flamands roses sur la lagune de Fuente de la Pedra
C’est le dernier jour pour emprunter le vélo jaune qui est à ma taille.
Je pars à l’aventure sur notre petite route et trouve par hasard l’inscription Parque Natural avec des balises de promenade. Je m’engage dans un beau circuit dans la lagune, franchis de petits ponts qui enjambent ruisseaux et canaux d’irrigation. Par chance, le circuit aboutit tout près de chez nous aux Molinos de Padul.
lagune de fuente de la Pedra
Lagune de Fuente de Pedra
Sortie de l’autoroute de Grenade à Séville au km132. Après avoir traversé le village de Fuente de Pedra, on trouve la Lagune, le lieu de nidification des flamandsroses et de nombreux anatidés. Nous observons aussi des limicoles.
L’eau de la lagune est lisse comme un miroir, piquetée de tous les flamands roses qui s’y reflètent. Quand l’un d’eux déploie ses ailes, le dessous est pourpre. C’est très frustrant d’être assise dans un affût sans jumelles.
Les limicoles se promènent plus près du rivage. Sur leurs hautes pattes rouges, les échasses noires et blanches se déplacent dans quelques centimètres d’eau. Je reconnais aussi des vanneaux.
Cette halte est très reposante dans un paysage magnifique : étendue d’eau bleue pâle entre les montagnes violettes.
Nous avons pris nos habitudes à Grenade. Du parking de la Plaza Real, nous rejoignons par la rue des rois Catholiques (hideuse statue des-dits rois sur un grand piédestal), après avoir traversé la Gran Via nous trouvons rapidement la Plaza Nueva et les autobus : le 21 pour l’Albaicin, le 32 l’Alhambra, le 34 Sacromonte. Si le 31 et le 32 sont assez fréquents, le 34 ne passe qu’une fois l’heure à la demie.
Le 34 longe le Rio Darro prend la Cuesta del Chapiz et tourne brusquement devant une statue d’un homme chapeauté.
Très rapidement, le tissu urbain s’effiloche, on se retrouve en pleine campagne. Les carmenes avec leurs beaux porches, leurs cyprès et leurs fleurs s’espacent. Des friches couvertes d’agaves et de figuiers de barbarie aèrent le faubourg. La rue serpente. L’autobus arrive à l’abbaye de Sacromonte, dont nous n’avons pas prévu la visite : Grottes saintes et reliques ne nous disent rien qui vaille.
Nous redescendons à pied vers les Grottes des Gitans sur la petite route tranquille. Je suis fascinée par les agaves : leurs inflorescences commencent à noircir et on voit sortir l’énorme bourgeon, asperge géante de plus d’un mètre. Les figuiers de barbarie sont aussi nombreux. Sur leurs raquettes poussent de petits bourgeons épineux. Il y a aussi tout un fouillis de ronces. Ces épineux en face des jardins du Généralife, et la jolie forêt de feuillus au vert tendre contraste avec cette végétation quasi désertique.
Un peu plus bas, après les carmenes les maisons blanches se resserrent autour d’une placette où sont installés les restaurants où l’on peut entendre du flamenco le soir.
maisons troglodytes
Musée des Grottes du Sacromonte
Le Musée des grottes du Sacromonte (Museo Cuevas del Sacromonte) est perché à mi-hauteur de la colline ; Il faut faire une jolie grimpette sur une rampe pavée de petits galets. Pour rendre la montée plus agréable on a planté du romarin et toutes sortes de variétés de sauges et autres plantes aromatiques.
La jeune fille de l’accueil parle bien le français :
– « quelle sorte de fête avez-vous en France en ce moment ? On ne voit que des Français ! »
Elle nous confie une sorte de cahier aux pages dactylographiées et plastifiées où se trouvent toutes les traductions des panneaux bilingues Espagnol/anglais. ON peut donc visiter à sa guise les grottes aménagées avec diverses expositions.
la grotte un habitat idéal
Un groupe se dirige vers la première grotte, ce sont des Espagnols de 25-30 ans. Leur guide est passionnant ; c’est un gitan, né dans ces grottes qui parle avec beaucoup de chaleur.
la grotte, un habitat idéal
Selon lui, la grotte, à Grenade est l’habitat idéal. La température est de 16°-18° toute l’année. Dans une ville où l’amplitude thermique peut être énorme. De plus, le conglomérat dans lequel sont creuses les grottes serait antisismique à cause de l’hétérogénéité du matériau qui la compose. Les tremblements de terre, ici cause beaucoup plusde dégâts aux habitations construites tandis que les grottes fournissent des refuges. Une orientation convenable de l’ouverture permettrait aussi une ventilation naturelle par convexion d’air, les différences de température causant la circulation de l’air dans la grotte. Même la chaux qui recouvre les parois est un élément positif contribuant à la santé des habitants. La chaux vive est un désinfectant puissant.
Il compare la grotte à une matrice accueillant les humains. Il joint le geste à la parole mimant la mère berçant son enfant.
La grotte que nous visitons est une sorte de couloir. La chambre occupe le fond. La grotte voisine est l’étable ou l’écurie. La chaleur des animaux pouvant réchauffer les humains viant à proximité. Dans la cuisine on nous cite une chanson gitane et on donne une idée du menu : des pois chiches et des choux.
Musée des Grottes du Sacromonte :artisanat
céramique
D’autres grottes présentent l’artisanat : la forge où l’on fabriquait les divers outils pour le jardinage, le métier à tisser, la céramique avec toute une collection de vaisselle émaillée bleu et turquoise sur fond blanc. Les motifs déclinent la grenade, mais aussi les oiseaux, les fleurs… Cette céramique est visible partout dans la ville. Au gite nous en avons tout un service
Musée des Grottes du Sacromonte – Vannerie
La vannerie est une activité traditionnelle des Gitans.
Une jeune fille remplace le guide et montre de très beaux échantillons. Elle propose des travaux pratiques.
-« N’importe quoi qui peut s’enrouler autour de deux doigts peut servir en vannerie. » déclare-t-elle
Cette jeune gitane brune me fait clairement comprendre que je ne participerai pas à l’atelier de vannerie. je la regarde tresser ses nattes de chaume à regret.
Un peu plus loin, un panneau consacré au flamenco raconte les soirées pendant lesquelles les Gitans occupés à la vannerie ou à la forge, chantaient. C’est notre seule déception dans ce musée : pas de musique. .J‘avais espéré au moins des enregistrements.
les gitans de Sacromonte (photo ancienne)
Musée des Grottes du Sacromonte (Géologie-Botanique)
le musée n’oublie ni la botanique ni la géologie.
Tectonique des plaque oblige, microplaque Alboran est venue se souder à la plaque Ibérique il y a environ 12 millions d’années pour former la Sierra Nevada.
La »formation de l’Alhambra »formantla colline de Sacromonte est un énorme conglomérat résultant de la fonte des glaciers ayant recouvert la Sierra Nevada. Ce poudingue comporte de nombreux galets (ou même des blocs) de quartzite, dolomie, serpentine, micaschiste. Les échantillons de ces roches sont présentés très pédagogiquement. L’âge de la Formation de l’Alhambra est assez flou, entre 2 MA et 5MA. Je ne sais pas si les grès épais que nous avons vus hier en allant dans l’Alpujarra ont la même origine.
Grenade – retour de Sacromonte
Retour à pied
Une rampe en galets mène à une promenade en balcon à flanc de colline très agréable. D’un côté l’Alhambra nous accompagne, de l’autre les habitations troglodytiques ou les maisonnettes.
une bonne adresse?
Des appartements pour touristes sont aménagés non loin du Musée. Pas très pratiques parce que excentrés, ils doivent être très agréables en été. Ceux qui les louent ont intérêt à voyager léger !(on peut trouver les références dans le Guide du Routard dont ils se recommandent)
Plus loin des maisonnettes modestes ont été construites. Enfin, on retrouve les carmenes et ls jardins. J’arrive tout près de la muraille arabe, puis à l’Albayzin et finalement je descends la Cuesta de Chapiz
Grenade – Paseo de los Tristes
Nous n’avions pas encore sacrifié au rite des tapas.
Mortes de faim nous nous installons à la terrasse du premier bar sur le paseo de los Tristes. Avec le verre du vin blanc on apporte une petite tranche de pain, une tranche de chorizo, une autre noire comme du boudin et une dizaine d’olives entaillées fondantes et parfumées. Nous avons aussi commandé des croquettes (béchamel avec du jambon panée ).
Ainsi ragaillardies nous pouvons continuer la promenade le long du Darro. Je remarque de belles façades Renaissance un peu comme en Italie.
Musée Archéologique
Un bâtiment très orné de sculpture est occupé par le musée archéologique. Dans la cour démonstration d’épigraphie. Deux petites idoles en albâtre ressemblant aux idoles cycladiques m’ont bien plu ainsi que le crâne d’un éléphant.Pour le reste, c’est toujours poterie cassée, pointes de flèches…
Il a plu abondamment toute la nuit et neigé sur la Sierra. L’autoroute prévient que les chaînes sont nécessaires à partir du km 32.
Nous avons tiré les leçons de la visite précédente et garons la voiture au premier parking venu.
nef de la cathédrale très haute et très claire
Par les petites rues mouillées nous rejoignons la Cathédrale en faisant du lèche-vitrines. Les collections d’été sont déjà sorties et il y a de bien jolies robes et même des robes longues. Certaines boutiques sont spécialisées dans les costumes traditionnels :robes à volants et à pois rouge et blanches (quelques bleues) costumes de cérémonies pour les petits garçons. D’autres magasins proposent des mantilles fait main noires à la broderie aérienne .
La Cathédraleest un monument énorme sur l’emplacement de la Grande Mosquée. Du style gothique et du plan initial(1505) il ne reste rien. Diego de Siloé (1493-1563) a conçu une basilique Renaissance qui ne fut achevée que vers le début du 18ème siècle. Nous sommes surtout impressionnées par la hauteur et la clarté de la nef. De très hautes colonnes soutiennent un plafond blanc très sobre. Les dorures de la Capilla Mayorsont encadrées par deux buffets d’orgue qui se font face.
Armée du Guide Bleu et d‘un audio-guide, je me prépare à une visite exhaustive de toutes les curiosités du monument. Hélas, je reste sur ma faim. Doré à souhait, le retable de Santiagoreferme la statue équestre de Saint Jacques Matamore qui piétine un infidèle. Je me sens solidaire du malheureux piétiné et sans grande sympathie pour le Saint Patron de l’Espagne. De l‘autre côté un retable baroque en marbre rouge referme une Piétanoire et blanche assez originale mais trop tout ce qu’on veut. Toute cette mode ostentatoire m’ennuie. J’ai pourtant du goût pour le baroque quand il est exubérant et joyeux comme à Palerme. Ici, point de putti farceurs, des évêques prêcheurs !
Grenade : Capilla Real – l’Alcaiceria
Heureusement la Capilla real compense la frustration de la visite à la Cathédrale.
on entre dans la Capilla réal par la Lonja
L’entrée de la Capilla Réal se fait par la Lonja (la bourse) (1518-1522) de style plateresque. Sa façade est aérée, de cordons entrelacés de colonnes torses d’ars à anse de paniers ; la grille en fer forgé plateresque qui enferme les monuments funéraires vaut à elle seule la visite. Les éléments décoratifs sont nombreux. Des têtes étranges rappellent les grotesques florentins, en haut, des scènes de l’Histoire Sainte sont forgées en relief sur une fine tôle. Les personnages sont à la limite de la caricature, silhouettes aplaties à peine bosselées de Bartholomé Ordenez, ressemblant aux portrait découpés de Montmartre.
style plateresque
Cette grille franchie, on s’approche des gisantsde marbre blanc : Isabelle et Ferdinand, les rois Catholiques, Jeanne la Folle et Philippe le Beau entourés d’une foule de personnages secondaires, anges et même animaux domestiques. Les gisants sont placés trop haut pour que l’on puisse se faire une idée de leur figure (le sculpteur n‘avait pas pensé aux touristes !). en face, un retable polychrome présente des scènes d’un réalisme saisissant. Les sculptures de bois peint sont remplis de vie. L’ancienne sacristie est transformée en musée où l’on peut voir l‘épée de Ferdinand et la couronne d’Isabelle mais surtout une collection de merveilleux tableaux ayant appartenu à la Reine Isabelle : des Flamands plusieurs Memling mais aussi un Bermejo et surtout un Botticelli.
Le Palacio de la Madrazaest fermé pour restauration.
Nous traversons les anciens souks remplis de boutiques à touristes bondées de jeunes français. L’Alcaiceria (kaisaria, arabe) est un joli bazar aux petites boutiques décorées comme dans un souk oriental en plus propre et plus soigné. Un incendie au 19èpe siècle a donné lieu à une restauration récente. Encore une fois, je constate que nous devenons blasées. Après la visite de l’Alhambra, il devient bien difficile de se laisser surprendre !
Grenade ancien caravansérail corral del Carbon
La promenade sous la pluie s’achève au Corral del Carbon– ancien caravansérail : autour d’une cour carrée, trois niveaux de galeries couvertes en brique, avec des arcades sommaires. Simplicité.
Des bureaux ont remplacé les boutiques et les logements des marchands arabes. La cour est plantée de quelques touffes d’acanthe, d’un néflier dans un coin. Au centre, un vieux puits.
Padul sous la pluie, on fait du feu
Pour se réchauffer nous déjeunons de saucisse purée.
La climatisation inversée chauffe bien la maison. Nous n’allons pas rester enfermées toute l’après midi. D’ailleurs, la voiture a aussi un chauffage !
Nous suivons le chemin des Molinos jusqu’à une colline pierreuse plantée d’amandiers bien taillés aux fruits déjà gros dans leur étui de velours vert. Arrivées à une croix, nous suivons une petite route de campagne jusqu’à Durcal. La route passe sur un vieux pont de pierre qui enjambe une rivière très profonde. Un grand moulin a été transformé en gites ruraux.
Le village de Durcal est avenant, avec une jolie placette, des chantiers… toute l’Espagne est un vaste chantier !
Après avoir encore bien tourné nous garons la voiture devant une boutique de « congelados ». dans des congélateur on vend au détail où un assortiment de poissons, légumes ou plats préparés. Mais ce n’est pas comme chez nous, chez Picard où tout est emballé et su remballé et luxueux. Ici, on choisit sa tranche. La vendeuse me pèse le mérou 1.29€ la tranche. On peut aussi acheter une poignée de poivrons ou de la paella toute épluchée avec moules et calmars à des prix défiant toue concurrence (en France).
Pour trouver la route touristique de l’Alpujarra il faut prendre à Padul la route de Motril puis la direction de Lanjaron. Dès que l’on quitte l’autoroute, un panneau touristique signale un paysage pittoresque : un vieux pont de pierre à très haute arche sur une gorge profonde. Le ruisseau qui a creusé le canyon très profond dans des grès grossier et des brèches aussi efficacement est un mince filet d’eau. Soit le grès est vraiment tendre, soit le cours d’eau atteint une puissance considérable. Je m’amuse à découvrir dans la paroi dégagée récemment par les cantonniers un cours d’eau fossile ayant laissé des lentilles de matériau très grossier avec des blocs et des sédiments entrecroisés.
village de montagne
Lanjaron est une petite station thermale avec une usine d’embouteillage d’eau minérale, un établissement de cure « balnéario », des hôtels 1900 avec stucs plus ou moins conservés, magasins de souvenirs, jambons typiques…
La route s’élève ensuite dans des collines plantées d’oliviers et d’amandiers. Parfois des terrasses soigneusement entretenues soulignent le relief, parfois les amandiers sont plantés sans les terrasses, enfin on a mélangé oliviers et amandiers. Des huileries artisanales sont implantées sur le bord de la route.
Après Orgiva, petite ville dans la vallée que nous évitons, la végétation change : genêts en fleurs, camomille et raquettes de figuiers de barbarie apparaissent. Le paysage est grandiose, à chaque tournant la neige
Alpujarra – Carataunas-Pampaneira – Soportujar
Carataunas 700m – 191 ha
Carataunas fut un village musulman. L’église actuelle fut autrefois la mosquée. Sous la chaux de la façade, on devine des entrelacs peu chrétiens. Albéniz y résida. Nous nous promenons dans le village tranquille croisant une ou deux vieilles dames bien aimables. Les ruelles pentues sont la rigole au milieu, sans doute pour l’écoulement de la pluie. Parfois le chemin emprunte un passage couvert. Parfois nous débouchons dans un jardin ou dans u cul de sac. Un chemin bordé de jardins à l’abandon fait le tour du village et nous mène à l’église. En quittant le village, nous découvrons un panneau : la folie immobilière est arrivée jusqu’ici.
Soportujar 940m – 286ha
Soportujar possède aussi une longue histoire et une ancienne population musulmane qui a perduré après la Reconquête et la chute de Grenade. Un panneau explicatif nous fait remarquer que nous sommes à la limite d’un étage de végétation méditerranéenne (oliviers, cyprès…) et de la végétation de montagne (feuillus, châtaigniers, noyers). Les noyers commencent tout juste à débourrer . Leur jeune feuillage prend des teintes orange rose très délicates. Les châtaigniers sont encore en hiver. Les gens sont très accueillants. Nous saluons un couple de vieux, la dame brandit un bouquet de fleurs pour nous rendre la politesse. Ici aussi le chemin principal s’appelle le Camino Real qui s’élève dans la montagne. Les panneaux d’azulejos indiquent le nom des rues mais aussi le nom des maisons. Et si le propriétaire change, la maison prendra-t-elle un nouveau nom ?
Pampaneira (1058m)
Nous passons Pampaneira sans nous arrêter malgré le beau panneau en céramique qui propose au voyageur de rester au village.
Bubion
Alpujarra – Bubion
Bubion(1300m-376ha)
En revanche je pars explorer à pied Bubion, plus touristique.
Les maisons blanches portent toutes d’énormes cheminées sur des terrasses plates et grises. Des artisans, céramistes, tisserands ouvrent leurs ateliers aux touristes ; Je dérange par mégarde la lissière. La place de la Mairie et de l’église est toute blanche avec ses arbres taillés courts encore hivernaux. L’eau coule dans plusieurs fontaines. En remontant, je remarque que les cerisiers sont en fleur, magnifiques.
Après Bubion, la végétation est beaucoup plus austère. Les ajoncs ne sont pas encore fleuris la garrigue est encore sèche et grise ;
Alpujarra – Capileira et retour
Capileira (1436m – 560ha)
Capileira est le départ des randonnées de haute montagne. Elle parait bien équipée en appartements à louer, maisons de vacances, restaurants et magasins de souvenirs vendant des tapis multicolores, des ponchos de laine et des paniers qui semble être les spécialités locales.
Comme toujours, les parkings sont complets et nous nous aventurons à la recherche d’une place de stationnement dans le village. Nous en sommes quittes pour une bonne frayeur. La voiture passe à peine dans les ruelles. Il faut faire une épingle à cheveu pour remonter une pente incroyable. Comme nous prenons trop d’élan, nous ratons le fameux parking que nous cherchions. (il existe vraiment, nous en avions douté)
Pique-nique dans les hauteurs quand la route se transforme en piste et s’approche de la neige. La vue est fantastique. Nous aurions pu nous asseoir sur de beaux rochers de micaschiste brillants au soleil si un nuage n’était pas monté intempestivement nous confinant dan s la voiture avec un froid glacial, humide et pénétrant.(salade de thon, pommes de terre, olives). L’altitude est de 1800m. on se croirait encore en hiver .
fontaine de Pitres associée au souvenir de LLorca
Avant de rentre à Padul nous poussons jusqu’à Pitres, encore un village blanc tranquille avec des toits en terrasse, mais, originalité, des arcades et un souvenir de Lorca qui s’est fait photographier et a envoyé une carte à un ami. Petit détour par Canar.
Façades fleuries, céramiques mauresques et azulejos
Dès que nous quittons la Ronda Sur (périphérique sud de Grenade) et que pénétrons dans la ville, c’est la galère.
Autant l’écrire une fois pour toutes, la circulation automobile est impossible dans Grenade ! La seule décision raisonnable est de rejoindre le premier parking où il reste de la place, et utiliser les autobus et marcher. Le Centre-ville est réservé aux taxis et autobus quand il n’est pas complètement piétonnier. Dans les quartiers périphériques, le plan de circulation est parfaitement illogique. La ville historique n’est pas vraiment étendue. Je passe donc nos errances automobilistiques…
.A 11H nous avons déposé la SEAT dans le parking Triunfo sur la magnifique avenue de la Constitucion plantée en son mitan de parterres modernes, face à une place reconnaissable à une sorte d’aiguille en ciment face au parc de la Fuente del Triunfo près de la Gran Via de Colon qui mène à la Cathédrale et à la zone Monumentale
vue sur l’Alhambra
Le microbus 31 nous conduit directement à l’Albayzin moyennant 1.20€ (somme forfaitaire pour n’importe quel autobus de Grenade).Nous descendons comme les autres touristes non loin du Mirador de Saint Nicolas où le panorama sur l’Alhambra et la sierra Nevada est le plus beau de la ville. On contemple, éblouies. Puis on essaie de se repérer dans les tours et les balcons. Cela me plait bien de revoir les sites visités hier encore fraîchement imprimés dans la mémoire.
vue du mirador San Nicolaos
L’église est très simple, blanche. Un peu plus loin se trouve la mosquée moderne (ouverte en 2003). Nous pouvons nous promener dan ses jardins installés sur la terrasse face à l’Alhambra. Jolis bassins en céramique bleue en forme d’étoile, sûrement rafraîchissants en été. La salle de prières est sobre, une épaisse moquette rouge mais peu de décor. Le minaret est coiffé d’un toit en pyramide. Rien ne le distingue du clocher de l’église toute proche si ce n’est que la girouette est remplacée par trois grosses boules de cuivre.
Nous déambulons par les ruelles aux murs chaulés qui serpentent entre les carmenes, joli prénom pour des villas avec jardins bien encloses dans des murs blancs qui débordent de jasmin ou de lilas, piqués des flèches noires des cyprès. Les entrées sont souvent décorées de céramique mauresques ou d’azulejos. Aux façades on a pendu des assiettes peintes ou des pots de fleurs en céramique. Même coca-cola a fait des concessions à l’environnement : la célèbre marque a abandonné ses couleurs emblématiques rouge et blanc pour une assiette de faïence bleue et blanche plus en harmonie avec les plaques des rues.
promenade le long du Rio Darro
D’après le guide du routard, proposer un itinéraire relève de la plaisanterie. Ils n’ont pas vraiment tort. Nous tournons dans les ruelles, découvrons des jardins secrets, certains bien cachés, d’autres livrés aux regards des passants, des citernes blanches ou en brique roses les aljibes.
..Nous descendons vers la petite rivière : le Rio Darro qu’enjambent des ponts anciens. C’est une promenade touristique mais sans excès. Il n’y a pas de commerce tapageur, surtout des cafés et des restaurants qui proposent bocadillos et tapas en plus de plats chauds. El Banuelo est un hammam ancien bien conservé avec son sol en marbre et ses ouvertures en étoile. Le lendemain de la visite de l’Alhambra, je suis un peu blasée. Les jolis chapiteaux wisigothiques changent des motifs arabes.
Nous remarquons au passage le pont du Cadi, reste d’une arche outrepassée (en fer à cheval), j’étale mon savoir récent !la promenade a pour nom Paseo de los Tristes, nom bien romantique, qui sont les Tristes ?
Nous arrivons bien affamée Plaza nueva ; belle place dallée de marbre devant un bâtiment officiel et bordée de nombreux cafés. Je m’engouffre dans le premier venu et commande un bocadillo queso manchigo (3.5€).
Il nous reste une bonne après midi pour jouir du soleil sur les chaises longues et faire une courte promenade dans les environs des Molinos.
En principe, il est conseillé de réserver les billets à l’avance par Internet. J’ai bien essayé, selon la réservation électronique il ne restait plus de place que pour le mercredi, et encore! Tard dans l’après midi. Et si ce jour là il pleuvait? Nous tentons donc l’achat sur place – risqué .
Il faut arriver tôt. Le réveil sonne à 6h30, départ de nuit.
A 7h45, à la sortie du périphérique qui contourne Grenade par le sud (Ronda Sur), un panneau lumineux prévient qu’il ne reste plus que 1000 places pour la journée.
Les parkings sont encore vides, les queues, déjà, très longues. La réservation par Internet garantit l’entrée du palais nasride mais ne dispense pas de la file d’attente.
A l’écart, une autre queue , bien cachée, conduit aux machines automatiques. Au micro, une voix polyglotte annonce qu’il ne reste plus que 500 places pour le matin. Arriverai-je à temps ? oui, mais c’est un peu plus cher de payer par Carte de Crédit (12+1€).
A l’ouverture du site, nous présentons nos précieux rubans magnétisés.
RDV à 10H au Palais Nasride et il faut être ponctuel !
jeux d’eaux au Generalife
Grenade – Generalife au petit matin
Sous un ciel bien dégagé ; avant que le soleil ne surgisse de derrière la montagne, nous nous dirigeons vers le Generalife. Seule la ville est éclairée. C’est donc dans la presque-pénombre que nous abordons les rangées de cyprès bordant le premier bassin allongé. Cette promenade est plutôt adaptée à la grosse chaleur qu’au petit matin glacial. L’avantage est énorme : nous sommes presque seules ! (cela ne durera pas)
jeux d’eau
Le Generalife est à nous!
Nous entrons dans une cour plantée d’orangers qui portent leurs fruits. Comme dans un Riad au Maroc ! les murailles rouges de l’Alcazaba, les neiges de la Sierra Nevada, tout évoque Marrakech.
renoncules
Une armée de jardiniers soigne les fleurs des massifs : renoncules, aux têtes fournies et aux couleurs éclatantes rouges, jaunes oranges… réséda mauve pâle ou violet très vif, pensées, pâquerettes ou pivoines merveilleuses. On ne sait plus ce qu’il faut privilégier : le chatoiement des pétales ou les stucs délicats qui s’offrent à nous.
J’ai renoncé à ouvrir les guides qui commentent ce que nous avons sous les yeux. Il y a tant à voir ! Tant à admirer par nous même ! Les explications paraissent superflues. D’ailleurs que peut-on expliquer de plus après la visite des tombeaux Saadiens ou les medersas de Fez ? Il suffit pour l’instant de se laisser emporter par la perfection inégalée des décors, l’harmonie de l’eau qui jaillit en abondance, la luxuriance des jardins.
eaux et fleurs
Un détail m’enthousiasme : une petite niche à l’entrée d’une pièce de réception est décorée d’une rangée de petites niches elles-mêmes, ornées de petites niches…mises en abîme. Plafonds dorés avec des stalactites, portiques, arcs.
Et bien sûr le canal inoubliable ou les jets d’eaux s’entrecroisent en arceaux (je m’en souviens après 28 ans).
Nous montons dans les jardins jusqu’au Pavillon Romantique redescendons par un chemin d’eau canalisé dans des rigoles ondoyantes : nous nous croyons transportées au Portugal !
Grenade- Alhambra Palais nasride
Malgré mon grand désir de flâner et surtout d’attendre les rayons du soleil illuminer le patio, il nous faut rejoindre le Palais Nasride pour 10H.
Déjà, nous ne sommes plus seules, un groupe de Japonais (calmes et discrets) et une classe d’ados espagnols (téléphones portables et voix fortes), des Allemands et une myriade d’Italiens seront nos compagnons. Dans cette foule inutile de lire les guides. Il faut toute son attention pour réussir LA PHOTO capter les arcs qui se superposent, les entrelacs délicats rehaussés de bleu, sans qu’elle soit gâchée par une tête ou un bras intempestifs (heureusement que nos photos sont numériques, quel gâchis avec de l’argentique !).
Nous passons de salle en salle, de patio en oratoire, découvrons les bains toujours dans un ravissement indescriptible ; il faudrait revenir en arrière, s’attarder. Impossible ! Il faut savoir partager tant de beauté avec les autres.
A l’issue de la visite au palais Nasride dans les Jardins del Portal, enfin, nous trouvons un endroit pour nous asseoir. Je me rappelle que mon téléphone peut aussi prendre des photos. Comment l’ai-je oublié ? J’envoie deux MMS à maman, photos d’un bassin rectangulaire peut être moins raffiné que celui du Generalife ou le Bassin des Myrtes. Il faut faire une pause pour éviter que les images se sur- imprimant n’effacent les plus anciennes.
De retour à la maison, je me relis. Quelle pauvre description!
Impossible de traduire l’émerveillement! Je ne vais pas recopier le Guide Bleu! Dans certains cas la beauté se suffit à elle-même.
Grenade – Alhambra – Alcazaba
Sous un franc soleil, nous visitons l’Alcazaba, forteresse militaire avec ses grosses tours carrées. Occasion de découvrir la ville de Grenade, la cathédrale, les toits des patios. …
Encore une pause dans un jardin au calme : le jardin de Los Ardaves sur une petite terrasse d’où on découvre la montagne.
Nous déjeunons d’un sandwich triangulaire (3€) acheté à l’automate du bâtiment de service (WC). Ce n’est pas franchement de la gastronomie mais c’est bien pratique !
Grenade- Alhambra – Palais de Charles Quint
Le Palais de Charles Quint
Le Palais de Charles Quint est impressionnant de l’extérieur : son bossage ressemble à ceux du palais Pitti ou du Luxembourg, au dessus, un décor Renaissance. Ce grand bâtiment carré renferme deux musées.
J’hésite avant de l’aborder :nous avons déjà vu tant de choses ce matin!
Surprise : le gros pavillon est creux, évidé, une arène circulaire entouré d’un double niveau de galeries à arcades. Un cercle inscrit dans un carré, géométrie symbolique. Les deux musées sont installés dans les pourtours. D’ailleurs ils sont fermés « comme tous les musées en Espagne le lundi ! » me répond le gardien à qui j’en ai demandé la raison.
Grenade- Alhambra – Le Generalife (bis)
Retour au Generalife,sous le soleil, nous aurons sans doute des photos plus colorées.
Le billet n’est valable que pour une seule visite. Nous nous introduisons par effraction (le gardien est absorbé au téléphone. Il y a un monde fou. Mais cette foule est mouvante. Je déniche un fauteuil de cuir dans un angle et commence à dessiner le joli canal. Personne ne me dérange. Nous sommes en plein soleil à quelques pas des jets d’eau.
Inutile de se lever avant 9 heures. Le bar de l’hôtel est fermé le dimanche.C’est l’occasion de déjeuner au soleil,à la terrasse d’une petite cafétéria moderne au coin de la place San Sébastian.
La place est très calme, le trafic interdit pour cause de procession. Les espagnols dorment encore. Le temps est magnifique, ciel bleu, lumière vive. Une jolie fontaine en pierre rouge orne le centre de la place. Les arbres sont taillés en boule.
le clocher de San Sebastian vu à travers l’Arc des Géants
Le clocher de la collégiale San Sébastian resplendit sous ses tuiles vernies. La girouette est de grande taille : un personnage brandit un étendard. La façade est décorée d’étranges personnages presque lascifs et dénudés ; j’aurai l’explication dans le guide Bleu : il s’agit du Crépuscule et de la Nuit.
Un jus d’orange bien frais accompagne une spécialité locale : les mollettes (petit pain très tendre sans croute fourré au jambon.
Que faire avant 11H, heure d’ouverture des musées et églises). Il fait un temps merveilleux, nous montons à l’Alcazaba, découvrons la route une belle fontaine du taureau en calcaire rouge surmontée du soleil. Les fontaines sont nombreuses et variées à Antequera. J’imagine leur fraîcheur au plus fort de l’été.
les rues en pente d’Antequera
Antequera – Arc des Géants
l’Arc des Géants
L’arc des Géants est encore plus photogénique dans la belle lumière du matin.
Sous l’éclairage nouveau, le rocher qui m’avait paru bizarre et que j’avais qualifié de chicot hier prend une silhouette différente : celle d’un homme couché. Je distingue nettement le nez, les lèvres, les arcades sourcilières. Où avons-nous déjà vu un tel profil ? A Cuba ? Au Cap vert ?
Antequera -Santa Maria Mayor
Retable très surchargé, très doré
La belle place carrée, parvis de Santa Maria Mayor surplombe les Thermes Romains. Nous en avons vus de plus beaux et de mieux conservés.
La façade Renaissance de Santa Maria Mayor est sobre : quelques volutes, des coquilles. Elle est Renaissance Italienne sauf les peintures grises qui soulignent les arcs en Toscane.
C’est une église à trois nefs qui surprennent par leur volume, la hauteur des grosses colonnes ioniques finement cannelées. Le plafond mudéjar est magnifique. Au plafond du chœur des entrelacs en motif d’étoiles à 6 et 8 branches
la Tarrasque
Une figure étonne:la Tarasque avec ses sept têtes de serpents que l’on fait défiler dans les processions religieuses avec les images des saints. Personnage mythologique étrange à qui on a imposé une vocation religieuse d’incarnation de la Foi.
Antequera – Santa Maria Del Carmen
Santa Maria de Carmen
Je descends à Santa Maria Del Carmen
(« attention aux marches glissantes » répètent à l’envie les guides des groupes qui se sont succédés)
Antequera se visite au pas de course. Entre 11 et 13h30 il faut avoir visité 3 églises 2 couvents et le Musée. Seul l’Alcazaba reste ouvert.
Santa María Del Carmen (2€) est entièrement peinte. Ses dehors sobres cachent une exubérance baroque. Le chœur est entièrement revêtu d’une sorte de « papier peint » ou de rideau de cachemire à dominante rouge avec des motifs floraux et des entrelacs jaune ocre avec un peu de blanc et de bleu. Le retable de bois peint marron est entièrement sculpté, de loin on dirait une grotte de corail rouge portant des personnages religieux et des anges de bois blancs noirs et dorés. Il représente un style que je ne connaissais pas : churrigueresque.
Les autres visites : Musée Municipal et couvent des Decalzados ne se font qu’accompagné et commencent à la demi-heure. Ne voulant pas rater la Procession, j’y renonce.
La procession d’Antequera – arrivée à Padul
Nous attendons à notre balcon, les fenêtres à l’étage du dessous sont parées de velours rouge sang. Nous serons aux premières loges. Hélas, rien ne vient. Les gens parcourent la rue dans les deux sens. A midi et demie je m’impatiente et demande où cela en est à un jeune policier qui stationne sous notre fenêtre. Il me montre une rue perpendiculaire : on peut atteindre la procession là-bas. Rien de bien extraordinaire, pas de pénitent ni de cagoule, peu d’adultes, un char bien laid. Seuls les enfants sont à la fête. Les petites filles en robe verte de velours rebrodés sont très fières. Les garçons sont habillés en enfants de chœur.
Nous quittons notre perchoir avant le passage de la procession et à 13h nous sommes sur l’autoroute. Toujours des collines plantées d’olivier. A proximité de Grenade, le paysage s’urbanise. Le Col du Soupir du Maure me déçoit : j’attendais beaucoup de ce lieu au nom évocateur. Une usine de ciment le défigure
Toujours des collines plantées d’oliviers. A proximité de Grenade, le paysage s’urbanise. Le Col du Soupir du Maure me déçoit : j’attendais beaucoup de ce lieu au nom évocateur. Une usine de ciment le défigure.
Notre gîte Molinos de Padul
Juste après, nous arrivons à Padul. Heureusement les moulins de Padulsont à l’écart, face à la Sierra Nevada bien enneigée. Notre gite est une petite maison carrée précédée d’un auvent (pour l’été). Sur la pelouse verte il y a une piscine bleue et des transats. Côté cour pousse un grand néflier touffu et deux beaux arbres au feuillage naissant (peut être des noyers). Côté rivière quatre petits cognassiers coupés très court, très vigoureux, sont en fleur le long de la rivière avec un grenadier. Dans le ruisseau les iris jaunes prospèrent. Il y a aussi une touffe de soucis orange et de beaux arums
Molinos de Padul
Notre gîte est très bien aménagé.
La salle à manger-cuisine occupe la moitié du volume tandis qu’une mezzanine partage l’autre moitié en deux chambres, deux lit en haut et une chambre en bas avec une belle salle d’eau.
Notre chambre est exigüe mais coquette : une tenture indienne rouge brodée de petits miroirs, un couvre-lit grenat, de beaux placards fermés par des portes anciennes, lui donnent une atmosphère orientale.
-« on dirait un lit clôt ! » dit D.
La plus jolie réussite en matière de déco est la salle d’eau avec une vasque ronde installée en angle dans un calcaire coquiller poli, brun rappelant le comblanchien, surmontée par une très belle glace au cadre de bois sculpté de roses où se reflète un bouquet d’arums. La douche est une petite cabine carrelée de mosaïque jaune avec un petit banc de pierre comme dans un hammam. On peut ranger les affaires de toilettes dans un garde-manger ancien grillagé. Sous le lavabo, le panier à linge en osier est garni d’un tissu beige.
le « musée »
Teresa nous fait visiter son « musée »: le moulin a gardé sa meule actionnée par une roue dans le ruisseau qui coule sous la maison. Vieux paniers, cloches à chèvres ou à bétail, gargoulettes et divers récipients font de bien jolies photos.
le ruisseau, les cognassiers
A 6 heures, nous sommes installées pour un premier bain de soleil sur la pelouse face à la montagne.
En venant du Torcal, à l’entrée de la ville, la vue sur la ville est extraordinaire. La colline est cernée de hautes murailles, elle est coiffée de 2 tours carrées aux toits en pyramide : l’Alcazaba, ancienne forteresse arabe.
La ville basse aux murs blancs éclatant forme une tache claire. La ville est enchâssée dans une cuvette entourée de montagnes violettes et de champs vert vif. Un gros rocher isolé en forme de chicot se détache à l’arrière de l’Alcazaba. Le soleil joue avec les gros nuages et l’éclairage varie de minute en minute créant des surprises aux photographes.
La visite en voiture de la ville est un casse-tête. Mieux vaut marcher ! On n’arrive jamais à l’endroit prévu même en suivant attentivement le plan. En cherchant l’Alcazaba, on trouve la place du Portichuelo limitée par la grande église Santa Maria de Jésus fermée et par la charmante chapelle-tribune de la Virgen de Socorro construite avec une alternance de briques et de pierre, jeu de rouge et de blanc, arcs, balcons, ferronnerie, coquilles saint Jacques, arabesques et motifs mudéjares. Une fresque de la Vierge sur fond noir surmonte le balcon. Curieuse Vierge noire mais mondaine.
Une rampe surplombe les rangées d’arcades d’un couvent.
Place du Portichuello
Antequera – Alcazaba
La Plaza des Carmen est déserte. L’église est surmontée d’un toit aux volumes imbriqués intéressants. Évidemment fermée ! Pendant la Semaine Sainte le créneau des visites est mince : de 11 heures à 13h30.
Nous avons contourné en voiture l’Alcazaba sans jamais en trouver l’entrée. C’est qu’il faut emprunter des escaliers !
De la Plaza del Carmen une rue mène aux murailles en restauration. Il semble que la fièvre constructrice espagnole se soit étendue aux monuments historiques. On a récemment restauré à tour de bras. Et c’est tant mieux ! Les restaurations d’Estepa datent de 2008 celles de l’Alcazaba d’Antequera aussi. Pourvu que la crise ne mette pas fin à cet élan ! Logiquement les maçons mis au chômage dans les lotissements pourraient être recyclés dans la reconstruction des murailles et des tours de tout le royaume. Un étroit passage entre des maisons d’habitation conduit à une rue bien en pente puis à une nouvelle volée d’escaliers.
La charmante place des Escribanos s’ouvre sur le parvis de l’imposante Santa Maria Mayor – évidemment fermée ! (mêmes horaires qu’au Carmen). De l’autre côté de la place des Escribanos, l’Arc des Géants est une belle porte ornée de plaques de marbre et de sculptures de lions. Elle est si monumentale qu’on peut s’y promener dessus ! Cet arc se prête bien aux photos : d’un côté on découvre Santa Maria de l’autre le clocher de San Sébastian qui domine la ville basse.
Alcazaba
L’Alcazaba est ouvert jusqu’à 18h et gratuit. Des rampes et des escaliers ont été ménagés dans un beau jardin . Une double rangée de cyprès forme une haie élancée. Ailleurs on a taillé les conifères pour imiter les créneaux, certains à un mètre du sol d’autre à deux. Des jardins à la françaises à motifs triangulaires sont aussi fleuris. La Porte Chrétienne à mi-hauteur rappelle que si les Rois Espagnols ont conquis Antequera avec panache (le Soleil d’Antequera rappelle cet épisode), ils ont dû réduire la surface de la forteresse pour pouvoir la conserver. La place d’Armes est encore en chantier. Je monte avec joie au clocher puis à la tour blanche ; Dans cette dernière, les ouvertures sont en fer à cheval de style arabe. Je me fais un plaisir de photographier le paysage cadré par ces fenêtres.
Antequera – messe de nuit à San Sebastian
Notre chambre 21 de l’hôtel Castilla se trouve à l’angle de la rue principale de l’Infante Don Fernando (le conquérant du soleil d’Antequera) et d’une petite rue.
La fenêtre légèrement cintrée doublée de volets intérieurs en beau bois clair vernis, s’ouvre sur un balcon Art Nouveau. Des rideaux grège encadrent cette fenêtre. C’est une vraie scène de théâtre au soir qui tombe. Les jeunes stationnent au coin de la rue puis, vers 9 heures la rue se remplit de groupes de gens qui remontent ou descendent vers la place San Sébastian.
Nous venons tout juste de nous coucher, on frappe discrètement à notre porte: la jeune fille de la réception nous annonce :
-« vous êtes mal garées, il faut bouger la voiture qui touche la ligne ! »
Nous protestons pour la forme et enfilons des jeans par-dessus les pyjamas.
L’église San Sébastian est allumée pour une messe nocturne. Nous en profitons pour entrer. A ce moment, le prêtre invite l’assistance à chanter la Gloire du Seigneur. Des enfants agitent des clochettes, un homme joue à la guitare un genre de flamenco. Cette messe est surprenante. Difficile d’apprécier le décor de l’église, les bois sculptés du chœur, le retable, on ne peut pas s’approcher.
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Arrivée à Antequera
A l’entrée d’Antequera des arroseuses tournent à plein, irriguant le blé malgré les nuages menaçants. Sans doute ces derniers ne sont pas porteurs de pluie pour l’Andalousie. En tout cas, les installations d’irrigation sont impressionnantes !
Malgré la saison touristique nous trouvons facilement l’hôtel idéal : Hôtel Castilla, deux étoiles, une belle chambre d’angle, un ascenseur, un parking. Demain une procession est programmée et elle passera sous notre balcon.
Antequera – Torcal
11km d’Antequera, une route étroite grimpe dans la montagne jusqu’à 1200m (l’altitude d’Antequera est 577m).
Les blés sont parcourus par de véritables vagues sous le vent fort. Quelques maisons très basses paraissent encore plus blanches sous le ciel gris. A l’entrée du parc, une rocaille est couverte d’asphodèles en fleur, de grosses taches d’iris sauvages violets. Les ajoncs jaunes éclairent ce paysage austère. D’un mirador il nous semble apercevoir la mer. Malaga se trouve à 60 km en voiture et sans doute beaucoup moins à vol d’oiseau.
Les rebords du karst se rapprochent. La falaise est entaillée. Les figures d’érosion n’apparaissent que plus tard. Une épaisse strate est surmontée d’une alternance de fines barres dures et d’autres plus tendres déblayées qui laissent des creux.
Le « Monument Nacional », symbole du parc, est une colonne naturelle qui semble faite d’assiettes géantes empilées. Au pied, je trouve de très belles orchidées roses touffues et aussi fournies que les jacinthes des fleuristes.
Le Centre d’Interprétation est décevant. J’attendais une exposition sur le karst, l’érosion, la flore…Rien de tel, de belles photos sans commentaire.
Deux promenadessont balisées : la verte de 45 minutes et la jaune de 2 heures. Une rafale de grêle me suggère de choisir le parcours le plus court. D’ailleurs, je suis mal équipée. Mes Nike pour la course, n’accrochent pas, les roches sont glissantes, un bâton de marche aurait été utile.
A la base de formations bizarres en colonnes, s’épanouissent des pervenches d’un bleu très pâle. Les épines blanches explosent en une floraison abondante. En altitude le printemps vient tout juste de commencer.
Dans le karst alternent trois types de calcaire jurassique : oolitique, brèchoïde clastique et plus compact. La formation a été relevée pendant l’orogenèse alpine et comprimée pour former une lentille puis hachée de failles et de diaclases. L’érosion pluviale et la gélification ont sculpté ces figures étonnantes.
La pluie et le vent rendent le froid pénétrant. J’ai superposé un gros pull, une polaire et un coupe-vent. Il manque les gants et le bonnet !