Mille et un jours en Tartarie – Lyane Guillaume

ROUTE DE LA SOIE

Femmes de Fergana en visite à Tachkent

Merci à Babélio et aux éditions du Rocher pour cette découverte!

Tachkent, le 8 mars 2014, Goulia invite ses amies pour fêter l’anniversaire de sa sœur Chirine. La narratrice Lyane, française, prend des notes pour un futur roman. Au cours de la soirée chacune racontera son histoire singulière

Danseuse ouzbèke Boukhara

A cette polyphonie se mêleront d’autres destins de femmes : celui de Rano, la jeune fille d’Andijan, traumatisée par le massacre de 2005, dont le mariage arrangé est suspendu à une éventuelle grossesse. Destin flamboyant de Tamara Khanoum, danseuse célèbre du temps de l’Union soviétique, arménienne qui exportait la culture de l’Union soviétique, comme les chœurs de l’Armée rouge, contribua à l’effort de guerre pendant la Seconde Guerre Mondiale. Bibi Khanoum – femme préférée de Tamerlan – construisit pour lui une mosquée gigantesque  (que nous avons visitée quelques semaines après la soirée du livre). 

Lutrin mosquée de Bibi Khanoum Samarcande

Les histoires se mêlent comme les conversations à bâton rompu…

Lyane raconte l’histoire de l’Ouzbékistan, de sa période soviétique qui a marqué toutes les femmes présentes à la fête, de la Perestroïka et de l’indépendance de la République d’Ouzbékistan. Tachkent, grande ville cosmopolite abrita l’intelligentsia russe en 1941 pendant le siège de Léningrad. Les populations sont extrêmement diverses, ouzbeks, russes, tadjiks, coréens, juifs…les religions aussi, si l’Islam est majoritaire, les  chrétiens sont aussi présents. mais c’est l’empreinte soviétique qui les unit.

De nombreux problèmes actuels sont abordés, celui de la Mer d’Aral et de la culture du coton, la corruption et l’enrichissement des affairistes et des mafias. En filigrane aussi, le wahhabisme. Le séisme de 1966 n’a pas encore été oublié. C’est à la suite de la reconstruction que Tachkent a doit son urbanisme avec les grandes avenues, les esplanades.

C’est une lecture très agréable et distrayante. Aux paroles des femmes s’ajoute aussi le défilé des plats de ce repas de fête, détails culinaires . J’ai retrouvé des goûts, des images pas encore oubliés. C’est le livre idéal pour préparer un voyage sur la route de la soie!

Moins dramatique que La Fin de l’Homme Rouge d’Svetlana Alexevitch, plus centré sur l’Ouzbekistan que Par les Monts et les Plaines d’Asie Centrale d’Anne Nivat qui sont deux témoignages majeurs.

 

25. Premières visites de Santa Antao avec un chauffeur

CARNET DU CAP VERT 2002

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Au petit déjeuner, j’ai résolu l’énigme du pain : on n’en trouve jamais dans les épiceries pourtant, il existe une boulangerie industrielle  dans chaque île. On se demandait bien où on pouvait se le procurer . Ce matin tout le village défile chez Fatima, un torchon à la main pour acheter des petits pains. Les dépôts de pain se trouvent dans des lieux inattendus !

8h, ponctuel, un grand HIACE (15 places) rouge nous attend. Au volant, Gabriel, métis très clair, jeune grassouillet, en jeans. Il parle beaucoup moins bien français qu’on ne  l’avait cru hier, il est ravi que je comprenne un peu le Portugais. A moi donc de faire les efforts de conversation si nous désirons une visite commentée. A Fogo, Albino avait été un guide remarquable mais il était polyglotte ? le prix a aussi augmenté .

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Ribeira : fermer perchée

Pour arriver à Ribeira Grande nous roulons sur quatre kilomètres de corniche au dessus d’une mer agitée de belles vagues blanches. Il n’y a pas de vent du tout, par jour de tempête cela doit être impressionnant !

Ribeira Grande est une agglomération assez laide. Impossible d’en saisir le plan de prime abord : nous passons par une ruelle devant un petit marché, arrivons sur une rue commerçante avec des banques le bureau de TACV, deux hôtels minables. Plus loin un quartier plus moderne, un marché africain installé dans des baraques de tôle grise, beaucoup d’aluguers, un garage. Gabriel stoppe au garage pour voir le loueur de voitures, peine perdue, tous ses véhicules sont occupés. Peut être, n’inspirons nous pas confiance. En voyant l’état des pistes, je le regrette moins.

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Ribeira grande : canne à sucre

Le minibus s’engage dans la Ribeira Grande, vallée assez large et cultivée surtout de  canne à sucre, de manguiers magnifiques, je découvre les arbres à pain. Parmi les légumes du dîner, j’avais trouvé une tranche verdâtre d’un légume inconnu un peu farineux au goût situé entre la patate douce et l’artichaut. Fatima m’avais expliqué que c’était le fruit de l’arbre à pain. Ces arbres sont très grands aussi hauts que les manguiers mais plus larges avec de belles feuilles découpées très décoratives et des fruits vert clair hérissés de piques.

Les maisons sont perchées sur des pentes incroyables, parfois sur des arêtes vives où il y a tout juste la place de construire une maisonnette. Elles sont toutes très fleuries. Les fleurs d’agave –ou de sisal- donnent du pittoresque aux photos. Les plus anciennes sont en pierre noire couvertes de paille (cela se dit pareil en Portugais), les plus soignées sont peintes en blanc, rose ou vert vif, la plupart sont en parpaing.

Cha de igreija : terrasses
Cha de igreija : terrasses

Les hommes façonnent sur place  les briques de parpaing en tamisant les graviers ou le sable prélevés dans le fond de la ribeira en faisant des trous disgracieux. Des cadres métalliques percés de trous faits à la main servent de tamis primitifs. Ils mélangent au ciment le gravier sur le bord de la route et remplissent des moules rudimentaires. Les parpaings sèchent, alignés. Peut être les maçons sont ils des professionnels mais il semble que chacun construit avec l’aide de sa famille ou des voisins sa maison, rehausse d’un étage, rajoute une pièce, tout en habitant les pièces terminées . Cela confère aux villages un aspect inachevé, de chantier perpétuel. Quand il y a du travail aux champs ou du grogue à distiller, quand il n’y a plus de sous, le chantier s’arrête et la maison reste en attente… Les harmonieuses maisons basses aux frontons portugais se transforment en immeubles à étages avec des terrasses hérissées de ferrailles qui dépassent et rouillent, d’escaliers qui ne mènent nulle part . Les animaux, eux, sont logés dans des abris traditionnels souvent arrondis, muret de moellons grossier avec un toit de paille couvrant à moitié l’ouverture ronde.

Les nuages , accrochés aux sommets se détachent. Il fait beau .. Je dois me gendarmer pour ne pas tout prendre en photo . Gabriel s’arrête volontiers (quand la route le permet) Une excursion en voiture est une sorte de torture pour le photographe. Vu de mon siège un cadrage me plaît, descendue sur la route, je ne le retrouve plus. Le premier plan a disparu . dans le viseur, le sujet paraît lointain. et quelconque .

Cha de igreija village
Cha de igreija village

La route s’élève vite à flanc de la montagne. Nous passons devant notre première trapiche (distillerie de grogue) Demi tour à Garça de Cima ..

Point de vue magnifique sur Horta da Cima, village au fond d’une vallée très verte. Puis descente en lacets rapide, la route devient piste et plonge dans un canyon étroit : scènes de western : un cavalier sur un magnifique cheval marron, encore plus insolites ces deux colporteurs très noirs sans doute sénégalais tenant un portoir sur lequel sont accrochés des montres des lunettes, des bricoles, un bandana stars and stripes. Je ne suis pas assez rapide pour sortir l’appareil-photo, dommage …

Pour atteindre Cha da Igreja, le minibus gravit une pente incroyable, nous faisons silence, chauffera ou chauffera pas ? Bravo Toyota! le Hiace est monté sans encombre . J’en fais part à Gabriel qui dit que les Peugeot sont bonnes à Sal ou à Sao Vicente mais qu’elles n’auraient pas supporté l’ascension . Il me montre le thermomètre du compteur.

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Dans la canne à sucre toute une troupe est occupée à construire une levada. J’ai oublié de parler des levadas que nous suivons dans le paysage depuis Ribeira Grande. Certaines sont suspendues sur des ponts très fins  Elles ne ressemblent pas à celles de Madère : ce sont des rigoles d’une vingtaine de cm de largeur et de profondeur avec une fine bordure de ciment de chaque côté . pas de chemin qui les accompagne comme à Madère .Comment travaillent les levadeiros chargés de leur entretien ?

Après la campagne riante, nous traversons une ribeira, et arrivons au village de pêcheurs de Cruzinhas da Garça : un port minuscule abrité par un gros rocher, quelques barques à quai . le village est gris parpaing, noir basalte, très sale et très misérable. La mer envoie des paquets d’écume. Gabriel  propose une promenade à pied. Distribution de crayons . Je descends seule au port . Sur le rocher humide grouillent des dizaines de tout petits crabes.

Nous repassons par Cha da Igreja, le soleil est déjà haut, la lumière moins belle.

Trappiche
Trappiche

Coculi : nous nous engageons dans une petite ribeira cultivée, nous visitons une trapiche. Un jeune commente la fabrication de l’Agua Ardente. La canne est écrasée entre des rouleaux (moteur électrique) le jus arrive dans des barriques stockées dans un appentis. .  Pendant la fermentation, de grosse bulles soulèvent la surface. du liquide grisâtre  .Elle dure plusieurs semaines puis on distille dans alambic primitif. Un four alimenté par des paquets de feuilles de canne chauffe une sorte de chaudron (un bidon métallique) le refroidissement s’accomplit le long d’une gouttière creusée dans du bois où coule l’eau  . Au bout d’un vulgaire tuyau en plastique noir (comme les tuyaux d ‘irrigation) on récupère l’agua ardente. Comment échapper à la dégustation et à l’achat ? le plus simplement du monde : j’explique qu’il est beaucoup trop tôt pour boire et que l’alcool à jeun nous assommerait par cette chaleur (je mime) . je renifle la grogue :cela sent très bon . Ils n’insiste pas du tout. De toute façon la grogue est dans de grosses barriques, si nous avions voulu en acheter il aurait fallu apporter notre propre bouteille.

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Ribeira Grande : bananeraies

Gabriel nous conduit jusqu’au dernier village au bout de la route, croisant des enfants qui sortent de l’école portant leurs cahiers, les objets confectionnés pendant l’année, cartons, tableaux de nouilles ou de coquillages, boutures dans des pots de conserves. C’est le jour des vacances, ils lancent des vivats qui doivent dire que l’école est finie.

Dominique essaie de photographier une petite fille portant une belle bouture sur sa tête, ses copines sont jalouses et se placent devant elle. On a bien du mal à les disposer pour que la « vedette » soit visible.

Nous descendons la piste à pied  .Gabriel nous attend plus bas avec ses copains de la distillerie. Nous déjeunons sous un manguier, à nos pieds une petite levada  . Des gamins nous importunent ‘ »money «  la grande sœur ou la mère les éloigne. Spectacle inattendu : un âne s’est échappé, descend la piste au grand galop poursuivi par un gamin pieds nus.

Sur le gué cimenté, plein de bouteilles de bière cassées, le Hiace se retrouve avec un  pneu crevé. Heureusement Ribeira Grande est toute proche . Gabriel porte le pneu au garage et nous en profitons pour aller changer de l’argent à la banque.

Le ciel s’est couvert, il fait tout gris .

Dernière expédition : la petite Ribeira de Torre qui aboutit à la Ribeira Grande encore plus verdoyante que les autres . Des bananeraies se pressent sur ses flancs . dans son creux, coule de l’eau qui arrose des ignames . les arbres à pain sont encore plus majestueux, je crois reconnaître un avocatier. Fin de la ballade sous un tout petit pic, une aiguille volcanique ( ?) comme un obélisque

Notre lampe de chevet est inénarrable : sur un socle de laiton, la lampe est en porcelaine, un bouquet de fleurs en plastique orange sert d’abat jour . Pas d’interrupteur, quand on tape faiblement sur le socle, la lampe s’éclaire faiblement, au deuxième coup, elle s’éclaire bien, au troisième coup tout s’éteint. D’où provient cette merveille ?

 

L’Orient derrière soi – André Tubeuf – Actes sud

Un très beau titre m’a attiré ainsi que la couverture vieux rose, comme un sépia encore défraîchi, Istanbul et la Corne d’Or?

 

André Tubeuf, musicologue que j’avais entendu sur France Musique, (clic vers le podcast ICI) raconte son enfance en Orient. Né à Smyrne en 1930, il a suivi son père ingénieur dans ses affectations en Orient, sur les bords de la Mer Noire, à Alep et à Beyrouth avant de partir eétudier Paris à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C’est une évocation de cette Méditerranée orientale, et un roman d’apprentissage de cet enfant français d’Orient qui se cherche et « s’incorpore » dans son école des Jésuites de Beyrouth…

 

La première partie « TROIE »raconte Smyrne. Lecture délicieuse. Evocation merveilleuse de la lumière dorée, des senteurs d’abricots et de raisins, de la douceur des baignades de la première enfance. Smyrne-Troie a brûlé lors de la Catastrophe en 1922, Smyrne-Troie-Atlanta d‘Autant en emporte le vent, incendie terrible et spectaculaire que l’enfant n’a pas vécu mais dont le souvenir plane, souvenir homérique, Pergame proche.

LA COTE PERDUE : Sur les bords de la mer Noire, l’enfant grandit libre entre son jardin sauvage et les baignades, ses chats, ses frères et quelques camarades. Il n’y a pas d’école pour enfermer les petits. Une religieuse lui apprend à chanter en latin, puis est expulsée par les autorités d’Atatürk. Un frère des écoles chrétiennes improvise un semblant de classe avant que, en 1939, le déménagement ne soit inévitable pour les expatriés français.

Ce n’est pas en  France où ils n’ont pas d’attaches – que les Tubeuf se réfugient, mais dans dans la Ville, Stamboul comme ils l’appellent, Istanbul. C’est là qu’ils se retrouvent en famille.  A peine 9 ans, André est scolarisé en 6ème, chez les séminaristes.  Le plus petit, et pourtant bon élève. Evocation poétique non pas des monuments ou des sites de la Ville. Plutôt des goûters dans les salons des dames stambouliotes…J’ai adoré ce récit  de la vie levantine, cosmopolite, hospitalière.

Alep 1941, étrangement l’enfant se découvre français. La Syrie est sous mandat. Dans les années 40, règne une étrange guerre franco-française entre les loyalistes pétinistes et la France libre, gaullistes ou simples résidents d’Outre-mer qui ne dépendent pas de Vichy. J’ai découvert cet épisode que je ne connaissais pas. Nouvelle installation, nouvelle maison, nouvelle école et découverte  du théâtre, de Corneille et Molière.

A Beyrouth  la famille passe l’essentiel de la guerre. La scolarité de l’enfant se stabilise chez les Jésuites de USJ. Il a enfin des camarades, presque de son âge. Il « s’incorpore » dans les camps  (presque des préparations militaires) que les Jésuites organisent pendant les vacances. L’enfant déraciné se cherche des semblables dans les enfants français d’expatriés.

Enfin le récit se termine par un pèlerinage « ITINERAIRE DE JERUSALEM A PARIS » . Les références cathos et claudéliennes n’ont pas trouvé d’écho  chez moi comme  les récits levantins .  Pluriel, mosaïque de religions, ouvert et hospitalier, le Liban n’en est pas moins très confessionnel. L’enfant , qui parle turc dans la rue, et grec avec sa mère, me séduisait plus que l’apprenti-combattant des camps d’été. Mais il faut bien grandir….

 

24 – . Le ferry de Santo Antao – Arrivée chez Fatima

CARNET DU CAP VERT 2002

 

Punta do Sul
Punta do Sol

Le vent s’est levé hier dans l’après midi et a soufflé toute la nuit. La mer sera-t- elle agitée pour la traversée ?En tout cas, je me lève tôt, ce n’est pas le jour d’être en retard. A 7h25, tout est prêt pour le départ, Elisabeth nous fait un petit déjeuner rapide, pas de café ni de Thé, pas de pain frais non plus, c’est trop tôt .A la place un  croque monsieur au fromage, délicieux . Dominique  est hantée depuis quinze jour par cette traversée – nous voulons être les premières pour choisir nos places, il faut donc arriver tôt ! Elisabeth nous emmène à bord de sa petite Suzuki.

Déjà 14 caddies chargés attendent devant le nôtre à la gare maritime, je me précipite et monte la première à bord du ferry .Nous nous installons à l’avant sur le pont du haut. Nous avons la surprise de retrouver Daniel, le jeune qui nous avait été confié à Orly, il nous a gentiment saluées.

Le bateau prend de travers les vagues avec de beaux creux. Des giclées d’embruns inondent le pont du bas. Nous fixons la mer et l’île de Santo Antao qui s’approche, sans un regard pour les autres passagers derrière nous. Les poissons volants sont au rendez- vous. La traversée dure une bonne heure . La croisière aurait été  très agréable sans l’idée que les Capverdiens ont le mal de mer. Je n’ai rien remarqué jusqu’au moment de descendre.

Santo Antao : carte
Santo Antao : carte

Sur le bateau  les « adjudants » des aluguers recrutent des passagers. L’un d’eux prétend nous avoir déjà vu dans l’avion et propose de nous prendre jusqu’à Punta do Sol pour 350$.A la descente du bateau à Porto Novo, un autre se présente comme le représentant de Fatima et baisse le prix jusqu’à 300$ . Nous le suivons avec une famille française avec deux petites filles.

Le trajet est spectaculaire : la route s’élève très rapidement dans un désert de pierres . Près de la crête, une surprise : une vraie forêt de grands pins, des cyprès, des eucalyptus magnifiques et d’autres essences. Cette verdure est insolite et réjouissante.  Arrêt à Cova pour  le cratère de l’ancien volcan, cirque profond cultivé de petits champs et de jardins.  La route de Corda emprunte une arête rocheuse avec des précipices des deux côtés de la route étroite,. Impressionnant surtout d’imaginer comment elle a été construite et pavée à la main. On n’ose pas se demander ce qui se passerait si une voiture surgissait en face. Le chauffeur klaxonne à chaque tournant. Le klaxon suffit à déclencher une chute de pierres et le Hiace se trouve caillassé . Heureusement les valises , sacs à dos et ballots divers sur la galerie amortissent les chocs.

Route de corda
Route de corda

Comme le minibus est plein de touristes il y a des arrêts photo.

Entre Cova et Ribeira Grande, la montagne est entaillée de ribeiras et sculptée de terrasses. les maisons sont accrochées sur ces pentes abruptes.

Après ce voyage époustouflant, le minibus traverse un village fantôme  et s’arrête devant une bâtisse jaune derrière un camping car rouillé immatriculé en France. On nous débarque dans un couloir sombre . Une femme allongée sur un canapé se lève et nous montre notre chambre et la salle de bain de l’autre côté du couloir ? L’accueil est minimal . parle-t-elle mal français ? Peut-être dérangeons nous ?

La chambre est  décevante : la fenêtre, perchée tout en haut, a vue sur le camping car . C’est propre et correct, mais nous séjournons six nuits. De retour de promenade, allons nous rester enfermées dans cette cellule ? Dominique déprime sérieusement .  Nous avons été mal habituées : balcon à Santa Maria, courette rua Banana, terrasse sur mer à Tarrafal, chambres magnifiques à Sao Felipe et Mindelo. On nous avait prévenues que le confort serait rudimentaire mais on ne s’attendait pas à cela.

Je n’ai qu’une hâte , sortir et explorer le village .

Punto do Sol
Punto do Sol

La mer est à 20 m.

Malheureusement, c’est dimanche, le village est vide sous la chaleur de midi. Nous croisons un couple de touristes blonds arrivés par le même bateau qui ont l’air aussi perdus que nous. La moitiés des mercerias sont fermées aujourd’hui.  Nous visitons celles qui sont sur notre chemin (il y en a beaucoup), toutes sur le même modèle, quelques conserves, du thon, de l’huile, jamais de pain . Après avoir visité trois boutiques nous avons rassemblé les ingrédients pour un déjeuner acceptable : des bananes, yaourts, de la mimolette et des biscuits secs, genre choco BN sans le chocolat.

La place, au centre, est plus pimpante : la Poste est neuve, un beau bâtiment administratif peint en jaune, un petit snack moderne à l’enseigne Coca Cola et surtout un beau jardin public ombragé de palmiers de toutes sortes, tamariniers, cocotiers, fleuri d’hibiscus et d’arbustes colorés, crotons coléus et d’autres. Nous nous installons sur un banc à l’ombre, les frondes des palmiers claquent dans le vent. C’est un endroit très agréable pour un pique-nique.

Quand nous retournons chez Fatima, nous sommes ragaillardies, le Mercalm et le voyage nous avaient complètement abruties. Dominique aimerait changer de chambre pour avoir au moins de la vue. Ce n’est pas possible. Fatima nous annonce que nous pourrons utiliser la terrasse, mais elle ne peut pas nous la montrer maintenant pour des raisons mystérieuses ( c’est la sieste, elle n’a pas envie de monter les deux étages).

Après la sieste nous sommes d’attaque pour une promenade en direction de Fontainhas sur la route ( !) chemin côtier en balcon au dessus de l’océan.

Nous avons des projets, demain nous prendrons une voiture avec chauffeur, après demain randonnée à pied, ensuite nous louerons une voiture … L’optimisme est revenu.

La carte Téléfacil fait encore parler d’elle. Sans avoir jamais appelé en France voilà qu’elle est déjà vide ! 1500$ sont partis à Sao Felipe en un seul coup de fil sur le portable de Bettinho . Dominique ne peut pas appeler ses parents de la cabine. Fatima connaît Téléfacil, après dîner nous appellerons du bar.

La salle à manger est remplie et nous demandons à dîner chez nous dans la chambre. Le poisson est cuisiné avec des carottes, des choux des tomates des poivrons avec comme d’habitude du riz. C’est trop copieux comme d’habitude. Nous n’arrivons pas à identifier le poisson. Cela fait du bien de trouver des légumes ! Je félicite Fatima pour les carottes.

 

Le Pouvoir au Féminin – Elisabeth Badinter

MITTELEUROPA

LE POUVOIR AU FEMININ – MARIE -THERESE D’AUTRICHE – 1717 -1780 L’impératrice -reine

 

Du Siècle des Lumières, j’ai toujours eu un éclairage très franco-français, Louis XV, Louis XVI, la Révolution, Bonaparte….pour ce qui est du pouvoir politique. Voltaire, Diderot, Rousseau, les Encyclopédistes…. peut être Casanova? Evidemment j’ai entendu parler des souverains célèbres comme Frédéric II, la Grande Catherine, mais toujours en rapport avec Voltaire, despotes éclairés.

Un coup de projecteur sur Vienne, plus que nécessaire, donne une vue plus centrée sur l’Empire Austro-Hongrois, et l’émergence de la Prusse. Les Guerres de Succession d’Autriche (1740-1748) et la Guerre de Sept ans (1756-1763)  sont apparues en filigranes à de nombreuses occasions sans que je n’y comprenne rien. Voilà un ouvrage qui répare ces lacunes ! Enfin, j’arrive à situer la Silésie annexée par la Prusse alors que la jeune Marie Thérèse venait d’accéder au pouvoir – la Reine nue – et dont la reconquête par l’Autriche  a été le motif de ces deux guerres. Je comprends mieux aussi le fonctionnement du Saint Empire Romain-Germanique et les manœuvres des elections de l’Empereur.

Le livre d‘Elisabeth Badinter est un livre d’histoire détaillé. Les notes en bas de page, les référence dans les correspondances d’époque, la liste des sources et la bibliographie en annexe, témoignent du sérieux de l’ouvrage. Il est très loin des romans historiques aux détails croustillants, aux fêtes en costumes, aux aménagements de Schönbrunn. Si vous comptez suivre l’enfance de Marie Antoinette, ses tenues, son éducation vous serez déçu! Peu de frivolité, de la politique, de la diplomatie! J’ai eu du mal à me repérer dans les premiers chapitres du roman parmi les nombreux personnages de la famille de Habsbourg. A l’avènement de Marie Thérèse au pouvoir, je me suis attachée à sa personnalité.

Elisabeth Badinter est une historienne féministe. Elle analyse le Pouvoir au Féminin de cette souveraine exceptionnelle qui sut concilier son métier de reine et ses maternités. Elle mit au monde 16 enfants et ne négligea pas  leur éducation. Reine amoureuse de son mari François-Etienne, duc de Lorraine, dont elle partagea la couche jusqu’au décès de ce dernier (ce qui n’était pas l’usage dans les cours de l’époque). Elle était enceinte pratiquement tout le temps, redoutant plus les accouchements que les périls de la guerre. Marie-Thérèse mit à profit sa féminité. Séductrice dans sa jeunesse, on ne pouvait rien lui refuser quand elle se présentait en larmes près de perdre Prague et la Bohème. Mère de son peuple, elle était aimée tandis que François-Etienne était méprisé. Solidarité féminine? Elle acquit de solides réseaux dans les cours auprès des femmes.

 

Tableau de la vie quotidienne :maternités, mortalité infantile et fièvres puerpérales. Petite véroles. Un tableau clinique de la santé au 18ème siècle. Les cours ne sont pas épargnées.

 

23 . Sao vicente une journée tranquille à Mindelo

CARNET CAP VERT 2002

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Journée lessive, avant de découvrir une autre île, il faut remettre de l’ordre dans nos affaires. C’est agréable d’utiliser un bac à linge même si on économise l’eau.

Nous visitons au Centre Culturel une très jolie exposition de Luisa Queiros, surtout des acryliques (avec jus de citron ! !) et des collages . Ce que j’avais lu sur cette artiste dans Notes Atlantiques « femme noire, fils blanc, femme blanche, fils noir »  me l’avait rendu très sympathique .Je ne suis pas déçue par son œuvre sauf que j’aurais aimé voir ce tableau qui ne figure pas dans cette exposition.luisa-queiros

En revanche l’atelier de Tchalê  et la Maison de Manuel Figueira sont fermés . Dommage ! j’avais beaucoup aimé le tableau aux Alizés à Santa Maria . Quant à  Manuel Figueira, ce que j’ai vu au marché au poisson ne m’a pas vraiment enthousiasmé, j’aurais aimé en voir plus.

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Tour au marché aux vêtements africain : les petites échoppes en ciment sont décorées d’azulejos très portugais, légendés en Anglais  rappelant le temps où Mindelo ravitaillait la flotte anglaise .. Les « rues » sont attribuées  aux pays africains. Au centre deux placette et des kiosques, des bancs, de l’ombre. les Capverdiens ont l’art d’aménager des placettes..

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Nous trouvons un jeu d’Awélé pour 1800$, c’est beaucoup moins que ce que demandait le Sénégalais de Sao Felipe, mais la boîte est moins bien sculptée. Nous faisons toutes les boutiques d’art africain avant d’en acheter un, gros et lourd pour 2000$ mais avec une sculpture originale .C’est assez curieux, il n’y a vraiment rien pour les touristes, ni cartes postales, ni souvenirs . Tous les marchands de souvenirs sont sénégalais . Les batiks sont parfois fort beaux et me tentent, les vêtements en batiks sont assez quelconques.

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A midi, belle baignade avec le masque. Dominique reste à l’ombre d’un acacia sans se mouiller.

Le soir nous répartissons les affaires que nous emmenons à Santo Antao  et celles que nous laisserons ici dans la valise.

Vers 6h, peinture sur le port.

Dîner de Cuscus : tranche de semoule qu’on mange chaude avec du beurre de fromage de chèvre et de la mélasse.

une Aventurière au Musée – Alexandra David Néel –

EXPOSITiON TEMPORAIRE AU MUSÉE GUIMET 

jusqu’au 22 mai 2017

Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt les récits et les écrits des grands voyageurs. Mais les exploratrices me passionnent encore plus. J’attendais avec impatience l’exposition du Musée Guimet qui vient tout juste de commencer. Il ne s’agit pas d’une grande exposition mais seulement dans la Rotonde du 2ème étage (décor prestigieux avec cariatides).

 

Alexandra David Néel (1868-1969) féministe, anarchiste, exploratrice, écrivains et « dame-lama » trouve toute sa place au Musée Guimet puisque c’est à la suite de la visite de ce musée après sa création en 1889 qu’elle découvre le bouddhisme. En 1891 Emile Guimard organisa des cérémonies bouddhiques au Musée et Alexandra David Néel adopta le bouddhisme en 1892. 

A cette époque elle se consacrait au chant lyrique. De belles photos et sa tenue de cantatrice datent de la décade 1890-1900.

L’exposition se compose surtout de photos de ses deux grands voyages en Asie de 1911 à 1925. Son voyage à lhassa (1923-1924) en hiver est le plus aventureux, à 56ans elle effectue ce voyage clandestin dans une région interdite aux étrangers et non cartographiée, 2000km à pied et souvent de nuit se faisant passer pour une tibétaine. . Dans des vitrines on voit aussi ses petits carnets et des lettres rédigées avec une impeccable calligraphie.

Elle légua au Musée 8 panneaux peints de toute beauté, des objets. On voit aussi des objets provenant de Digne-les Bains où elle passa ses dernières années entre autre deux masques effrayants et une belle statue à tête de lionne.

En 1959 Marie Madeleine Peyronnet entre à son service. Elle a contribué à l’élaboration de deux bandes dessinées retraçant ses aventures par Fred Campoy et Mathieu Blanchot ed Grand Angle. Je ne suis pas très fan de BD et je n’ai pas beaucoup aimé leur graphisme.

En revanche je garde un souvenir ébloui de L’Inde où j’ai vécu que j’ai lu il y a quelques temps en rentrant des voyage au Rajasthan.

 

 

22. Sao Vicente Sao Pedro, Flamengos

CARNET DU CAP VERT 2002

les maisons colorées de Sao Pedro
les maisons colorées de Sao Pedro

La route de Sao Pedro, route de l’aéroport, asphaltée, aucun intérêt,  traverse une zone industrielle embryonnaire, puis, en ligne droite un territoire plat, grisâtre plantée  des acacias du reboisement. La plage, en revanche, est magnifique, sable blanc, mer turquoise, écume éblouissante du rouleau, obstacle impressionnant, interdisant toute baignade. A l’arrière de cette barre, la mer est d’un bleu profond lisse. Selon les guides, des tourbillons traîtres la rendent particulièrement dangereuse. La règle du jeu est ne  se baigner que si les cap-verdiens se baignent et surtout pas seules. Aujourd’hui, la plage est déserte.

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les maisons colorées de San Pedro

C’est un plaisir inouï que de marcher pieds nus sur le sable mouillé, se laisser lécher les orteils par la vague. Dominique m’attend au village  à l’extrémité de la plage. Là, quatre ou cinq barques reposent sur le sable. Sur une banquette rocheuse, des maisons pittoresques : l’une d’elles est particulièrement curieuse, ressemble à un visage avec deux yeux et le nez avec ses fenêtres carrées cerclées de vert. J’entreprends de peindre les barques et le village. Bien entendu, les fillettes de sept ou huit ans accourent  avec des garçonnets et m’entourent. Comme ceux de Cidade Velha ou ceux de Tarrafal, ils sont très sensibles aux ressemblances, peu leur importe que ce soit beau ou laid, ce qui leur plaît c’est qu’on identifie les barques et les maisons. Pour cela, ils me dictent les numéros des barques me donnent le nom des propriétaires des maisons.

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Au bout de la piste : la plage de Flamingos

Pour arriver à la plage Flamingos  juste derrière le promontoire, il faut retourner presque jusqu’à Mindelo et emprunter la piste sableuse au pied des éoliennes modernes. Le sable clair poussé par le vent du nord forme de toutes petites dunes  qui se détachent sur la roche ocre, marron et rouge nous rappelant le Sud Marocain. Nous avons confiance dans notre 4×4 et ne craignons pas de nous enliser (aventure récurrente dans nos voyages) . Ce sable est sujet d’étonnement : d’où provient il ? Sa position au nord est de l’île me suggère une origine saharienne,  peut être est il marin ? j’aimerais bien résoudre cette énigme .

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La plage de Flamingos

Cette piste aventureuse n’est pas très longue (6kmx2) mais  très amusante. On s’imagine perdues quelque part dans le Hoggar ou dans le Sahara, l’immensité en moins. De temps en temps, un arbre très vert se détache.  Comment fait-il pour être si vert ? Sans doute le lit de la ribeira contient de l’eau. Le vent lui modèle la silhouette. Arrivées à la plage, encore du sable blanc et des vagues. Le retour est aussi beau, quoique moins aventureux, puisque nous connaissons le chemin.

Pendant que je peignais, Dominique a trouvé dans le Petit Futé une plage dont le guide dit le plus grand bien. Sur la route de Lazaretto, après la zone industrielle, nous tombons au beau milieu de manœuvres militaires. Les soldats s’exercent avec des mitrailleuses lourdes sur des chariots tirés à bras. Le plus étrange est qu’ils laissent passer notre voiture en plein milieu de leur exercice . Je n’ose quand même pas prendre des photos. Moro Branco n’est vraiment pas l’endroit sympathique décrit dans le guide, accès difficile à l’eau et environnement industriel, chantier  et terrain militaire. usines

Retour vers midi au residencial , je vais seule à la plage faire une rapide mais rafraîchissante baignade.

Au fond le petit village de Salamansas
Au fond le petit village de Salamansas

Nous retournons l’après midi à Baia das Gatas, la belle piscine naturelle. L’eau est plus agitée qu’hier, plus trouble aussi. Je nage longtemps, pour les photos sous marines c’est un peu loupé. En fin d’après midi, nous remontons au Monte Verde . sous la lumière du soir, tout semble différent . la montagne a perdu ses couleurs roses et rouges, elle est marron et beige. La baie de Mindelo brille d’un éclat métallique, les crêtes sont bleutées et noyées dans la brume . On ne voit plus les autres îles noyées dans la brume. Au sommet du Monte Verde, une nappe de brouillard très dense nous engloutit, il ne reste plus qu’à redescendre.

plages de Sao Vicente
plages de Sao Vicente

J’aime beaucoup nos « révisions » : du haut du Monte Verde nous avons pu revoir tous les lieux visités : la belle plage de Calhau et ses rangs de vagues blanches, ses triangles de sable blanc sur le basalte noir, Baia da Gatas et l’eau turquoise enserrée dans les rochers, les cratères érodés et les cônes de Calhau … Nous pourrons rendre la voiture sans regret.

 

21. Sao Vicente: Monteverde et plages à bord d’une suzuki

CARNET DU CAP VERT 2002

 

Panorama du Monteverde sur la baie de Mindelo
Panorama du Monteverde sur la baie de Mindelo

La petite  4×4 suzuki est toute blanche, toute neuve, très haute sur roues comme il se doit.

Nous faisons trois fois le tour de Mindélo avant de réussir à en sortir en nous aventurant dans les quartiers des collines, misérables ( beaucoup moins qu’à Praia). Le centre de Mindelo est petit mais nous découvrons une ville  étendue.

A la sortie de la ville : le désert est rouge, orange, ocre, mauve, marron . Dans le lit des ruisseaux des arbustes très verts différents des acacias défeuillés que nous avons vus ailleurs.

La route pavée a deux voies séparées par un pavage blanc, la signalisation routière est présente. Sao Vicente est décidément une île moderne !

monteverde
monteverde

 

Nous grimpons des lacets serrés le long d’une paroi verticale pour arriver au sommet du Monte Verde. Malgré son nom, il n’a rien de vert, comme le Cap Vert d’ailleurs, excepté les touffes de sisal portant de longues hampes fleuries et les petites taches jaunes des lichens. Nous admirerons le panorama sur la baie.

Le ciel est gris, couvert. Le plafond nuageux coupe la dernière ligne des crêtes. Dès qu’on s’élève au dessus de la baie de Mindelo on comprend que la dernière barre rocheuse est une île. La baie est  plus ouverte que nous ne le pensions hier. Le bras de mer qui sépare Sao Vicente de Santo Antao est étroit, lisse, bleu profond.

A mesure qu’on avance dans la journée, les nuages se dispersent. Les sommets déchiquetés de Santo Antao apparaissent, coupés de banc d’ouate qui s’effiloche. En dessous du sommet, un âne chargé de feuillages vient à notre rencontre, la montagne n’est pas aussi désertique . Des terrasses minuscules sont soigneusement binées . J’admire la ténacité de ceux qui les ont construites et qui continuent à les cultiver. Cultiver quoi ? mystère !  A la veille de la saison des pluies, tout est prêt pour les semailles. Au sommet du Monte Verde des antennes sont gardées par des soldats qui nous escortent vers le meilleur point de vue. Luxe inouï ! Nous avons la radio dans le 4×4 et captons RFI.

Au sommet du Monteverde sisal et terrasses
Au sommet du Monteverde sisal et terrasses

Descente vers la mer : les nuages se sont dissipés, il fait un temps magnifique, frais grâce au vent . Ne pas s’y fier, c’est ainsi qu’on attrape des coups de soleil.

Près de l’eau, deux cratères anciens ont été arasés par l’érosion, il ne reste plus que deux cercles noirâtres sur un sol clair.

Carte de Sao Vicente
Carte de Sao Vicente

Détour par Salamansa, gros village très misérables, certaines maisons sont peintes de couleurs très vives, jaune, vert. Les enfants en vacances depuis peu, traînent partout.

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Une piste longe la côte. Sur les rochers, des enfants pêchent de gros poissons. Le rivage est plein de coquillages cassés, certains atteignent une quinzaine de centimètres de long, malheureusement aucun intact.

Plus loin, des hérons gris se détachent sur la roche rouge orangé.

Baia das Gatas
Baia das Gatas

Baia des Gatas est une  plage célèbre pour son festival de musique. au mois d’Août.  Une grande estrade et des poubelles (luxe ici !) ont été installées. Elle est bordée de quelques villas blanches . L’eau est très calme, limpide, d’un turquoise pastel dans les piscines naturelles . La baignade est sans risque. L’eau est très peu profonde; il faut aller loin pour avoir assez d’eau pour nager. Heureusement, j’ai mon masque . Des coraux blanchâtres(morts) font de jolis oreillers sur lesquels furètent plusieurs sortes de poissons : un régal ! ! j’ai l’impression de me trouver dans un aquarium tropical. Comme la baie est protégée par une jetée et des bancs de rochers, je peux faire du surplace, ce qui était difficile à Tarrafal.

Je retourne à l’eau à trois reprises.

Il ne serait pas prudent de rester des heures entières à la plage sans ombre, même si nous ne souffrons pas de la chaleur.(Au retour au Residencial Che Guevara nous serons bien rouges )

 

Pendant la baignade, une bonne douzaine de planches à voile sont apparues, venant de la mer, sans doute de Calhau.  Nous décidons  de nous y rendre. Sur la carte c’est tout près, une piste contournant le Monte Verde devrait nous y conduire.

La première tentative pour trouver la piste tourne court : quelques dizaines de mètres et nous aboutissons dans la cour d’une ferme. La deuxième route nous mène au pied du Monte Verde dans une petite ribeira (lit d’un oued à sec) cultivée avec soin. Le lit de la rivière est barré par des digues cimentées, des terrasses de bonne taille et de bonne terre sont cultivées à l’ombre de beaux palmiers. L’eau est pompée grâce à une éolienne à nombreuse pales en tôle selon un modèle ancien. Des puits circulaires entourés de murets de pierre sont de taille imposante, deux à trois mètres de diamètre, de là sort tout un système de tuyaux.

Au pied du Monte Verde, une plus grande exploitation avec des serres et sur des terrasses une irrigation goutte à goutte. Fin de la piste. Nous n’arriverons pas par là à Calhau . toutes les personnes interrogées sont formelles, le raccourci indiqué sur la carte n’existe pas, il faut retourner à la Cidade.

Nous ne regrettons pas notre équipée dans les terres : les paysages sont magnifiques, toujours des crêtes des pics déchiquetés à l’horizon les collines rouges et les oasis minuscules.

oasis?
oasis?

A Mindelo nous trouvons facilement la route directe qui passe par deux grandes ribeiras avec des palmiers, des éoliennes et des jardins de légumes, salades, choux, oignons. Est ce la présence de la grande route droite ?La largeur des ribeiras, tout simplement l’habitude ? c’est moins charmant que sur la petite piste .

Calhau est un village plutôt laid : quelques maisons prétentieuses, du parpaing, un grand terrain de foot, quelques barques de pêche.

La plage est gardée par deux cônes noirs, volcans plutôt récents d’après le bon état de conservation, l’un d’eux est éventré : carrière de scories pour le parpaing.

Des panneaux portant des mises en gardes polyglottes et rouillées nous accueillent : « plage dangereuse, praia perigosa… ». D’imposants rouleaux se déversent sur plusieurs rangs d’écume blanche dans une eau verte sur une longue plage de sable blanc qui s’accumule à la base de la falaise de basalte noir formant parfois de petites dunes. Triangles blanc éclatant sur un mur noir, ce sable blanc est un mystère pour moi.

 

Peindre la Banlieue – à l’Atelier Grognard – Rueil Malmaison

EXPOSITION TEMPORAIRE 

Peindre la Banlieue de Corot à Vlaminck (6 dec 2016-10 avril 2017)

Vaste programme que de réunir les peintres ayant peint les environs de Paris pendant un siècle!

Le terme de « banlieue » ne semble pas approprié pour la première série de Corot, Daubigny, Gauguin ou Sisley qui s’inspirèrent de paysages rustiques, Saint Denis, les Vaux de Cernay ou Les Etangs de Ville d’Avray, sont encore la campagne…Il est à noter qu’on a évité d’exposer les toiles les plus fameuses de Fontainebleau, Milly-la-Forêt, Auvers-sur-Oise ou Giverny.

La Seine à Issy

C’est après 1875 que Paris fait son apparition vu de Meudon ou du Mont Valérien. La silhouette de l’Arc de Triomphe ou de la Tour Eiffel (1889) balisent un territoire plus urbain qui nous est familier.Dans le tableau de Pajot (1890) je retrouve mes repères habituels.

La Seine à Bezons

La suite de l’exposition privilégie les thèmes plutôt que le bateau-lavoir à Meudon (1895) de Lebourg, la Marne à Lagny, jusqu’à Triel de Marquet (1931_1945)

Un autre thème est celui des voies ferrées avec Monet, bien sûr, mais aussi de nombreux autres qui combinèrent parfois le thème du pont à celui du train….

Plus étonnant : celui des carrières avec la construction du Métro à Issy les Moulineaux….

péniches de Vlaminck

les Péniches de Vlaminck ou les Quais de Seine d‘Emile Bernard  m’ont beaucoup plu. j’ai préféré la fin de l’exposition qui correspond plus à mon idée personnelle de « peindre la banlieue » cimaises sous-titrées banlieue noire où j’ai découvert Gromaire que je ne connaissais pas Lasne, Lhote et Herbin.

Emile Bernard quai de Cllichy

L’exposition se termine sur une tonalité plus légère : banlieue comme lieu de loisirs, pique-niques et canotiers.

Gromaire : la Batelière