Bilan Marcel Proust : Le Temps Retrouvé

LECTURE COMMUNE A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU AVEC CLAUDIALUCIA

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Dix mois après le lancement de la lecture commune, nous avons réussi le défi de lire la Recherche (plus de 3000 pages quand même) il a fallu nous encourager mutuellement pour gravir ce sommet et nous sommes fières d’avoir enfin atteint le but. Plaisir du style, parfois agacement devant une société aristocratique pas spécialement sympathique. 

BILAN 7 / ALBERTINE DISPARUE ET LE TEMPS RETROUVE

Miriam

Le temps retrouvé Tansonville

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Le temps retrouvé : Monsieur de Charlus pendant la guerre

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Le temps retrouvé : Dans la bibliothèque du prince de Guermantes, méditation sur la mémoire et littérature

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Claudialucia

Le temps retrouvé (1) Proust, Cendrars et Céline

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Marcel Proust : Le temps retrouvé (2)

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BILAN 6

Miriam

Marcel Proust : Albertine disparue

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Claudialucia

Marcel Proust :  Albertine disparue

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 une lecture annexe : Le Lièvre aux yeux d’ambre d’Emund de Waal où j’ai trouvé un personnage ayant peut être inspiré Swann
les décors et les costumes des soirées des Guermantes ressemblaient-ils à ceux du film La Divine ?

Guillon Lethière, né en Guadeloupe au Louvre

Exposition temporaire jusqu’au 17 février 2025 

J’ai découvert fortuitement Guillon Lethière au musée de Saint François, en Guadeloupe et j’ai attendu avec impatience cette exposition.

Guillaume Guillon Lethière est né en 1760 à Sainte Anne, Guadeloupe fils d’un colon blanc exploitant une plantation et d’une mère esclave métisse. En 1774, son père l’emmène en métropole et lui fera bénéficier de ses relations pour réussir sa carrière de peintre. Artiste reconnu, il sera directeur de l’Académie de Rome, puis professeur à l’Ecole des Beaux Arts.

Boilly : Guillon Lethière et Carle Vernet

La première section de l’exposition le montre à différentes étapes de sa vie. Boilly le représente parmi ses pairs, peintre respecté entouré d’autres artistes fameux comme Ingres, Redouté…Pour se maintenir et maintenir son rang, il faut participer à des salons. Il faut aussi s’adapter aux changements politiques

Don patriotique des femmes à l’Assemblée Nationale septembre 1789

La peinture de Guillon Lethière est un témoignage de l’évolution politique . Un autre dessin Thermidorien est un véritable manifeste comme le tableau de La Patrie en danger (1799)

La Patrie en danger (1799)

Guillon Lethière trouve un mécène en Lucien Bonaparte qui lui commande des portraits de la famille Bonaparte et des tableaux historiques. 

Lucien Bonaparte contemplant sa maîtresse Alexandrine Jouberton

Un très grand tableau représentant les Préliminaires de la Paix de Leoben restera à l’état d’esquisse. Il sera terminé trop tard après la Restauration. mais la tapisserie qui en a été tissée a traversé l’Histoire.

tapisserie prise des Préliminaires de la Paix signée à Leoben

Guillon Lethière traverse les différents régimes de la Restauration et peint même La Fayette présente Louis Philippe au Peuple de Paris après les 3 Glorieuses

La Fayette présente Louis Philippe au Peuple de Paris

Guillon Lethière meurt en 1832 du choléra, la chronique historique s’arrête là!

Homère chantant l’Iliade aux portes d’ Athènes

Classicisme :

La grande peinture reconnue au Salon, c’est la peinture historique avec des références à l’Antiquité. Guillon Lethière suit les sujets romains de David.

Brutus condamnant ses fils à mmort

 

Répondant à l’Enlèvement des Sabines, les Horace est les Curiace … Guillon Lethière illustre des tragédies patriotiques, héroïques   et édifiantes :La Mort de César, La mort de Camille, ce(sœur d’un Horace, fiancée à un Curiace exécutée par son frère)Brutus condamnant ses fils à mort, (ce n’est pas le Brutus connu, celui qui a tué César mais un bien plus ancien du temps des rois Tarquin)  

la mort de Camille

La mort de Virginie, héroïne antique d’un récit de Tite-Live qui préfère la mort à devenir esclave sexuelle de Marcus Claudius Ces deux dernières tableaux sont de « Grandes machines » exposées dans le salon Denon (salle 701) au premier étage de l’aile Denon. Ils n’ont pas été descendus dans l’exposition. Tableaux énormes 4mx8m. Guillon Lethière a repris pendant de longues années ses études, esquisses au crayon ou huiles petit format sur ces thèmes avant d’aboutir au tableaux exposés au Louvre; l’exposition montre les différentes étapes et métamorphoses. Un dessin garde encore les tracés à la règle de la perspective, les personnages sont nus, le peintre les habillera ensuite…la mort de Virginie avait tout d’abord pour sujet principal Virginius, le père.

le Serment des Ancêtres (1822)

Le Serment des Ancêtres est une sorte de fantôme qui plane sur l’exposition. Il est en majesté et sert d’affiche (voir ci-dessus). Il se trouve en Haïti mais n’a pas pu faire le voyage. On peut uniquement voir une photographie noir et blanc mais expliqué par des cartels et un audioguide très complet. Alors que Napoléon a rétabli l’esclavage aux Antilles, aboli par la Révolution, que ce dernier a envoyé la troupe combattre Toussaint Louverture et que Guillon Lethière avait pour mécène Lucien Bonaparte.  Le peintre peint en secret ce grand tableau à la gloire des héros de l’indépendance d’Haïti : Dessaline et Pethion. Au centre du tableau, comme les tables de la loi, une stèle gravée des articles de la Constitution haïtienne, en arrière plan, le peuple de Haïti….

Une signature originale est apposée au Serment des Ancêtres : Le Thiere né en Guadeloupe. 

Ce tableau montre une certaine ambiguïté de l’artiste : obligé de plaire aux gouvernants pour maintenir ses commandes et sa gloire, il n’oublie pas son origine. Il fréquente les abolitionnistes mais continue à percevoir les revenus de la plantation de son père esclavagiste. Je n’arrive pas à avoir d’opinion tranchée.

Autre étonnement : comment un peintre arrivé au faite de la gloire, académicien, professeur aux Beaux Arts, est-il tombé dans l’oubli?

Je continue à m’interroger.

Cette peinture classique n’est pas vraiment de mon goût, en revanche l’exposition est passionnante du point de vue historique: une vraie leçon d’histoire!

 

Le jardin des pleurs – Mohamed Nedali

LIRE POUR LE MAROC (MARRAKECH)

De cet auteur, Mohamed Nedalij’ai également lu  le Poète de Safi qui m’a laissé un agréable souvenir de lecture. 

Le jardin des pleurs se déroule à Marrakech. Le narrateur, Driss, est un jeune assez ordinaire. Après des études médiocres, un bac mention passable, il aspire à une situation tranquille de fonctionnaire et choisit l’école d’Infirmiers. Pour réussir le concours, il va dénicher un piston : une bouteille de pastis à son oncle, un chevreau offert à une personnalité influente, et le tour est joué. Pour une affectation à Marrakech même tarif. C’est bien sûr de la corruption. Mais cela ne va pas chercher loin, et tout le monde achète ces passe-droits. 

En revanche, lorsque sa femme Souad est agressée par un commissaire de police, Driss découvre l’autre versant de la corruption. Certains personnages sont intouchables, d’autres sont vénaux. Pour le citoyen ordinaire l’Etat de Droit ne fonctionne pas. Acculé à des procès sans fin, Driss en arrive à « écrire au Roi » et même « écrire à Dieu » . Il en vient à débloquer.

Ce roman commence d’un ton léger, ironique, d’une comédie pour se transformer en tragédie dans la deuxième partie. Les anecdotes sont amusantes, le style enlevé, la lecture agréable. La dénonciation de la corruption  est graduelle, du cadeau d’une bouteille, à la ruine en fin de roman. L’auteur dénonce le système policier, judiciaire mais aussi l’incurie du système de santé qui ne cherche pas à guérir les pauvres patients mais plutôt à s’enrichir à leurs dépens. 

Sous les cyprès d’Eyoub – Philippe Khatchadourian

ARMENIE/NORMANDIE

Dans les vieilles rues de Gümri . Alexandropol?

J’ai eu envie de suivre Passage à l’Est dans le Caucase, les algorithmes de ma Kindle m’ont proposé Sous les cyprès d’Eyoub et j’ai sauté sur l’occasion. J’ai fait autrefois la promenade sur la Corne d’Or à Istanbul jusqu’au cimetière d’Eyoub, j’y retournerais volontiers. Le patronyme de l’auteur en –ian, me laissait entendre qu’on parlerait des Arméniens et de l’Arménie…. Il ne m’en fait pas plus pour télécharger un livre!

De Gümri alors appelée Alexandropol, à Granville dans le Cotentin. De chapitre en chapitre nous sautons de 2014, au décès du père du narrateur, en 1914 à la veille de la Révolution quand l’Empire Russe s’étendait jusqu’au Caucase. Grandes traversées dans l’histoire et la géographie. Avec des escales à Constantinople, Bolis, la Ville, et à Venise – la promenade dans Venise est particulièrement agréable. 

C’est la quête des racines et de l’histoire familiale du narrateur, Alexis, natif de Granville, de parents normands qui enquête sur son grand-père arménien qu’on lui a interdit de fréquenter. Que cache cet ostracisme familial?  C’est l’histoire de trois générations de combattants dans la première Guerre mondiale et les armées blanches, dans la seconde et la guerre d’Algérie. Patriotisme et héroïsme guerrier : pas forcément ma tasse de thé. En filigrane, des femmes au caractère bien trempé.

Une histoire très romanesque, agréable lecture mais le côté historique reste un peu superficiel.

Par monts et par vaux – Petit abécédaire des paysages – Martin de la Soudière

PROMENADE GEOGRAPHIQUE POETIQUE

Un grand merci à Dominiqueivredelivres qui a chroniqué ce livre que j’ai immédiatement téléchargé. 

à quoi tient, ma, notre appétence pour la géographie et pour ses motifs ? Ils sont, me semble-t-il, comme des buttes-témoins de notre culture enfantine. Comme une parcelle de notre passé et des paysages jadis traversés, les dimanches ou durant les vacances. »

Au fil de l’abécédaire j’ai parcouru de nombreux paysages à la recherche de « motifs » tels qu‘alpages, bocage, brumes et brouillards, Chemin, col, colline.. Piémont, plaine, plateau jusqu’à Verger…

J’ai reconnu mon bocage percheron, et le Dévoluy dans les mots de Philippe Jacottet, la Brenne et ses étangs, landes et marais…

Célébration de la Géographie physique et aussi de la Géologie, comme m’a touchée ce distingo entre le Granite des géologues, roche rugueuse et intrusive et le Granit (sans e) des tailleurs de pierre, des maçons creusois:

« Granit, c’est le son de la pointe ou du ciseau cognant la pierre »

A fil des pages, j’ai découvert, reconnu, rêvé, de roches, de paysages, des plantes, des parfums. Et j’ai adoré.

J’ai aussi marché en très bonne compagnie, l’auteur cite Borges, Jacottet, Giono,  Lacarrière, Kenneth White, Ramuz, Elysée Reclus, Gilles Clément, George Sand et j’en oublie….de moins connus que j’aimerais fréquenter qui sont soigneusement répertoriés dans les nombreuses notes. 

A lire et à relire!

Ribera au Petit Palais – Ténébres et Lumière

Exposition temporaire jusqu’au 23 février 2025

Saint Jérôme et l’ange

Jose Ribera (1591 -1652) est né en Espagne, il arrive à Rome en 1605 juste avant la fuite du Caravage en 1606, en 1616 Ribera part à Naples. 

Plus sombre et plus féroce que le Caravage, sa peinture est présentée comme « ténébrisme et extrême férocité du réalisme ».

Allégorie des cinq sens : l’odorat

La présentation du Petit Palais adopte l’ordre chronologique, avec les premières salles de sa production romaine puis napolitaine. On entre dans la première salle tendue de rouge où sont accrochés de grands portraits de philosophes, mendiant et deux tableaux des Allégories des cinq sens. 

Un philosophe

Le philosophe ci-dessus est un  modèle que le peintre fera souvent figurer dans ses compositions : avec son crâne chauve, rond, ses oreilles décollées. Je m’amuse à le chercher et à le retrouver au cours de l’exposition.

Une autre série est celle des Apostolados, les Apôtres, même format, même posture sur un fond le plus souvent très sombre avec un éclairage oblique.

Saint Barthélémy (je retrouve le chauve)

De grands tableaux sur des thèmes religieux sont très construits, éclairage clair-obscur caravagesque

Le Reniement de Pierre

le Reniement de Pierre me fait penser à un  tableau de Caravage à Saint Louis des Français.

Jésus et les docteurs

A côté des grands tableaux religieux, une série de portraits des Apôtres, un cycle des saints martyrs  et des Philosophes. Les grands penseurs sont représentés en haillons témoignant peut-être de la richesse intérieure contrastant avec l’aspect extérieur.

Esope

Ribera s’intéresse aux marges de la société, prend pour modèle la plèbe napolitaine, une gitane, les scugnizzi de Naples.

Le pied-bot

 

Grand tableau en pied d’un couple de barbus, l’un d’eux est une femme allaitant un enfant. Cette femme a vraiment existé. Un autre tableau très marquant est l’enfant au pied-bot. Goût pour les infirmités, les monstruosités.

martyre de Saint Bartélémy

Ribera fut aussi un virtuose de la gravure. Certaines caricatures témoignent aussi du goût du burlesque, qui annonce Goya. Certaines études de martyres ont été croquées sur place s’inspirant  des tortures de l‘Inquisition active à Naples, alors espagnole. Un monsieur dans l’exposition a montré bruyamment sa réprobation, Non! d’après lui « l’Inquisition ne torturait pas, ne mettait pas à mort ». Saint Barthélemy après être crucifié est même dépecé, un tableau  représente l’arrachement de la peau. 

Apollo, et Marsyas

La plupart des tableaux illustrent des sujets religieux mais le peintre ne s’est pas interdit les grandes compositions mythologiques. Le supplice de Marsyas grimaçant s’apparente aux souffrances des martyrs. le Silène ivre est aussi monstrueux.

Certains tableaux sont plus clairs, plus souriants, colorés. Deux grands paysages dans les bleus sont agrestes, paisibles, de minuscules pêcheurs tirent des filets, un homme allume un feu… Décidemment, le peindre a plusieurs cordes à son arc!

C’est donc une bien belle et riche exposition. En introduction, un podcast de RadioFrance : des Midis de Culture

 

 

Antigna ou La passion des humbles – Christian Jamet – Corsaires éditions

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

Antigna : l’Incendie

J’aime les surprises . Rien ne me ravit autant que la découverte d’un peintre inconnu dans un musée de province! 

Alexandre Antigna (1817 – 1878) est un peintre orléanais, comme Corsaire qui édite sa biographie par Christian Jamet, historien de l’art. Biographie illustrée, 190 pages .

La première partie Les années de formation (1817-1845) présentent le jeune peintre dans sa ville : Orléans . J’ai apprécié apprendre comment un peintre apprenait le métier, d’abord à l’école de dessin dépendant de la municipalité selon « l’ancienne méthode » qui formait à la gravure, formation rigoureuse. Puis, à vingt ans le jeune peintre rejoint la capitale auprès d’un maître – Norblin – célèbre à Orléans pour son grand tableau La mort d’Ugolin. Le jeune Alexandre surnommé « en tignasse » se forme dans l’atelier du Père Suisse, « académie ouverte » fréquentée plus tard par Corot, Manet Cézanne et Renoir. Il suit l’enseignement de Delaroche qui lui transmet un grand sens de la mise en scène théâtrale et qui stimule ses élèves par des concours. En 1869, Antigna est admis ) l’Ecole des Beaux-Arts où le dessin est la discipline-reine et l’enseignement complété par des cours d’Art antique et de mythologie selon le modèle académique. En 1841, il présente un e Naissance du Christ au Salon. C’est donc un parcours académique classique. 

Dans la seconde partie Sous la bannière du réalisme, l’auteur contextualise l’œuvre  dans la perspective historique. Antigna est le peintre des pauvres gens. Il vit dans un quartier surpeuplé où la précarité, conséquence de la Révolution Industrielle, est criante. Une nouvelle classe émerge « l’espèce ouvrière » . Comme Courbet, Antigna va peindre des miséreux, des mendiants, des familles indigentes. La très belle peinture de Courbet :  Les Casseurs de pierre illustre ce propos. Ce tableau détruit dans les bombardements de Dresde est extraordinaire. Antigna va subir des critiques féroces pour ce parti-pris « peintre rabat-joie qui cultive la misère« , « peintre des engelures », « gros mélodrames bien pantelants hier l’incendie, aujourd’hui l’inondation « 

La Halter forcée

Ces tableaux L’éclair, L’incendie, la Halte forcée sont impressionnants. Le peintre met en scène des femmes et des enfants dans une mise en scène dramatique. 

Mais Antigna ne s’engagera pas politiquement comme Courbet. par la suite il va même accepter des commandes officielles avec la visite de Napoléon III à Angers auprès des ouvriers de Trélazé dont la grève a été réprimée sauvagement, puis ayant souffert d’une inondation de la Loire. 

Le scandale , à Orléans, sera déclenché par tout autre chose : un grand tableau de Baigneuses nues qui va choquer les bien-pensants et l’évêque d’Orléans Dupanloup.

Antigna va aussi trouver son inspiration lors de ses voyages, à Gargilesse, il rencontre George Sand. La Bretagne sert aussi de cadre à ses compositions, il y peint des scènes pittoresques mais il a tendance à embellir la réalité

La troisième partie : l‘Apaisement (1860-1878)

Après les années 60, il obtient des reconnaissances du pouvoir impérial, des commandes, des décorations. Les tableaux sont parfois symbolistes. La couleur égaie des scènes d’enfants. Aimable peinture qui ‘intéresse moins.

J’ai apprécié ce voyage au cours du XIXème siècle, en très bonne compagnie. C’est donc une très agréable et très instructive lecture. Néanmoins, j’aurais apprécié peut être moins d’illustrations mais de plus grands formats. Seule la Visite de S.M. à Angers occupe une double page.

Kiki de Montparnasse – Catel&Bocquet –

CLANDESTINE DE L’HISTOIRE

De Kiki de Montparnasse, je ne connaissais qu’une image, la photo de son dos prise par Man Ray.

Catel et Bocquet ont mis en lumière cette « clandestine de l’Histoire« . C’est le 4ème roman graphique que je lis  dans  cette collection après Olympe de Gouge, Anita Conti et Joséphine Baker. Les auteurs  ont appliqué la même recette : une grosse BD (336 pages) en noir et blanc avec des chapitres séparés par des pages illustrées d’une maison sous une adresse et une date. Une chronologie pour remettre de l’ordre dans les idées. Une série de fiches biographiques pour les personnages secondaires illustres, et enfin une bibliographie. Travail historique sérieux! 

Kiki de Montparnasse est née Alice en 1901 à Châtillon-sur-Seine, petite campagnarde délurée plus encline à l’école buissonnière qu’aux grandes études. A 12 ans, elle monte à Paris gagner sa vie comme bonne chez une boulangère qui l’exploite. Un sculpteur l’engage comme modèle .

En 1918, elle s’installe à Montparnasse et continuera à poser pour les artistes. Elle fait la connaissance de Modigliani, Soutine, Kisling, Foujita...et devient Kiki. Elle partage la vie d’un peintre polonais Maurice Mendjisky mais continue à poser pour tous les artistes de Montparnasse s’essaie elle-même à la peinture et mène une vie très libre sans dédaigner alcool ni drogues.. 

Au début des années vingt, Man Ray l’introduit dans les cercles dadaïstes avec Tzara, chez Picasso et les surréalistes. Nous allons croiser et les Surréalistes,  Breton  Cocteau. Kiki s’essaie aussi au cinéma. Elle est la muse des films expérimentaux surréalistes mais le cinéma américain la dédaigne, trop fantaisiste pas assez pro! 

Nous la suivons dans ses aventures qui se terminent parfois très mal….A vous de lire!

J’ai beaucoup apprécié les scènes de café très vivantes et amusantes. En revanche, je suis restée sur ma faim en ce qui concerne les œuvres des artistes. Les amours et les brouilles m’ont un peu lassée. Kiki n’a pas l’envergure d’Anita Conti ni de Joséphine Baker!

Le Pavillon Rouge – Robert Van Gulik 10/18

EN REVENANT DE L’EXPO LA CHINE DES TANG

La série policière des Juge Ti  occupe une belle place sur une étagère depuis de longues années. Distrayante, exotiques. En rentrant de l’Exposition du Musée Guimet :  La Chine des Tang, j’ai eu envie de m’y replonger. Avec les images des objets et sculptures. 

Belle dame avec une fleur

Le Juge Ti  débarque dans l‘île des Fleurs – île dédiée aux plaisirs, restaurants, maisons de jeux, commerce d’antiquités, et surtout prostitution haut de gamme. Les hôtels étant complets on le loge dans le Pavillon Rouge où deux drames ont eu lieu. A vingt ans d’écart, deux jeunes hommes s’y sont suicidés. Désespoir d’amour après le refus de la Reine des Fleurs. Coïncidence qui aiguise la curiosité du magistrat, d’autant plus que les circonstances semblent identiques. 

Et si c’était un meurtre?

Il s’ajoute à cela la mort suspecte de la Reine des Fleurs du moment.

Le Juge Ti mène l’enquête. Enquête bien embrouillée avec des rebondissements et des personnages tout à fait inattendus. Il faut être bien attentif aux noms chinois que j’ai un peu confondus au départ.

Lecture fluide, facile, très agréable, sans prétention.