promenade dans la campagne cauchoise

 BALADE NORMANDE


Le circuit de la vallée de la Durdent part de Veulette, non loin de l’hôtel des Frégates, juste après le club nautique : 8 km pour aller jusqu’à Paluel  par le GR 21, et revenir de l’autre côté de la vallée sur une petite route.

Le rectangle de prairies dans lequel divague la rivière est une zone humide avec des mares et des étangs, halte idéale pour les oiseaux d’eau.  Avril est un peu tard  les oiseaux migrateurs. Je n’observe que des animaux plus ordinaires : colverts, chevaux et vaches. Un cygne glisse fièrement sur la rivière. La vallée continue plus loin jusqu’à un lac près de Carny-Barneville mais les routes remplacent le sentier de randonnée.

J’improvise donc une autre promenade toujours sur le sentier de randonnée :  GR211 dans une vallée sèche boisée et  remonte sur le plateau jusqu’au lieu-dit : les Carpentiers.

Cette randonnée a plus de charme que le sentier « côtier » qui traverse une campagne cultivée de grands champs ennuyeux. Il y a des fleurs, des anémones blanches, des jacinthes bleues, je marche dans un joli sous bois.

Les possibilités de randonnée dans la campagne sont variées dans une campagne idyllique (si on oublie la Centrale Nucléaire de Paluel  dont on découvre périodiquement les dômes de ciment menaçants).

Je reprends le GR21 à Vinnemerville (quelques kilomètres en voiture plus loin) pour rejoindre les Petites Dalles en passant par le château de Sassetot-le Mauconduit, encore une balade facile souvent en sous-bois . Le GR reste à flanc de colline et on domine la vallée où est installé le village des Petites Dalles.

Les Petites Dalles

L’Orchestre National d’Île de France en danger

je n’ai pas trouvé d’enregistrement du Requiem par l’Orchestre de l’Ile de France, donc pour le plaisir l’interprétation de l’Academy of Saint Martins in the Fields  , Marriner

Nous avons passé une excellente soirée à la Maison des Arts de Créteil en bonne compagnie : élèves emmenés par les professeurs des disciplines artistiques de mon collège et nombreux collègues. Et cela pour un prix modique : merci à la Convention qui lie la MAC  aux collèges de la Ville! mais surtout merci à l’Orchestre de l’Ile de France qui jouait la Symphonie N°1 de Beethoven et interprétait le Requiem de Mozart!

Entre les deux œuvres, on nous conta la fable que voici:

Bien sûr, les adultes (pas les enfants) ont signé quand les applaudissements résonnaient encore, et j’associe mon blog à leur démarche.

Faudra-t-il aller à Pleyel, au Châtelet ou dans les grandes salles parisiennes pour écouter de la musique vivante? Les petits collégiens de banlieue n’auront-ils plus la joie d’une telle sortie exceptionnelle? Faudra-t-il laisser à la banlieue la culture-banlieue à l’exclusive de toute autre?

 

Les Juifs et l’Orientalisme – Expo MAHJ

Exposition temporaire : 7 mars 2012 – 8 juillet 2012 – Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme 71 rue du Temple PARIS 3ème

« Proposant un parcours à travers la peinture orientaliste, l’exposition se penche sur la représentation du Juif comme « oriental » dans l’art, de 1832 à 1929. »  brochure du MAHJ

 

L’exposition s’ouvre sur des citations du journal de Delacroix que je me reproche de n’avoir point copiées., carnet d’esquisses, un seul tableau du maître, c’est un peu frustrant. En revanche plusieurs de Chassérieau m’enchantent. J’aime les couleurs vives que les orientalistes ont découvert au Maroc ou en Algérie, ciels bleu presque turquoise se détachant sur des murs blancs, costumes colorés des femmes. J’avais beaucoup aimé l’exposition à l’Institut du Monde Arabe il y a quelques années où Delacroix, Chassérieaux  et Fromentin étaient à l’honneur.

Dans l’exposition du MAHJ, le propos est plus ciblé : l’Orientalisme a trouvé une résonance particulière quand il découvre les communautés juives d’Afrique du Nord, exotiques mais aussi peut être plus ouvertes sur l’Occident. Quoique, un grand tableau représentant le départ de centaines de juifs vers la Terre Sainte, fuyant une menace représentée par la colonisation française de l’Algérie, m’a interpellée. J’ignorais totalement cet épisode.

Les peintres du 19ème siècle découvrent ces populations avec le regard un  peu biaisé de l’ethnologie de l’époque, cherchant à décrire des races. Certaines observations des Juifs confortent des stéréotypes antisémites analogues aux représentations de Shylock. Cet aspect est aussi représenté.

La vision d’un Orient biblique est aussi centrale. Les Juifs orientaux, comme les Arabes d’ailleurs, offrent des modèles à l’illustration biblique : Abraham d’Horace Vernet, ou Esther. L’engouement pour l’Égypte est aussi passé par là : j’ai retrouvé avec plaisir David Roberts dont je connaissais les représentations de l’Égypte.

Cette exposition sort aussi des chemins battus et nous fait découvrir des peintres russes ou allemands que je n’avais jamais rencontrés.Elle élargit aussi la période traditionnellement attribuée à l’Orientalisme, incursion dans la peinture  Symboliste s’éloignant ainsi de ma vision à partir de Delacroix.

Enfin, le projet sioniste n’est pas oublié. Non plus que des illustrations bibliques. J’ai beaucoup aimé  celle du Cantique des Cantiques par Kupka.

cantique des cantiques

 

lire aussi ICI sur l’Orientalisme

 

Lire pour la Grèce : Dimitris Hadzis – La fin de notre petite ville

La fin de notre petite ville est une série de 7 nouvelles publiées par deux éditeurs séparément.

Le Cahier du Détective en est la première partie, publié par les EDITIONS COMPLEXE tandis que la suite, Le testament du Professeur, deux nouvelles, est aux Editions de l’Aube.

Ces deux recueils de nouvelles sont de vrais chefs d’œuvre qui m’ont tenue éveillée presque toute la nuit;

J’ai aimé ces histoires centrées sur un personnage, Sioulas, le tanneur, Sabethai Kabilis, le juif, Notre tante Angheliki, la vieille fille toujours prête à rendre service à ses voisins, ou Thodorakis le brillant diplômé, promis à un avenir de fonctionnaire qui deviendra ouvrier. Hadzis donne la parole aux modestes, aux cachés, aux sans-voix; avec tendresse et une grande justesse. Point de misérabilisme, il replace chacun dans son milieu, avec ses travers, ses défauts. Malgré le format court de la nouvelle, tout un monde s’ouvre dans chaque histoire, aussi denses que dans un roman. Jamais le personnage central ne s’impose au détriment de la société qui l’entoure, il laisse entrevoir tout un monde, une série de caractères .

La Fin de la ville, c’est l’arrivée de la modernité qui fermera les tanneries artisanales, qui verra construire la route et une station-service là où des guinguettes rassemblaient les habitants le dimanche, mirages d’un tourisme naissant. C’est aussi la Deuxième guerre mondiale, qui déportera la communauté juive installée depuis 2000ans, les bombes allemandes qui auront raison de la gentillesse d’Angheliki…

Dans le second opus, Le Testament du Professeur, Hadzis campe un  autre versant de la société : les notables avec leurs ragots, leurs manœuvres partisanes, la corruption également. la satire est acide mais aussi très drôle. Cette longue nouvelle de 75p peut aussi se lire comme un thriller. Que trouvera-t-on dans le le testament?

La série se termine sur un épisode tragique : Margarita Perdikari, très jeune institutrice fusillée par les Allemands. Comment cette fille de bonne famille est-elle devenue communiste? et surtout qui l’a donnée aux Allemands. La fin est tragique mais toute la nouvelle est d’une grande tristesse;

J’ai enfin trouvé les Moghols! (lectures)

SAISON INDIENNE

mausolée d'Akbar

Pour préparer notre voyage à Delhi, Agra et le Rajasthan j’ai abordé mes recherches bibliographiques dans le plus grand désordre. Je n’imaginais pas la richesse de la documentation, ni sa variété. Le mot-clé « Inde » n’était pas opérationnel. J’ai donc découvert une littérature indienne foisonnante, des essais, des relations de voyage….

En visitant  plusieurs « Forts Rouges » et les palais du Rajasthan, je me suis rendue compte que j’aurais mieux fait de me documenter plus sur les Moghols.

La meilleure introduction, ce n’est pas un livre mais le film Jodhâa et Akbar qui m’a fourni des personnages en chair et en os pour peupler ces grands forts et palais.

Le Diamant des Moghols d’Alex Rutherford (Pygmalion)  raconte la vie de Babur, (1483-1530) premier Moghol qui a conquis l’Hindoustan venant de Ferghana (Ouzbékistan), arrière-petit-fils de Timur (Tamerlan) qui lui-même prit Delhi en 1398.

Ce roman historique fait la place belle aux faits d’armes et aux intrigues. Le long siège de Samarcande a commencé de me lasser, les combats contre les tribus hostiles ouzbèkes m’ont fait abandonner la lecture, avant même que Babur n’entre en Inde.

J’aurais préféré lire quelques extraits du journal de Babur, lettré qui rédigea sont autobiographie.

 

Le Songe du Taj Mahal de Christian Petit (Fayard)

C’est aussi un roman historique, mais plus aimable, dse déroulant à la cour de Jahangir

Janhangir

(1605-1627) à qui succéda Shah Jahan. Le héros de l’histoire est un joailler de Bordeaux entraîné dans des aventures rocambolesques à Londres où il doit livrer un collier merveilleux au roi Jacques 1er . Sauvé par un magicien indien Birbal qui devient son ami il le suit jusqu’à Agra, alors capitale de l’empire Moghol où il devient ingénieur des arts du Grand Moghol. Intrigues de cour, histoires d’amour courtisanes ou princesses.

 

 

L’histoire se poursuit pendant le règne de Shah Jahan et on y voit mourir Mumtaz et construire le Taj Mahal.

L’histoire d’Augustin Hiriart de Bordeaux est une très agréable et facile lecture, roman d’aventure et roman d’amour, je me suis laissé prendre même si le roman historique n’a pas la saveur des relations des voyageurs de l’époque.

Les Voyages en Orient du Baron d’Aubonne (1605-1689) de Jean-Baptiste Tavernier

Cette relation de voyage est un texte qui a toute la saveur de l’original. Merveilleux observateur Tavernier raconte la vie en Perse et en Indes en textes courts et très vivants. Le Moghol est alors Aurengzeb peut être moins prestigieux que ses prédécesseurs puisqu’il n’a pas laissé de mausolées comme les autres grands Moghols.

Taj Mahal


 

Sainte Anne de Léonard de Vinci – Exposition au Louvre, une leçon de peinture

affiche

Le Louvre nous convie à une véritable leçon de peinture. La Sainte Anne de Vinci, on la connaît, on la reconnaît, on la redécouvre nettoyée de tout ce vernis jauni qui obscurcissait ses couleurs. La restauration, à elle seule est un évènement.

L’exposition est une vrai leçon de peinture. De carton en dessin, l’œuvre prend corps, se transforme, les personnages trouvent leur disposition définitive en diagonale, Jean Baptiste est remplacé par un agneau. Les coiffures s’adaptent à la mode qui a changé pendant les 20 années que le tableau est en gestation. On admire la finesse des dessins de Leonardo. les premiers, j’ai eu du mal à les déchiffrer avec l’acharnement à chercher le bon tracé, les traits se chevauchent. Où est l’enfant? Où est donc l’agneau? Pourquoi 3 têtes féminines sur cette esquisse puisque seules Anne et Marie doivent figurer?

le carton de Londres

Et le regard s’aiguise, en recherche, à comparer trois, quatre études du visage de Sainte Anne, toujours le même visage si doux. qu’a-t-il voulu changer là? La coiffure? Le drapé du manteau?

La peinture, à la Renaissance était histoire d’atelier. Quelle est la part du maître? Qu’a ajouté le copiste?  Quelle étape de la recherche de Leonardo l’élève a-t-il utilisé? Pourquoi, sur certains tableaux le groupe se détache-t-il tellement du décor qu’il paraît rapporté?

Jubilation de pouvoir entrer dans le secret d’une œuvre!

J’aimerais  être capable d’une telle analyse dans un musée. j’ai encore bine besoin d’être conduite.

J’ai consacré tant d’attention, de concentration, à Sainte Anne que je visite distraitement l’exposition, consacrée à Arles et aux découvertes archéologiques dans le Rhône. Cette expo mérite mieux qu’un regard blasé. Elle est vraiment très belle. Il faudra que je trouve un moment pour retourner voir ces Romains, ce Gaulois blessé, ces dauphins et cette Victoire dorée.

Promenade avec les dieux de l’Inde – Catherine Clément

SAISON INDIENNE

Promenade avec les dieux de l’Inde est l’adaptation d’une série d’émissions diffusées sur France Culture, annonce le 4ème de couverture. L’auteur adopte ici le ton de la conteuse pour aborder les mythes hindous et les grandes épopées que sont le Râmâyana et le Mahâbhârata, entre autres. Courts chapitres, ton alerte souvent ironique, où la spécialiste de la psychanalyse nous régale de symboles, d’allusions rigolotes.

Une de mes découvertes (et il y en a beaucoup) est celle de Ganga, déesse du Gange, décrite  non pas comme majestueuse mais comme une fillette capricieuse

p 58  « Regardons la tête de Shiva. Il a au sommet du crâne le chignon que portent les ascètes, une sorte de boucle qui ressemble à la coiffure de Simone Signoret dans Casque d’or/ Et dans ce chignon roulé apparaissent le croissant de lune jailli de  la mer de lait, et une toute petite tête de femme mignonne, qui crache de l’eau.

Qui est cette jolie petite tête de femme crachant de l’eau? Eh bien c’est Ganga, la déesse du Gange. [….]

Elle vit dans les cieux. C’est une jeune déesse, peut être une fillette. Elle est insupportable. Elle habite peut être l’un des orteils de Vichnou […]seulement Ganga c' »est ne malicieuse « ah oui, dit-elle, je veux bien descendre, mais, je vous préviens, je vais inonder la Terre, je veux faire du dégât! »  […]

Voici donc Bhagirat perché sur une patte pour convaincre Shiva de se placer sous la voûte du ciel et d’attraper Ganga dans ses cheveux à l’instant où elle va sauter. Et Shiva se poste sous le ciel »

Bien sûr, Catherine Clément rend compte de la richesse et de la diversité des personnages des légendes. Dans son récit du Mahâbhârata, je me suis un peu perdue, malgré son souci de faire simple….Mais je ne m’en lasse pas, entre les bas-reliefs, d’Angkor, commentés par notre guide Prun, les explications d’Alexandra David Neel, et cette promenade charmante, j’en redemande!

 

Amal film de Richa Mehta (DVD) Inde/Canada

SAISON INDIENNE

Sometimes the poorest of men are the richest

Est le sous-titre de ce film.

 

 

 

Film Indien ou Canadien?

Indien puisque une bonne partie des dialogues est en Hindi, et que l’action se déroule à Delhi! Canadien par son format, son rythme et l’absence des ingrédients de Bollywood : chants et danse.

A bord du rickshaw d’Amal je vois mieux Delhi que du taxi de notre voyage. Amal accompagne les enfants riches à l’école chaque matin, il effectue toute les livraisons de la jolie épicière, et entre les clients réguliers charge des inconnus. Il passe dans les ruelles poussiéreuses et étroite du vieux Delhi et par les larges avenues de New Delhi. J’ai reconnu seulement India Gate. Amal est heureux et fier de conduire le rickshaw de son père qu’il gagera pourtant pour obtenir un prêt qui lui permettra de payer l’hôpital d’une petite fille accidentée sous les yeux.  Amal ne sait pas qu’il est passé à côté de la fortune. Il conduit à nouveau à bord d’un rickshaw retapé. A l’autre bout de l’échelle sociale, des riches se déchirent pour toucher l’héritage d’un vieil homme. Et le film va de l’extrême richesse à la grande pauvreté. A l’image de Delhi.

Et pourtant un autre changement menace : le métro!

22 ans pour construire le Taj Mahal – J-B Tavernier

VOYAGE EN ORIENT

Taj-Mahal

Avec Jean Baptiste Tavernier (1676) pour guide,

« Agra est à 27°31minutes de latitude dans un terroir sablonneux ce qui y cause en été d’extrêmes chaleurs. C’est la plus grande ville des Indes, et ci-devant la résidence des Rois. Les maisons des Grands sont belles et bien bâties ; mais celles des particuliers n’ont rien de beau, non plus que dans toutes les autres villes des Indes. Elles ont écartées les unes des autres et cachées par la hauteur des murailles de peur qu’on ne voie les femmes ; et ainsi il est aisé de s’imaginer que toutes ces villes n’ont rien de riant comme nos villes d’Europe. Il faut ajouter à cela qu’Agra étant environnée de sables, les chaleurs en été y sont excessives ; et c’est en partie ce qui obligea Cha-Gehan de n’y faire plus sa résidence ordinaire et de tenir sa cour à Gehanabad.[….]

par une alvéole des claustras de marbre

De toutes les sépultures qu’ont voit à Agra, celle de la femme de Cha-Gehan est la plus superbe. il la fit faire exprès proche du Tamisacan où aborde tous les étrangers, afin que tout le monde la vît et admirât sa magnificence. le Tamisacan est un grand bazar [….]La sépulture de cette Bégum ou Sultane Reine est au Levant de la ville, le long de la rivière, dans une grande place fermée de murailles, sur lesquelles règne une petite galerie comme sur les murailles de plusieurs villes d’Europe. Cette place est une manière de jardin faite par compartiments comme nos parterres ; mais au lieu que  nous y mettons du sable, ce n’est là que du marbre blanc et noir. On entre dans cette place par un grand portail, et d’abord on voit à main gauche une belle galerie qui regarde la Mecque, ou il y a trois ou quatre niches où le Mufti se vient rendre aux heures accoutumées pour faire la prière.

maison d'hôtes près de la rivière

Un peu plus avant que le milieu de la place du côté de l’eau, on voit élevées l’une sur l’autre trois grande plate-formes, avec quatre tours aux quatre cois de chacune, et l’escalier du dedans pour crier à l’heure de la prière. Il y a au-dessus un dôme qui n’est guère moins superbe que celui du Val-de-Grâce à Paris. Il est revêtu dedans et dehors de marbre blanc, le milieu étant de brique. Sous ce dôme il y a un tombeau vide, car la Bégum est enterrée sous une voûte qui est au-dessous de la première plate-forme. Les mêmes changement qui se font au bas dans ce lieu souterrain se font en haut autour du tombeau ; car de temps en temps on change de tapis, de chandeliers et d’autres ornements de cette nature et il y a toujours quelques Mollahs pour prier. J’ai vu commencer et achever ce grand ouvrage auquel on a employé vingt-deux ans et vingt mille hommes qui travaillaient incessamment, ce qui peut faire juger que la dépense en a été excessive. On tient que les seuls échafaudages ont plus coûté que l’ouvrage entier, parce que manquant de bois, on a été contraint de les faire de brique, de même que les cintres des voûtes, ce qui a demandé un grand travail et de grand frais. Cha-Gehan avait commencé de fa&ire sa sépulture de l’autre côté de la rivière ; mais la guerre qu’il eut avec ses fils rompit ce dessin, et Aureng-zeb qui règne présentement ne s’est pas soucié de l’achever. Un  eunuque qui commande deux mille hommes est commis par la garde, tant de la sépulture de la Bégum que du Tamisacan dont elle est proche….. »

Nous n’avons pas vu le Tamisacan, non plus les tapis et les chandeliers…