De Vaucotte à Etretat par villages et Falaises

BALADE NORMANDE

Aiguille creuse!
Vaucottes

A l’entrée du hameau il faut laisser la voiture,  une courte promenade entre de très belle maisons nous conduit à une plage minuscule.Vattelot
Je trouve à Vattelot le sentier côtier aménagé en bord de falaise qui me conduira à Etretat. On gare la voiture devant la Mairie-École de style normand la plus fleurie qui soit. Pour trouver le GR, prendre le chemin de l’Etigue.  Malheureusement ici encore, le GR est en plein champ loin de la falaise. Au loin les silhouettes des promeneurs  se détachent sur le sentier côtier. Le sentier est bien tracé, la présence d’autres randonneurs me rassure

Etretat :  l’Aiguille Creuse

 

Grand spectacle ! On s’approche d’Etretat, la falaise est rompue, îlots, arche, aiguille creuse. De nombreux promeneurs photographient le site fameux.  Des goélands nichent dans la falaise, ils ne sont pas farouches et se laissent approcher.

 

les maisons à pan de bois d'Etretat

Ville d’Etretat

L’image de l’aiguille creuse, la plage de galets, sont des classiques. Le village vaut aussi une promenade.
Il et presque sept heures, le parking se vide il fait bon trainer dans les rues. Certains endroits touristiques sont tellement pittoresques que même l’impact du tourisme de masse n’altère pas leur charme. Etretat est un de ceux- là (comme Mykonos la semaine suivant). De quand datent les maisons à colombages ? Je n’ai pas de guide  et me contente de détailler les sculptures sur bois.

 

 

Sur la route d’Yport

BALADE NORMANDE

la plage d'Yport

La route qui va de Fécamp à Yport est accidentée. A un détour, j’aperçois une belle demeure dans un creux. Les premières jacinthes bleues pointent dans les herbes sèches, aubépine et ajoncs sont en fleurs, plus loin, la falaise et la mer. Difficile de cadrer la photo ! J’aimerais tout capturer.
Comme autres les stations balnéaires, Yport est installé dans une vallée encaissée. Les maisons de brique et d e silex s’alignent sur deux rues parallèles tandis que les grosses demeures sont cachées dans des parcs sur les hauteurs. Une digue, une plage de galets, des cabines rayées en bois, et au bout de la digue, le casino.

 

Yport : 2 expos F Jorge et L Dubois

 

A l’office de tourisme, une très belle exposition :

– sculptures de Filipe Jorge,  pierre aux formes courbes, évoquant des coquilles évidées, volutes enroulées sur elles-mêmes, nœuds de Moebius.

– Les photographies de Laurent Dubois m’ont beaucoup plu : grand formats représentant des minéraux, roches galets, strates. Difficile en l’absence d’échelle de savoir s’il s’agit d’une microphotographie ou d’un  paysage. Les flaques orange dans les algues pourraient provenir de notre plage de Veulette !
Des titres longs,  haïkus, accompagnent les photographies. En recopiant mes notes, j’ai fait un détour sur Internet et trouvé l’expo s’appelle l’oracle des pierres

 

Yport

Maman nous a donné la mission de lui trouver un gîte et nous l’accomplissons avec beaucoup de conscience et d’’amusement. On nous propose trois studios que nous allons chercher dans le village.

L’Office de Tourisme a édité un dépliant proposant de suivre village  les pas  d’illustres visiteurs, écrivains ou artistes.  Nous nous installons pour déjeuner sur la plage à côté des barques multicolores. La falaise blanche est visible jusqu’à Fécamp et en delà. J’en profite pour dessiner.

Fécamp

BALADE NORMANDE

le palais de la Bénédictine

Fécamp est plus important que Saint Valéry-en-Caux. Le port est actif et la criée importante. Le « monument » le plus touristique est le Palais de la Bénédictine que nous abordons par l’arrière. Difficile de contourner le pâté de maison, nous marchons le long de hauts murs de brique, une cheminée d’usine dépasse. Mais où est donc le Palais ?

– «  C’est juste la rue à droite derrière vous, la Béné ! » nous dit un  monsieur.
La façade est éblouissante : foison de statues, de pignons de clochetons,  derrière des grilles monumentales. Exagération d’une architecture éclectique 19ème siècle. Côté pile,  la cour d’honneur du « Palais », une somptueuse demeure. Côté face : une usine de brique, distillerie de la fameuse liqueur. La rue s’appelle Alexandre –Le Grand, nom du fondateur de l’établissement, cela ne s’invente pas !


A Fécamp on pourrait visiter d’autres musées, d’autres monuments mais le beau temps nous incite à quitter la ville pour la campagne et la mer.

promenade dans la campagne cauchoise

 BALADE NORMANDE


Le circuit de la vallée de la Durdent part de Veulette, non loin de l’hôtel des Frégates, juste après le club nautique : 8 km pour aller jusqu’à Paluel  par le GR 21, et revenir de l’autre côté de la vallée sur une petite route.

Le rectangle de prairies dans lequel divague la rivière est une zone humide avec des mares et des étangs, halte idéale pour les oiseaux d’eau.  Avril est un peu tard  les oiseaux migrateurs. Je n’observe que des animaux plus ordinaires : colverts, chevaux et vaches. Un cygne glisse fièrement sur la rivière. La vallée continue plus loin jusqu’à un lac près de Carny-Barneville mais les routes remplacent le sentier de randonnée.

J’improvise donc une autre promenade toujours sur le sentier de randonnée :  GR211 dans une vallée sèche boisée et  remonte sur le plateau jusqu’au lieu-dit : les Carpentiers.

Cette randonnée a plus de charme que le sentier « côtier » qui traverse une campagne cultivée de grands champs ennuyeux. Il y a des fleurs, des anémones blanches, des jacinthes bleues, je marche dans un joli sous bois.

Les possibilités de randonnée dans la campagne sont variées dans une campagne idyllique (si on oublie la Centrale Nucléaire de Paluel  dont on découvre périodiquement les dômes de ciment menaçants).

Je reprends le GR21 à Vinnemerville (quelques kilomètres en voiture plus loin) pour rejoindre les Petites Dalles en passant par le château de Sassetot-le Mauconduit, encore une balade facile souvent en sous-bois . Le GR reste à flanc de colline et on domine la vallée où est installé le village des Petites Dalles.

Les Petites Dalles

L’Orchestre National d’Île de France en danger

je n’ai pas trouvé d’enregistrement du Requiem par l’Orchestre de l’Ile de France, donc pour le plaisir l’interprétation de l’Academy of Saint Martins in the Fields  , Marriner

Nous avons passé une excellente soirée à la Maison des Arts de Créteil en bonne compagnie : élèves emmenés par les professeurs des disciplines artistiques de mon collège et nombreux collègues. Et cela pour un prix modique : merci à la Convention qui lie la MAC  aux collèges de la Ville! mais surtout merci à l’Orchestre de l’Ile de France qui jouait la Symphonie N°1 de Beethoven et interprétait le Requiem de Mozart!

Entre les deux œuvres, on nous conta la fable que voici:

Bien sûr, les adultes (pas les enfants) ont signé quand les applaudissements résonnaient encore, et j’associe mon blog à leur démarche.

Faudra-t-il aller à Pleyel, au Châtelet ou dans les grandes salles parisiennes pour écouter de la musique vivante? Les petits collégiens de banlieue n’auront-ils plus la joie d’une telle sortie exceptionnelle? Faudra-t-il laisser à la banlieue la culture-banlieue à l’exclusive de toute autre?

 

Les Juifs et l’Orientalisme – Expo MAHJ

Exposition temporaire : 7 mars 2012 – 8 juillet 2012 – Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme 71 rue du Temple PARIS 3ème

« Proposant un parcours à travers la peinture orientaliste, l’exposition se penche sur la représentation du Juif comme « oriental » dans l’art, de 1832 à 1929. »  brochure du MAHJ

 

L’exposition s’ouvre sur des citations du journal de Delacroix que je me reproche de n’avoir point copiées., carnet d’esquisses, un seul tableau du maître, c’est un peu frustrant. En revanche plusieurs de Chassérieau m’enchantent. J’aime les couleurs vives que les orientalistes ont découvert au Maroc ou en Algérie, ciels bleu presque turquoise se détachant sur des murs blancs, costumes colorés des femmes. J’avais beaucoup aimé l’exposition à l’Institut du Monde Arabe il y a quelques années où Delacroix, Chassérieaux  et Fromentin étaient à l’honneur.

Dans l’exposition du MAHJ, le propos est plus ciblé : l’Orientalisme a trouvé une résonance particulière quand il découvre les communautés juives d’Afrique du Nord, exotiques mais aussi peut être plus ouvertes sur l’Occident. Quoique, un grand tableau représentant le départ de centaines de juifs vers la Terre Sainte, fuyant une menace représentée par la colonisation française de l’Algérie, m’a interpellée. J’ignorais totalement cet épisode.

Les peintres du 19ème siècle découvrent ces populations avec le regard un  peu biaisé de l’ethnologie de l’époque, cherchant à décrire des races. Certaines observations des Juifs confortent des stéréotypes antisémites analogues aux représentations de Shylock. Cet aspect est aussi représenté.

La vision d’un Orient biblique est aussi centrale. Les Juifs orientaux, comme les Arabes d’ailleurs, offrent des modèles à l’illustration biblique : Abraham d’Horace Vernet, ou Esther. L’engouement pour l’Égypte est aussi passé par là : j’ai retrouvé avec plaisir David Roberts dont je connaissais les représentations de l’Égypte.

Cette exposition sort aussi des chemins battus et nous fait découvrir des peintres russes ou allemands que je n’avais jamais rencontrés.Elle élargit aussi la période traditionnellement attribuée à l’Orientalisme, incursion dans la peinture  Symboliste s’éloignant ainsi de ma vision à partir de Delacroix.

Enfin, le projet sioniste n’est pas oublié. Non plus que des illustrations bibliques. J’ai beaucoup aimé  celle du Cantique des Cantiques par Kupka.

cantique des cantiques

 

lire aussi ICI sur l’Orientalisme

 

Lire pour la Grèce : Dimitris Hadzis – La fin de notre petite ville

La fin de notre petite ville est une série de 7 nouvelles publiées par deux éditeurs séparément.

Le Cahier du Détective en est la première partie, publié par les EDITIONS COMPLEXE tandis que la suite, Le testament du Professeur, deux nouvelles, est aux Editions de l’Aube.

Ces deux recueils de nouvelles sont de vrais chefs d’œuvre qui m’ont tenue éveillée presque toute la nuit;

J’ai aimé ces histoires centrées sur un personnage, Sioulas, le tanneur, Sabethai Kabilis, le juif, Notre tante Angheliki, la vieille fille toujours prête à rendre service à ses voisins, ou Thodorakis le brillant diplômé, promis à un avenir de fonctionnaire qui deviendra ouvrier. Hadzis donne la parole aux modestes, aux cachés, aux sans-voix; avec tendresse et une grande justesse. Point de misérabilisme, il replace chacun dans son milieu, avec ses travers, ses défauts. Malgré le format court de la nouvelle, tout un monde s’ouvre dans chaque histoire, aussi denses que dans un roman. Jamais le personnage central ne s’impose au détriment de la société qui l’entoure, il laisse entrevoir tout un monde, une série de caractères .

La Fin de la ville, c’est l’arrivée de la modernité qui fermera les tanneries artisanales, qui verra construire la route et une station-service là où des guinguettes rassemblaient les habitants le dimanche, mirages d’un tourisme naissant. C’est aussi la Deuxième guerre mondiale, qui déportera la communauté juive installée depuis 2000ans, les bombes allemandes qui auront raison de la gentillesse d’Angheliki…

Dans le second opus, Le Testament du Professeur, Hadzis campe un  autre versant de la société : les notables avec leurs ragots, leurs manœuvres partisanes, la corruption également. la satire est acide mais aussi très drôle. Cette longue nouvelle de 75p peut aussi se lire comme un thriller. Que trouvera-t-on dans le le testament?

La série se termine sur un épisode tragique : Margarita Perdikari, très jeune institutrice fusillée par les Allemands. Comment cette fille de bonne famille est-elle devenue communiste? et surtout qui l’a donnée aux Allemands. La fin est tragique mais toute la nouvelle est d’une grande tristesse;

J’ai enfin trouvé les Moghols! (lectures)

SAISON INDIENNE

mausolée d'Akbar

Pour préparer notre voyage à Delhi, Agra et le Rajasthan j’ai abordé mes recherches bibliographiques dans le plus grand désordre. Je n’imaginais pas la richesse de la documentation, ni sa variété. Le mot-clé « Inde » n’était pas opérationnel. J’ai donc découvert une littérature indienne foisonnante, des essais, des relations de voyage….

En visitant  plusieurs « Forts Rouges » et les palais du Rajasthan, je me suis rendue compte que j’aurais mieux fait de me documenter plus sur les Moghols.

La meilleure introduction, ce n’est pas un livre mais le film Jodhâa et Akbar qui m’a fourni des personnages en chair et en os pour peupler ces grands forts et palais.

Le Diamant des Moghols d’Alex Rutherford (Pygmalion)  raconte la vie de Babur, (1483-1530) premier Moghol qui a conquis l’Hindoustan venant de Ferghana (Ouzbékistan), arrière-petit-fils de Timur (Tamerlan) qui lui-même prit Delhi en 1398.

Ce roman historique fait la place belle aux faits d’armes et aux intrigues. Le long siège de Samarcande a commencé de me lasser, les combats contre les tribus hostiles ouzbèkes m’ont fait abandonner la lecture, avant même que Babur n’entre en Inde.

J’aurais préféré lire quelques extraits du journal de Babur, lettré qui rédigea sont autobiographie.

 

Le Songe du Taj Mahal de Christian Petit (Fayard)

C’est aussi un roman historique, mais plus aimable, dse déroulant à la cour de Jahangir

Janhangir

(1605-1627) à qui succéda Shah Jahan. Le héros de l’histoire est un joailler de Bordeaux entraîné dans des aventures rocambolesques à Londres où il doit livrer un collier merveilleux au roi Jacques 1er . Sauvé par un magicien indien Birbal qui devient son ami il le suit jusqu’à Agra, alors capitale de l’empire Moghol où il devient ingénieur des arts du Grand Moghol. Intrigues de cour, histoires d’amour courtisanes ou princesses.

 

 

L’histoire se poursuit pendant le règne de Shah Jahan et on y voit mourir Mumtaz et construire le Taj Mahal.

L’histoire d’Augustin Hiriart de Bordeaux est une très agréable et facile lecture, roman d’aventure et roman d’amour, je me suis laissé prendre même si le roman historique n’a pas la saveur des relations des voyageurs de l’époque.

Les Voyages en Orient du Baron d’Aubonne (1605-1689) de Jean-Baptiste Tavernier

Cette relation de voyage est un texte qui a toute la saveur de l’original. Merveilleux observateur Tavernier raconte la vie en Perse et en Indes en textes courts et très vivants. Le Moghol est alors Aurengzeb peut être moins prestigieux que ses prédécesseurs puisqu’il n’a pas laissé de mausolées comme les autres grands Moghols.

Taj Mahal


 

Sainte Anne de Léonard de Vinci – Exposition au Louvre, une leçon de peinture

affiche

Le Louvre nous convie à une véritable leçon de peinture. La Sainte Anne de Vinci, on la connaît, on la reconnaît, on la redécouvre nettoyée de tout ce vernis jauni qui obscurcissait ses couleurs. La restauration, à elle seule est un évènement.

L’exposition est une vrai leçon de peinture. De carton en dessin, l’œuvre prend corps, se transforme, les personnages trouvent leur disposition définitive en diagonale, Jean Baptiste est remplacé par un agneau. Les coiffures s’adaptent à la mode qui a changé pendant les 20 années que le tableau est en gestation. On admire la finesse des dessins de Leonardo. les premiers, j’ai eu du mal à les déchiffrer avec l’acharnement à chercher le bon tracé, les traits se chevauchent. Où est l’enfant? Où est donc l’agneau? Pourquoi 3 têtes féminines sur cette esquisse puisque seules Anne et Marie doivent figurer?

le carton de Londres

Et le regard s’aiguise, en recherche, à comparer trois, quatre études du visage de Sainte Anne, toujours le même visage si doux. qu’a-t-il voulu changer là? La coiffure? Le drapé du manteau?

La peinture, à la Renaissance était histoire d’atelier. Quelle est la part du maître? Qu’a ajouté le copiste?  Quelle étape de la recherche de Leonardo l’élève a-t-il utilisé? Pourquoi, sur certains tableaux le groupe se détache-t-il tellement du décor qu’il paraît rapporté?

Jubilation de pouvoir entrer dans le secret d’une œuvre!

J’aimerais  être capable d’une telle analyse dans un musée. j’ai encore bine besoin d’être conduite.

J’ai consacré tant d’attention, de concentration, à Sainte Anne que je visite distraitement l’exposition, consacrée à Arles et aux découvertes archéologiques dans le Rhône. Cette expo mérite mieux qu’un regard blasé. Elle est vraiment très belle. Il faudra que je trouve un moment pour retourner voir ces Romains, ce Gaulois blessé, ces dauphins et cette Victoire dorée.