basha l’a sculptée à nouveau en 2018 à Grenade. 

« Elle est réfugiée à Montreuil jusqu’à ce qu’elle puisse retourner dans une Syrie libre de tout despotisme, extrémisme et occupation« 

peut-on lire sur son socle.

Nous traversons les  Puces de Montreuil, encore un souvenir de la Zone! A la Ville de Paris, le Bois de Vincennes, à sa banlieue, les rebuts des chiffonniers, les biffins, la récupération. Plus trop de « puces » et de vieilleries ou d’occasion, plutôt des fringues très bas de gamme. 

Retraversée du périf : Paris nous accueille en fanfare, fête organisée dans un stade, foodtrucks, jeux de ballon, stage de Street Art (effluves des bombes de peinture, on ne verra pas les chefs d’œuvres) une toile cirée piste de danse?

56 rue Saint Blaise : un jardin partagé, étroite bande comprise entre les deux murs d’un immeuble. Deux allées, des bandes de terrain bien vertes où poussent une grande variété de végétaux. Peu ensoleillé, le jardin ne donnera peut-être pas beaucoup de récoltes mais des tomates s’en débrouillent. C’est probablement l’aspect convivial qu’il faut souligner, le plaisir qu’ont les membres de l’association de cultiver leur tout petit carré et de rencontrer les autres. Face à la rue, un bâtiment  assez léger recouvert de panneaux solaires qui fournissent l’électricité nécessaire et même EDF leur reverse quelques subsides. Sans oublier une Amap qui distribue des paniers…..

La balade se termine à l’échangeur de Bagnolet.

 

Revoir Van Eyck – Rencontre avec un chef d’œuvre : la Vierge du Chancelier Rolin au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 17 juin 2024

Vierge du Chancelier Rolin – Van Eyck

Contempler pendant deux heures un tableau (avec quelques autres) et ne pas en être lassée, le quitter à regret. Avoir tant de plaisir à le découvrir que les échanges se sont fait entre inconnus, envie de partager les découvertes, de s’étonner ensemble. Chercher avec les visiteurs  le détail qu’on ne trouverait  qu’avec de très bons yeux, le découvrir (ou pas) nous n’avons pas trouvé le lapin dans le jardin)…Telle est la grande réussite de cette exposition autour du chef d’œuvre de Van Eyck récemment restauré. 

Il faut mériter cette visite après un haut escalier jusqu’ à la Salle de la Chapelle.

Face à l’entrée, en majesté, on remarque d’abord les deux personnages, la Vierge enveloppée d’un riche manteau rouge, Nicolas Rolin, agenouillé revêtu d’un riche manteau brun bordé de fourrure. Contrastant avec le rouge : le bleu du tissu drapant le prie-Dieu, et celui de la robe de l’ange qui tient la couronne.  A travers trois arcades, un paysage limité par les Alpes enneigées.

Nicolas Rolin en prière – Rogier Van der Weyden

Un circuit s’impose avant de revenir au tableau. Portraits de Nicolas Rolin, (1396 – 1467),personnage considérable: Chancelier du Duc de Bourgogne, Philippe le bon, que je découvre sur le parchemin. Le Duc est en noir et tout proche Nicolas Rolin. Nicolas Rolin est le fondateur des Hospices de Beaune

Philippe le bon reçoit le livre – Rogier Van der Weyden

Une série de portraits de Van Eyck, Campin, Rogier van der Weyden, montre comment les peintres flamands s’attachaient à représenter les personnages ressemblants. 

Jacques Daret : Présentation au Temple

Une autre section montre des éléments d’architecture ; les chapiteaux de pierre de Corbie (Picardie) ou Moissac avec des entrelacs sont des éléments du décor présents dans nombreux tableaux comme la Présentation au temple de Jacques Daret (Daret est l’élève de Campin) 

Annonciation Van Eyck (détail inscriptions)

L’Annonciation de Jan Van Eyck  m’a beaucoup intriguée. pourquoi l’inscription correspondant aux paroles de l’ange sont-elles lisibles et la réponse de la Vierge a les lettres inversées, retournées. Une dame américaine a trouvé avec son smartphone la réponse sur un site en anglais: les mots de Gabriel, à l’endroit, tandis que la réponse à l’envers sont destinées à Dieu. J’ai apprécié cet échange avec une visiteuse, vrai partage. Ensemble nous observons les 7 lumières de Dieu et le Saint Esprit (colombe) descendant d’un vitrail sur la Vierge.

Annonciation – jan Van Eyck

j’ai mieux vu la colombe et admiré le soin des dessins du pavement.

Une section s’intitule : Deux fonctions pour un objet . De son vivant Nicolas Rolin transportait partout La Vierge, l’envers était peint d’un faux marbre coloré, véritable tableau abstrait. Après sa mort il devait être placé à côté de son tombeau. 

Une 4ème section : Rencontre présente la confrontation d’un homme (ou une femme, ou le spectateur du tableau) face au divin. Divers procédés doivent montrer la différence : changement d’échelle ou vue au pieds de la Vierge, le spectateur est imaginé agenouillé. dans la Vierge de Lucques

Jan Van Eyck – Vierge de Lucques

j’ai bien aimé cette Vierge allaitante.

5ème salle Paysagela paysage de la Vierge du Chancelier Rolin montre une grande ville avec de nombreux clochers, un château sur une île, au milieu d’une campagne prospère . Cette image de la prospérité m’a fait penser au Bon Gouvernement de Sienne. Le fleuve central fait ressentir la profondeur de champ. 

6ème salle Jardin et Petits guides dans le tableau de la Vierge de Rolin on voit un jardin suspendu. Le thème du « jardin clos » est une image de la pureté de la Vierge. Dans ce jardin figurent des fleurs et des animaux (lapin, pie, paons) qui ornent aussi les marges des manuscrits de l’époque comme le Codex Cocharelli ou ce petit tableau de la Vierge au Paradis où l’enfant Jésus joue avec un psaltérion présenté par des anges. Les petits guides penchés au dessus des créneaux se retrouvent dans de nombreux tableaux 

Campin – Nativité

Il est temps de revenir au tableau de Van Eyck et, de le scruter pour chercher les détails : le jardin suspendu avec les fleurs et les oiseaux (pies), je n’ai pas vu le lapin pourtant cherché avec d’autres visiteurs. Les petits personnages des créneaux (petits guides) nous montrent le paysage. Celui qui porte un turban rouge serait-il Jan Van Eyck lui-même?

Pour une exploration du paysage une animation en macrophotographie nous permet de nous promener dans la ville à la sortie de la messe, sur le pont avec les nombreux personnages, souvent noirs mais égayés de rouge et de bleu (comme les dominantes du tableau). Des taches jaunes marquent la lumière, sur les clochetons, ou même dans les arbres. L’exploration du paysage s’apparente à une méditation. Promenade en suivant les petits personnages qui cheminent ou en admirant l’architecture des nombreuses églises….

 

Une conférencière cite le site Closer to Van Eyck qui donne des études de détail en macrophotographie d’autres œuvres du peintre.

Une excellent visite!