Trois peintres élèves de l’Ecole des Beaux-Arts d’Hanoï et du peintre Victor Tardieu. Excellent enseignement aussi bien dans les techniques académiques européennes que dans les traditions et techniques asiatiques. Soucieux de la réussite de ses élèves Tardieu leur obtint des postes d’enseignants du dessin ainsi que des commandes à l’Exposition coloniale de 1931.
Lê-Pho – Laque
Si chacun des peintres a excellé dans l’exécution de portraits à l’huile, aquarelles ou dessin, l’originalité de ces peintres est l’exécution de tableaux originaux en laque ou la peinture sur soie qui assurent un succès en France.
Lê-Pho
Dans les années 30, les trois peintres ont rejoint la France
Lê-Pho : la lettre
Mai-Thu a suivi un parcours analogue et peint aussi sur soie.
Mai-Thu : baigneuses
j’ai aussi aimé ses petits tableaux représentant les enfants au jeu d’échec comme les enfants dans la guerre.
Mai-Thu : jeu d’échecs
Vu Cao Dam était également sculpteur. L’exposition montre un buste de HoChiMinh très connu. Installé dans le midi, il donne du relief à ses peintures à l’huile très colorées sous l’influence de Chagall.
Vu Cao Dam jeune fille assise
C’est une très jolie exposition.
Radis rongeur
Les collections permanentes du musées sont merveilleuses et je n’ai pas manqué pas d’y faire un tour d’autant plus qu’une salle est en ce moment dédiée à la nouvelle laque vietnamienne :
C’est un témoignage, un récit très personnel, qu‘Orwelllivre de son engagement (décembre1936-été 1937) publié au printemps 1938.
Je crains de n’avoir pas su exprimer l’importance qu’a revêtu pour moi ce temps passé en Espagne. J’ai évoqué des événements mais comment transmettre l’impression qu’ils m’ont laissés ? Tout est étroitement mêlé à des visions, des odeurs, des sons que les mots sont impuissants à retranscrire : la puanteur des tranchées, les levers de soleil dans les montagnes s’étendant à perte de vue, le claquement glacé des balles, le rugissement et la lueur des bombes ; la lumière claire et froide des matins de Barcelone, le bruit des bottes dans la cour des casernes, en décembre, quand les gens croyaient encore à la révolution ; les files d’attente pour les repas, les drapeaux rouge et noir et les visages des miliciens espagnols ; surtout les visages des miliciens – des hommes que j’ai connus sur le front et qui sont maintenant dispersés je ne sais où, certains sont morts ou ont été blessés au combat, d’autres sont en prison, j’espère que la plupart sont sains et saufs. Bonne chance à eux tous ! Je souhaite qu’ils gagnent la guerre et chassent les envahisseurs étrangers, les Allemands, les Russes et les Italiens. Cette guerre, dans laquelle j’ai joué un rôle bien inutile, m’a laissé un certain nombre de mauvais souvenirs mais je n’aurais souhaité la rater pour rien au monde. Page 229
A son arrivée à Barcelone, en décembre 1936, Eric Blair rejoint les Miliceset le POUM (Parti Ouvrier d’unification Marxiste) , un peu par hasard, il aurait pu aussi bien rejoindre les Brigades Internationales (communistes) . Sans avoir analysé les forces en présences, sans idéologie préconçue. Pour soutenir les forces antifascistes.
Ayant été policier en Birmanie, dès son arrivée, il se trouve opérationnel sur le front en Aragon. Ses camarades des milices sont inexpérimentés, souvent très jeunes, sans uniformes et surtout sans armes, quelques fusils hors d’usages, des grenades plus dangereuses pour le lanceur que pour l’ennemi.
L’égalité sociale entre officiers et hommes était le principe sur lequel reposait l’essentiel. Tout le monde, du général au simple soldat, touchait le même salaire, mangeait la même nourriture, portait les mêmes vêtements …
milices étaient l’ébauche provisoire d’une société sans classes
Il découvre la Révolution, la fraternité de la société sans classe, l’égalité dans le dénuement. Guerre de positions. Le souci est de trouver du bois pour se chauffer plus que de déloger les positions franquistes. Guerre étrange où l’absence d’armement les obligent à des stratégies dignes des Monty Pythons :
Faute de pouvoir tuer l’ennemi, on lui criait dessus. Cette méthode militaire est si singulière qu’elle mérite d’être expliquée.
Parfois, au lieu de crier des slogans révolutionnaires, il disait simplement aux fascistes que nous étions mieux nourris qu’eux.
Pas d’héroïsme, de la camaraderie. Empathie envers ces espagnols si sympathiques. Récit souvent humoristique. Orwellexcelle à nous faire entendre les bruits de la guerre, onomatopée, fracas des grenades. je n’aime pas trop les romans de guerre, ce récit dénué de fureur me convient bien.
Au fil des mois, des semaines, une armée républicaine s’entraine et s’arme. Les combats se précisent. Devant Huesca, Blair est blessé à la gorge, à quelques millimètres près la carotide aurait été touchée.
A Barcelone, au printemps la situation a changé. L’ambiance de fraternité révolutionnaire a laissé la place entre les suspicions, les luttes de factions entre anarchistes et communistes
« Le danger était simple et lisible : c’était l’antagonisme entre les anarchistes et les communistes, entre ceux
qui souhaitaient que la révolution suive son cours et ceux qui voulaient la freiner ou l’arrêter.
Pour que la Généralité, contrôlée par le PSUC, puisse sécuriser sa position, il fallait d’abord désarmer les ouvriers de la CNT. »
Les sièges des différentes organisations deviennent des bastions à défendre, une guerre civile fait rage autour du Central téléphonique, des barricades barrent les rues. Le POUM est interdit. Ses membres accusés de trotskisme et même de connivence avec les fascistes. Autant les combats contre les franquistes paraissent éloignés presque irréels, autant les luttes fratricides sont présentes.
La sortie de Barcelone est pénible. Pour ne pas être arrêté, Eric Blair avec ses compagnons doivent fuir leurs hôtels et lieux de réunion pour dormir dehors. Ils tentent d’adoucir le sort d’un camarade emprisonné. Puis dès que leurs papiers sont en règle Eric Blair et sa femme Eileen passent la frontière.
A la suite de ce récit, deux épilogues analysent la situation politique. Intéressant, son témoignage ne concorde pas forcément avec les commentaires de la Presse en Angleterre et en Europe.
Franco n’était pas strictement comparable à Hitler ou à Mussolini. Son soulèvement était une mutinerie militaire soutenue par l’aristocratie et l’Église pour l’essentiel, surtout au début, il s’agissait non pas tant d’une tentative d’imposer le fascisme que de restaurer la féodalité.
Il n’y eut pas seulement une guerre civile en Espagne mais aussi le début d’une révolution. Et c’est précisément ce que la presse antifasciste étrangère passa sous silence ; le problème fut réduit en une équation simpliste, « fascisme contre démocratie »,
Il revient sur l’interdiction du POUM et sur le rôle de l’URSS
l’expulsion du POUM de la Généralité catalane, a été faite sous les ordres de l’URSS.
Donc, grosso modo, l’alignement des forces était le suivant : d’un côté, la CNT-FAI, le POUM et une partie des socialistes, partisans du contrôle ouvrier ; de l’autre, les socialistes de droite, les libéraux et les communistes, partisans d’un gouvernement centralisé comme d’une armée structurée, hiérarchisée.
Toutefois, s’il est très hostile envers les journalistes qui ont relayé les consignes de l’URSS, il est beaucoup plus nuancé vis à vis des combattants des Brigades Internationales.
les communistes des Brigades internationales que je rencontrais de temps en temps, ne m’ont jamais traité de trotskiste ou de traître ; ils ont laissé ce privilège aux journalistes à l’arrière. Ceux qui ont écrit des pamphlets contre nous et nous ont diffamés
Dans la lecture de L’invisible madame Orwell de Anna Funder, l’épisode espagnol de Orwell et de sa femme Eileen m’avait interpelée. Evidemment dans la recension d’Orwell, Eileen n’est citée qu’en passant, et en passant sous silence son action à Barcelone. La militante n’étant décrite que comme une épouse soucieuse de fournir des cigares et des vêtements propres. C’est agaçant mais cela ne retire rien à la puissance du témoignage.
Emprunté à la suite de l’écoute de podcasts consacrés à George Orwell : Adapter Orwell au cinéma et en BD tiré de la série« Avoir raison avec George Orwell ».
Winston Smith est le nom du héros de 1984 de George Orwell.Réservé par Internet à la médiathèque, j’ai eu la surprise trouver 4 volumes d’une soixantaine de pages retraçant la vie de Winston Smith, un écrivain britannique qui aurait étudié à Eton en même temps que Eric Blair (George Orwell) et Aldous Huxley. Dover Winston Smith a-t-il vraiment existé? j’y ai cru !
Dover Winston Smith, boursier à Eton, ne fait pas partie de l’élite fortunée. Dans les deux premiers tomes, la vie de cette école réputée se déroule. Préjugés de classe, humanités classique, sports…et initiation sexuelle. Intrigue amoureuse tragique. L’ombre de la Première Guerre mondiale plane sur les étudiants trop jeunes pour être mobilisés .
Le troisième volume (mars 1925-avril 1926) A chinese year raconte le voyage en chine du héros qui a dû renoncer aux études à Cambridge ou Oxford, faute de fortune personnelle. Il s’engage dans une firme britannique de Tabac commerçant en Chine. Il revient avec un reportage contant son expédition rocambolesque en pleine guerre civile et obtient un succès littéraire . Il croise encore Huxley et Blair. Ce dernier, policier en Birmanie, l’invite…
C’est aussi avec Blair (Orwell) que Dover W. Smith par pour l’Espagne rejoignant les rangs du POUM . En mai 1937, ils assistent aux affrontements entre les différentes composantes du mouvement antifasciste. Après la blessure de Blair à Huesca, Smith laisse Blair à l’hôpital de Lerida aux bons soins d’Eileen.
La série Winston Smith est composée de 5 volumes, le dernier n’était pas dans les bacs de la médiathèque. Il me faudra revenir.
Je ne m’attendais pas à cette traversée du début du XXème siècle. Je pensais trouver la dystopie. J’ai été prise par surprise et je n’ai pas boudé mon plaisir – graphisme très plaisant – surtout dans le tome chinois. De l’aventure et des références littéraires!
L’année 1984 ne m’a pas laissé de souvenirs mémorables.
2024 l’élection de Trump, la promotion à large échelle de l’IA, les partis d’extrême droite qui gagnent du terrain, les guerres périphériques, les gesticulations d’Elon Musk et son soutien à l’AFD, induisent un climat dystopique. L’addiction aux écrans, les caméras partout et la reconnaissance faciale, nous rapprochent de l’ambiance de 1984.
Temps de relire 1984!
LA GUERRE C’EST LA PAIX
LA LIBERTÉ C’EST L’ESCLAVAGE
L’IGNORANCE C’EST LA FORCE
Tels sont les slogans en vigueur dans l’Oceania de 1984 où la pensée est niée par l’emploi de la Novlangue et de la Doublepensée. Manipulations de la vérité, fake-news, manipulations de l’histoire :
« Si tous les autres acceptaient le mensonge imposé par le Parti – si tous les rapports racontaient la même
chose –, le mensonge passait dans l’histoire et devenait vérité. « Celui qui a le contrôle du passé, disait le
slogan du Parti, a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. »
Société de surveillance grâce aux écrans omniprésents qui diffusent les slogans et captent même les pensées.
BIG BROTHER IS WATCHING YOU
Le héros Winston Smith a pour tâche d’effacer les preuves du passé, il corrige les anciens journaux, fait disparaître les photographies. Velléités de révolte. Sa révolte se vit doublement par des relations sexuelles interdites et par l’adhésion à une Fraternité autour de Goldstein -Trotski?- Avec son amante Julia, ils tentent de se soustraire à la surveillance.
Evidemment, ils seront arrêtés pour subir un lavage de cerveau au Ministère de l’Amour. Quelle ironie!
Différentes lectures sont possibles : la manipulation de la langue, la société de surveillance, les équilibres géostratégiques entre 3 blocs qui se font une guerre sans fin, une analyse de la société en 3 classes, les prolétaires, les militants du parti extérieur comme Winston Smith et les privilégiés du Parti intérieur…Et le but final : le Pouvoir pour le Pouvoir
Le pouvoir n’est pas un moyen, il est une fin. On n’établit pas une dictature pour sauvegarder une
révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution.
La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir. Commencez-vous maintenant à me
comprendre
Un livre d’actualité qui n’a pas vieilli après 7 décennies! Et une lecture passionnante.
Orwell est un auteur controversé. J’ai copié mon post sur Babélioet des commentaires agressifs sont arrivés. Jamais je n’en avais lus de tels. Généralement, ils sont bienveillants et anodins. Orwell, revendiqué par l’Extrême Droite, d’abord, puis par un babéliote choqué, enfin, un troisième me dit que je n’ai rien compris.
A l’écoute des podcasts de RadioFrance« Avoir raison avec Orwell » j’avais entendu parler de cette captation par la Droite violemment anticommuniste sans y prêter plus d’attention.
Toute la série Avoir raison avec Orwell est passionnante. Il existe aussi une lecture de 1984 par Guillaume Galienne(France Inter, Ca peut pas faire de mal)A vos écouteurs!
Chaque année, fin janvier, le Collectif du Lac de Créteil organise une promenade autour du Lac de Créteiltoujours très instructive grâce aux nombreux intervenants dans des domaines très variés et parfois très pointus. Nous avions rencontré des spécialistes des araignées, des lichens, un garde-pêche, un responsable des parcs et jardins….Cette année, un responsable de l’assainissement, une dame spécialisée dans les cyanobactéries, une jeune responsable de l’étiquetage des arbres et de leur cartographie en vue de leur recensement et de leur suivi…
Deux excellentes nouvelles pour commencer : le Projet de vague de surf est tombé à l’eau. Le Lac de Créteil et ses environs immédiats sont classés en ZNIEFF 1 (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique). Le Lac de Créteil va donc être surveillé, protégé pour la biodiversité et notre plus grand plaisir.
Dans les contraintes de la ZNIEFF, l’aménagement devra favoriser la plantation de végétaux endémiques de préférence à des variétés horticoles peut être plus jolies à l’œil mais moins adaptées aux insectes et oiseaux : la trompe des papillons ne peut pas atteindre le nectar dans le cas de fleurs à pétales doubles, plus colorées et esthétiques. Un spécialiste des insectes nous fait un court exposé sur la taille de la langue des bourdons correspondant à une fleur donnée. Il conviendra aussi d’adapter le calendrier des tailles et des élagages au calendrier de nidification des oiseaux. On a évoqué le rôle des ronces, végétal peu aimé des jardiniers mais idéal pour abriter la faune et pour fournir des mures …
Gallinule
Autre végétal dont le rôle est capital : les roseaux. La roselière est un milieu très riche en biodiversité : oiseaux Bruants des roseaux (je n’en ai pas vu cette fois-ci)mais aussi Gallinules(petites poules d’eau) qui les hantent, sans parler des Cygnes qui trouvent abri pour leur nid et matériau de construction. Un Grèbe huppé passe et repasse et se laisse photographier. Les poissons du lac peuvent y trouver abri et s’y reproduire.
Un autre avantage des roselières est la protection des berges, même là où des quais ont été construit. En l’absence de roseaux la berge se creuse dangereusement et on constate des trous inquiétants au bord du quai, entourés de barrières et de rubalise pour éviter que les joggers et les étourdis ne tombent dans ces pièges.
Un autre sujet : la qualité de l’eau .
Un responsable de l’Assainissement explique qu’une partie des eaux pluviales, en cas de gros orages, est susceptible de se déverser dans le lac par le déversoir. Il convient donc d’être vigilant pour les pollutions (mégots de cigarette et autres) . Le sel de déneigement est aussi un problème. En projet, un nouveau système de filtrage et de phytoremédiation est à l’étude, quoique la filtration par les plantes qui oxygènent également l’eau nécessite une très grande surface.
Les insectes benthiques sont des témoins de la qualité de l’eau. Justement un des invités du Collectif du Lac, est justement présent avec son épuisette, son troubleau et un bac. Michel est un des spécialistes des éphémèresdont les larves sont exigeantes en oxygène. Autre larve présente : les larves de chironomes (vers de vase). elles sont moins exigeantes, creusant des galeries elles font des courants d’eau qui renouvellent l’oxygène dissous au fond du lac.
Les cyanobactéries ont été observées en période de chaleur et de sécheresse ces dernières années. On repère les blooms (proliférations massives) de la coloration verte des eaux du lac. Très toxiques, elles entrainent l’interdiction des activités nautiques. Il convient de tenir les chiens en laisse et de ne pas les laisser s’approcher de l’eau.
Dernière observation : les panneaux interdisant le nourrissage des animaux surtout avec du pain. D’expérience, je sais qu’il est très difficile d’intervenir. les gens pensent bien faire et ne comprennent pas qu’on viennent leur faire la leçon. Le pain pourrit dans l’eau et favorise les contaminations bactériennes. Il est aussi très mauvais pour les canards qui s’en gavent et ne se nourrissent plus des aliments qui leur conviennent.
A côté des interventions prévues, la promenade nous réserve des surprise comme ces nids faits de baguettes plastiques portant des piques anti-pigeon. Le premier nous a interpelé ; nous avons vite incriminé les humains assez pervers pour installer des dispositifs anti-oiseaux dans les branches. Nous sommes bien malveillants! Un nid de pie, perché très haut inaccessible aux humains comporte ces plastiques piquants : les pies ont volé les baguettes portant les piques et ont apprécié ce matériau de construction original.
Le repas de la perruche
Autre surprise : une perruche nous a offert le spectacle de son repas. S’agrippant d’une patte à son perchoir, elle utilise ses griffes pour tenir un gros fruit et donne de gros coups de bec. En ombres chinoises, on aurait cru un écureuil tenant une noix dans ses mains.
Troisième volet de la saga familiale qui a commencé avec le Pays des Autres et Regardez-nous danser. Trois générations, Mathilde l’alsacienne qui a épousé Amine, le soldat marocain venu défendre la France pendant la Seconde guerre mondiale, tous deux ont cultivé la terre dans la campagne près de Meknès, la ferme a prospéré.
J’emporterai le feu raconte l’enfance et la jeunesse des deux filles Mia et Inès. Mia est la narratrice. Enfance choyée et privilégiée au sein de la villa familiale à Rabat. Les parents, Aïcha, gynécologue, et Mehdi, banquier, bourgeois cultivés très occidentalisés. Mia et Inès, brillantes et originales, étudient au Lycée français .
« Aïcha mettait ses filles en garde contre les dangers du monde. Les chutes, les étouffements, les jeux de mains, jeux de vilains, les noyades, les égarements dans des lieux bondés où un prédateur viendrait les enlever. Elle leur inocula la frousse comme on injecte un vaccin. À chaque âge de la vie survenaient de nouvelles inquiétudes : les hommes, les grossesses, les accidents de voiture. Elle leur apprit à parler bas, à ne jamais donner leur avis, à haïr toute forme d’imprudence, à se méfier de tous et de chacun car des indics de la police se cachaient partout et l’on pouvait disparaître, en un claquement de doigts, au fond d’une geôle où personne ne vous retrouverait. Aïcha espérait que ça leur entrerait dans la tête, qu’elles développeraient une aversion du risque. Elle voulait des enfants lâches à qui ne viendrait pas l’idée de s’indigner, de se révolter, de parler trop haut. Des enfants dociles avec les puissants, de petites Shéhérazade qui sauraient charmer les tyrans et sauver leur peau. »
Au contraire Mehdi offre à Mia des livres qui lui ouvrent l’esprit, et la fait réfléchir alors que ses camarades de classe sont beaucoup plus frivoles.
Mia ne se coule pas dans le moule offert aux jeunes filles, elle tombe amoureuse d’une fille doit subir le rejet des autres. Elle ira chercher la liberté en poursuivant ses études à Paris. Encouragée par son père :
Mais n’y crois pas. Mets-toi de la cire dans les oreilles, accroche-toi au mât, souviens-toi de ce que je t’ai
dit. Ne reviens pas. Ces histoires de racines, ce n’est rien d’autre qu’une manière de te clouer au sol, alors
peu importent le passé, la maison, les objets, les souvenirs. Allume un grand incendie et emporte le feu.
Je ne te dis pas au revoir, ma chérie, je te dis adieu. Je te pousse de la falaise, je lâche la corde et je te
regarde nager. Mon amour, ne transige pas avec la liberté, méfie-toi de la chaleur de ta propre maison. »
Et là, il lui tendrait le livre. Elle poserait le paquet sur ses genoux. « Merci papa. » Lentement, elle
déchirerait le papier : La vie est ailleurs. « Tu aimeras Kundera, j’en suis sûr. »
Inès rejoindra sa sœur.
Tandis que les filles s’émancipent, une chape de plomb tombe sur le père. Quelle faute a-t-il commise? Il perd la confiance du pouvoir. Sa charge à la banque, puis sa liberté. C’est pour son père qui lui a dit d’emporter le feuque l’écrivaine a écrit ce livre.
Les tanneries sont installées hors les murs de la ville close de Taroudant près de la Porte Bab Targhount. La rue qui y conduit sert de garage à ciel ouvert. Capots relevés les mécaniciens ou bricoleurs locaux s’affairent. Un très haut mur est percé d’un haut porche qui s’ouvre sur un patio couvert abritant les cuves. D’un côté des ateliers pour les finitions, en face de petites boutiques.
Sèchage des peaux
Les tanneries sont à proximité des abattoirs. Les peaux sont livrées directement et vont subir des bains successifs dans des cuves en ciment. Ces tanneries sont beaucoup moins importantes qu’à Fès ou Marrakech. Pas de brins de menthe pour les visiteurs à l’odorat délicat. D’ailleurs je n’en ressens pas le besoin. Il y a peu de peaux et le local est très bien ventilé. Bains dans l’eau salée, la fiente de pigeon, la chaux avant d’être débarrassée de la graisse puis des poils. Ds peaux sèchent à même le sol. Elles vont être assouplies puis grattées avec d’énormes racloirs, puis frottées avec des tampons de papier émeri pour les finitions.
Les teintures sont naturelles. Dans un gros mortier de pierre on pile les écorces de grenade qui donneront la couleur jaune. L’indigo, le bleu. J’ai oublié celles qui donnent le rouge et le vert. Finalement les peaux sont étendues sur la terrasse pour sécher. Justement au moment que j’arrive deux hommes hissent une belle peau avec une poulie. Il faut un peu ruser pour les photographier, le vieux tanneur se cache faisant mine de l’étendre devant lui. Il suffit d’attendre un peu.
Après cette instructive visite mon guide m’entraine dans la boutique où snt présentés de magnifiques sacs et mallettes et sacoches, sacs à main, sacs à dos, pochettes de toutes tailles et toutes formes. De nouveaux modèles à porter verticalement sont destinés aux téléphones mobiles.
Dans le magasin voisin, des babouches. Jaunes à semelles épaisses pour dehors, fines et souples pour la maison. J’en choisis des marrons clairs très fines. J’ai acheté deux articles qui me faisaient envie espérant un rabais, minime !
le Rucher d’Inzerki vu de la route sur le versant d’en face
Le roman de Zineb Mekouar « Souviens-toi des abeilles » fut un coup de cœur. J’ignorais que le Rucher du Saint existait réellement.
Il est certes, éloigné d’une bonne centaine de kilomètres de Taroudant. C’est une visite qui se mérite. Notre première tentative lundi, s’est soldée par une crevaison tout près de notre maison d’hôtes, les 3 paons. Nous décidons d’ignorer les injonctions de Madame GPS qui trouve des raccourcis non carrossables et de rester sur le goudron. A peine avons-nous quitté Taroudant que les gendarmes nous arrêtent, 75 km/h au lieu de 60 , nous croyions bien avoir quitté la ville et roulé dans la campagne ! 150 Dirhams et surtout une belle perte de temps, le gendarme recopie très lentement les passeports et documents de la voiture. La route P1708 traverse de nombreux villages et petites villes, les enfants à vélo, 3 de front, les camions des serres, les habitants qui traversent ne facilitent pas la conduite.
haut Atlas et sommes enneigés
Je décide que nous prendrons l’autoroute A3 Agadir/Marrakech. L’autoroute est très belle, le paysage fantastique, le péage minime. Elle s’élève progressivement à travers la montagne rouge aux sommets découpés. Certains au lointains sont même saupoudrés de neige, ils culminent au-dessus de 3500 m dominant les lignes de crêtes pourpres, violacées et bleues qui se superposent. La montée est interminable entre Amskroud et Argana. La Route Nationale suit exactement le même tracé, passant parfois en dessous de l’autoroute. Elle est vide et ne traverse aucune agglomération. Nous aurions mieux fait de choisir la nationale 11 d’autant plus que la gare de péage à Argana est 17 km plus au nord et que nous avons ajouté 34 km au voyage déjà bien long.
la piste d’Inzerki
Le GPS nous fait descendre trop au sud à Bigoudine et nous envoie sur une mauvaise route. Nous n’arriverons donc jamais ? Je téléphone à Brahim qui nous dit de cliquer sur le lien qu’il a envoyé. nouveau direction nord vers le nord pour trouver une piste de terre que nous avions négligée. Il y avait pourtant un écriteau « Rucher d’Inzerki » mais le chemin ne m’avait pas paru carrossable. 13 km d’une piste poussiéreuse à parcourir encore ! Finalement la piste est assez confortable, sableuse, poussiéreuse avec très peu de cailloux et pas d’ornières. Elle change de couleur sur le parcours, ocre, rouge et même verte à la fin. Elle dessert deux villages ; Très étroite quand même. Nous n’avions pas imaginé trouver un véhicule à notre rencontre. Dominique se concentre pour bien rester dans les traces. Aucune difficulté jusqu’au village. A la sortie, elle devient très sinueuse et même penche en dévers en longeant un ravin profond. La conductrice doit s’accrocher pour deviner ce qui nous attend à la sortie de chaque virage. Il y a tout juste la place pour passer. Sur le versant d’en face, la roche est verte mais la piste plus horizontale. Nous découvrons le rucher visible de la route juste avant le deuxième village.
Le rucher et ses casiers
Le parking est large et dallé. Brahim nous y attendait malgré le retard de près de 2 heures. Nous descendons un bel escalier de pierre pour accéder au rocher adossé à la pente. On découvre d’abord la maison de l’ancien gardien décédé il y a 16 ans, à l’âge de 90 ans. C’est un rucher collectif où les villageois installaient leurs ruches à la belle saison. Il domine la vallée. Dans le creux, une forêt d’essences différentes où les butineuses trouveront nectar et pollen toute la belle saison. En janvier, il n’y a pas de fleurs et il fait froid. Les habitants gardent leurs ruches chez eux. Brahim a installé les siennes un peu à l’écart. Les ruches se rempliront à la saison des essaims. Les premiers arbres à fleurir sont les caroubiers, puis les arganiers…La récolte de miel s’effectue au printemps. On laisse la moitié du miel pour l’été. Contrairement à l’Europe, l’été est une saison difficile pour les abeilles du sud marocain : la végétation est desséchée.
Brahim nous montre une ruche traditionnelle dans un casier
Les ruches traditionnelles sont cylindriques en roseau tressé. Le couvercle est un cercle de bois de palmier. Chaque famille dispose de plusieurs casiers. Une seule ruche est déposée dans un casier. Quand elle est pleine de miel, il y a de la place pour la réserve à côté. Ces ruches sont moins productives que les ruches modernes avec des cadres pour les rayons amovibles. Les ruches modernes concurrencent les traditionnelles.
L’exode rural est la plus grande cause du déclin de l’apiculture. La plus grande catastrophe est la sécheresse qui sévit depuis des années avec le changement climatique. Cette année, il a plu une fois en octobre et rien depuis. L’an passé, une fois aussi. En 2022 oualou.
Ce rucher collectif date de 1520 ; C’est le plus grand et le plus ancien du Maroc. Comme les agadirs, les greniers collectifs et coffres-forts, il témoigne de la force des solidarités villageoises. Chaque village s’organise pour préserver ses richesses collectivement.
Bien sûr, j’interroge Brahim au sujet du livre de Zineb Mekouar. L’histoire est une fiction. Il n’a pas entendu les légendes autour des vols de miel et de la malédiction qui y est attachée. En revanche, il trouve qu’elle a bien raconté la sécheresse. Le rejet de la femme étrangère montre les limites des solidarités. Ce livre est riche en thématiques : la transmission entre le Grand-Père et le petit garçon Anir qui a donné le titre au livre, le rapport très fort entre Anir et sa mère. La difficile adaptation à la ville du père berbérophone qui parle à peine l’arabe et qui se fait exploiter.
Tandis que Brahim sort une riche vide, me fait sentir la cire et les alvéoles je pense à Anir, le petit garçon de l’histoire, à sa reine des abeilles …
Le retour est beaucoup plus facile. Même si on frôle le précipice on sait qu’on est passées déjà sans encombre, donc c’est beaucoup moins effrayant. On croise même deux voitures. La première dans le villages avec ses tournants, conduite par deux jeunes filles intrépides qui n’hésitent pas à faire une marche arrière pour nous laisser passer, la deuxième, plus grosse nous contraint à reculer mais nous étions déjà dans la vallée.
la vallée, entaille dans les contreforts de l’Anti-Atlas
Nous avons repris la même route que l’an dernier. Nous avons retrouvé les charbonniers. J’avais entendu qu’il avait plu sur le Maroc et j’espérais voir plus de vert. La grande plaine au pied de l’Anti-Atlas est encore plus désertique, il n’y a presque plus d’arbres morts, transformés en charbon. Pas de vivants non plus.
Au village Amalou, courses pour le pique-nique dans la petite boutique de la place. 1kg d’oranges soigneusement pesées, le marchand en a changé une pour avoir le kilo exact. 5 dirhams de dattes(un bon sachet) 2 Dirhams de chips. L’addition est faite par écrit avec un crayon sur un cahier. Je m’amuse de la variété des marchandises proposées : sur le comptoir des cerneaux de noix, des amandes et des cacahouètes, des bonbons à l’unité. Le chocolat et les gaufrettes sont au frigo, comme les yaourts et les fromages. Oignons patates poivrons dans des cageots. Sur les étagères ; couscoussières, théières, couches pour les bébés, huile moteur, chambres à air de vélo et de mobylette, téléphones mobiles et chargeurs. Il y a tout !
Assads : Agadir
Comme l’an passé, à l’entrée d’Assads, nous ne trouvons pas la piste et continuons sur la belle route qui monte à l’assaut de la montagne pour s’achever au col par une piste non carrossable. La vue est magnifique sur les montagnes découpées par l’entaille d’un oued. Stratifications, bancs de différentes couleurs, de beige à ocre en passant par orange ou gris. Piquetis des buissons épineux. Quelques arganiers. Sur un éperon un agadir domine la vallée. Il semble en excellent état. Je compte 5 étages. Comment y grimper ? Mystère. A défaut de m’en approcher, je le dessine de loin.
Assads vue plongeante de la route
Vue plongeante sur les trois villages de la Vallée des Cédrats : Assads, Tamguinsift . Chacun possède une et une casbah, grand quadrilatère avec quatre tour carrées et crénelées à chaque coin. Les maisons les plus simples sont en terre ; construites autour d’un patio carré avec une ouverture carrée dans les toits de terre. Je suis fascinée par cette géométrie à base de carrés qui s’imbriquent, se superposent. Camaïeu d’ocre, de rouge, de rose et d’orange. Je pense à Klee dont j’ai eu longtemps une reproduction dans ces teintes.
Déjeuner face à la casbah habitée d’Assads.
la casbah d’Assads
Munie de mon bâton, je suis la piste et trouve le sentier qui devrait me conduire aux cédrats. Après le dernier village, plusieurs sentiers au choix : celui qui descend dans l canyon, l’autre une séguia de ciment, et un troisième plus haut. Je choisis ce dernier qui me semble mieux tracé et qui est à l’ombre du versant. Une grottte est aménagée en bergerie avec des épines suivant des murets. La canalisation est obstruée par un gros bloc dévalé de la falaise. Ne sachant comment le contourner, je termine ici mon exploration. Une fente verticale semble évidée par une cascade (évidemment à sec maintenant). Au retour, je croise une jeune fille portant un bouquet de fleurs sauvages et qui me l’offre et m’invite à boire un thé chez elle. Elle demande que je la prenne en photo. Comment lui envoyer la photo ? Elle n’a ni email, ni whatsapp.
Je n’ai toujours pas vu les cédrats, ni la source au fond du canyon. je l’ai quand même vu sur un blog . Il faudra revenir avec un guide!
La campagne autour des 3 paons. Autrefois des champs cultivés. Avec la sècheresse les oliviers sont morts et cela ressemble à un terrain vague
faux départ à Inzerki,
Le GPS nous a joué un tour de cochon. Pour gagner quelques centaines de mètres, il nous fait tourner dans la campagne sur des chemins complètement défoncés. Lorsque nous atteignons le goudron, un pneu est complètement déchiré, la roue sur la jante, l’enjoliveur sorti. Impossible de continuer. Un village se profile. J’y vais à pied. Un vieux en burnous sur une mobylette assure qu’il y a bien un garagiste au village et me propose de monter sur le porte-bagages, je n’arrive pas à enjamber les grosses sacoches. Sur le bord de la route P1708, il y a bien un gros tas de pneus signalant un vulcanisateur mais le rideau de fer est descendu. J’appelle le numéro de GSM placardé. Répondeur en arabe. Je laisse le message « pneu crevé » sans résultat apparent.
Un grand taxi blanc et bande vert, Lodjy, s’arrête à ma hauteur. Il m’accompagne à la voiture, trouve la route de secours, démonte la roue. En un quart d’heure la voiture est dépannée . Le loueur de voiture appelé par téléphone, nous explique que les crevaisons ne sont pas comprises dans l’assurance. Il faudra en acheter un pneu d’occasion. .Abdou, le gérant des 3 paons en trouve un en un quart d’heure. Il a même un compresseur pour gonfler. Les crevaisons sont récurrentes au Maroc, problème connu qui se règle vite. Mais il est trop tard pour le Rucher.
Que faire de la journée ?
Achats au souk de Taroudant
Visiter la tannerie et acheter un nouveau pouf peut-être ?
Le GPS nous entraîne dans la médina dans des ruelles où aucune voiture de touriste ne devrait s’aventurer. Embouteillage : un camion tente de passer la file de voiture à contre-sens tandis que des ouvriers sont perchés sur des échelles pour accrocher une enseigne. Les piétons passent imperturbables, les vélos et 2 roues se faufilent. Au bout d’un long moment les voitures au compte-gouttes contournent le camion. La file avance. Les rétroviseurs se frôlent sans aucun dommage à la carrosserie. Plus loin, on décharge des bouteilles de gaz d’un autre camion. En l’absence d’obstacle sur le trottoir, cela passe bien. Sur une placette près du souk, invisible de la rue, un gardien organise un parking.
Un vieil homme en burnous surgit et propose de m’accompagner à la coopérative des tanneurs. » La tannerie ? c’est fermé le lundi « (ce n’est pas vrai, nous l’apprendrons plus tard et elle ne se trouve pas du tout dans la médina). A sa suite, je passe par des couloirs et des ruelles à travers le marché d’alimentation, étals de légumes, boucheries, herbes et épices dans des sacs. Nous entrons dans un marché couvert. Vêtements et babouches. Il traverse une boutique de vêtements berbères avec des burnous et des vestes aux rayures verticales noir et blanches de très belle qualité pour terminer dans une sorte de remise où se trouvent les poufs. Le premier est le plus beau, cuir marron magnifique, belles coutures 700 Dirhams – trop cher – les autres sont soit trop petits soit de qualité moindre et ne me plaisent pas. Comme je suis décidée à acheter, je laisse le vendeur les déplier et les gonfler. J’ai sorti 400 Dirhams, somme que je ne veux pas dépasser. Finalement je sors de la boutique avec le beau pouf descendu à 500 Dirhams ; Mon accompagnateur me reconduit à la voiture que j’aurais été incapable de retrouver seule. Il nous souhaite bonne route et file. Un homme désintéressé ou un copain du marchand ?
la route d’Afensou
les villages se reconstruisent en ciment et parpaing
La conduite dans la médina a été éprouvante pour Dominique. Nous avons envie de campagne. Direction Nord, dépassons le musée Claudio Bravo, Tamaloukt, vers le Haut Atlas. L’entrée du barrage est interdite par une haute grille. Nous empruntons les route d’Afensou, village gravement touché par le séisme de septembre 2023. Je suis impatiente de voir la reconstruction. Si on n’avait pas vu le désastre l’an passé on n’aurait pas imaginé l’ampleur des dégâts. La route est réparée. On construit. En parpaing et en ciment. Le ballet des camions de chantier occupe la route : ciment, parpaing, grillages qu’on remplit de pierres.
Maisons traditionnelles en terre
Les belles maisons basses en terre chaulées de blanc sont éclipsées par les constructions neuves de plusieurs étages. Mais je ne vois plus personne sous des bâches plastiques ou dans des algécos. L’oasis dans le creux de la montagne m’émerveille toujours autant.
Au dîner, salade de tomates, tagine de boulettes avec sauce oignons, raisins secs et pruneaux ; Salade de fruits.