Concarneau Musée de la Pêche et Cabelliou

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Avant l’ouverture du musée à 10 h, je fais un tour dans les rues de Concarneau à l’arrière des Halles et des quais. Rues beaucoup plus commerçantes que je ne l’imaginais avec du petit commerce traditionnel, une belle librairie Le Livre et la Plume, une maroquinerie qui vend des sacs Kipling que j’aimerais bien racheter. Je cherche l’église et ses chapiteaux décorés, la grande vague en mosaïque mais je ne trouve pas les trous de pressage des sardines que je cherchais.

Concarneau musée de la Pêche : chalutage

Le Musée de la Pêche ne paie pas de mine, pas d’écrans tactiles, une présentation un peu désuète, des cartels dactylographiés du début des années 90. En revanche les vitrines contiennent de merveilleuses maquettes à l’ancienne, du cousu-main qui fait rêver la part d’enfance. Maquettes de bateaux, de fonds marins, de filets contenant des poissons miniatures  avec une plaque de verre pour figurer la surface de l’eau. Toute  uen collection de bateaux de pêche de la Préhistoire à nos jours, mention spéciale pour le XVIIIème siècle où les maquettes sont accompagnées de gravures anciennes. Maquettes des engins de pêche : carrelets, filet droit, senne, pièges à poissons…

Il y a même un vrai cœlacanthe tout décoloré dans du formol, pêché en 1969 et de beaux fossiles de poissons.

Le Neptune François, atlas de cartes marines, à l’initiative de Colbert de mesures effectuées par des mathématiciens, des astronomes, des ingénieurs hydrographes de la marine. Commencé en 1660, plusieurs éditions paraîtront jusqu’en 1773. 

Je traverse un chantier naval avec les outils des charpentiers de marine, de voiliers où trône une énorme machine à coudre les voiles,  et une paumelle qui servait de dé géant (de la taille de la paume d’un homme) pour coudre les voiles.

Pêche à la sardine

Evidemment la pêche à la sardine est à l’honneur : maquettes de sardinière et même  un bateau entier : une annexe de sardinière, jolie barque de bois avec ses rames, elle transportait les pêcheurs et les sardines au port. Autour de la pêche, hommes et femmes sont figurés. Les femmes jouaient les premiers rôles. Sur le port les Commises et les Senteuses, femmes de pouvoir,  étaient chargées de l’achat du poisson pour les conserveries. Dès 1902, leurs cabanes sur le port étaient équipées du téléphone pour informer les patrons des arrivées, proposer un prix d’achat aux patrons  pêcheurs. Sur des mannequins sont présentées les tenues des sardinières – Penn sardines – avec leur longues robes noires protégées par de longs tabliers blancs. Les pêcheurs  en bleu avec une vareuse. la Fête des Filets Bleus est une traditions de Concarneau : en 1902 les bancs de sardines se sont raréfiés provoquant la misère dans de nombreuses familles; la première fête en 1905 avait pour but de réunir des fonds par solidarité avec les familles touchées par la crise des sardines. On élisait une Reine des Filets bleus. 

Pêche à la morue

A côté de la pêche à la sardine, la pêche à la morue en Islande ou à Terre-Neuve est aussi illustrée avec de jolies maquettes montrant bateaux et l’expliquant l’extraction de l’huile de foie de morue. Maquettes avec des dizaines de personnages. Séchage du flétan. 

 

Pêche à la baleine

A côté des bateaux traditionnels à voile il y a aussi des maquettes de navires modernes, gros chalutiers,  bateaux usines.

Poissons naturalisés, plusieurs sortes de raies et une présentation sortant de l’ordinaire : une raie transformée « Jenny Haniver, raie séchée et sculptée pour ressembler à une femme ou à une sirène, créature maléfique comme un dragon.

Raie transformée Jenny Haniver

Des documentaires récents permettent d’embarquer sur un thonier ou à la pêche à la langoustine. Les propos des pêcheurs sont souvent savoureux.

Hémérica

Le clou de la visite est à l’extérieur : on sort du musée par des souterrains humides et sombres pour arriver dans le port et monter à bord de L’Hémérica : un chalutier construit en 1957 et désarmé en 1981. Monter à bord est très émouvant. On dirait que l’équipage (11 hommes) vient de le quitter. Je pense à Anita Conti. Exiguïté et inconfort. Il faut escalader des escalier se souvenir de toujours monter les genoux pour ne pas butter contre les plaques métalliques à chaque seuil. Comme il est petit le carré de l’équipage. Seule la cuisine a des dimensions terriennes avec une cuisinière à gaz comme chez nous. 

Pique-nique prévu à la Pointe de Cabelliou. Un bac est prévu pour les piétons mais en voiture il faut faire tout le tour de la ville pour passer le Moros sur un grand pont. De là, on voit toute la zone portuaire avec des chantier et un gros bateau gris que je suppose militaire. L’avenue de Cabelliou file vers des zones plus tranquilles. Apéro plage de la Belle Etoile, puis arrêt à la chapelle Saint Fiacre dont l’histoire est compliquée : vendue à la Révolution, démontée pierre par pierre elle a été remontée au XIXème siècle, à nouveau vendue à un américain qui finalement l’a laissée. Occupée par les Allemands qui ont jeté la croix dans un étang, reconstruite à nouveau?

La pointe de Cabelliou est parcourue par deux rues à angle droit qui débouchent sur trois points de vue. A une extrémité, un fort en pierre dont Vauban fut l’architecte mais qui ne fut construit qu’en 1743 avec 4 canons et même un four pour rougir les boulets (pour tirer à boulets rouges). L’esplanade herbu est masqué par les blockhaus allemands. Vue stratégique sur la Baie de Concarneau, mais trop de béton à mon goût pour l’arrêt pique-nique. La Plage des bouchers tourne le dos à Concarneau et regarde vers le large. Enserrée dans des rochers pointus la plage est en sable fin. marée basse, des pêcheurs se détachent en contre-jour sur les rochers avec leurs épuisettes. Toilettes écologiques dans une cabane en bois en forme de tente, très bien intégrées à la dune.

Plage des Bouchers et pêcheurs à pied

Le GR34 suit l’estuaire du Minaouet . Je le suis jusqu’au Moulin-Mer de Minouet (2.8 km). C’est une jolie promenade facile (plate) ombragée sur un bon sentier entre des haies d’éléagnus qui embaument avec leurs clochettes blanches? pas une maison sur la rive ouest. De très beaux arbres, des bateaux échoués à marée basse. Après avoir franchi le ruisseau au Moulin-mer le sentier continue sur la rive opposée mais c’est plus construit et moins agréable. Quand je repasse au Moulin, j’observe la marée monter de façon spectaculaire, dans un village de feuille sèches ou de débris d’algues serpentant  à la surface épousant le dessin de la côte. Le retour à marée haute offre un paysage renouvelé. 

 

 

David au Louvre

Exposition Temporaire jusqu’au 26janvier 2026

 

Le Serment des Horaces (1784)

À l’occasion du bicentenaire de sa mort en exil à Bruxelles en 1825, le Louvre consacre à David une grande exposition. Exposition sans surprise : les tableaux majeurs sont au Louvre dans les collections permanentes. La plupart des tableaux présentés ici sont très connus, illustration des manuels scolaires. L’intérêt de cette rétrospective est de retracer la carrière du peintre et montrer son engagement politique comme citoyen pendant la Révolution puis son attachement à Bonaparte/Napoléon.

Bélisaire demandant l’aumône

De Paris à Rome (1770 -1779) et de Rome à Paris (1780 – 1783) et même Rome contre Paris

Lauréat du Grand Prix (après 3 échecs) David part à Rome où il peint de grands tableaux antiques, très classiques. Les premiers ne séduisent pas. Il découvre ensuite Caravage, Ribera et se détache du goût « rocaille » pour des compositions très théâtrales comme le Serment des Horaces

Ces grands tableaux sur des sujets antiques sont interprétés par d’autres peintres. Bélisaire a été copié pour un autre commanditaire, mais aussi peint par Vincent (1776) et Peyron (1779). Parmi les autres tableaux antiques  il y a aussi La Mort de Socrate ou La Douleur d’Andromaque.

En plus de ces tableaux héroïques on voit plusieurs versions des Amours d’Hélène et de Pâris (1789). J’ai noté déjà le goût pour le mobilier antique (lit annonçant le mobilier « empire » et le soin dans la peinture des draperies. 

David portraitiste : l’épure sans concession

Dans ses portraits David n’enjolive pas , il fait des portraits réalistes de membres de sa famille. 

David dans la Révolution (1789 – 1792) –

Le serment du Jeu de Paume (étude)

David plutôt que de peindre l’héroïsme comme dans  la Rome antique, s’engage dans l’action politique. Il a ébauché un énorme tableau du Serment du Jeu de Paume (10 mx 6 m) qui est resté inachevé, les personnages sont esquissés seul quatre d’entre eux ont les visages peints, sans doute pour faire appel à une souscription. Curieusement il a dessiné les personnages nus avec un soin particulier pour la musculature. Pourtant sur le projet ci-dessus on les voit bien habillés. 

L’énorme tableau inachevé

– Auprès de Robespierre (1792 -1794)

 

Avec le rapprochement avec Robespierre, David se radicalise. Elu député de Paris à la Convention , il fait aussi partie du comité de Sûreté générale et est ordonnateur de grandes festivités . Avec la mort du roi, un culte des martyrs de la liberté  illustré par La Mort de Marat présenté avec solennité en trois exemplaires . Cette représentation est presque christique.  Un autre martyr est le jeune Bara
La mort du jeune Bara

Pour sa participation à la Terreur, David est incarcéré et a peint cet autoportrait

Autoportrait

Revenir sur le devant de la scène (1795 -1800)

Survivant de la Terreur, épuisé, David se remet au travail sans attendre l’amnistie et peint des portraits. Le plus connu est celui de Mme Récamier

Madame Récamier

 

Les Sabines montrent les femmes faisant cesser les combats et appelant à la réconciliation. Les femmes ne sont plus passives comme dans le Serment des Horaces. Elles sont venues avec leurs enfants. Hersilie, au centre du tableau s’interpose entre son père Tatius, roi des Sabins et Romulus, identifié par son bouclier.

les Sabines

« je vous aime David »/ »Bonaparte est mon héros »

David rencontre Bonaparte en 1797. Il fera des portraits . J’attendais le Sacre il n’est pas dans l’exposition! En revanche une série de portraits en 1812 de l’empereur peuvent être observés avec attention. L’heure à la pendule 4h15, les bougies consumées suggèrent que Napoléon a travaillé toute la nuit et le résultat est une accumulation de lettres et rouleaux de papier…

Exil à Bruxelles (1816 – 1825)

Mars terrassé par Vénus et les Grâces

David ne m’attirait pas tant que cela, les tableaux sont archi-connus pour la plupart. Mais l’exposition a piqué ma curiosité et présenté le personnage engagé en politique, même si souvent j’ai préféré les tableaux de ses rivaux comme le grand Jupiter et Thétis d‘Ingres faisant face à Mars terrassé... De même j’ai préféré la version de Gérard pour Psyché et Amour

 

De Pont Aven à Port Manec’h, puis de Rospico à Raguenez sur le GR34

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

La plage de Port Manec’h

J’ai dévalisé la boutique de la Conserverie Courtin de Concarneau qui a une succursale à Pont Aven. J’avais déjà remarqué le Confit de Saint Jacques . Les vraies coquilles saint jacques sont confites longuement dans du beurre.  La grosse boîte 29€, j’achète la petite.  Le marchand me conseille de les marier avec des tagliatelle et un peu de persil haché. On peut aussi les présenter dans des vrais coquilles et les gratiner avec de la chapelure. les sardines en boîtes sont dans de très jolies boîtes. Il y a aussi des tartinades – ce que je venais chercher pour le pique-nique de midi. Je choisis saumon à l’estragon et mousse de Saint Jacques. il y a aussi des rillettes. J’achète aussi du thon émietté avec du wakamé. A la boulangerie très chic : une baguette, du kouign aman et une feuilleté aux pommes. 

Pour notre pique-nique très chic, il nous faut un bel emplacement! Direction Port Manec’h . La plage est bordée par une rangée de cabines blanches. Petite déception : le pain est quelconque élastique et pas salé, la tartinade fade. Heureusement l’avocat  relève le goût. Finalement le kouign aman manque de beurre et même de sucre, sa pâte est blanchâtre, mal cuite. Fiasco pour le repas gastronomique!

Port Manec’h : les rochers vus du GR

La promenade de Port Manec’h à Raguenez est la plus belle de la région. Belle et sportive. Au dessus du port le sentier s’élève rapidement au dessus des rochers. Montées et descentes se succèdent. Le sentier est très bien entretenu : marches, parties dallées ou gravillonnées si bien que je ne regrette pas d’avoir omis d’emporter mon bâton. Les rochers sont spectaculaires. l’un d’eux est surnommé le doigt de Dieu. Une brosse boule, un peu lunaire est en équilibre sur une autre boule. Le ciel est bleu, la mer aussi.

le doigt de Dieu

On contourne l’anse de Rospico pour remonter en balcon et redescendre progressivement vers la belle plage Tahiti

Amazônia – Créations et futurs autochtones – au Quai Branly

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 18 janvier 2026

coiffe de plume

Avec la COP 30 à Belem, l’Amazonie est d’actualité, occasion d’aller faire un tour au Quai Branly pour cette présentation des Autochtones d’Amazonie. 

En 2021, à la Philharmonie de Paris s’était tenue une exposition immersive des photographies de Salgadosur la musique de jean Michel Jarre  CLIC Somptueuses vues aériennes de la forêt et des fleuves, nuages….

peinture faciale

Au Quai Branly le propos est ethnologique : c’est une présentation de la richesse et de la diversité des populations autochtones dans cette région immense s’étendant sur 9 pays, où 300 langues sont parlées. Il s’agit de déconstruire les clichés et les idées reçues. 

Mogahe Gihu – Abel Rodriguez Valse

L’Amazonie, une forêt vierge ? Cette première idée préconçue  que la forêt serait un enfer vert, difficile d’accès, peu peuplé, est battue en brèche par l’archéologie. 5 vidéogrammes montrent le travail des archéologues sur un site habité depuis 6000 ans. Les fouilles montrent des vestiges d’une civilisation très ancienne. Des photographies aériennes mettent en évidence des fossés creusés, d’anciennes voies de communications, tout un réseau reliant des villages. Habitée depuis 9000 ans, l’Amazonie n’est pas une terre vierge mais peuplée au XVIème siècle de 8 Millions d’habitants. 

le territoire des ancêtres

L’exposition montre une Forêt-jardin façonnée par les hommes qui ont géré de façon durable la forêt, soignant le milieu naturel avec une connaissance très fine de ses ressources végétale mais aussi animales. 

A l’entrée de l’exposition : coiffes des jeunes garçons et installation

Créer la forêt, habiter les mondes 

Les mythes amazoniens mettent l’accent sur la transformation, dynamique créatrice qui ne s’arrêt jamais. Les humains ont la responsabilité de poursuivre la création du monde à travers des savoirs chamaniques, des cérémonies et des rituels.

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De nombreux objets colorés de plumes colorées, d’écorces, de fibres : coiffes, masques, labrets sont présentés

Couronne de plumes

mais certains confectionnaient aussi de très belles poteries pour toutes sortes d’usages : culinaires, funéraires, ou même des jouets, poupées pour les petites filles.

coupe en terre cuite

Fabriquer les humains

Contrairement à nos conceptions occidentales la frontière entre les humains et le monde vivant qui les entoure est très floue. A sa naissance il faut « fabriquer » les « vraies personnes » au cours de cérémonies de nomination, de rites de passage et d’initiations. Les corps sont façonnés avec des peintures très sophistiquées très signifiantes. Les graphismes remplissent plusieurs rôles exprimant les phases de la vie, le deuil …

Peintures corporelles

L’exposition montre des sceaux pour décorer des motifs géométriques. Une mandibule de carnivore aux dents acérées est un scarificateur. Des labrets vont transformer les lèvres. Certains masques spectaculaires en vannerie sont de taille impressionnante.

L’ennemi, les morts, les Blancs

la guêpe qui coupa la queue des hommes

Le statut d’humain n’est donc pas figé, un membre de la communauté peut devenir un esprit ou un animal. Les pratiques chamaniques intègrent aussi les rêves. Avec des cultures aussi riches et sophistiquées on est très loin des idées « civilisatrices » de la colonisation qui introduiraient la « modernité » .

Le collier des ancêtres

Au contraire, nous avons beaucoup à apprendre de ces manières d’habiter le monde.  

Et pour le plaisir, j’ai trouvé sur Internet les extraits du concert Aguas da Amazonia, de Philip Glass

 

L’Ecole de Pont Aven (2) Le paysage à l’œuvre

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Bretonnes dans la prairie Emile Bernard

Les collections permanentes occupent le 2ème étage du Musée de Pont Aven. 

Enseigne de l’ancienne Pension Gloanec peinte à 4 mains Van den Anker et Quignon

J’aurais résumé l‘Ecole de Pont Aven avec les peintres les plus fameux : Gauguin, Emile Bernard, Sérusier et les Nabis. Je suis très étonnée d’apprendre que Pont Aven accueillait les peintres depuis 30 ans déjà avant la venue de Gauguin (1886) et d’Emile Bernard (1888). Dès l’arrivée du chemin de fer (1850) des artistes de diverses origines confluèrent vers la Bretagne et Pont Aven : Américains, Scandinaves, Britanniques, Néerlandais attirés par le pittoresque du paysage et des costumes bretons comme de la modicité de la vie dans cette petite ville. 

Otto Weber retour de l’église

Je  découvre des peintres dont je n’avais jamais entendu parler. Les tableaux les plus anciens sont d’une facture plutôt classique représentant des scènes pittoresques de la vie bretonne : sortie de messe, costumes traditionnels, scènes d’intérieur de mobilier breton.

Van der AnkerLe partage du beurre

La vie artistique était  collective avec des tableaux peints « à 4 mains », certaines œuvres n’étaient même pas signées, certaines peintes sur le mobilier de l’auberge comme une porte, ou cette très belle enseigne de la Pension Gloanec peinte par Van Den Anker et Fernand Quignon. Les artistes étaient si nombreux que Gauguin préféra chercher le calme au Pouldu. La bonne entente entre Gauguin et Emile Bernard ne dura pas très longtemps, la rupture eut lieu en 1891.

Maurice Denis – Régates à Perros Guirec

Les collections du Musée de Pont Aven témoignent d’un foisonnement de styles de recherches picturales : japonisme à la suite de l’Exposition Universelle de 1867 . Avec la diffusion des estampes on voit la proximité avec le cloisonisme, style mis au point par Emile Bernard et Louis Anquelin (1887) . Le Talisman peint par Serusier, icone des Nabis, fut peint au Bois d’Amour (1888) sous les enseignements de Gauguin, une véritable leçon de peinture. 

Pour les 40 ans du Musée de Pont Aven, Gauguin et Emile Bernard s’exposent:

Gauguin Martiniquaises

Tout un mur est couvert de zincographies sur papier jaune  de Gauguin dessinés à Arles, à la Martinique, en Bretagne… Gauguin ou Emile Bernardils sont si proches que parfois je m’y perds comme avec ces bretonnes sur un pré vert. 

Dans la salle suivante, il est question de quête spirituelle avec des tableaux de Sérusier, Marcel Denis et encore Emile Bernard. 

Emile Bernard Le pardon

Un film va illustrer toutes ces recherches picturales : « tout oser! » à l’origine du Synthétisme

Parmi les plasticiens que je ne connaissais pas j’ai bien aimé André Jolly avec ses tableaux frais, colorés racontant la vie bretonne et le travail des goémonier. 

André Jolly : le four

La peinture ne s’est pas arrêtée au début du XXème siècle à Pont Aven, il me faudrait aussi visiter les très nombreuses galeries de peinture. Certaines pour touristes, d’autres intéressantes. Mais je suis saturée de peinture, besoin de respirer sur le sentier côtier!

lire aussi l’avis de Nathalie

Au Musée de Pont Aven(1) – Exposition Sorcières

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Eleyn de Morgan – Le Philtre d’Amour (1903)

Exposition temporaire  : Sorcières (1860-1920)Fantasmes, savoirs, liberté du 7 juin au 6 novembre 2025

Le Feu et les Bûchers occupe la première salle et sert d’introduction. On y rappelle que 80% des victimes des bûchers furent des femmes.

Sidonia von Borcke Edward Burne Jones

Deux figures historiques sont les héroïnes : Jeanne d’Arc qui devint un mythe pendant la IIIème République et qu’il est inutile de présenter. Sidonia von Borke (Wikipedia) en Poméranie, orpheline, refusa l’autorité de son frère et fut enfermée dans un couvent d’où elle transgressa les règles et fut condamnée comme sorcière(1620) Elle inspira un roman gothique à Wilhem Meinhold et un portrait fameux au peintre préraphaélite Edward Burne Jones.

Les jeux de la nuit 

La lune rousse

 

Des héroïnes littéraires, on peut citer Esméralda, le culte d’Hécate, les sorcières de Macbeth qui inspirèrent avec les feux infernaux, les danses frénétiques graveurs, illustrateurs et peintres. 4 petites gravures de Goya m’ont bien plu. Deux grands tableaux racontent des légendes bretonnes. Diverses illustrations de Notre Dame de Paris sont exposées avec 12 portraits de la main de Victor Hugo, des illustrations de Faust par Eugène Delacroix  ou Luc Olivier Merson pour Macbeth. Cinq dessins de Spilleri pour Maeterlinck et Verhaeren. C’est une section très littéraire.

Certaines œuvres contemporaines accompagnent les plus anciennes.

Au coin du feu

se disent les contes, et dans les contes la sorcière est très présente. Le XIX ème siècle est l’âge d’or de l’illustration des contes de Grimm, Perrault et des contes russes de Baba Yaga

Le feu au corps

Salomé d’Oscar Wilde

Une autre face de la sorcière est celle qui dissimule ses maléfices, un vieille femme horrible ou une séductrice : Méduse de Bourdelle, Circée ou Salomé  Au début du XXème siècle c’est aussi une nymphomane hystérique. gravures de Beardsley pour Salomé d’Oscar Wilde

le Feu du Savoir

la sorcière est aussi la femme guérisseuse, la savante. George Sand dans la Petite Fadette écrit « On n’est jamais savant sans être un peu sorcier »

 

Des artistes imaginent la sorcière alchimiste et savante accompagnée de leur chat noir. Ranson, Incantation et en face la peinture sophistiquée de Waterhouse

Des vidéos accompagnent l’exposition, Méliès et la Fée Carabosse, Loïe Fuller. 

Kandinsky La Musique des Couleurs à la Philharmonie

Exposition temporaire jusqu’au 1er février 2026

..Composition

Avant tout, équipez vous de l’audioguide qui se déclenchera au moment opportun devant chaque œuvre! Mais une fois que j’ai eu l’audioguide et le smartphone dans l’autre main pour les photos, je n’ai pas pu prendre de notes comme à l’accoutumée. Je vais donc illustrer la B.O. !

La B.O.

• Richard Wagner, Prélude de l’opéra Lohengrin, 1850

le plus russe des œuvres présentées?

• We praise Thee (chant russe orthodoxe)

Toussaint

• Arnold Schönberg, Trois pièces pour piano opus 11. Mässige (modéré), 1909

Arnold Schoenberg

• Arnold Schönberg, Quatuor à cordes en fa dièse mineur opus 10. Mässig (modéré), 1907-1908

Le Concert avec le piano de Schoenberg

• Alexandre Scriabine, Poème de l’extase opus 54, 1907

• Modeste Moussorgski, Tableaux d’une exposition, 1874

• Johann Sebastian Bach/Anton Webern, Ricercata (Fugue à six voix), extrait de L’Offrande musicale BWV 1079, 1935

Fugue

• Hanns Eisler, 8 Klavierstücke opus 8, n° 7 andante, 1925

• Alban Berg, Concerto « À la mémoire d’un ange », 1935

..

 

La visite se déroule donc en musique. En plus des tableaux sont présentées aussi des études, des dessins, et de grandes animations en musique projetées sur de grands écrans, il semble qu’on voit le tableau se construire en rythme, des triangles, des cercles bougent, dansent, changent de place. Les Tableaux d’une expositions ont été mis en scène à Dessau à l’école du Bauhaus. Curieuse mise en abyme d’une exposition de peinture que Moussorgski met en musique et qui inspire Kandinsky pour une nouvelle mise en peinture, couleurs synesthésiques? formes dansantes? Architecture. Une autre projection XXL sur un écran : le Salon de musique (1931) conçu pour l’exposition d’architecture de Berlin . 

Composition X (1939) écoute : à la mémoire d’un ange – Alban Berg

Trégunc – Pointe de Trévignon – Raguenez

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

7 Octobre, difficile de ne pas y penser quand je marche sur la plage. pas envie de poster des photos de vacances sur Facebook.

Le temps est magnifique. Cap sur la mer et la Pointe de Trévignon. En passant quelques courses à Trégunc, village breton typique et tranquille. mention spéciale à la boulangerie qui vend un pain de campagne au poids excellent, un très bon far breton et une spécialité Trégonnaise, un financier rond aux fruits rouges, délicieux. 

La Pointe de Trévignon abrite un port de pêche à l’abri d’une digue portant un phare. pas de gros voiliers, ni de yachts, ni même de gros chalutiers. Nous observons le ballet des bateaux de pêche qui rentrent au port. l’un d’eux  rame il a chargé sa pêche dans des bacs plastique jaune   dans son annexe. les poissonneries ne sont pas ouvertes le matin, seulement l’après midi. Sur des panneaux, les numéros de téléphone mobile des deux bateaux. les appelle-t-on pour savoir la marée du jour? 

Un peu plus loin, sur pilotis la station SNSM et plus loin encore, un château assez insolite, gris, presque une réplique de château. Je m’approche : propriété privée, je n’irai pas plus loin. en revanche sur Internet je trouverai son histoire. A l’origine, sur la pointe, il y avait bien un bâtiment militaire. Au XIXème siècle il fut acquis par un particulier. Réquisition pendant l’occupation allemande pour loger des officier et construction d’un blockhaus. En 1945, les occupants incendièrent le château. la reconstruction ultérieure donne cet aspect trop neuf de faux château-Disney.

Première promenade sur le GR34 vers l’ouest, il domine deux petites plages de sable encadrées de rochers puis s’écarte du littoral, séparé par une dune et court da pour retrouver le GR dans le marais. Je préfère marcher sur le sable des plages Feunteun Audou et de la Baleine abritées par des gros rochers arrondis entre lesquels je me faufile à marée basse. Certains sont colonisés par des moules qui dessinent des motifs décoratifs. Un ruisseau se déverse avec un fort courant, j’enroule mon jeans au dessus des genoux pour le franchir.

Je continue à marcher pieds nus sur la longue plage de Pen Loc’h jusqu’à la plage de Kerouiny, plage splendide, sur 3 km je ne croise que 3 personnes. Ce calme parfait convient à ma méditation en ce jour de 7 octobre – 2 ans et la guerre de plus en plus cruelle. Le sable est grossier et mou, je m’enfonce et fatigue. Je quitte la plage avant la petite pointe pour retrouver le GR à l’arrière de la dune et les promeneurs équipés de jumelles et de ces longs téléobjectifs des photographes animaliers. L‘étang de Kerouiny est peuplé de nombreux oiseaux. Les plus proches, dispersés dans l’eau sont les aigrettes. Sur une île, une foule d’oiseaux blancs regroupés. j’ai oublié les jumelles, impossible de les déterminer à l’œil nu. Au sommet d’un bunker on a aménagé un observatoire. Un peu plus loin, la Maison du Littoral est fermée aujourd’hui. 

Pique-nique de luxe avec pinces de crabe et crevettes grises, trégunoise et far breton au dessus de la Plage de Don où je retrouve le sentier jusqu’à la Plage de Tahiti. la mer est haute, l’île Raguénez est entourée d’eau seuls quelques rochers affleurent. je parcours à pied la belle plage de Tahiti et remonte à la cale de Raguénez où Dominique m’attend sur le parking.

La temps est magnifique. la plage regarde plein ouest. nous restons jusqu’au coucher de soleil prévu pour 19h42. A 19h38, une barre nuageuse surgit à l’horizon. La grosse boule orange est engloutie. Raté! Nous ne verrons pas le rayon vert. 

Mohamed Bourouissa – les 4 temps – au Louvre –

L’ART CONTEMPORAIN S’EXPOSE AU LOUVRE

j’ai découvert Mohamed Bourouissa au Musée d’Art Moderne CLIC

puis croisé au Palais de Tokyo 

j’aime bien les surprises que des plasticiens contemporains apportent au Louvre comme l’an passé Barbara Chase Riboud je me suis mise en quête de l’installation de Mohamed Bourouissa signalée en bas par une belle affiche.

Mais aucune indication précise sur la localisation, un vague « espace Presse ». Sous la Pyramide, j’interroge un jeune homme vêtu d’un uniforme noir :  sécurité ou accueil? Il est très aimable et me répond :

« je vais interroger ChatGpt »

Diable! moi qui le croyais chargé d’accueillir le public! Et le mieux c’est que ChatGpt lui donne l’information que c’est une exposition virtuelle sans localisation dans le musée. Je retourne au comptoir d’accueil et demande à un monsieur d’un âge certain. L’installation se trouve dans la Chapelle dans l’aile Sully à l’étage. Belle grimpette, 1 étage au Louvre équivaut à 3 ou 4 dans un immeuble d’habitation. 

Une salle vide, sombre, avec 3 poufs poire sur un écran se projette une vidéo les 4 temps au Tuileries

Le soir tombe, les gardiens verrouillent un cadenas, on suit le personnel de sécurité dans les jardins vides à l’arrière d’un coucher de soleil somptueux sur la Défense (jeu de mot, justement à la Défense il y a un Centre Commercial : Les 4 temps). Ronde de nuit pixellisée, à l’arrière des éclairages urbains de la rue de Rivoli. Les statues sont esseulées, elles semblent se mouvoir. …Le matin se lève avec les joggers et les ramasseurs de poubelles. Hiver : les marronniers sont dénudés, le jardin semble appartenir aux corbeaux..

Printemps, ronde des saisons, les touristes sont nombreux….

J’ai aimé voir le temps se dérouler aux jardins, aimé aussi l’attention que le vidéaste prête au personnel de gardiennage ou d’entretien qu’on ne voit pas forcément.

Et merci au monsieur du comptoir!

et zut à ChatGpt qui donne des informations erronées!

Dans la cohue du Louvre j’étais seule dans la Chapelle:

Concarneau, lundi jour de marché, ville close et corniche

CAP SIZUN ET CORNOUAILLE

Concarneau ville close et beffroi

Nous commençons la semaine par la découverte de notre port d’attache : Concarneau. Première visite : l’Office de Tourisme situé Quai de l’Aiguillon à quelques pas de la Ville Close et de la grand place Jean Jaurès où se tient le marché. En octobre, le parking est gratuit mais le marché est réduit. Deux étals de fruits et légumes très chers, même pas de poissonnier, un camion charcuterie. Dans la Halle, ce n’est guère mieux : un boulanger, un boucher. Je ne trouve pas les crustacés que j’espérais, j’incrimine la tempête du week end dernier, mais à Intermarché il y a tout le poisson qu’on veut. En revanche les portants des marchands de vêtements sont garnis et les prix soldés. A défaut de crevettes, je rentre avec un pantalon, une belle chemise et un T-shirt. 

Ville close

Les remparts de Concarneau

Presque une île reliée au port par un pont. On y entre à pied en passant devant le beffroi et sous une porte. Les fortifications furent édifiées au Moyen Âge mais le beffroi – tour portant une horloge – est récent (1906). C’était la Tour du Gouverneur qui protégeait l’entrée de la ville avec un pont-levis, une demi-lune (1480) et un ravelin (?) . Ma visite commence à la Maison du Patrimoine où des panneaux très détaillés entourent une maquette de la ville. Un escalier monte au chemin de ronde sur les remparts que l’on parcourt presque en entier. Sous le soleil, c’est une très belle promenade qui nous mène dans les fortifications, les tours aux noms pittoresques Tour de Fortune, Tour du Maure, Tour du vin…Les toits d’ardoise, les arbres roussis de l’automne égaient cette promenade. 

La rue Vauban traverse la ville  bordée de boutiques pour touristes, cuir, fringues et même bonbons. Certaines sont jolies. Tentation aussi dans les restaurants : crêpes ou sardines pour les premiers prix, poissons frais. Place Saint Guénolé, une curieuse fontaine qui est aussi un lampadaire. Une belle conserverie propose des boîtes de sardines, bien sûr, mais toutes sortes de tartinades et des bocaux d’algues. Son produit phare est un confit de Saint Jacques qui me fait très envie. 

le Musée de la Pêche est fermé le lundi.

la Corniche

C’est le Concarneau balnéaire que nous découvrons. Tout d’abord, nous passons devant le Marinarium et l’Auberge de Jeunesse à la place de l’Abri du Marin, puis une chapelle ouverte avec une très belle maquette de bateau comme ex-voto. une croix repérable par les marins au large et au dessus le petit phare de la Croix. Nous piqueniquons au dessus de la petite plage Rodel.

Sur le sentier côtier à l’Ouest de Concarneau

l’après-midi est consacrée à une balade le long de la Corniche, de temps en temps pieds dans l’eau sur le sable. Après la belle plage des Sables d’Or, le GR34 monte en sous-bois dans un tunnel de verdure, en terre sèche, facile et doux aux pieds. La petite plage de Kernous est charmante. A l‘anse Saint Jean, je fais demi-tour à regrets. 

Courses à Intermarché, très bien achalandé. C’est moins pittoresque que le marché ou les petits commerçants mais c’est là qu’on trouve tout.