C’est une installation d’art contemporainque nous offre l’artiste franco-gabonaise s’inspirant des rituels de deuil des pleureuses punu. Elle met en scène un
« récit de larmes expérimenté lors du décès de mon père à travers les rites d’accompagnement au mort par les pleureuses »
Art total puisque Myriam Minhidou associe la musique à ses sculpture. Comme un long serpent ondulant, une sculpture végétale émet une mélodie vibratoire quand on la caresse. Le visiteur se déplace donc dans une ambiance sonore qu’il crée en intervenant sur la sculpture.
harpes gabonaises
Autre référence musicale : les harpes sacrées conservées dans la tour des instruments du Musée du quai Branly. Elle a transposé la peau de ces harpes en céramique.
argile et sel
Larmes de sel cristallisé et gravées, mémoire des larmes, invitation à la méditation
Cette exposition au Musée du Quai Branly tombe à pic surtout qu’elle fait suite à la très grande exposition Mexica traitant également de civilisations précolombiennes.
Cette exposition a été précédée de deux autres : l’une d’elle commémorant les 500 ans de la Rencontre des Deux Mondes et Arts des Sculpteurs taïnos en 1994 au Petit Palais sous le patronage de Jacques Chirac.
La longue histoire des Améridiens des Antilles commence au Vénézuela. Partant du Delta de l’Orénoque, les Taïnos naviguèrent sur des pirogues jusqu’à Cuba, la Jamaïque let les Bahamas important leurs traditions agricoles et leur céramique Saladero. Les Kalinagos ne dépassèrent pas la Guadeloupe.
Jougs de pierre
Certains objets sont très aboutis comme les jougs de pierre et les étranges trigonolithes (pierres à trois pointes)
trigonolithes
Les archéologues ont mis en évidence des traditions améridiennes comme le Jeu de Balle des Taïnos à l’occasion de cérémonie religieuse , les balles étaient en caoutchouc.
Rituels de Cohoba
Le rituel de Cohoba seuls les caciques y participaient. Après une purification par un jeûne prolongé et des vomissements (on voit ci-dessus des spatules vomitives) la Cahoba était une poudre d’origine végétale provoquant un état de transes hypnotique.
les Kalinagosétaient cannibales . L’exposition présente les bâtons casse-têtes.
Des photos montrent également l’art rupestre de ces peuplades.
Arrestation et déportation du cacique Caonabo(1991) Frank Zephirin
Une vidéo montre la rencontre des deux mondes illustrée par les tableaux naïfs de peintres haïtiens
Arrestation et déportation du cacique Caonabo
Les Espagnols ont décimé les Amérindiens mais les Kalinagos ont obtenu un territoire à la Dominique, dans l’île de Saint Vincent les Garifunas « Caraïbes noirs » métissés avec des esclaves africains ont adopté la culture Caraïbe. A Porto Rico de nombreux habitants ont des ascendants taïnos.
Et voici qui vient contredire Christophe Colomb qui parlait d’indigènes nus et naïfs!
Depuis sa rétrospective au Musée Zadkine, j’ai cherché une biographie de Chana Orloff . L’horizon pour elle a dénoué sa ceinture de Rebecca Benhamou est une biographie pleine de sensibilité et d’empathie qui replace la sculptrice dans son contexte.
1910, Chana Orloff quitte la Palestine pour Paris, prend son indépendance et étudie le dessin et la sculpture après un passage dans un atelier de couture.
« Paris c’est la liberté, c’est les droits de l’homme et tant d’autres choses[…]A Paris elle sera une femme libre, »
A Montparnasse, elle trouve d’autres artistes juifs, certains parlent hébreu ou yiddisch. Dans la sculpture, elle trouve sa voie comme portraitiste désobéissant à la tradition juive qui interdit de reproduire des images sculptées.
« Observe les visages, Chana. Ne les copie pas, applique-toi plutôt à les lire. Rappelle-toi, panim n’existe
qu’au pluriel. N’est-ce pas lourd de sens ? Sculpte les visages, sculpte les corps, sculpte les vrais gens. Le
reste n’a pas d’importance. » (Soutine)
Panim, (une petite critique pour l’édition numérique qui reproduit les mots en lettres hébraïques mais qui a oublié que l’hébreu s’écrit de droite à gauche, la lecture en est toute bizarre! )
Portraits : (en haut à droite Otto Rank)
Elle fréquente les « Montparnos »: Foujita, Picasso, Kisling, Soutine, Lipschitz, Zadkine, Modigliani et Jeanne Hébuterne. Dès 1912, elle expose deux portraits au Salon d’Automne.
A Necherith
Oui tu es belle
Ni rose ni lys, ni princesse
Artiste
Le grand amour de Chana Orloff, le poète polonais Ary Justman, proche d’Apollinaire, de Cendrars devient son mari et le père de Didi. Il meurt en 1919 de la grippe espagnole, peu de temps après la disparition d’Apollinaire. Décès de Modigliani, suivi par Jeanne Hébuterne.
« Après le temps du deuil celle qu’on surnommait l'(aigle a déployé ses ailes »
Elle devient la portraitiste des élites parisiennes. les plus grands posent pour elle
Durant les années folles, Paris est une fête. Chana fréquente les américaines Natalie Clifford Barney, et les Amazones que l’Exposition Pionnières au Luxembourg a mis en lumière CLIC
Romaine Brooks
Et Chana n’a plus que ce mot en tête : Amazone. Elle fait partie de ce groupe. Amazone, c’est ce qu’elle est
devenue.
C’est le nom d’un groupe de femmes, comme elle, habituées à faire cavalier seul. Des femmes qui vivent
avec des femmes, d’autres qui couchent avec des femmes et des hommes, d’autres encore qui s’habillent
comme des hommes, qui redéfinissent radicalement le sens de la féminité.
Le féminisme de Chana, si tant est qu’il existe, est un féminisme muet, que l’on découvre au fil des
portraits qu’elle réalise : 1920, Natalie Clifford Barney. 1921, Claude Cahun, photographe, écrivain, poète.
1923, Romaine Brooks, artiste peintre. 1931, Eyre de Lanux, artiste, écrivain, designer. 1934, Anaïs Nin,
écrivain. 1939, Germaine Malaterre-Sellier, militante, féministe…
Féministe, mais aussi mère. La maternité inspire de nombreuses œuvres.
C’est pourtant un amour si singulier, rétorque Chana. Plus viscéral, plus animal, plus ancré. Pour une
artiste, c’est le plus transcendant de tous les arts. La maternité, c’est insuffler un peu de magie et de grâce
dans la banalité du monde, c’est la plus noble de toutes les créations, c’est l’art par le corps. Comment être
pleinement artiste sans avoir donné la vie, sans l’avoir sentie dans son ventre, dans ses tripes, au plus
profond de soi ? »
En 1926, Chana et son fils obtiennent la nationalité française et la légion d’honneur. Elle fait construire sa maison-atelier Villa Seurat
« projet, réalisé par les frères Lurçat, avait pour but de créer une colonie d’artistes. Cette vie en collectivité a
trouvé indéniablement un écho chez elle, dont la famille habitait encore dans un kibboutz en Palestine.
Elle s’est retrouvée dans la vision moderne de l’architecte Auguste Perret, précurseur dans l’utilisation de béton armé, et lui a confié la construction de sa maison. »
Au fil des années 30, l’atmosphère s’alourdit, l’antisémitisme gagne. malgré les lettres de sa famille qui l’implore de rentrer à Tel Aviv Chana reste à Montparnasse qu’elle ne quitte en catastrophe pour échapper à la rafle en juillet 42. Exil en Suisse. Dès la Libération, elle revient pour trouver la villa Seurat saccagée, ses sculptures blessées. Puis elle se remet au travail et sculpte un homme dans la glaise. Elle l’appellera le Retour.
Il me reste maintenant à découvrir la Villa Seurat mais il faut s’inscrire longtemps à l’avance.
Ce livre va résonner encore longtemps, la première page s’est ouverte au Kibboutz Be’eri, en 2016. Cela me fait frémir.
Herbin : Route muletière à Céret (mon tableau préféré)
J’ai, à l’occasion, rencontré les tableaux de Herbin dans des visites diverses et chaque fois, je les ai remarqués sans savoir qui était le peintre.
Herbin – Autoportrait fauviste
Le charmant Musée de Montmartre le présente ainsi :
« Auguste Herbin est le secret le mieux gardé de l’aventure de l’art moderne »
Né en 1882 à Quiévy (Cateau-Cambrésy), fit ses études aux Beaux Arts de Lille et se passionne pour la peinture impressionniste.
Paysage nocturne à Lille
S’installe à Paris en 1901, de .
le Fauve (1902-1908)
1909-1927 au Bateau-Lavoir
paysage cubiste près du Cateau Cambrésis
Le fauvisme le mène au cubisme, j’aime beaucoup ces arbres cubistes!
la Famille, femme et enfants
Alors que les Cubistes, Picasso, Braque Gleizes ont tendance à affadir les couleurs, privilégiant les constructions, Herbin affirme la couleur
autoportrait cubiste
la nature morte au chapeau très coloré est une sorte d’autoportrait intime
nature morte au chapeau(1928)
Il séjourne en 1913 à Céret en même temps que Max Jacob, Kisling, Juan Gris et Picasso, il y retournera à plusieurs reprises.
Chemin du Bon ange à Vaison-la-Romaine
Avec un autre paysage méditerranéen je ne sais s’il faut le caractériser de cubiste ou pas.
Composition colorée
les Compositions colorées sont de plus en plus abstraites. Elles débouchent sur des grands tableaux abstraits appelés monumentaux.
Homme et Femme (1944)
Les tableaux suivants sont regroupés sous le titre L’alphabet plastique où couleurs et formes géométriques correspondent à la manière des Correspondances de Baudelaire ou de Voyelles de Rimbaud
Génération 1959
Toute une série colorée très séduisante conclue la rétrospective.
12 rue Cortot, tout près du Château d’eau de Montmartre. Le Musée occupe deux bâtiments dans un merveilleux jardin.
le jardin du Musée
Au fond de l’allée se trouvent les collections permanentes. A gauche, un vieux cognassier s’est couché puis a donné des rejets? A droite des merveilleux hortensias. Suzanne Valadon a peint cette façade
Suzanne Valadon : le 12 rue Cortot
Pour visiter, il faut faire le tour. Quelques pas dans le jardin sauvage et l’on découvre la Vigne de Montmartre
Vignoble de Montmartre
De 1894 à 1966, le 12 rue Cortot a vu travailler de nombreux artistes : Maximilien Luce(1894-1901) Raoul Dufy (1900-1901) Othon Friesz (1900-1902) en même temps que Maurice Utrillo et Suzanne Valadon (1898 -1905) Emile Bernard (1906-1912) Charles Camoin (1908)Francisque Poulbot(1911) Demétrius Galanis(1910-1966) puis le trio Valadon – Utrillo et André Utter.
Alfred Renaudin : Maison de Félix Ziem et moulin (1910)
Au rez de chaussée du Musée, des photos anciennes restituent le paysage au début du XXème siècle avec les moulins, les carrières. Jusqu’à 30 moulins s’élevaient sur la butte.
René Zimmermann La Maison d’Utrillo (1933)
Au premier étage s’affiche la vie de Cabaret : Le Chat Noir et le second Chat Noir, le Lapin Agile avec affiches, tableaux, sculptures…programmes
Le chat noir :Steinlein
Au Chat Noir on projetait des ombres chinoises, le théâtre d’ombre était l’oeuvre de Rivière mais aussi de dessins de Caran d’Ache. Un écran vidéo restitue certaines de ces pièces comme la Marche à l’Etoile, impressionnant défilé de soldats, lépreux avec leurs béquilles, caravane dans le désert…
Willette : parce domine parce populo tuo…(1882)
La farandole qui dégringole les rues de Montmartre qui évoquerait le French Cancan du Moulin rouge est une danse macabre « en fin de cortège, Pierrot se suicide » . Cette toile était un des décors du Chat Noir.
La peinture était à l’honneur, la musique aussi : Debussy et Erik Satie y jouèrent.
Au deuxième étage, les portraits d’Emile Bernard et de Francisque Poulbot attendent le visiteur. Une salle est dédiée à Renoir avec une tête de Renoir sculptée par Maillol.
Une autre salle expose les oeuvres de Suzanne Valadon, Utrillo, André Utter, Camoin…
café Renoir
Et si le temps le permet, si vous avez encore du temps , le Café Renoir dans le jardin est très accueillant!
Place Dalida
Pour rejoindre le métro, on peut flâner dans Montmartre, découvrir la basilique ou s’arrêter devant la statue de Dalida.
Découverte d’une civilisation, d’une histoire, d’une mythologie dont je ne soupçonnais pas l’existence. Je suis perdue, éblouie, bluffée, ahurie. j’en perds même les réflexes habituels : noter sur mon carnet, recopier les cartels. Que noter? Que recopier? Les noms sont si difficiles à lire, je serais en peine de les énoncer de mémoire tant ils sont étranges.
Ce n’est pourtant pas la première exposition d’Art Précolombien que je visite après les musées de San Joséau Costa Rica, Les Olmèques au Qui Branly, Machu Picchu, Trésor du Pérou au Trocadéro, je subis toujours la même sidération.
Un film introductif nous présente l’empire Mexica qu’on appelait Aztèques. Cette population ayant migré du Nord et fondé en 1325 Tenochtitlan – sa capitale – sur une île sur le lac Texcocoà l’emplacement actuel de Mexico. Ville de 200 000 habitants construite sur l’eau.
L’arrivée de HernànCortès en 1519 mit fin à l’Empire Mexica, conquête et variole ont décimé les populations et Tenochtitlan fut rasée.
Depuis 1978, le Templo Mayor fait l’objet de fouilles archéologiques dont cette exposition rend compte. Avant de découvrir les fouilles, il convient de se familiariser avec la cosmogonie mexica : les deux calendriers qui coïncident tous les 52 ans, représentés sur des disques sculptés, les quatre ères, le récit mystique de l’histoire mexica et ses dieux . Le dieu patron Huitzilopochtli les a guidés par un présage divin : un aigle dévorant un serpent sur un cactus.
Avant d’arriver au temple, le visiteur prend connaissance des divinités principales
Quetzalcoatl, le serpent à plumesChalchiuhtlicue, déesse de la fertilité de l’eau, des sources…
Tlaloc, le dieu énucléé de la pluie et des typhons
tous ces dieux sont représentés sous différentes formes, sculptés dans le grès ou en céramique, sous forme humaine ou animale. Je m’y suis perdue!
Toutes ces divinités doivent être conciliées par des dons et des offrandes. C’est au Templo Mayor que se déroulaient les sacrifices. Sacrifices humains qui ont tant choqué les Conquistadores, ce qui justifiait les atrocités dont ils auraient été redevables. Christianiser ces barbares sanguinaires apparaissait un devoir chrétien. Des poignards en silex décorés permettaient d’extraire les cœurs des victimes. Autosacrifices : des aiguilles d’agaves ou d’obsidienne faisaient couler le sang en offrande.
chien
Sacrifices d’animaux : de véritables animaleries ont été retrouvées dans les fondations du Templo Mayor. Des squelettes d’aigles parés de bijoux ont été enterrés entiers.
La fin de l’exposition montre que la culture mexica reste vivante en syncrétisme avec la foi chrétienne.
Une exposition éblouissante que je vous recommande en ces temps de Jeux Olympiques, j’étais presque seule dans les salles. Visite VIP§
Le marché et la Fontaine des Innocents, 1822 John James Chalon
Avant 1273, une fontaine existait près du cimetière des Innocents
Le cimetière des Innocents, l’église et la fontaine
A la Renaissance, Jean Goujon a réalisé une fontaine décorée de bas reliefs sur des thèmes aquatiques.
Nymphe de Jean Goujon
Si on ne sait rien sur la biographie de Jean Goujon on sait qu’il a réalisé les bas reliefs du jubé de Saint Germain l’Auxerrois (1544) avec les quatre évangélistes et une déploration de toute beauté
Il a également sculpté les ornementation de la façade Lescot du Louvre (1447-1459)
Cette nouvelle fontaine se situait sur le parcours de l’Entrée du roi Henri II dans Paris (1549). Elle se trouvait accolée à un immeuble d’habitation et ressemblait à une loggia avec deux arcades sur une face et une troisième sur le côté, reposant sur une citerne rectangulaire.
Dès le 17ème siècle, et, à la suite de la visite du Bernin, cette fontaine est reconnue comme un chef d’œuvre cité dans les guides touristiques.
Vers 1760 on ferma le cimetière et à sa place s’installa le marché aux herbes.
La fontaine fut remaniée de forme cubique, le sculpteur Augustin Pajour rajouta une nymphe sur le quatrième côté.
Aquarelle : la fontaine des innocents et le marché aux herbes
Un reportage photographique en 1856-1859 montre sur la dernière la construction des Halles Baltard. Cette fontaine garde des souvenirs historiques : la proclamation de la Constitution en 1791 puis les victimes de 1830.
En 1859 la Fontaine fut déplacée dans un square arboré. Elle fut protégée pendant la construction du forum des Halles. (1971-1976)
En 2024 s’achève la restauration de la Fontaine . On peut d’ailleurs assister au travail des restaurateurs qui nettoient les moulages en plâtres du siècle dernier.
David D’Angers : la Néréide Thétis portant le casque d’Achille
Les nymphes de Jean Goujon ont inspiré de nombreux artistes, Ingres, David d’Angers, Carpeaux, Bourdelle…
J’aime beaucoup ces expositions autour d’une seule œuvre qu’on étudie avec soin.
Une liaison par téléphérique est prévue entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges s’arrêtant à Valenton pour 2025. Le câble va enjamber les voies de chemin de fer, la 4 voies N406, nous verrons la station d’épuration avec les gros yeux de JR…Depuis quelques mois nous avons guetté l’installation des pylônes. Cette semaine les câbles ont été tirés.
Pointe du Lac : câble
J’attends impatience la mise en route !
Passerelle Tégéval
Depuis ma visite à Saint Denis mon intérêt pour les passerelles :s’est renouvelé. Celle qui relie la Base de Loisir du Lac de Créteil en portant la Végétale (piste cyclable et piétonne de 20 km) appelée auparavant Tégéval au dessus le la N406 est particulièrement élégante.
Au lieu de faire mon Tour de Lac près de l’eau, je pars sur les buttes de remblai explorer les nouveaux quartiers vers la Pointe du Lac avec la Faculté des Sports, la Maison du Handball
les cyclistes de ferraille
Les cyclistes de ferraille, souvenir d’un passage ancien du Tour de France suivent la piste cyclable près d’un rond-point planté d’oliviers. Changement climatique oblige, des oliviers à Créteil! Au fond se profile un bâtiment que je ne connais pas.
Centre Martin Luther King
Centre Martin Luther King
Une hôtesse m’interpelle quand je rentre : elle m’explique que cet espace est dédié à l’évènementiel. On peut y louer des salles pour une fête, un mariage, mais tous les dimanche une communauté protestante y célèbre le culte. pourtant l’hôtesse insiste : ce n’est pas un temple. Au dernier étage, il y a un restaurant et un beau roof-top.
A la Pointe du Lac, près du Stade Duvauchelle, on prépare le passage de la Flamme Olympique dimanche prochain, et une fan-zone pour ceux qui n’auront pas la chance d’avoir des billets pour les jeux…
Le Canal
Il fait maintenant très chaud, 30°C, je rentre au bord de l’eau par la Promenade François Mitterrand et le canal.
lac de Créteil
Pour terminer le long du Lac de Créteil. La Croisette est à l’ombre, la Préfecture (bâtiment doré), les Choux, se reflètent dans le miroir de l’eau. On devine le Palais de Justice trapézoïdal plus loin à gauche.
EXPLORE -PARIS – PROMENADE GUIDEE AU- DELA DU PERIF
Pour prendre la mesure du chantier titanesque il faudrait prendre de la hauteur, j’ai donc emprunté la photo aérienne sur Internet
La promenade guidée s’intitulait :
» Le franchissement urbain Pleyel, métamorphose des quartiers Pleyel et Stade de France «
Une visite d’actualité !
En ce 14 juillet 2024, 12 jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques, cette visite tombe fort à propos au cœur de l’évènement.
la Passerelle Pleyel fut inaugurée le 16 mai 2024
la Station du Métro14 Saint Denis Pleyel, le24 juin 2024.
Les Jeux se préparent, les navettes qui véhiculeront les athlètes, sont déjà parquées sur l’immense parking près du Village Olympique, les ouvriers peaufinent les derniers agencements, les gendarmes et CRS sont déjà en place aux alentours du Village Olympique que nous ne verrons que de très loin.
Le Stade de France
Rejoindre Saint Denis est déjà toute une aventure pour moi : que choisir? Le RER B, comme indiqué sur le billet plus le bus 353, ou le RER D beaucoup plus direct de Créteil, ou le métro? En attendant les super-métros du Grand Paris, aller de banlieue Sud-Est en banlieue Nord est un casse-tête.
Le rendez-vous est donné au 13 Rue Jesse Owens, parallèle au Stade de France. Tristan, le guide conférencier nous rappelle qui était Jesse Owen, le champion afro-américain des Jeux de 1936 à Berlin et raconte l’émouvante amitié entre Owens et Luz Long, l’athlète allemand que tout séparait a-priori.
Cette randonnée sera Sous le signe de la Passerelle. Deux passerelles enjambent le Canal Saint Denis. La plus ancienne (à droite) la Passerelle Des Francs-Moisins a été construite en 1998 – Coupe du Monde de Foot – légère élégante qui saute sans appui sur le canal tandis que la nouvelle, Passerelle Lucie Bréard, beaucoup plus large, aux couleurs des Jeux Olympique se déroule et s’enroule pour faciliter la montée aux cyclistes, poussettes et PMR. Entre-temps un pont tournant fut mis en place dans les années 2000, mais sujet à nombreuses pannes il a été démantelé. Il en reste une partie du tablier incorporé dans la nouvelle passerelle.
Passerelle 2024
Ces constructions, à l’occasion d’évènements sportifs, sont prétextes pour le conférencier de battre en brèche le « JO-bashing » qui a cours actuellement. Pour ma part, j’y adhère activement, après les soucis causés aux bouquinistes, les restrictions de circulation dans Paris, l’invisibilité de tous les évènements hors-JO, le matraquage sportif à la télévision, sans parler des musées où l’accès est limité (même les Amis du Louvre). Il va falloir beaucoup de persuasion pour me faire changer d’avis.
Tristan balaye les arguments économiques les plus souvent avancés en mettant en avant les réalisations pérennes qui vont métamorphoser le département le plus pauvre de métropole : le 93, en un pôle dynamique. Les ponts relient des quartiers isolés les uns les autres. Saint Denis est une ville fracturée par deux autoroutes A1, A86, des voies ferrées les plus denses au monde (après Tokyo et Chicago), le canal et la Seine . Des photographies anciennes témoignent l’emprise gigantesque de l’ancienne usine à gaz occupant la Plaine, qui a pollué les sols. Ces pollutions aux hydrocarbures sont encore préoccupantes ; elles doivent être prises en charge sous les installations sportives. Par la même occasion, un réseau intéressant de pistes cyclable a étsé tracé. Des quartiers nouveaux ont poussé dans la lancée des constructions du village olympique et on espère, à Saint Denis qu’une nouvelle prospérité remplacera pauvreté et chômage que le départ des industries ont laissé.
Ce ntre Aquatique Olympique
Le Stade de France n’est plus à présenter. Le Centre Aquatique Olympique a une silhouette étonnante avec son toit concave. Le creux a pour but de diminuer le volume intérieur et ainsi d’économiser du chauffage puisque la consommation en gaz des piscines est un véritable problème. Tristan nous rappelle le déficit en équipement sportifs et surtout en piscines dans le département de Seine-Saint-Denis où la proportion d’enfants qui ne savent pas nager en entrant au collège est préoccupante. La silhouette est aérienne avec sa structure de bois retenue par des piliers. Sur le toit, des panneaux solaires. Le Centre ne sera pas uniquement une piscine, d’autres activités sont prévues : mur d’escalade, padel….
Nous passons dans un étroit souterrain piétonnier sous l’autoroute A1, accessible par des marches. Occasion de se souvenir des attentats qui auraient pu être encore plus meurtriers si l’évacuation du Stade l’avait emprunté. Nous traversons le Landy, quartier neuf de bureaux, technicentre SNCF, assurances, Studios de Cinéma. Ce Saint Denis du XXIème siècle paraît tertiaire et prospère. Comme c’est dimanche, la circulation automobile est absente. Le guide précise qu’en semaine il en est de même, les employés se déplaçant volontiers avec les transports en commun. la Gare du RER D m’impressionne par ses dimensions.
Franchissement Pleyel Exosquelette
Nous arrivons à la Passerelle Pleyel au-dessus de 48 voies ferrées. Sa construction a été une prouesse d’organisation. Impossible d’arrêter le trafic ferroviaire (Eurostar, Thalys, RER, transiliens, et trains vers le Nord). une interruption se prévoit 3 ans à l’avance. Seulement 3 piliers soutiennent l’ouvrage d’art . L’architecte Marc Mimram,pour stabiliser l’édifice, a eu recours à trois exosquelettes qui confèrent une silhouette étonnante à cette passerelle en Y. Seul le côté piétonnier est terminé. On lui adjoindra plus tard une chaussée pour les automobiles, autobus….Pour l’instant on ne devine rien derrière la palissade couverte de panneaux explicatifs et d’exposition-photos. La passerelle relie le Landy au Quartier Pleyelisolé par ces chemins de fer. Les Dyonisiens se sont déjà emparés de l’espace convivial pour y faire de la gymnastique en musique.
Gym en musique devant les Tours Pleyel
La Tour Pleyel
A l’origine, 4 tours étaient prévues. A la suite de la Crise pétrolières de 1973, une seule a été construite. Le choc pétrolier de 73 a été une catastrophe pour la Seine Saint Denis. Cette tour de bureaux est restée à l’abandon jusqu’à ce qu’un homme d’affaire décide de la réhabiliter pour en faire un hôtel de luxe. Ce n’est pas une idée si saugrenue qu’il y parait. Avec la Gare de RER D, et celle du RER B reliant Roissy-CDG, et de l’autre côté de la passerelle le Métro14 qui va à Orly cet hôtel est situé dans un noyau de communications. D’autant plus que les lignes du Grand Paris Express auront un arrêt à côté de Saint-Denis- Pleyel. La vue du rooftop est époustouflante sur Paris et plus loin, la Défense.
La Gare du Métro Saint Denis Pleyel
La Gare du Métro 14 St Denis Pleyel
Terminus de la ligne automatique 14 qui conduit à l’aéroport d’Orly, la conception a été confiée à l’architecte japonais Kengo Kuma . 56 escalators descendent dans le creux à 28 m de profondeur. Par sa profondeur, le pôle multimodal est analogue à la Station des Halles. L’idée de génie de l’architecte est de recouvrir le puits d’une verrière apportant à l’atrium la lumière naturelle. La charpente de bois clair contribue aussi à l’ambiance chaleureuse alors que les Halles sont angoissantes. On compare aussi le plan à une sorte de pliage comme un origami. Malheureusement nous ne verrons pas l’installation des 108 Vénus suspendues au mur vertical. Il faudra revenir d’ici quelques mois.
La balade se poursuit dans le Quartier Pleyel, maintenant désenclavé. Des souvenirs de sa vocation industrielle, squelettes des anciennes usines Hotchkiss, construction automobile et militaire, sont encore debout. Plus loin, le village olympique est déjà gardé par la maréchaussée. Pas question de s’approcher de trop près. Il suffit de croire sur parole le guide qui vante l' »écoquartier », les constructions utilisant largement de bois (cela ne se voit pas sous une peau de béton). Rien que de très cubique, peu d’originalité. Construction très dense contrebalancée par le projet d’un parc dont on ne devine rien. Les parkings des navettes Toyota aux couleurs des JO sont impressionnants.
Fin de la promenade à la Seine, à Saint Ouen en face de l‘Île-Saint-Denisoccupée en partie par le Village Olympique. Ce qui a permis de construire un nouveau pont sur le fleuve. A l’Ouest se profile la Skyline de la Défense. Au dessus des arbres on devine le toit du bâtiment de la Grande Nef de l’île des Vannes, nef Belloni construite en 1968 où se sont déroulés les concerts mémorables des Pink Floyd, Led Zeppelin et des rassemblements politique. Les Jeux Olympiques ont apporté les financements nécessaires pour la rénovation de la nef. A nos pieds des rangs de vigne rappellent un passé de guinguettes aujourd’hui disparu.
Arrivée au Métro Mairie de Saint Ouen (ligne 14 et 13) après avoir traversé un joli parc mi-paysagé, mi-jardins partagés et être passés devant le « château de Louis XVIII ».
On envisage le Périphérique comme la limite de Paris intra-muros, comme un anneau enserrant la ville et la séparant de la banlieue. Dans l’optique du Grand Paris, on peut imaginer une autre image : celle d’un rond-point irriguant aussi bien les deux bords de la route. Marionet une autre voyageuse ont fait au préalable l’expérience de Tour du Périphérique en voiture. Banale expérience qui se répète chaque matin quand les banlieusards partent travailler? Pas tout à fait, puisqu’elles ont roulé 3 heures à petite vitesse, Marion dessinant autour de l’anneau les bâtiments remarquables. Le Périph’ vu comme un monument!
parc jean Moulin – les Guilands
Le Voyage Métropolitain est une randonnée qui s’effectue à pied et en groupe, au rythme de nos découvertes et de nos bavardages. Cette édition est la deuxième étape, après celui de Mai de la Porte de Gentilly à celle de Bagnolet. Nous prenons la suite logique, nous retrouvons à la sortie du métro Galliéni,non loin d’un centre commercial sous les piles de béton de l’autoroute A3, à l’ombre des Tours Mercuriales. Comme l’endroit est bruyant et peu sympathique le groupe se dirige le long de l’autoroute et s’élevant sur la butte sur une promenade très verte entre les tours verticales du quartier de La Noue (à cheval sur Montreuil et Bagnolet). Après une jolie grimpette nous arrivons sur le plateau dans le Parc Jean Moulin – Les Guilands et nous regroupons sous la statue « A la santé de la Révolution » d‘Ipoustéguy installées en 1989 pour célébrer le Bicentaire de la Révolution de 1789 . Après quelques recherches sur Internet, je découvre que la statue fait partie d’un ensemble plus complexe de bronzes. Cela me motive pour revenir. Une averse nous chasse pour venir s’abriter dans les sous-bois.
Promenade dans Bagnolet
Bagnolet à l’ombre des Mercuriales
Le groupe descend du plateau dans le « village » de Bagnolet par des rues tranquilles bordées de pavillons ou plus animées commerçantes. Nous arrivons sur une place où l’architecture est vraiment hétéroclite. Et toujours les Mercuriales occupent le paysage. Nous nous rapprochons du périphérique caché dans l’exubérance de la végétation. les pluies incessantes de ce printemps (et de l’été) ont profité aux graminées, chardons, autres laiterons. Un drapeau malien attire mon attention : c’est le Consulat du Mali accolé à la jolie Mosquée de Bagnolet
Mosquée de Bagnolet et toujours les Mercuriales!
La rue est parallèle au Périph’, en regardant les plaques des rues nous constatons que nous sommes bien à Paris XXème. Le Périphérique ne sépare rien du tout, Paris s’étend bien des deux côtés.
jardins partagés, pour le plaisir des enfants qui ont fabriqué les épouvantails.
le XXème arrondissement, à défaut d’une grande production maraîchère peut s’enorgueillir de plusieurs dizaines de jardins partagés, certains ouverts au public. Nous avons enjambé le périph’ sans nous en rendre compte et suivons la rue Haxo
Trompe-l’œil, Caserne des pompiers rue Haxo
Cette promenade nous mène à l’Eglise des Otages à lafaçade de pierre devant une nef en béton. Ces otages sont des prêtres et des catholiques versaillais retenus par les Communardsà la fin de la Semaine Sanglante, fusillés. Une plaque rappelle sur la Villa des Otages, un peu plus loin ce souvenir. Un facétieux a coincé derrière la plaque une petite boîte à musique qui joue le Temps des Cerises. Dans le quartier le souvenir de la Commune est encore vif, deux cortèges s’y sont croisés, l’un allait à l’Eglise des Otages, l’autre, beaucoup plus important au Mur des Fédérés. Des heurts se produisirent. Les Jeux Olympiquesont été l’occasion de la rénovation de la piscine George Vallerey où se sont déroulées les épreuves de natation aux Jeux de Paris 1924. Par la même occasion on a piétonisé les rues y conduisant.
Porte des Lilas : le Cirque électrique
le Cirque électrique a posé son chapiteau sur la dalle qui couvre le périph’. Cette randonnée autour du périph me fait penser à des points de piqûres à la machine à coudre, on traverse, on revient, on fait une boucle, on traverse, on revient….. Et chaque fois par des jardins bien verts, avec des belvédères pour surplomber la chaussée qui est sortie de son tunnel sous la dalle des Lilas.
le regard du Trou Morin
De l’autre côté du Périph’ : le Pré Saint Gervais et le BelvédèreLente descente dans des rues tranquilles , puis par une ruelle : la Sente des Cornettes. En bas une surprise : une fontaine : Le Regard du Trou Morin qui abrite une source Et par la plus grande chance le Fontainier, est présent avec sa clé (la même pour tous ces bâtiments). Un secret, la serrure est protégée par un cache qui doit pivoter. Nous avons la chance inouïe de pouvoir, un à un en longue file voir la source
source du trou Morin
Le Voyage métropolitain se préoccupe souvent de l’approvisionnement en eau. Un terrain militaire dûment protégé cache les citernes, véritable château d’eau de Paris, eau apporté autrefois par l’aqueduc de la Dhuys.
les sources captées au Pré Saint Gervais proviennent de l’aquifère, résurgence de la marne, elles ont été captées dès le XIIème siècle mais ne sont plus employées pour l’usage courant.
Le Pré-Saint-Gervais a tout un quartier occupé par une Cité jardinque nous traversons avec plaisir dans un luxe de verdure pour arriver à un quartier de pavillons aux jardins enchantés. Nous débouchons sur Pantin….