La Terre outragée film de Michale Boganim

TOILES NOMADES

25 avril 1986, la veille

Un an après Fukushima, 25 après Tchernobyl…

Je suis entrée dans le cinéma animée d’une curiosité ressemblant à celle des visiteurs de la Zone touristes de catastrophe dans une excursion organisée, avec Anya pour guide.

Non, ce film n’est pas un documentaire sur l’accident nucléaire, c’est une fiction. Non pas d’images des liquidateurs, ni du sarcophage, pas d’explication scientifique, pas les monstruosité attendues. Pas non plus, ma secrète attente, de nature livrée à elle-même, une fois les hommes évacués.

Pas un film-catastrophe non plus. La catastrophe est à peine visible. Les gens ne la devine même pas.Les lueurs irradiant la centrale semblent une magnifique aurore boréale. La pluie noire dégouline sur le gâteau du mariage, personne ne semble la voir. Non plus que les poissons morts ou les feuilles rougies.

C’est une fiction avec des personnages. 1986 une histoire d’amour, un mariage,  une histoire de famille, un enfant plante un pommier, journée de détente, un père et son fils. Image d’un certain bonheur soviétique dans la ville « privilégiée » qu’était Prypiat. Une évacuation vite-faite. 10 ans plus tard. Anya n’a toujours pas fait son deuil de Piotr, son mari parti « éteindre un feu » le jour du mariage. Elle hésite entre l’exil avec son fiancé français et l’attachement à la Zone. Exil impossible.

Double vie. Les radiations imposent des allers-retours de Prypiat contaminée à la ville la plus proche qui ne l’est pas. Aller-retours entre la vie ordinaire et la ville vitrifiée où tous les souvenirs restent comme fossilisés. Ville morte? Voire. Des gens travaillent au sarcophage, d’autres n’ont seulement pas voulu abandonner la terre. Une petite fille erre insouciante.Des survivants offrent un repas aux morts, les liquidateurs. Séquence poignante. Valery, l’enfant qui avait planté le pommier recherche son père. Impossible deuil encore.

Anya, personnifie cette vie impossible dans la Zone et l’exil impossible aussi.

 

 

 

 

Voyage de Ludovico di Varthema en Arabie & aux Indes orientales(1503-1508)

VOYAGE EN ORIENT

Plaisir de la Découverte!

Découverte de l’Arabie, Arabie pierreuse et Arabie Heureuse, voyage en Perse, Indes et jusque aux Moluques (?) pour cet Italien aventureux.

itinéraire de Varthema

Pour moi, découverte de carnets de voyages, vieux de cinq siècles, roué ou naïf? en tous cas toujours curieux et émerveillé.

Découverte aussi : la COLLECTION MAGELLANE (Chandeigne).

Bel objet! une couverture cartonnée solide, du joli papier et une impression soignée et même des illustrations d’époques (gravures allemandes). Le plus important : avant propos et préface , indispensable pour ce genre d’ouvrage, et un corpus impressionnant de notes et une riche bibliographie d’une centaine de titres. C’est du sérieux!

Plaisir de la lecture!

 

Le style est vif, la lecture aisée. Cet ouvrage fut, à sa parution en 1510, un bestseller, traduit dans toutes les langues européennes réédité plusieurs fois. On ne s’ennuie jamais. On peut aussi imaginer un jeu d’allers-retours vers les notes (il faut alors un autre marque-pages), je cherche à deviner ce qui se cache sous un mot  exotique, une barque, un fruit, un souverain…

Un  autre jeu s’impose: Varthema est-il simple observateur ou vantard? Dès la préface, les historiens font état de doutes quand à la véracité de ses dires. Est-il vraiment allé en Perse ou rapporte-t-il les dires de son compagnon? Le périple jusqu’aux Moluques semble impossible dans les temps que l’auteur évoque. Quels seront les détails qui invalideront ce récit?

Le personnage est un peu mystérieux, il ne dévoile que très peu ses origines, voyageant sans cesse travesti. Pour explorer l’Arabie, il est engagé comme mamelouk dans un corps protégeant la caravane de pèlerins allant à Medine et à la Mecque. S’est-il vraiment converti à l’Islam? A Aden, il est fait prisonnier pour avoir été incapable de réciter au sultan la profession de foi musulmane, la femme du sultan s’éprend de lui et lui fait obtenir sa liberté. Vérité ou vantardise? Il décrit en détail l’Arabie Heureuse, s’associe à un marchand persan, sa description de la Perse est très floue.

En revanche il est très prolixe en ce qui concerne l’Inde et surtout Calicut (à ne pas confondre avec Calcutta). Je me régale à ses récits des coutumes, son rapport sur les éléphants est très amusant et réaliste (beaucoup plus que les licornes de la Mecque) .Bon observateur, il décrit les fruits exotiques, mangues et durions. parfois il invente aussi…

poivre

.

En compagnie du marchand il donne de nombreux détails sur le commerce des pierres précieuses, des soieries, et surtout des épices et des parfums. Il n’est peut être pas allé en Extrême Orient aussi loin qu’il le prétend, en revanche, ses rapports sur le santal, le benjoint et les différentes variétés de poivre, de cannelle m’ont passionnée.

Le retour en Europe est aussi une aventure. Le Portugais ont entrepris une véritable entreprise de colonisation s’alliant avec certains souverains indiens, guerroyant contre d’autres. Varthéma, appelé Yunus, est sous l’identité d’un marchand musulman. Rejoindre les vaisseaux Portugais sans être inquiété en pleine guerre  a nécessité toute une stratégie. Le récit de bataille navale est aussi amusant.

J’ai déjà sur le haut de ma pile  Les voyages en Orient du Baron d’Aubonne 1605-1689,  de Jean-Baptiste Tavernier,j’espère en  tirer autant de plaisir à la lecture et comparer à un siècle et demi d’écart!

38 témoins – Lucas Belvaux

Dans la bande-annonce tout est dit.

De l’enquête, du meurtrier, nous ne saurons rien.

La lâcheté, au contraire, qui a poussé les voisins à nier avoir entendu les cris stridents de la victime, qui a empêché tout un  quartier à porter secours à la jeune fille alors qu’il était encore temps, la culpabilité seront le sujet du film.

Crevant l’écran de sa présence, Nicole Garcia campe la journaliste tenace par qui le scandale éclatera. Yvan Attal  accablé, est moins convainquant.

La vraie vedette du film est la ville  du Havre (encore après la Fée, et Le Havre  de Kaurismäki ), son port où les énormes porte-containers arrivent guidés par Piere (Yvan Attal),  pilote chevronné. Sa profession en fait un témoin crédible : quant on manœuvre de tels bateaux on n’a pas besoin de raconter des salades pour se sentir exister, remarque le juge d’instruction

. Les portiques qui déchargent les énormes boîtes, les empile, les alignent répondent au souci d’ordre, de rectitude, comme les arcades de béton du quartier d’Auguste Perret : rectilignes, balcons largement ouverts sur la rue, sobriété et ordre. Démesure de la cathédrale bétonnée. Je redécouvre cette architecture qui m’a longtemps laissée indifférente.

 

 

TerraFerma – film de Emmanuele Crialese

Le film s’ouvre sur le bleu ultramarin des profondeurs, des filets de pêche, qu’on peut aussi imaginer comme des nasses ou des pièges. Aux commandes Ernesto, à la figure de Poséidon. Une procession de veuves siciliennes portant des bouquets blancs et suivant le curé vers la mer, cérémonie au mari de Giuletta, disparu en mer, fils d’Ernesto, et père de Filippo. Images de Linosa, l’île  aux 3 volcans au large de la Sicile. Cartes postales?

On pense à Respiro qui se déroulait sur Lampedusa, la blanche, que Crialese a si bien filmée . Filippo a grandi, il a un autre scooter, mais toujours son air étonné. A Linosa, comme à Lampedusa, la vie est étouffante pour les femmes. Giuletta ne pense qu’à partir pour inventer un avenir.

L’afflux des migrants arrivés en bateau, de Libye ou de Tunisie pose aux pêcheurs un problème de conscience : la loi, millénaire qu’ils ont toujours suivie est celle de la mer où un pêcheur ne laissera jamais se noyer un homme quand il peut le sauver. La loi italienne punit ceux qui prêtent la main aux migrants. mais la pêche est condamnée : Ernesto gagnerait à détruire son bateau plutôt qu’à le réparer. Le poisson se fait rare et les pêcheurs se comptent sur les doigts de la main. La jeune génération compte sur le tourisme et redoute l’arrivée des Africains.

Filippo, hésite entre la morale de son  grand père qui a sauvé des clandestins, et l’attrait du tourisme et le sourire de la blonde Maura. Escapade insouciante, pétard et bain de minuit troublé par l’arrivée de naufragés qui plongent d’un zodiac.

 

Amos Oz plaide des Etats Unis pour une solution à 2 états,

LA PAIX MAINTENANT

Amos Oz est un des mes écrivains favoris.

Que résonne une voix raisonnable, laïque, politique et même drôle dans le charivari des fanatismes religieux qui brouillent toute raison au Moyen Orient! Que les « Croisades contre le Mal » bushiennes ne laissent pas de trace dans la campagne américaine.

A la place de la lutte du Bien contre le Mal, with God on our side, Amos Oz met en scène  une tragédie du Droit contre le Droit, et espère une fin « Tchékovienne » plutôt que « Shakespearienne » à la tragédie israélo-palestinienne.

Désolée, c’est en Anglais, mais pour ceux qu’un discours en Anglais intimide, l’accent israélien facilite la compréhension et ce n’est pas très difficile à suivre

Devdas – Sanjay Leela Bhansali -(DVD) Bollywoodissime!

SAISON INDIENNE

jaquette du DVD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présenté à Cannes en 2003, adaptation d’un roman célèbre, film-culte indien….

Je m’attendais à passer une excellente soirée, et pourtant après 2heures (les films indiens sont plus longs que les occidentaux), j’ai éteint le poste de colère.

Devdas est une tête à claques!

Enfant gâté, fils à maman,   aristocrate sans caractère, fils de propriétaire méprisant sa charmante amie d’enfance, Paro, de caste est inférieure, macho insupportable insultant la belle Chandramukhi, la traitant de prostituée avec mépris, arrivant ivre aux funérailles de son père, trainant des regards langoureux. Quel détestable amoureux! Et on voudrait croire à la passion? A d’autres!

La collègue qui m’avait prêté le DVD m’a demandé : mais as-tu vu la fin?

J’ai remis le film dans le lecteur : fin très morale, Devddas s’enfonçant dans l’éthylisme et l’abjection….

la jolie Paro et sa lampe

 

 

 

 

 

 

 

Un héros détestable ne fait pas forcément un mauvais film!

Les décors sont flamboyants, scintillants, dignes des plus beaux palais des maharajahs! Les scènes de danses et la musique sont extraordinaires. Parallèles entre la mythologie et l’histoire : c’est la passion de Krishna et de Rhada qui est évoquée.

Chandramukhi danse Rhada et Krishna

La danse de Chandramukhi est un véritable chef d’oeuvre (à mon sens, je ne suis cependant pas spécialiste)

L’Equilibre du Monde

SAISON INDIENNE

J’aime m’immerger dans un roman-fleuve, 900 pages presque, pendant une semaine fréquenter assidument les personnages, les retrouver après la journée de travail, ou le matin.

Je me suis attachée aux tailleurs, Ishvar et Omprakash, son neveu. Le père d’Ishvar et de son frère Narayan, a eu l’audace de sortir du destin de sa caste, des cordonniers intouchables, pour mettre ses fils en apprentissage chez un tailleur musulman. On ne quitte pas sa caste impunément. Même dans l’Inde démocratique, on ne réclame pas son droit de vote sans mettre sa vie en danger.Le roman nous conduit dans un village où ces coutumes sont encore vivaces.

Si le système des castes est encore vivace dans les années 70, un autre phénomène va menacer les tailleurs : l’arrivée du prêt-à-porter qui ruine les artisans et pousse Ishvar et Om vers la grand ville, Bombay, à la recherche d’un avenir meilleur.

Deux Parsis, plus favorisés, vont croiser leur destinée. Dina Dalal, veuve courageuse, a préféré un mariage d’amour et son indépendance à l’avenir que lui offrait son frère, un mariage arrangé avec un homme d’affaires. La vie n’est pas facile pour les femmes seules et Dina Dalal se retrouve ruinée et déclassée avec pour seule richesse un appartement bien situé en location et ses talents de couturière à domicile, et quelques relations. Elle va saisir l’occasion du prêt à porter pour transformer son appartement en atelier de couture et prendre un locataire : l’étudiant Maneck, également parsi  et d’origine bourgeoise. L’épicerie de son père dans les montagnes enneigées n’est plus source de richesse comme aux générations précédentes. La spécialité familiale, une limonade artisanale : le Coca Kohla(le nom de famille de Maneck est Kohla) subit la concurrence des sodas industriels. Il part donc en ville étudier la climatisation, métier d’avenir. C’est une coïncidence : je venais de fermer le livre qu’à la télévision, on annonçait que, après le Kerala, le Rajasthan, assignait Coca-Cola en justice pour utilisation abusive de l’eau.( leMonde du 03052011)

Les quatre personnages se lieront après de nombreuses péripéties, découvriront la solidarité symbolisée par le couvre-lit en patchwork que Dina confectionne avec les chutes de tissu.

La richesse du roman est la variété des personnages, issus de milieux sociaux, de religions différentes: on croise des hindous mais aussi une famille musulmane, des parsis un chauffeur de taxi sikh, des personnages aux professions improbables comme des mendiants, des facilitateurs auprès des autorités, des policiers véreux, des médecins du Planning Familial, un crieur de slogans politiques, ancien correcteur d’imprimerie, nouveau juriste….

Si les prémisses du romans se situent du temps de Gandhi et de la Partition, l’essentiel de l’action se déroule sur une année 1976 qui est celle de l’État d’Urgence décrété par Indira Gandhi, alors premier Ministre. La violence d’État est inimaginable, destruction des bidonvilles, arrestations arbitraires, stérilisations forcées, corruption à tous les niveaux de l’Etat.

Les deux tailleurs seront les victimes de cette violence. Maneck et Dina, d’origine bourgeoise, s’en sortiront mieux.

 

 

Delhi : tombe d’Humayun

CARNET INDIEN

Tombe d'Humayun

9h, un autre chauffeur d’Holiday India  nous conduit par les larges avenues de New Delhi à la tombe de Humayun, le premier Moghol à être enterré en Inde. Babur fut ramené à Kaboul. Comme la tombe d’Akbar à Sikandra, le mausolée se trouve à l’écart de la ville dans de très beaux jardins ; les jardins sont la figuration terrestre du Paradis. Comme au Taj Mahal, construit pour l’amour de Mumtaz, ici la veuve  offre au repos d’ Humayun un monument dans un jardin irrigué de petits canaux d’eau courante. Humayun n’est pas seul dans son cénotaphe. Le parc contient plusieurs pavillons et de nombreux tombeaux. Deux dômes sont vernissés de bleu, rappelant l’Asie Centrale. Le site est en rénovation par la Fondation de l’Agha Khan. Certains pavillons sont cachés par des palissades.

Humayun : mausolée

Trois couleurs : le grès rouge, le marbre et un grès jaune. Les motifs décoratifs sont simples. Etoiles de David? boutons vernissés sur les façades, découpes dans les coupoles, colonnettes de grès rouges finement taillées et claustras de marbre. Les pierres tombales sont très simples : blanches avec des inscriptions en arabe (persan ?) . De grands arbres portent de grosses fleurs rouges dont les étamines forment une brosse rigide. Nous avons vu les mêmes à Assouan.

La promenade est tranquille. Il fait frais.. Les touristes sont peu nombreux. On photographie une petite fille craquante dans une jolie robe jaune vif à volants. Son papa est très fier. Il veut se faire photographier avec nous. Ce sont des provinciaux venus en vacance visiter Delhi. Ils veulent rapporter des souvenirs. Rencontrer des touristes étrangères fait partie des charmes de leur voyage.

Retour à Delhi – promenade en touktouk à Old Delhi

CARNET INDIEN

vol Udaipur/Delhi : arrivée sur Delhi

6 heures, encore la nuit noire, la voix du muezzin. Son appel sonne étrange. Je ne reconnais pas toutes les paroles. Chante-t-il en arabe, en ourdou ?ce premier appel du matin m’émeut toujours.

7heures : je me perche sur la banquette de la niche cachée par les épais double-rideaux, je me niche dans les coussins pour dessiner. Le soleil perce dans le creux d’une crête puis s’élève lentement ; le spectacle est magnifique mais il perturbe mon dessin ; le crêtes s’embrument et perdent leur netteté ; les immeubles de la ville deviennent très sombres à contre-jour, les reflets brouillent le lac Swaroop.

Le petit déjeuner est à la hauteur du décor : choix de plats indiens, jus de fruit, papayes.

En attendant le départ, je fais les derniers croquis sur la terrasse. En quinze jours, l’été s’est installé. La terrasse est une fournaise à 9h30.

Le petit aéroport d’Udaipur est vide. L’avion d’Air India arrive de Bombay au ¾ plein. 30 minutes de vol et escales à Jodhpur dans le grand aéroport voulu par le maharadja Umaid. 477km et 42 minutes entre Jodhpur et Delhi. Avant Delhi, le paysage reverdit.

A la sortie de l’aéroport, personne ne nous attend. Un homme me prête son téléphone cellulaire pour que j’appelle Kamlesh. Curieusement, lorsque quelque chose ne va pas,  son téléphone est brouillé par de la friture et je ne comprends rien.  Nous poireautons déjà depuis plus d’une heure, découragées, lorsqu’une sorte de diablotin noir saisit nos valises et court jusqu’à un taxi. C’est sa chevelure hérissée qui lui donne cet air diabolique. Il parle bien anglais et il est très vif et jovial. Tout le long du trajet, il nous fait la conversation :

–          « Comment ! vous avez raté Jailsamer, la ville jaune ! ». Jailsamer semble être sa ville préférée.

Il se préoccupe de notre opinion sur l’Inde, les autres villes. Comme nous aurions aimé avoir un tel chauffeur !

le singe géant Hanuman de Karol Bagh photo de Fabien

merci à Fabien

Nous retrouvons avec plaisir l’Aster Inn. Revenir dans un hôtel connu, retrouver le personnel qui se souvient de nous a toujours quelque chose de chaleureux.

le touktouk et son compteur

Trop tard pour le tourisme, mais trop tôt pour s’enfermer dans la chambre ! nous prenons un touktouk pour Old Delhi . Un des garçons nous accompagne à la station des touktouks et négocie pour nous 120 roupies.  Le touktouk emprunte un parcours différent de celui du taxi qui passait toujours par Connaught Circle. Devant les portes de la Vieille ville nous sommes pris dans un embouteillage monstrueux : touktouks vert et jaune, sont carrosserie à carrosserie, on pourrait toucher les clients du touktouk voisin. Des voitures à bras nous dépassent. Un cycliste livrant des piles de tissus a mis pied à terre. De la mosquée toue proche on entend le muezzin. Un cheval trottine. Nous passons devant le Fort rouge, nouvel arrêt devant l’Hôpital des Oiseaux. Le chauffeur du touktouk ne sait pas où nous décharger ; nous non plus ! Il s’arrête devant la gare où il trouvera d’autres clients.

Karol Bagh et la statue géante d'Hanuman

Il fait maintenant nuit noire. La Gare de Delhi est un exemple d’architecture victorienne. L’occident s’arrête là. L’urbanité aussi. On se croirait dans une peinture de l’Enfer ; Une foule compacte se presse chargée souvent de ballots. Les marchands ambulants occupent le trottoir. Sur les charrettes, de gros blocs de dattes séchées agglomérées, des tours à clairevoie de fruits confits, les gros blocs blancs de watermelon sont empilés, montagne de graines. La foule vaque à ses occupations sans se soucier de nous. Mais nous, que venons nous faire nous ici ? Nous cherchons un  autre touktouk pour rentrer à l’hôtel. Je tends la carte d’Aster Inn à plusieurs chauffeurs qui refusent. Le dernier considère le carton avec perplexité. Presbytie ou illettrisme ? Il la regarde de très loin dans le noir. Je lui donne deux indices Karol Bagh, la station de métro et la statue géante d’Hanuman. C’est la statue qui le décide. Ce sera 100 roupies, compteur bloqué. Il part dans le noir dans la foule et fait demi-tour, nous nous retrouvons au point de départ devant la gare. Pourquoi ce détour ? A-t-il compris ? Je commence à douter. Nous nous enfonçons dans le Bazar Azad dans une rue spécialisée dans les couvertures et ls bâches. Pas un touriste. Aucun repère. Il emprunte des ruelles ; A un carrefour, On lit »Karol Bagh », nous voila rassurées et reprenons confiance. Le touktouk cale à chaque feu de circulation et même en plein  carrefour.  Nous ne sommes passés ni au Fort rouge, ni à Connaught circle. En revanche je reconnais bien l’hôtel Alaska tout proche d’Aster Inn. Nous sommes arrivées. Derrière nous, le singe géant. Le chauffeur a pris des raccourcis et a mis deux fois moins de temps que le précédent. J’en suis pour ma frayeur. Devant la réception de l’hôtel, je sors 20 roupies supplémentaires qu’il refuse avant d’accepter.

Lire ICI un article intéressant

Udaipur : promenade tranquille à pied

CARNET INDIEN

le Palais-Hôtel du Lac Picchola

Nous renonçons à la promenade en bateau sur le lac Pichola (500 roupies/1 heure et par personne c’est vraiment cher). Nous avons photographié le beau palais-hôtel, situé sur une île, des fenêtres du City Palace.

Je préfère profiter de la piscine.

A 5h je pars à pied explorer les quartiers proches du lac Swaroop dont le bord est garni de meurtrières en ciment rouges. Udaipur a prévu des poubelles(c’est la première fois que je remarque les containers depuis notre arrivée en Inde); Au sol,  il y a toujours des ordures par terre qui font la joie des animaux.  Une famille-cochons dispute ce qui est comestible à une famille-chiens. La truie avec ses mamelles gonflées donne un coup de museau à un chiot trop entreprenant.

Je passe un pont sur la rivière où des femmes font la lessive sur les marches d’un ghat. Courbées elles frottent puis essorent et étalent les tissus colorés. A Udaipur, deux couleurs sont très portées par les femmes :rose fuchsia et  rouge vif. Le guide nous a fait remarquer que les saris du Rajasthan sont plus courts que dans le reste de l’Inde.

Sur les bords du lac Swaroop

La ville est très tranquille, sauf les motos qui déboulent absolument n’importe où de droite comme de gauche dans mes pieds. L’une d’elle m’a donné une belle frayeur. Des enfants m’appellent, ce n’est ni pour mendier ni pour m’embêter, seulement pour le plaisir de dire bonjour. Les maisons sont à flanc de collines des ruelles très étroites grimpent. La rue principale mène à une place un peu plus touristique avec trois boutiques de textiles qui vendent des jupes imprimées d’éléphants (j’en ai eu une dans les années 70 et achetée en 1997 en Thaïlande), des sarwals aux couleurs criardes. Un groupe de touristes francophones du 3ème âge stationne, perplexe, devant ces boutiques ; les cordonniers ont des marchandises beaucoup plus alléchantes : sandales multicolores avec des fils colorés et des perles qui ne sont pas spécialement destinées aux touristes. Je remonte une rue qui conduit à la mosquée. On y vend des tuyaux, des bassines, des chaînes, des cantines en fer blanc, des instruments de musique, du matériel de construction. Rien qui puisse m’intéresser. On me laisse donc passer bien tranquillement.

Une promenade bordée de guérites en marbre blanc, sur le bord du lac Swaroop, se voit de nos fenêtres. Elle se trouve dans un jardin fleuri. Je la parcours à la tombée du jour .

coucher de soleil sur le lac Swaroop

Au dîner :

–          Reshmi Kabab : bouchées de poulet servi sous une décoration de barbe-à-papa caramel avec une coupelle de sauce verte à la menthe (colorant sûrement artificiel)

–          Mutton Sagwala : délicieuse purée d’épinards à l’ail avec plus d’os que de viande

–          Riz blanc

–          Masala tea