« Un étranger arrive dans une ville inconnue après un long voyage. Ce fut un voyage sinueux et semé d’écueils ; l’étranger est fatigué. Il approche enfin de l’édifice qu’il habitera un certain temps et, laissant échapper un léger soupir, il avance vers l’entrée, dernière étape, brève, du chemin improbable et détourné qui l’a conduit jusqu’ici. Il a peut être quelques marches, qu’il gravit d’un pas las. Ou bien d’une arche floue se fondant à l’obscurité béante, comme quelque personnage mythologique disparaissant dans la gueule d’un monstre. Ses épaules ploient sous le poids des sacs qu’il porte, les deux sacs contiennent désormais tout ce qu’il possède, à l’exception de la femme et de l’enfant. Il a fait son bagage à la hâte. Qu’emporter? Qu’est-ce qui est le plus précieux? L’un des sacs contient probablement des livres. »
Un conte d’exils : Odyssées, exil des Byzantins à la chute de Constantinople, copistes, poètes philologues qui apportèrent la culture de l’Antiquité, exil des protestants français en Prusse, exil des Juifs fuyant le nazisme….
Voyage sinueux, chemins détournés, Ulysse « polytopos » aux mille détours, l’écriture peut aussi être digression, déviation, tours et détours…..Mendelsohn, au terme de la longue enquête à travers le monde qui a conduit à la rédaction des Disparus rentre très éprouvé. Il a des difficultés à se remettre à l’écriture, commence ce qui va devenir Une Odyssée : un père, un fils, une épopée . Son éditeur lui conseille de rompre le récit linéaire et d’adopter une composition circulaire. Cet usage de la digression est le procédé qu’Homère a utilisé en greffant un épisode nouveau au beau milieu des chants III et IV : l’apparition d’Athéna sous la forme de Mentor à Télémaque lui conseillant de partir à Pylos et à Sparte . Ce procédé est récurrent chez Homère :
« Le goût des Grecs pour la façon dont, paradoxalement, la digression et la « variété » aristotélicienne peuvent davantage mettre en valeur un thème plutôt que l’éclipser »
Selon le principe de la disgression, parcourant des cycles, les trois anneaux gravitent autour de trois écrivains.
Réfugié à Istanbul, en 1936, comme nombreux universitaires chassés par le régime nazi,Auerbach, spécialiste de littérature comparée y rédige son Mimesisavec l’idée de littérature universelle, Weltlitteratur, concept déjà développé par Goethe. Et comme de juste, Mendelsohn fait une digression passionnante sur le Divan persan traduit par Goethe, qui a réuni ses poèmes dans le recueil : le Divan d’Orient et d’Occident, sans oublier le détour par Evliya Celebi
La deuxième partie intitulée L’éducation des Jeunes Filles a pour centre de gravité le Télémaque de Fénelon. Et l’on en revient évidemment à Ulysse! Elégant détour par la Crète où un des cousins de Fénelon combattit avec les troupes vénitiennes. On boucle la boucle en retournant à Berlin au Lycée Français qui a donné son titre à l’anneau autour de Auerbach. L’Education des Jeunes filles évoque les Jeunes Filles en Fleur et on découvre qu’il est possible de réunir Guermantes en passant par le côté de chez Swann.
Le troisième anneau a pour personnage principal Sebald (avec ses Anneaux de Saturne)que je ne connais pas du tout mais que Mendelsohn me donne furieusement envie de lire. Il revient au début du livre commencé avec Les Disparus illustrant encore la composition circulaire.
C’est un livre riche, construit intelligemment et une lecture qui suscite des envies de nouvelles lectures. Cependant je ne recommanderais pas ce livre pour découvrir Mendelsohn. Pour profiter des Trois Anneauxil convient d’avoir lu Les Disparus (qui est un chef d’oeuvre) et Une Odyssée (également un grand livre) pour profiter de ces contes d’exil.
MITTELEUROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE
L’orage
Dans la nuit, un fort orage a éclaté. La température est passée de 32° à 19°. Nous avons juste le temps de charger la voiture quand la pluie se remet à tomber. Nous avions pourtant étudié l’itinéraire sur le plan. Impossible de monter sur le Pont Marguerite et de suivre le trajet du tram comme prévu, c’est justement le tram qui empêche de tourner à gauche !
Tout se passe bien sur les Petits Boulevards. Vers la périphérie, une déviation nous égare. On se dirige au jugé vers l’est. On ne guide avec le numéro de l’arrondissement sur les plaques des rues et on aboutit à un petit village sous le tonnerre et les éclairs. Un monsieur très aimable sortant d’un magasin de légumes nous conduit jusqu’à Gödöllö sous un déluge incroyable.
Les bas côtés sont transformés en rivières, les camions fendent l’eau boueuse en projetant un jet marron à deux mètres de haut de chaque côté. Au carrefour une minuscule Trabant s’immobilise. Pourra t elle traverser le flot ?
Gödöllö
Nous trouvons facilement le château de Gödöllö, quoi de mieux qu’une bonne visite de château sous une pluie battante ? Encore faudrait-il trouver une place de parking, transformé en mare. Nous renonçons à regret.
Hollókö
Hollókö est bien signalé, trop bien, allons nous trouver une invasion de cars ?
Le paysage devient ondulé, au loin on devine les montagnes, le nuage est accroché aux sommets. Par beau temps, on aurait vu un beau panorama.
Hollókö a des quartiers modernes charmants et très fleuris avec des treilles de vignes, des groseilliers croulant sous les grappes rouges. On visite le quartier ancien : deux rues pavées bordées de maisons blanches chaulées avec des bardeaux noirs et des barrières noires. Tout est bien décoré, plus de la moitié des maisons sont occupées par des restaurants des boutiques ou des petits musées, le reste aménagé en gîtes ruraux . Des femmes en costume folkloriques descendent la rue, jupe très courte froncée à rayures oranges, blanc, rouge, un petit gilet près du corps tricoté blanc et une coiffe très colorée.
C’est très joli mais un peu artificiel.
les femmes de Holloko
Au Musée de la Poste il n’y a pas grand chose dans les vitrines. Un panneau explicatif raconte que la Poste Hongroise était déjà centralisée dès le XIèm siècle avec le relais de poste. Les magyars sont arrivés en 896, ils se sont organisés vite ! A l’auberge, des Japonais sont attablés. Spectacle de femmes costumées chantent.
Hêtraies
La Hêtraie sous la pluie
La pluie se remet à tomber sérieusement. La route traverse le massif de Matra, de belles hêtraies. La pluie tombe à verse on voit à peine le bord de la route, essuie glace à la vitesse maximum. Dommage, nous traversons des villages sans les voir.
Arrivée à Eger
Eger
Vers 16h, nous sommes à Eger; l’agence de tourisme propose un studio à 7000 forints. je marchande et on me le laisse pour 6000. Trouver l’adresse est un véritable cauchemar, nous passons et repassons dans les mêmes rues. Je demande aux passants. Ils parlent d’une fabrique de cigarettes, de la grande route, mais nous envoient dans des directions opposées. On mettra plus d’une heure à trouver alors qu’il se trouve à trois minutes à pied du centre.
Dans un ensemble neuf, de plain pied, un studio avec un grand lit, une kitchenette, de la vaisselle, la télévision par satellite (TV5) mais aussi une très belle terrasse fleurie avec une table de jardin. Nous aurions été très bien si nos voisins slovaques avaient été plus discrets, ils sont sans gêne, empruntent nos sièges sans rien nous demander et se retrouvent nombreux à bavarder tard sur la terrasse.
Ferronneries et église baroque
Ferronnerie
Au réveil, le temps est gris et peu engageant pour une promenade en montagne, nous décidons de visiter la ville. La rue principale possède de belles façades XVIIIème siècle, avec de très belles ferronneries aux grilles des fenêtres des portes même des gonds énormes. L’église des franciscains est baroque (encore) mais des gens prient, on se sent un peu de trop.
Panorama
Nous montons à la citadelle, sur le tour de remparts la vue est belle sur les toits, les clochers à bulbe, le dôme de la Basilique, le fin minaret, plus loin la campagne s’étend dans les collines avec des vignes, au loin les montagnes boisées.
Exposition Art Nouveau
Baroque encore!
Le Palais épiscopal, avec ses fines ogives, est transformé en musée. Il est trop bien crépi d’orange. Nous visitons une exposition Art Nouveau, au mur des gravures avec des motifs floraux et marins ayant inspiré les artistes. Je suis fascinée par ces gravures, le dessin stylisé ou au contraire luxuriant des feuilles ou es fleurs d’iris, de pavots, de nymphéas… j’aimerais pouvoir les copier et les utiliser. Nous voyons des belles céramiques et des porcelaines moins spectaculaires que Tiffany, mais je suis contente de les retrouver. Décidément ces vacances seront sous le signe Sécession
Un petit musée de peinture
Pour visiter la collection de peintures, il faut chausser des patins »papusc » en feutre avec des lacets coulissants. Cette collection est éclectique du XVème au XIXème, pas toujours de premier choix. Nous reconnaissons quand même des portraits hollandais, un Canaletto, nous passons rapidement devant les peintures religieuses XVIIème et XVIIIème que je déteste et nous arrêtons devant les paysages romantiques. Ce petit musée récapitule toute l’histoire de la peinture européenne, c’est assez agréable et pas indigeste comme à Budapest.
C’est assez étrange, depuis le début des vacances nous avons visité de nombreux musées de peinture exposant aussi bien des artistes locaux que de la peinture italienne ou espagnole ou flamande. La Hongrie se trouve vraiment au cœur de l’Europe. Si les paysage ne sont pas exceptionnels nous faisons des révisons en histoire de l’art aussi bien en architecture en musique et en peinture. Peu de choses spécifiquement hongroises, mais c’est très stimulant.
On visite aussi les ruines d’une basilique dont il ne reste que les fondations, dessous il y a un réseau de souterrain mais fermé aux visiteurs individuels, il faut rejoindre un groupe.
Minaret
Eger minaret
Devant le minaret, je trouve les sandales de mes rêves en soldes. Le minaret est fin, élancé, un peu isolé tout de même.
Le Lycée d’Eger
Bibliothèque du lycée d’Eger
Le « lycée » d’Eger est en fait une université, mais l’empereur d’Autriche n’avait pas autorisé d’université à Eger. C’est un bâtiment énorme construit autour d’une cour carrée. Nous visitons la bibliothèque ou des milliers de livres précieux sont rangés dans de belles boiseries en chêne.
Lycée d’Eger : fresque Concile de Trente
La fresque au plafond est tout à fait remarquable, en trompe-l’œil elle représente le Concile de Trente, aux quatre coin : l’ordination des prêtres, l’adoration de la Vierge, l’extrême- onction et … la censure des livres, étonnant dans une bibliothèque selon leur format pour entrer dans les étagères cintrées : les gros volumes au milieu et de part et d’autre par ordre décroissant. Dans une vitrine, une lettre de Mozart à sa sœur à la suite du décès de leur père.
Fresque Concile de Trente : censure des livres, étrange dans une bibliothèque universitaire!
Pour accéder à l’Observatoire, il faut gravir neuf étages, d’abord par un large escalier puis par un petit, en colimaçon, autour d’un pendule de Foucault (coincé par des travaux de plomberie). Heureusement, des gravures accrochées dans l’escalier pendant la montée nous permettent de reprendre le souffle. Au 6ème étage, une jolie collection de télescopes et d’autres instruments d’optique datant de 1770, au sol le méridien est tracé sur du marbre de Carrare, entre 11h25 et 11h55, le soleil fait une tache de lumière sur son emplacement.
Au 9ème étage : la Camera Obscura : en son centre une table ronde blanche fait un écran, au dessus un système de manettes de cuivre actionne les lentilles d’un périscope. Le résultat est surprenant, l’image de la ville se forme sur la table avec des couleurs vives et une netteté incroyable, le miroir tourne et on peut surveiller tous les alentours : la basilique et les badauds assis sur ses marches, la circulation automobile, l’église des franciscains … ce qui est extraordinaire, c’est la précision de l’image et sa luminosité, l’optique doit être d’une qualité exceptionnelle. Il nous vient l’idée que c’est un moyen d’espionner la ville, pas du tout, ceci a été construit à des fins récréatives, époque où la physique était une distraction !
Chapelle de Belapatffalva
Après déjeuner nous partons explorer la campagne et arrivons à la chapelle cistercienne de Belapatffalva, dans une clairière au pied d’une falaise calcaire taillée en gradins par l’exploitation d’une monstrueuse carrière. Il ne reste de la chapelle qu’un joli porche roman très simple des chapiteaux avec des motifs de feuille, seul élément décoratif sur la façade, une alternance de rangées de pierre rose et de blanches qui m’évoque d’autres églises romanes du Midi, Marcevol. Un vieil invalide ouvre la porte, sobriété de l’intérieur, seulement une chaire baroque plutôt simple. On sent l’équilibre et la simplicité caractéristique des abbayes cisterciennes. Cette austérité est d’autant plus remarquable que nous avons vu tant d’églises baroques surchargées ou pire, néoclassiques pompeuses/Ici on ressent la spiritualité détachée des contingences terrestres.
Notre itinéraire (guide vert p140) nous conduit à Szilvavrad, petite station de moyenne montagne, partout des chambres à louer, des voitures d’estivants, le guide n’est pas très explicite, nous passons un péage, devant des baraques en bois, des guinguettes, des marchands de dentelle, nous faisons demi-tour. C’est un peu dommage, nous avons raté une belle cascade, c’était le départ de randonnées à pied. Mais l’affluence des touristes nous a rebutées.
Lipizzans12
A la sortie du village, dans un enclos, paissent les fameux lippizzans, les chevaux du Manège de Vienne. Nous nous arrêtons, espérant une séance de dressage, un homme se tient debout avec un fouet, mais les chevaux broutent tranquillement le foin apporté en complément de la prairie déjà bien fournie.
Hêtraie
Nous poursuivons le circuit dans les montagnes de Bükkà travers une forêt plantée uniquement de hêtres. Les troncs sont droits, serrés tous de même calibre et de même hauteur. La lumière joue avec les ombres sur l’écorce lisse et grise, c’est magique. Au sol, il ne pousse rien, on se dirait dans un parc sur u ne cinquantaine de kilomètre.
Lilifüred
Lilifüred est un vallon occupé par un petit lac avec un château-hôtel construit après 1920 ; les guides en font grand cas, mais c’est plutôt décevant. Autour de l’hôtel de prestige, de nombreuses pensions sont construites .Le retour s’effectue sur le versant sud plus escarpé avec de gros rochers, des cavernes et des vues dégagées. Par hasard, nous découvrons des fours à chaux : sorte de dômes érigés sur des excavations cylindriques, des tôles retenues par des câbles entourent le foyer.
MITTELEUROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE
Boucles du Danube
Szentendre
Szentendre maisons colorées
Trente minutes, par la route, Szentendre, très joli village touristique aux maisons peintes de jaune de rose ou de blanc avec des enseignes, des roses trémières, des petites rues pavées. Au moins 4 églises, dont deux orthodoxes serbes.
Szentendre 2
Malheureusement, lundi et tout est fermé.
Avant dix heures les marchands n’ont pas encore sorti leurs étals. C’est tranquille. A 10h, débarquent les Allemands et les Japonais en car. Nous leur laissons le village, nous avons profité pendant une heure des jolies rues vides, de la petite placette au sol pavé de galets, ombragée par des tilleuls, autour d’une église toute simple avec une jolie fresque.
Exposition d’une sculptrice qui utilise la terre pour modeler des personnages ou des bas reliefs, je relève de nombreuses sources d’inspiration grecques ou orientales.
Nous suivons le Danube caché par un rideau d’arbres.
Višegrad
12 Visegrad
Višegrad, juste dans la courbure du méandre, situation stratégique commandant toute la vallée protégeant Budapest et la route de Vienne et de Bratislava. Nous montons à la citadelle, bien détruite et mal restaurée. Nous voyons beaucoup de béton et des briques. Le plus spectaculaire, c’est quand même la vue. La vie des seigneurs, un tableau de chasse, les tortures, les paysans sont illustrés par des montages – on a vu mieux.
Pique-niquer sur les bords du fleuve!
Après Višegrad la route longe le fleuve. C’est l’heure du pique-nique Exceptionnellement nous n’avons rien de prêt. Nous comptions trouver sur place des buffets, rien jusqu’à Esztergom.
Esztergom
La basilique énorme visible à des kilomètre nous fait plutôt fuir. Toujours rien à manger !je finis par trouver un concombre et de la pastèque que nous mangeons avec des conserves sur le bord du fleuve sur une plage.
le bac sur le Danube
Pour traverser le Danube nous prenons le bac à Visegrad et découvrons une belle plage et tous les buffets servant du poisson frit des croquettes comme nous en rêvions toute à l’heure, la baignade est très agréable, je me sens bien rafraîchie.
Baignade sur le Danube
Vac
Le ciel s’assombrit, il tombe d’énormes gouttes quand nous quittons Vac après avoir visité une basilique énorme commandée par Marie-Thérèse.
Le retour est tranquille jusqu’à ce que nous rations la pancarte « Margit Hid ». Après cela tourne au cauchemar. On rejoint la voie sur berge mais elle file vers le sud de Budapest. On a bien du mal à s’en extraire. On tourne trois fois de suite dans les mêmes rues de Pest. Impossible de traverser le Danube. En plus il y a des travaux …Enfin nous retrouvons le trajet du bus 86, ouf !
MITTELEUROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE
Buda : auberge
Il fait déjà bien chaud le matin. Les rues de Buda sont encore vides et nous admirons les façades des vieilles maisons peintes de toutes les couleurs, ornées de festons, guirlandes, enseignes, et grilles de ferronnerie.
Buda : église Saint Mattyas
Les cars ont déchargé leur cargaison de Français et de Japonais qui se dirigent vers l’église Saint Mattias, fermée jusqu’à 13 heures pour cause de messe dominicale. Tant pis pour les touristes qui avaient prévu d’entendre la messe, ils sont refoulés comme les mécréants.
D’une vieille synagogue du XIVème siècle, il ne reste plus grand chose en dehors de deux peintures sur un mur : un arc brandi vers le ciel et une étoile de David.
Musée de la Musique
Buda : Musée de la Musique : l’Atelier du luthier
Un vaste palais du XVIIIème siècle où a séjourné Beethoven a été transformé en musée de la musique. Nous sommes bien accueillies par les vieilles employées en tablier. De nombreux instruments sont présentés, des harpes ouvragées, des pianos, pianoforte, clavecins, piano carré ( ?) en bois clair, plusieurs cymbalums. L’atelier du luthier est reconstitué avec les violons mis à sécher Dans des vitrines, des flûtes, des hautbois, mais aussi des instruments paysans, des cithares grossières, une cornemuse bizarre. Une partie de l’exposition est consacrée à Bela Bartók : photos de ses recherches sur le folklore, vieil appareil enregistreur, partitions manuscrites, corrections …
Buda : Musée de la Musique cymbalum
petit musée de l’hôtellerie et du commerce
Buda : Colonne de la Peste
Les touristes restent aux abords du Bastion des Pêcheurs entre la place Diesz Teret celle de l’Eglise avec sa tour de la Peste(encore !). Dans les petites rues nous sommes bien tranquilles.
Les rues de Buda
Dans le petit musée de l’Hôtellerie et du Commerce nous sommes plongées dans l’époque 1900-1935. Prospectus et photos de l’exposition du Millénaire 1896, époque du tourisme de luxe où l’on se déplaçait train en (horaires de trains), on descendait déjà au Gellert (une chambre) et chez Gerbeau qui vendait des chocolats de voyages et des biscuits dans des boîtes en fer. On emportait des malles et des boîtes à chapeaux. Vieux guides touristiques de l’époque ainsi que cartes postales de Budapest avant la circulation automobile et quand les cafés étaient dans leur plus grande splendeur. Le Danube bleu et d’autres musique d’époque nous accompagnent.. On a aussi reconstitué des vitrines de commerce, celle de l’épicerie 1930 est particulièrement réussie avec toutes les boîtes en fer et le comptoir.
Promenade sur les remparts
Buda : Bastion des Pêcheurs
Nous retournons à Diesz terpar la promenade des remparts qui offre de belles vues sur les collines, certaines sont rocheuses et vierges de toute construction.
Déjeuner à la terrasse d’un café d’une salade César sous de grands arbres avec une belle vue sur le Danube. La vaisselle et le service sont raffinés et le prix raisonnable.
L’église Mathias
A 13 heures visite de l’Eglise Mathias, une surprise nous attend : une chorale de petites filles japonaises d’Hiroshima robes rouges, chemisier blanc qui chantent en latin, elles sont très mignonnes et peuvent avoir 8 ou9 ans. L’intérieur de l’église est complètement recouvert de fresques, malheureusement trop 19ème à mon goût. L’effet est surprenant.
Bains Lukacs
Nous terminons l’après midi aux bains Lukacs.
Le Palais de la Commission Européenne du Danube à Sulina
A la suite de Danube de Claudio Magris où j’ai trouvé la référence du livre, et du Pilote du Danube de Jules Verne, j’arrive à la Mer Noire. Inutile de chercher Europolis sur l’Atlas. Je pense d’abord à une ville fantôme ou à une ville de Science-Fiction. Non, Europolis était la ville de la Commission Européenne.
Europolis est l’humble Sulina roumaine, petite ville de littoral et grand port sur le Danube, siège de la Commission européenne du Danube….
….après la Guerre de Crimée, la Turquie ne pouvant pas et la Russie ne voulant pas assurer la navigation sur le fleuve, les grandes puissances qui avaient besoin du blé roumain avaient organisé après la guerre de Crimée la fameuse Commission européenne du Danube
Selon Wikipedia, À la fin du xixe siècle, elle affichait une population de 4 889 habitants dont 2 056 grecs pontiques, 803 roumains, 553 lipovènes, 444 arméniens, 268 turcs, 211 austro-hongrois, 173 juifs, 117 Albanais, 49 allemands, 45 italiens, 35 bulgares, 24 maltais britanniques, 22 tatars, 22 monténégrins, 21 serbes, 17 polonais, 11 français, six danois, cinq gagaouzes, quatre indiens britanniques et trois égyptiens.
Sulina était donc une ville cosmopolite, comme tous les ports de commerce, porte de l’Europe vers l’Orient, entrée aussi du trafic fluvial sur le Danube, le plus grand fleuve européen. La communauté la plus importante était celle des Grecs à cause de la présence historique des Grecs autour de la Mer Noire et aussi à cause de l’importance des armateurs Grecs dans le trafic maritime et le commerce.
« C’est que les Grecs ont, à leur manière, raison lorsqu’ils se prétendent les hôtes les plus anciens de ce littoral. Dites-moi, n’y a-t-il pas eu ici des colonies grecques ? Avez-vous oublié l’histoire et l’expédition des Argonautes qui cherchaient par ici la Toison d’or ?
Critiques ouvertes, discussions violentes, car tout Grec naît marin ; nonobstant son métier, il est en outre capitaine… de navire, de caïque ou de barque. »
Les personnages du romans sont pour la plupart grecs et le Grec apparait « dans le texte » du roman écrit par ailleurs en Roumain. C’est l’histoire du retour d’un enfant du pays expatrié en Amérique. L’histoire commence avec la réception de la lettre annonçant ce retour. Dans l’imaginaire de tous, les Grecs font fortune en Amérique ; Nikola, le frère de Stamati, le cafetier, ne peut être que millionnaire. Chacun spécule sur cette fortune et chacun rêve de s’associer pour investir dans un projet mirifique.
L’Américain fut célébré comme un authentique héros de l’Antiquité, de retour dans sa patrie après une longue odyssée.
Nikola n’arrive pas seul, il est accompagné de sa fille Evantia, noire de peau et d’une grâce telle, qu’elle acquiert le surnom de Sirène noire. On se dispute sa compagnie aussi bien dans la communauté grecque qu’au Palais de la Commission Européenne tous les marins et les officiers de marine la convoitent. La déception de le découvrir sans le sou sera très cruelle.
Europolis est aussi une histoire d’amour. Il est beaucoup question d’amour chez ces marins qui font escale à Sulina. Ce n’est pas l’aspect le plus plaisant du livre : la misogynie qui s’étale sans fard est difficile à lire pour la lectrice de 2020. L’amoureux transi moqué par ses camarades, le séducteur, Don Juan sans scrupule, les amours vénales des marins qui font relâche au port. On devine dès le début que la belle jeune fille naïve est promise à la déchéance. Il faudrait pouvoir sauter les chapitres entiers où les marins échangent ces considérations machistes.
Europolis est aussi une très belle évocation du delta, de l’ambiance de cette ville écrasée de chaleur l’été, prise dans les glaces l’hiver, du fleuve :
Vous allez voir l’un des spectacles les plus grandioses de la nature. Observez la couleur de l’eau. Deux nuances bien distinctes. Nous sommes en mer, mais nous voguons déjà dans les eaux du Danube. Tenez, la surface est toute bleue jusqu’à l’horizon, et uniquement dans la direction que nous suivons, une large bande couleur café partage le miroir d’eau. C’est l’eau douce, boueuse, du fleuve, qui passe au-dessus de l’eau salée et limpide de la mer sans s’y mêler à ce stade. Deux domaines, deux forces formidables de la nature se rencontrent ici sous nos yeux. Le fleuve dominateur, qui n’a pas connu d’obstacles dans son cours et que nulle force n’aurait pu arrêter, n’interrompt pas sa course, il continue en haute mer jusqu’à ce qu’il y perde son eau et son nom. C’est ici que la personnalité du Danube disparaît après avoir englouti l’eau de cent trente rivières, après avoir baigné sept pays, cinquante ville, coupé l’Europe en diagonale.
J’aurais aussi pu évoquer les pirates qui volent le blé, le transportent dans des chalands à double cale…cette lecture est pleine de surprises.
MITTELEUROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE
Concert Liszt
Franz Liszt à l’opéra
Nous mettons nos plus beaux atours et partons à l’avance pour avoir les meilleures places au concert Liszt. Deux trams, en un quart d’heure nous sommes sur place.
Il faut acheter une nouvelle Budapest Card puisque la nôtre expire ce soir. Ibusz est fermé le samedi, à la gare, un bureau de change nous en vend.
La salle de concert est pleine, il y a surtout des vieilles dames endimanchées mais aussi des enfants avec leurs parents. Certains sont venus avec des sacs en plastique de supermarché contenant une serviette éponge pour la piscine.
La pianiste est une grande et grosse blonde aux cheveux crêpés, très maquillée, en robe longue grenat. Elle a passé sa tête entre les rideaux et a l’air morte de trac. Comme s’il ne faisait pas assez chaud, on ferme fenêtres et rideaux. Je dégouline. La pianiste commence à massacrer Beethoven, la Pathétique. Dominique qui l’a jouée, relève les fausses notes, et met certaines sur le compte des doigts qui glissent avec la chaleur. Ensuite au programme, la grande Polonaise, Dominique me donne des coups de coudes, « c’est trop difficile, elle n’y arrivera jamais« . Malgré le lieu mythique nous n’assistons pas à un concert exceptionnel. Viennent ensuite des pièces de Kodaly que nous ne connaissons pas, Dominique a envie de partir, moi, je veux attendre Liszt. On se sauve entre deux mouvements et écoutons la fin du concert dans l’entré e où la fenêtre ouverte donne un bon courant d’air. Bizarre impression, quand on ne voit plus la grosse dondon avec ses chairs molles qui tremblent, la musique est plus belle. Bains Gellert
Bains Gellert : hall art déco
Le hall d’entrée des bains Gellert est rempli de touristes, beaucoup de Français mais aussi des Espagnols, des Italiens. Nous payons prix réduit avec la Budapest Card mais nous nous retrouvons dans un vestiaire collectif avec des consignes pleines et une employée désagréable. Dans les bains les plus sélects on doit se déshabiller devant tout le monde. Heureusement! on a pris nos précautions !
Bains Gellert décor extérieur
Après avoir parcouru de longs couloirs (encore !)Nous arrivons à la piscine extérieure entourée de marbre rose avec un mur en petites pierres et carrelage Art Nouveau, sculptures et colonnes, un filet d’eau descend en cascade d’une série de vasques en escalier. Le décor est somptueux mais il y a vraiment foule.
Bains Gellert pis cine découverte
Nous préférons la piscine intérieure recouverte d’une verrière coulissante beaucoup plus calme et surtout plus belle. Le bassin est entouré d’une colonnade en céramique crème a motifs Art déco géométriques rappelant la mer. Le bord est de marbre rose, les murs bleu marine sont décorés de potiches de porcelaine de chine. Au fond une vasque avec une naïade qui porte dans ses bras des canards. Des lions crachent de l’eau.
Bains Gellert piscine couverte Art déco
Derrière une porte verrouillée qui s’ouvre discrètement quand on sonne, le hammam des femmes. On peut quitter son maillot et se baigner nue dans des piscines chaudes (38° ou34°). Au mur des mosaïques bleues roses et dorées, des pavés de verre laissent passer le jour donnant une lumière très douce comme dans les bains turcs.
Bains Gellert Hammam des femmes
Budapest by night
Nous avions prévu une croisière sur le Danube mais devant l’affluence des touristes qui arrivent en troupeaux pour le week-end nous nous ravisons et décidons de marcher sur les quais du Danube côté Pest.
la Bastille
Sur le quai d’en face, l’Institut français a construit une Bastille bleue Blanc et rouge, installé un podium décoré de ballons tricolores pour fêter le 14 juillet.
Nous attendons que la nuit tombe et que les lumières s’allument sur la colline du château. Le Pont des Chaînes s’illumine de toute une guirlande. Plus loin le bastion des Pêcheurs. Nous longeons le fleuve, il y a vraiment beaucoup de monde. Soudain une barge s’immobilise au milieu du Danube, une fusée explose et nous assistons au plus beau feu d’artifice du14 juillet donné en spectacle par l’Institut français.
C’est vraiment une jolie surprise, nous aurions pu choisir n’importe quel autre soir pour notre promenade nocturne.
Dominique n’a vraiment pas de veine, elle se relève de la pelouse où nous étions assises avec le short complètement trempé, il y avait une flaque ! Le retour se fait un peu sauve -qui -peut.
MITTELEUROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE
Andrassy ut
Andrassy Ut. Atlantes
Promenade III du Guide VISA :4Andrassy. Dominique reste dans le métro jaune. Nous avons fixé deux rendez vous, l’un à la maison de Liszt, l’autre à la place des Héros.
le métro jaune
Le petit métro jaune circule près de la surface. Les stations sont carrelées de blanc avec des bordures marron avec les mêmes carreaux que le métro parisien autrefois. De mon côté, je longe de beaux immeubles qui ont des entrées monumentales : caryatides, colonnes et portes ouvragées. J’entre sous des porches et découvre marbres et fresques. Opéra
L’Opéra est une copie de celui de Vienne, en beaucoup plus petit. Les statues des musiciens debout sur la corniche sont assez amusantes. Liszt a une position privilégiée sous une coquille, en habit d’abbé.
Maison de Liszt
maison de Liszt
La promenade est délicieuse, il fait encore frais. Nous sommes les seules visiteuses dans l’appartement de Liszt. La dame de la caisse parle français. Elle nous renseigne très aimablement. Nous achetons une brochure qui détaille tous les éléments du mobilier et les portraits. Bien sûr, on voit de nombreux pianos, dont certains très curieux : un piano miniature à quatre octaves, ses cordes sont remplacées par des lames de verre.
Le bureau où Liszt composait possède un tiroir renfermant un clavier à trois octaves. Dans un autre pièce, un harmonium a deux claviers, l’un pour l’harmonium, l’autre pour le piano. Demain on donnera un concert comme chaque samedi à 11 heures. Nous nous promettons de revenir.
Andrassy ut
Je continue seule ma promenade sur Andrassy qui a maintenant, une contre allée ombragée, les immeubles ressemblent à des palais, l’un d’eux est recouvert de mosaïque dorée.
Place des Héros
Place des Héros : arrivée des Magyars
Nous nous retrouvons sur la Place des Héros, immense quadrilatère dallé de noir et de blanc, en son centre, une haute colonne avec d’énormes statues : c’est le monument du Millénaire commémorant les 1000 ans de l’installation de tribus hongroises en 896. Au fond une colonnade comportait des statues, celles ci ont disparu. Pourquoi ?
Musées
Cet ensemble grandiloquent est bordé sur les deux côtés de musées ressemblant à des temples grecs. L’un d’eux est polychrome avec des dorures sur les chapiteaux, c’est plutôt kitsch !
Comme les musées sont gratuits nous entrons au Musée des Beaux Arts, celui dont le fronton imite celui du temple de Zeus. Dans des salles immenses les tableaux sont accrochés rapprochés les uns contre les autres recouvrant tout l’espace disponible. Les chefs d’œuvre sont mélangés avec des œuvres mineures (si ce n’est quelconques) Il y en a tant qu’on a du mal à s’y retrouver. L’abondance donne un résultat très indigeste.
Je cherche dans chaque salle le tableau qui me plaît, je suis déçue par le Greco mais ravie par le Breughel. Un Canaletto représentant Venise me plaît bien.
Bains Széchenyi
Nous achetons des brochettes pour manger dans le parc du Varosliget.
les Bains széchenyi sont dans un véritable palais
Les Bains Széchenyisont installés dans un véritable palais avec des coupoles vertes. On entre par un escalier majestueux. L’employée est habituée aux touristes : pour un forfait de 1500 forint nous pourrons aller partout où il nous plaira, on nous donne un jeton qu’on glisse dans la fente d’un portillon. Dédale de couloirs qui mènent dans des lieux mystérieux dont la destination est écrite en Hongrois. Trouver les cabines est une aventure. Si nous entrions par erreur dans le hammam des hommes ? ou dans un lieu de traitement médical ?Après les vestiaires nous poursuivons notre parcours initiatique par des couloirs et des salles de repos, les bassins d’eau thermale très chaude, des piscines de formes variées dans lesquels trempent des hommes et des femmes d’âges divers.
Bains széchenhyi : décors de mosaïques
Enfin nous atteignons l’extérieur à la sortie d’un escalier en colimaçon trois grandes piscines dans un décor baroque. Murs peints en jaune comme à Schönbrunn, moulures blanches, balustres, festons et guirlandes. Au milieu d’un bassin rond, une vasque, sur le rebord de la piscine, des divinités marines juchées sur des dauphins nous surveillent.
bains széchenyi : piscine découverte
Il y a beaucoup de monde mais les installations sont si vastes que l’on trouve facilement une place. On peut nager sans se gêner. L’ambiance est différente des piscines de France : pas de cris, pas de bousculade ou de plongeons. Il faut dire que les enfants sont rares et les ados absents. La majorité du public est d’âge respectable. Un maître nageur à chaque extrémité de chaque piscine siffle les nageurs sans bonnet. Nous avons donc un moment de détente et de calme. Je nage dans ce cadre royal dans la piscine à 25 ° longue d’au moins 50 m/.Un peu plus loin, une piscine ronde a des bulles et un courant giratoire, des jets d’eau, tous les enfants réunis dans cette sorte de manège, suivent un géant poilu mais au crâne rasé à la silhouette d’haltérophile qui porte une jeune fille brune aux longs cheveux à bout de bras et émet des imprécations dans ne langue slave (russe, bulgare ?)
Dans la piscine d’eau très chaude on joue aux échecs assis dans l’eau.
Bois de Ville
Nous rentrons tranquillement en faisant le tour du château composite sur le bord du petit lac: il reproduit sur chaque face un site connu de la Hongrie, nous reconnaissons la chapelle de Jak, la façade de Fertödun autre château Renaissance, un clocheton de bois à toiture compliquée et une tour moyenâgeuse. L’ensemble est kitsch et peu intéressant. C’est un précurseur du château de la Belle au bois dormant d’Eurodisney.
Galerie d’Art moderne
La Galerie d’art Moderne est logée dans le temple antique polychrome. Contrairement au musée d’en face, peu de tableau sur les murs blancs, mais ce qui est mis en valeur n’offre que peu d’intérêt. En revanche on a tassé un Picasso, 3 Modigliani et deux Kandinsky dans une même salle.
Dans une dernière salle une exposition sur le thème des collections de Gertrud Stein avec des copies de Picasso de Braque ou de Cezanne sur des matériaux divers : chaises, caisses avec des couleurs fanées.
Pest
Le petit métro nous conduit place Vörôsmartydans le quartier piétonnier et chic de Pest : je lorgne le Café Gerbeau mais Dominique déclare que nous sommes mal fringuées et surtout, manger un gâteau à la crème ne lui dit rien (à moi si !). Nous arrivons au Danube devant les grands hôtels Hyatt, Mariott… qui font un front de fleuve très moderne et très quelconque (mieux que le front de seine du Xvème)Sur le bord du Danube il y a de belles terrasses de café, beaucoup de promeneurs , sur le corso les rails du tram nous séparent du quai en contrebas.
Pont des chaînes
Le fameux pont des Chaînes gardé par des lions sans langue, est un des symboles de Budapest. Il est long de 235 m. En face le funiculaire grimpe au château, tout petit en bois peint en jaune, très cher . Passé six heures, les musées sont fermés mais la lumière est très belle, il y a peu de monde et une relative fraîcheur ? Nous déambulons dans le palais grandiose. Des clarinettistes plutôt jazz et un violoniste nous donnent un concert de plein air.
Une rampe pavée nous conduit au Danube. Le 86 un bus direct nous ramène très vite chez nous.
J’ai dévoré ce livre, une fois commencé je ne l’ai plus laissé. Merci à Babélioet l’éditeur du TempsPrésent
« Et bien, votre fils Sioma…en deux mots c’est un Don Quichotte tragique… un héros antique, en quelque sorte » […]…mais inspiré par un vieux philosophe, un hassid, sans doute, qui lui apprit que « sans l’espérance, nous ne trouverons jamais l’inespéré » « .
Lecture passionnante : un demi-siècle de révolutions, 1904-1946 , d’Odessa à la Guerre Civile espagnole, aux camps du Vernet de Djelfa, en Palestine. Sioma, le père d’Alexandre Thabor, raconte sa vie à son fils après une longue séparation. Ce livre qui se lit comme un roman d’aventures, est le témoignage d’un combattant révolutionnaire. C’est aussi une merveilleuse histoire d’amour de deux enfants juifs d’Odessa 15 ans et 13 ans qui se sont aimés jusqu’à ce Tsipora ne soit réduite en cendres quelques jours avant la libération d’Auschwitz.
Révolutionnaire depuis sa plus tendre enfance :
« C’est à six ans que mon père m’a ouvert les yeux sur le monde dans lequel nous vivions, nous les Juifs : un monde de pogroms, d’incendie, de pillage, de viols, de dévastations, de massacres perpétués par les Cent-Noirs »
….
C’est juste après l’assassinat de Stolypine, l’organisateur des Cent-Noirs un jour de Septembre 1911, que mon père a jugé bon de commencer mon éducation politique. […]Il m’a raconté le dimanche sanglant de 1905 à Saint Pétersbourg, les grandes grèves d’Odessa, la mutinerie des marins du Cuirassé Potemkine…
Révolutionnaire et juif, révolutionnaire parce que juif?
Son père tenait une école où l’on enseignait le Russe avec Gogol et Pouchkine, l’Hébreu avec la Torah, …et les prophètes : Amos, le premier révolutionnaire ouvrier, Isaïe très présent tout au cours du récit. Malgré les violences, les récits de guerre, les références aux textes juifs sont présentes.
Chagall : la Guerre
Sioma, adolescent à Odessa, vit dans une ambiance de violence extrême. Le récit d’un pogrom est insoutenable. Après la Révolution de 1917, Odessa est le théâtre d’affrontements entre l’armée Rouge, les armées blanches et les nationalistes ukrainiens. La communauté juive est, elle-même, partagées, certains juifs soutiennent l’Ukrainien Petlioura, pourtant antisémite. Sioma choisit les komsomols où il acquiert une éducation politique et militaire.
Chaghall : le salut
Ce n’est qu’après le pogrom de Jitomir (1919) que son ami Gedeon l’entraine à une réunion du Poalé-Zion sioniste. Il entend parler Kalvarisky , un proche de Martin Buber partisans d’une entente entre les Arabes et les Juifs en Palestine. L’idée de quitter Odessa pour Eretz Israel ne le tente d’abord pas du tout. Pendant de longues années, se succèdent affrontements et massacres. Ce n’est qu’en 1924, avec Gedeon et Tsipora qu’ils iront s’installer à Nahalal dans la ferme de leurs amis Olga et Youri.
Jamais, Sioma et Tsipora n’ont adhéré au slogan « Une terre sans peuple, un peuple sans terre » . Déjà, à Odessa, ils connaissaient la situation : deux peuples condamnés à vivre ensemble sinon , selon Martin Buber, il s’en suivrait une Guerre de Cent Ans.
« partisans de la création d’un Etat commun binational, nous étions certains que cet espoir serait comblé un jour ou l’autre. De ce point de vue, nous nous sentions pleinement révolutionnaires »
L’installation à Nahalal au printemps 1924 se fait dans l’enthousiasme jusqu’à ce qu’une famille palestinienne ne vienne cultiver les terres qu’on leur avait volées et qu’un membre du moshav ne tue le père.
« Sioma ressent sa vie en Eretz Israel entachée par ce crime. Il éprouve désormais l’obligation d’empêcher pareilles injustices »
Après avoir protesté, devenus indésirables, ils sont chassés du moshav et déménagent à Haïfa où ils militent pour l’entente avec les Arabes avec qui avait fondé avec Martin Buber, Brit Shalomqui lui fait connaître le maire de Haïfa et les grandes familles arabes. Sioma rencontre aussi Yitzhak Sadeh qui l’a accueilli au Bataillon du travail tandis que Tsipora travaille avec Sarite la sœur d’un communiste arabe Nadjati Sidki dans une école bilingue accueillant enfants juifs et arabes. Ils soutiennent les revendications et les grèves des travailleurs arabes
« Ils deviennent des traîtres, des vendus à la cause arabe »
Tandis que les émeutes, les violences intercommunautaires et antibritanniques s’intensifient. En 1936, à la suite d’une décision de la Histadrout de bannir les travailleurs arabes, la grève se transforme en lutte armée. Sioma est arrêté par les Anglais et emprisonné à Saint Jean d’Acre. Il est expulsé de Palestine et rejoint les Républicains espagnol dans leur lutte contre le fascisme.
Il ne part pas seul, 25 militants antifascistes juifs et 2 arabes forment
« mon unité, mes Palestiniens »
Jose Garcia de Ortega
dans les brigades internationales. Il retrouve d’anciennes connaissances d’autrefois quand il était dans les komsomols et furent
« accueillis par André Marty, le héros de la mutinerie de la marine de guerre française dans la rade d’Odessa »
Le récit de la Guerre d’Espagne est détaillé sur 75 pages, de bravoures, de tueries, d’occasions ratées, de défaites sanglantes et aussi de coups tordus. Bataille de Madrid, de Saragosse, de Teruel pour finir par la Retraite, la Retirada. Impression de gâchis. Les ordres de Moscou sont contradictoires. Chaque clan livre bataille de son côté, quand ce n’est pas les uns contre les autres. Exécutions sommaires de déserteurs. Déserteurs ou opposants politiques? Les communistes semblent plus occupés à décimer les anarchistes et les trotskistes qu’à gagner la guerre civile. Exécutions aussi de militants communistes chevronnés, hauts gradés qui ont déplu à Moscou. Jeanne, une journaliste qui a publié un article sur la commune des femmes libres de Calanda (anarchistes), Lucia Cordoba, une chirurgienne dont le seul tort est d’avoir soigné un officier franquiste, périssent dans d’étranges accidents, enlèvement, guet-apens. Et pourtant, malgré tout cela, Sioma continue persuadé de la justesse de leur lutte anti-fasciste.
1939, Sioma est interné dans des conditions très dures au camp du Vernet d’où il s’évade pour retrouver Tsipora à Paris. Il est repris sous les yeux de son fils et de sa femme renvoyé au Vernet puis en Algérie à Djelfa jusqu’en 1942. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord les anciens des Brigades furent libérés et un émissaire soviétique vient chercher Sioma pour l’envoyer en Palestine.
Chagall : à la Russie, aux ânes et aux autres
Détour par Moscou, où chaque clan autour de Staline avance ses pions. Béria pense l’utiliser dans un comité juif, le CAJ, cherchant à lever des fonds d’aide à l’Armée Rouge. En contrepartie, l’URSS soutiendrait la création de l’Etat d’Israel. Protégé par sa mission soviétique, il peut retourner en Israël d’où il était banni. Occasion de retrouver Haïfa, sa mère et ses camarades de combat.
1946, la guerre est finie mais la libération des camps a changé la donne. Ben Gourion, la Haganah préparent les forces du futur Etat d’Israël. Où se trouve Sioma le jour de l’Indépendance? Ce n’est plus le sujet. A Paris il apprend la mort de Tsipora.
Témoignage sur la Révolution Russe à Odessa, sur la vie du Yichouv de 1924 à 1936, récit de la Guerre d’Espagne. C’est aussi un récit très poétique entrecoupé des versets d’Isaïe ou de Jérémie, de poèmes écrits par ces poètes yiddisch qui vont disparaître en 1952 lors de la purge de Staline.
Un récit, parfois touffu, où je me suis un peu perdue, mais passionnant.
En bonus : la préface d‘Edgar Morin. Une postface très intéressante : Ils rêvaient de binationalisme signée Dominique Vidal
MITTELEUROPA : UN MOIS A TRAVERS L’AUTRICHE, LA HONGRIE ET LA CROATIE
Halles de Budapest
Halles centrales
Tram 17, jusqu’au Pont Marguerite, le tram 4 jusqu’à Moskva ter, puis le métro, ligne rouge puis ligne bleue jusqu’aux Halles Centrales.
La structure métallique du marché est élégante, les échoppes colorés, les guirlandes de paprika séché alternent avec celles d’ail. les charcuteries proposent des saucisses, encore des saucisses, et du foie gras. Aux légumes des piles de poivrons de toutes les teintes allant du vert acide jusqu’au jaune oranger en passant par toute la gamme du jaune. Choux, choux-fleurs, choux raves, radis, radis noirs, carottes en bottes et navets. A l’étage des broderies fines très chères. C’est un marché de luxe où nous nous promenons avec plaisir.
Synagogue
Le saule du souvenir devant la Synagogue
A la Synagogue, une mauvaise surprise nous attend : une queue serpente sur toute la place, c’est le premier jour de l’Exposition Chagall. La queue n’avance pas, je me renseigne, on doit passer sous un portique de sécurité et on fouille tous les sacs. Dans la file, une majorité d’Israéliens qui sont habitués à cette situation, parlent fort, s’interpellent, s’organisent, vidant leurs poches à l’avance des pièces et des clés. Cela dure bien trois quarts d’heure mais personne ne s’impatiente.
style mauresque
Dans la Synagogue, je profite du commentaire en hébreu de la conférencière. Elle date d’environ 1850 et est de style « mauresque », aucun rapport avec une communauté séfarade, c’était simplement le style à la mode. La Guide souligne les éléments copiant une cathédrale chrétienne : même chaire, même tribunes dans l chœur. Différence quand même les galeries en bois sur deux étages pour les femmes et les lustres impressionnants. Pendant la guerre, les nazis ont utilisé la synagogue comme centre de communication, sachant que les Américains ne la bombarderaient pas. C’est aussi le lieu où ont été rassemblés les Juifs partant pour les camps. Estée Lauder a financé la restauration.
Budapest Synagogue
Musée Juif
Au musée juif, les vitrines sont intelligemment présentées sur le thème des fêtes. Celle de Kippour montre de beaux shofars, la table du Séder est dressée avec des plats à Matzot magnifiques, les Haggadot et toute l’argenterie. Au fond une salle tapissée de photos sur l’extermination de la communauté hongroise. L’émotion très forte se dégage, on a beau connaître ces images cela fait quand même quelque chose.
Chagall
L’exposition Chagall est organisée par l’Institut français, beaucoup de tableaux proviennent du Midi de la France, j’ai plaisir à montrer à Dominique ces tableaux qui sont bien dans leur contexte ici.
Le saule du Souvenir
Dans un petit jardin ombragé, des plaques debout comme des tombes, portent toute la même année 1945, accumulées sous les grands arbres, cimetière vide. Le saule pleureur du souvenir,au milieu d’une cour pavée, porte sur chaque feuille métallique le nom d’un disparu au milieu d’une cour pavée. Arbre métallique isolé, image poignante . Les touristes qui se font tirer le portrait agacent Dominique, moi, je les comprends, ils rapportent à la famille, aux amis une preuve de leur passage, en pèlerinage.
Le Guide VISA nous invite à faire une promenade dans l’ancien quartier juif : nous voyons des façades noircies délabrées d’immeubles qui ont été décorées de guirlandes de statues, d’angelots ou de chevaliers du Moyen Age, gloire ancienne d’une communauté qui a été très prospère. Visite des Bains Kiraly
Bains kiraly
Quels bains choisirons nous ?
Le tram 17 passe devant les bains Lukacs(1 étoile)près du pont Marguerite se trouvent les bains Kiraly (3*)Nous optons pour Kiraly et marchons le long du Danube. Au détour d’une rue calme nous voyons les coupoles de l’établissement de bains. Des petites coupoles turques vertes surmontent des murs antiques, adossés à une maison de deux étages verte coiffée d’une toiture qui fait un auvent.
Kyraly intérieur
L’accueil est le même qu’à Balf, liste de prix en Hongrois, l’hôtesse en blouse blanche ressemblant à une infirmière ; les couloirs ripolinés il y a bien longtemps ont de vilaines couleurs terne hôpital. Je mime les gestes du nageur, une employée qui parle anglais se rapproche, ici, il n’y a pas de piscine, mais elle propose un ticket de visite pour 220 forints. On ouvre une cabine à clair-voie pour ôter les chaussures, on aurait aussi pu enlever nos vêtements puisque nous avons pris la précaution de mettre les maillots en dessous. Notre hôtesse, pantalon blanc, blouse blanche, nous précède sur des sortes de caillebotis en plastique et nous montre le Hammam, nous passons très vite dans la pièce chaude et arrivons dans la pénombre sous la coupole éclairée seulement par les trous (qui nous permettaient de reconnaître les hammams en Turquie). Sous la coupole, une piscine d’eau chaude, des femmes à moitié nues, ou complètement, prennent leur bain, sur les côtés quatre piscines rectangulaires plus petits sont remplis d’eau fraîche. Nous sommes ridicules, habillées dans la moiteur . Je regrette en voyant les piscines d’avoir seulement le ticket de visite. Dominique est horrifiée par les corps vieillis offerts au regard des autres. Ambiance calme, personne ne parle, très différente de la joyeuse activité des marocaines. Pas de savon ni d’argile, ici, ce sont des thermes médicaux, pas le décrassoir.
Bains Lukas
Bains Lukacs
Nous allons à pied aux bains Lukas. L’entrée est monumentale, des colonnes de marbre encadrent une fontaine, comptoir ancien où l’on vend l’eau au verre. bâtiments du siècle dernier sont peints en jaune ornés de statues, guirlandes, chapiteaux surmontés de balustre. Dans la cour il y a des grands arbres et des bancs. Cet établissement thermal a plus d’allure que l’hôpital de Balf .Au mur, des plaques de marbre ressemblent à des ex voto, remerciements de riches curistes. L’une est en allemand, une autre en arabe(en lettres latines) au nom d’un prince égyptien.
Accueil habituel, on prend des entrées-piscines avec cabine, le garçon de bain, heureusement n’est pas déguisé en infirmier, il est joyeux, il nous pilote, ouvre nos cabines, nous dit d’y laisser nos affaires. Pour les photos, c’est interdit, mais il ferme les yeux nous recommandant de faire discrètement.
Les piscines ne datent pas du siècle dernier ! elles sont carrelées et pimpantes. Il y en a trois, une froide, une à 25°C et une chaude. Au premier abord je rentre dans la piscine classique à 25° et fais des longueurs. Dominique m’appelle et nous descendons dans la piscine chaude. Sa forme est bizarre, il y a une partie rectangulaire et une autre ronde où un couloir fait le tour du bassin, dans ce couloir les baigneurs se suivent à la queue leu leu, nous y allons, un courant très fort nous entraîne, on attrape le rebord et on se laisse dériver à toute allure. C’est rigolo, on peut marcher, nager ou simplement s’asseoir en se tenant par les bras. Parfois on se cogne en riant. Pour quitter le tourbillon il faut bien calculer sa sortie sinon on repart pour un tour. L’autre partie de la piscine comporte des attractions : une douche puissante, cinq ou six personnes sont debout sous le jet qui cingle le dos ou les épaules. Difficile d’y rester longtemps. Une sorte de plage avec des arceaux permet de se coucher et de se laisser masser par des bouillonnements. Après .un certain temps, nouvel amusement : des sources bouillonnantes surgissent au milieu de la piscine, le courant giratoire et la plage bouillonnante s’arrêtent alors . Nous nous amusons bien et restons jusqu’à six heures.
….. »Ilia Brusch comprit le danger. Faisant pivoter la barge d’un énergique coup d’aviron, il s’efforça de se rapprocher de la rive droite. Si cette manœuvre n’eut pas tout le résultat qu’il en attendait, c’est pourtant à elle que le pêcheur et son passager durent finalement leur salut. Rattrapée par le météore continuant sa course furieuse, la barge évita du moins la montagne d’eau qu’il soulevait sur son passage. C’est pourquoi elle ne fut pas submergée, ce qui eût été fatal sans la manœuvre d’Ilia Brusch. Saisie par les spires les plus extérieures du tourbillon, elle fut simplement lancée avec violence selon une courbe de grand rayon. À peine effleurée par la pieuvre aérienne, dont la tentacule avait, cette fois, manqué le but, l’embarcation fut presque aussitôt lâchée qu’aspirée. En quelques secondes, la trombe était passée et la vague s’enfuyait en rugissant vers l’aval, tandis que la résistance de l’eau neutralisait peu à peu la vitesse acquise de la barge. »
Quel plaisir de s’évader au fil de l’eau à bord de la grosse barque du pêcheur Ilia Brusch, champion de la Ligue Danubienne des Pêcheurs au concours 1876 de Sigmarigen à Routchouk. Ilia a imaginé ce périple comme une véritable opération de communication : annonçant ses étapes par voie de presse, vendant aux enchères le produit de sa pêche.
Depuis plusieurs mois, en effet, les rives du Danube étaient désolées par un perpétuel brigandage.
Les voleurs, très mobiles, sont insaisissables et la police fluviale délègue un fin limier Karl Dragoch pour les arrêter. L’enquêteur, incognito, s’invite à bord de la barge d’Ilia Brusch. Jusqu’à Vienne c’est une véritable partie de pêche et de plaisir. Tout se complique quand le pêcheur fait escale dans la Capitale et que de nouveaux personnages s’immiscent dans la navigation. Véritable imbroglio d’identités, Ilia Brusch est-il le paysan Hongrois qu’il prétend?
A l’escale suivante, en Hongrie, une villa est dévalisée, une tempête chahute la barque et Karl Dragoch tombe dans le Danube…C’est un roman d’aventures!
L’action se déroule en 1876 avec les guerres d’indépendances des patriotes bulgares contre la Turquie, trafics d’armes, pirates du Danube.
Il y a aussi un une romance.
Tous les ingrédients pour un polar aventureux très réussi.