Versant oriental du Pélion : Tsangarada -Milopotamos- Lambinou

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

 

Tsangarada
Nous nous étions habituée à l’été avant l’heure. Ce matin, l’atmosphère est embrumée, le ciel voilé, la mer laiteuse. Nous bifurquons vers l’est une dizaine de km après Argalasti.

Une végétation florissante
La route traverse d’épaisses forêts de pins et d’autres résineux et s’élève en altitude. Le versant oriental du Pélion, baigné par la Mer Egée est couvert d’une végétation nouvelle. La garrigue plus touffue fait place aux arbres à feuilles caduques : châtaigniers de grande tailles, cerisiers, noyers et même dans les jardins des marronniers en fleurs exceptionnellement grandes et fournies. Au sol, fougères aigles et ronces font un épais tapis contrastant avec les rocailles et les épineux du versant occidental. Dans les jardins, les camélias, rhododendrons, hortensias et fuchsias sont florissants. Comme partout, les ravines sont le lieu de prédilection des platanes ainsi que les places des villages. Celui qui orne Tsangarada est exceptionnel : son tronc, ou plutôt ses troncs jumeaux, sont de la dimension d’un baobab. Ses branches latérales sont si lourdes qu’on a construit un pilier de pierres maçonnées pour l’étayer
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Maisons thessalio-macédoniennes

Les maisons à encorbellement de style thessalo-macédonien sont très caractéristiques de la région avec leur toit recouvert d’épaisses lauzes de schiste argenté. Les angles des pans sont soulignés de pierres horizontales. Les cheminées, les petites tours cylindriques sont coiffées d’une pointe. Le plan du bâtiment est compliqué avec son balcon en saillie et parfois la terrasse d’angle encadrée de deux balcons perpendiculaires, l’édifice forme alors un L. De la voiture ces constructions ont beaucoup d’allure. Mais quand on s’arrête , je suis un peu dépitée : ces maisons sont toutes neuves! Elles sont construites en série pour abriter des appartements à louer  et portent des noms anglais: « Jack’s home ». Dispersées dans les jardins fleuris, elles ont du charme mais l’ensemble est un peu artificiel.
On cherche, sans la trouver, la place du village avec son kafénéion. Le guide d’écotourisme propose une belle randonnée de Tsangarada à Doumchari, 2H3O de marche. Il est un peu tard. Le relief est très escarpé. Et si le sentier était mal tracé ? Et si c’était plus long que prévu ? Je n’ai même pas une carte.

La plage de Milopotamos

Milopotamos, carte postale, nous avait séduites. Sous le ciel gris, l’eau grise, nous sommes  déçues. Sur la photo, le sable blanc éblouissant ressortait sur la mer émeraude… Un petit canyon, occupé par un beau ruisseau bordé de magnifiques platanes, débouche dans une autre petite crique où s’élève  une chapelle avec un toit de lauzes, sa cloche à l’extérieur et un tapis de fleurettes roses.
Une  promenade pédestre  relie Milopotamos à la plage de Lambinou en suivant le chemin côtier. 5oom plus loin, des branchages bouchent le sentier, heureusement que D n’est pas partie m’attendre à Lambinou ! Pour le pique-nique, nous n’avons rien trouvé de frais, j’espérais acheter au moins un tyropita pour compléter la boîte de farcis.
Lambinou
Au dessus de Lambinou nous assistons à un curieux phénomène : le nuage remonte de la mer Egée tandis que le ciel paraît bleu. La plage de Lambinou est déserte, encaissée, rochers gris clair, sable blanc et mer turquoise. J’essaie de me baigner mais la mer Egée est plus froide que notre calme Golfe Pagasetique. Dominique a lu dans les guides que la côte orientale du Pélion est plus humide (la végétation renforce cette théorie). Sur notre côte, peut être fait il beau ?

Monastère de Paou

Après Argalasti, une route(ne figurant pas sur nos cartes) descend vers le monastère de Paou qu’on devine au loin à sa belle rangée de cyprès. C’est une imposante bâtisse grise. Les bâtiments en bon état sont disposés autour d’une cour soignée et décorée de grosses jarres (genre des pithoi crétois). J’entre timidement. Il n’y a personne. Au milieu de la cour, l’église byzantine, (dans le style des églises croates, plus haute que larges, à la place du  transept des églises latines deux hauts cylindres de pierre finement décorée avec une série de petites fenêtres découpées dans du marbre blanc avec des arcs en arabesque). Le porche est aussi délicatement sculpté avec des motifs de croix et d’aigles. A l’intérieur des chœurs enregistrés accueillent le visiteur. Nous pouvons à loisir détailler les fresques, qui redssemblent à des bandes dessinées.

Baignade
La journée se poursuit mieux qu’elle n’avait commencé. Le soleil brille. Nous trouvons une petite anse où sont tapies quelques maisons (domatia pour l’été). La petite plage de galets est vide. Nous nous installons à une extrémité sur des rochers et je me baigne comme en plein  été.

Pour terminer la journée  le coucher de soleil vu du balcon est somptueux. Il a plu quelques gouttes. Les nuages se colorent de rose, orange, violet. Les crêtes de Thessalie violettes sont beaucoup plus nettes que par beau temps

Pelion – Lafkos – village perché

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion


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nuages et pluie

Les prévisions météo sont mauvaises. Les nuages, dès le matin, n’annoncent rien de bon. La mer est brillante et verte. Nous devions retourner au petit port de Kottes. J’ai peur d’être déçue. Cet endroit était magique : une perfection de calme, d’harmonie et de couleurs. Sous une lumière défavorable, je crains de ternir cette image radieuse.

les courses au village de Milina


Nous nous levons sans empressement.

Pour retarder toute initiative, nous allons voir si l’on vend des langoustines sur le port. Elles sont très chères : 20€ le kilo. Le pêcheur veut écouler toute sa marchandise, il mélange grosses et petites crevettes, gambas et langoustines, pèse le tout : 800g. C’est beaucoup trop et surtout trop cher. Il nous fait un  prix 12€ au lieu de 16€. Nous lui laissons le sac, un peu gênées. Il faudra désormais éviter le kafenion où il se tient ! Difficile, il fait l’angle avec la rue commerçante où se trouvent le supermarché, les deux boucheries et le boulanger.


Nous prenons une petite rue de traverse et découvrons tout un quartier de Milina que  nous ne soupçonnions même pas : petites maisons, jardins soignés, orangers croulant sous les fruits…Je suis contente de voir que notre petit village n’est pas seulement une enfilade de tavernes sur le port.
Le boucher est bien aimable mais il ne parle pas du tout anglais. Devant nos mines perplexes, il a une idée « côtelettes ? » il rentre dans sa chambre froide et ressort avec des côtes porc premières ou échine. Avec des courgettes, nous aurons un repas équilibré !

le sentier de Lafkos à Milina
Sakis m’avait raconté à Athènes qu’il existait une promenade entre Milina et Lafkos.  De la station-service de Lafkos, gagner le square et descendre les marches sur la gauche.

Deux chapelles et un monastère

A la sortie du village, un écriteau promet deux chapelles et un monastère. En avant ! Les nuages se dissipent avec le vent. La lumière est agréable. La piste suit un chemin de crête dans le maquis fleuri de cistes roses mauves et jaunes, de bruyères très hautes presque arborescentes mêlées aux arbousiers et aux chênes verts. Nous passons devant les chapelles blanches au toit de lauzes, poursuivons la piste sur trois kilomètres sans voir le monastère. Un incendie a ravagé le maquis il y a quelques années. Des troncs calcinés d’oliviers sauvages, de genêts et de chênes verts se dressent, secs et gris entourés par des buissons de rejets partant de la souche. Comme nous redescendons sur le versant oriental, côté Egée apercevons des châtaigniers dispersés. Au retour, nous ratons la 2ème chapelle mais nous arrêtons à la première qui est vraiment très jolie, accompagnée d’un  chêne vert en fleurs avec son gros tronc renflé et son feuillage touffu rongé horizontalement par les troupeaux ; Comme l’église du monastère, elle est flanquée sur trois côtés d’absides demi-cylindriques coiffées de petits toits de lauzes. Ouvrant vers la mer, un porche moderne. La vue est magnifique. Les îles se découpent, comme vues d’avion, en contours tortueux et festonnés. Malheureusement je n’ai pas mon matériel de dessin.

Lafkos

A Lafkos, le « square » est indiqué par un  panneau « plateia ». C’est la place du village avec l’église (moderne, très laide) ses platanes et les kafénéios. Le coin gauche d’où part le sentier est en chantier. Les ouvriers sont très aimables, le plus vieux m’indique la direction tandis qu’un plus jeune m’emboîte le pas « provlima ! » : un gros trou, on répare l’adduction d’eau ou les égouts. Je trouve enfin un bon chemin dallé avec des marches soulignées par des  dalles redressées verticalement. Le suivre ne va pas de soi : il tortille entre les vieilles maisons ? Dans une ravine, il se perd dans l’herbe. Je me trompe de versant et arrive devant un tas de ronces. Demi-tour !

Dès qu’il quitte le village, le sentier muletier pavé est bien entretenu. On a coupé  les broussailles. Je me félicite d’avoir emporté mes bâtons de marche, la pente est raide et les vieilles pierres,  lisses et glissantes. Je dois marcher avec précaution pour ne pas me tordre les chevilles. Une chapelle blanche a été édifiée en face de la fontaine en pierre taillée. L’eau s’écoule dans une rigole de pierre. Je marche sur la gouttière sous les platanes. Milina est beaucoup plus étendu que je ne le pensais, je traverse des quartiers neufs inattendus. Le long de la vallée sèche sont plantés des noyers, dans les jardins des grenadiers en fleur, des orangers et des légumes. Je croise le pope, très grand, lunettes de soleil. Il a plus l’air d’un  play boy que d’un curé.

De son jardin sort la mère de Sakis qui me reconnaît tout de suite:
 «d’où viens-tu ? »
 « de Lafkos »

  Elle me fait signe de la suivre. Dans ses bras, des poireaux et des épinards. Nous montons au premier étage d’une maison de six appartements. Appartement modeste mais  une grande cheminée d’angle. Elle me fait asseoir m’offre à boire. La conversation languit un peu : je dis tout ce que je sais en Grec « je nage dans la mer » « l’eau de la piscine est plus chaude.. » Etc.…. Elle me montre ses épinards. Elle va faire des feuilletés pour ce soir, sort un  tupperware et le remplit de feuilles de vigne encore chaudes qui ont cuit dans la passoire de la cocotte minute et qui sentent très bon.

A la plage
Mais la mer est changeante. Le vent du nord ride la surface de l’eau plus froide aujourd’hui. Quand je nage contre le vent, mon visage est tout éclaboussé. Le premier tour dans l’eau a été bref. Ensuite je me suis aguerrie. A 16H30 nous plions bagages. Un écriteau « Bélian »  nous inspire. Nous suivons un ruban de ciment rainuré qui descend raide dans les oliviers. Je retiens mon souffle. Il faut faire confiance aux freins de la Hyundai.  Nous arrivons à des propriétés privées qui ont bouché la route en laissant un très petit espace pour faire demi-tour. Un étroit passage entre les grillages permet d’atteindre deux belles plages. L’accès étant très difficile elles doivent rester désertes !

La chapelle de Lafkos

Il souffle un vent glacial. Je suis recroquevillée pour dessiner. D me fait une commande : elle délimite le cadrage et les éléments du tableau : un pin parasol isolé, la vieille charrue rouillée, les îles, la montagne. Elle aimerait que je dessine aussi le coucher du soleil !

Nous rentrons justement pour 19H30, notre rendez vous quotidien sur le balcon. Mais le spectacle tourne court, les nuages ont envahi le ciel, il semble même qu’il pleut sur la Thessalie.

Fin du voyage, adieux et étape à Rafina

Pâques au Météores et une semaine au Pélion

Insomnie

En pleine nuit,je me réveille brusquement : il fallait reconfirmer le vol 72 heures à l’avance.La dame de l’agence m’avait  prévenue : “ne  ratez l’avion sinon vous  auriez le plus grand mal à rentrer ce week end.”

Adieu à la maison de marbre

Nous quittons notre belle maison de marbre sous les nuages. Les 40 marches qui mènent à la piscine sont en marbre blanc veiné de vert. La terrasse et le balcon, de marbre blanc avec un peu de gris. Celui de la maison est très fin, très salissant aussi, je me jette sur le balai à franges dès que je remarque une tache. La table de la salle à manger a aussi son plateau de marbre assorti. Le plus étonnant, c’est le lit : nous avons un lit en marbre très grand, très confortable, sauf quand on s’y cogne les orteils !

Dernier petit déjeuner sur le balcon. Je prends congé de la mésange, toujours aussi méfiante, qui ne rentre jamais directement dans le tuyau d’aération en PVC où elle a fait son nid. Elle attend, ses chenilles dans le bec, et s’élance quand je ne l’observe plus.
Athanasios et sa femme sont venus nous dire adieu. Je tends la boite des dolmades avec une petite lettre de remerciements en grec:
– « Qui a écrit ?” demande t elle
– «  c’est moi !” (J’ai recopié des phrases toutes faites du guide de conversation)
– «  elle est professeur ! » s’exclame Athanasios.
Heureux les  professeurs en Grèce où ils sont encore respectés et où la culture a encore du prestige !

En route jusqu’à Volos
A l’agence sur le port de Milina, j’essaie de joindre Olympic qui ne répond pas. On tentera à nouveau à Volos. La  petite route  tortille jusqu’à Volos. Là, nouvelle une visite à une agence de voyage.  La boîte vocale  ne veut pas noter ma reconfirmation. Cela commence à devenir inquiétant.


Autoroute
L’autoroute d’Athènes n’est pas terminée. Des tronçons entiers traversent des stations balnéaires. . Averses et éclaircies. On longe l’île d’Eubée, toute proche.
Spata
Nous passons à Spata à l’aéroport,  au guichet, tout se passe bien.

Nous ne voulons pas circuler dans Athènes avec la voiture. La dame de l’agence  avait suggéré de dormir à Rafina.

De l’aéroport nous essayons de suivre la côte, aboutissons dans des quartiers urbanisés et sur un front de mer occupé par des restaurants et des guinguettes pour les Athéniens. Jamais un touriste ne vient ici. Les Athéniens mangent puis rentrent chez eux. Personne ne connaît d’hôtel, encore moins de domatia à louer.

Enfin, après des heures à tourner nous trouvons enfin  à Rafina  le port d’où partent les ferries pour les îles. Sur une jolie place carrée, un hôtel moderne avec une chambre propre claire sur un balcon qui donne sur la place et plus loin sur le port.


A la réception, une dame  nous accueille en français, elle est suisse et loge ici.et donne un coup de main au patron en saison. Elle nous prête son réveil pour demain matin.


Sur le port  nous admirons les poissonneries (si nous en avions vues de pareilles quand nous avions une cuisine !).

Je mange ans la rue mes derniers souvlakis et apporte à Dominique des feuilletés.Dernière soirée en Grèce devant la télé. Il ne faut pas se coucher trop tard. L’avion décolle tôt !

Lire pour l’Afrique? Laurent GAUDE : La mort du roi Tsongor

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Hasard de nos voyages et de mes découvertes littéraires. J’ai rencontré Gaudé très récemment avec le Soleil des Scorta, à la suite de notre voyage dans les Pouilles.  Le premier livre  évoquant l’Afrique, un mois avant notre départ, est celui-ci.

Dans le Soleil des Scorta, le Gargano était précisément localisé, l’Afrique de la Mort du roi Tsongor est vague, sans doute imaginaire mais si poétique. Tragédie encore. L’auteur est un homme de théâtre, même dans un roman, on  lerperçoit. Le 4ème de couverture évoque la guerre de Troie, Thèbes livrée à la haine…Afrique de tragédie, cavaliers du déserts, maisons de terre, continent désert…J’ai dévoré récit.

Lire pour l’Afrique : Bruce Chatwin – Le vice-roi de Ouidah

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Bruce Chatwin est un véritable écrivain. Pas seulement un écrivain voyageur. D’ailleurs, son voyage au Bénin a été écourté pour cause de coup d’état.

Le Vice roi d’Ouidah est un vrai roman d’aventure historique. Chatwin s’inspire d’un personnage réel très ambigu, marchand d’esclaves ami du Roi d’Abomey. J’imaginais le personnage honni et je découvre sur la place du marché aux esclaves une plaque au nom de Chacha, surnom de  De Souza, que Chatwyn appelle Da Silva. Le livre nous transporte dans le sertao brésilien. Allers et retour entre le  Brésil  et le Bénin actuel. Métissages, la capitale du Bénin n’est elle pas Porto Novo et lees vieilles maisons coloniales ne sont-elles pas qualifiées de brésiliennes?

Terrible ambiguité du commerce des esclaves que souligne cet ouvrage passionnant.

mémoire de Paris: Robert BOBER : On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux

Livre –mémoire.

Mémoire de Paris ou plutôt d’un certain quartier juif autour de la République, délimité par la Rue Oberkampf, le Boulevard Saint Martin, Belleville, et Le père Lachaise. Quartier que je connaissais bien, où habitaient Noémie, Aviva, Tal, mes copines et copains du Mouvement, où leurs mère parlaient avec l’accent Yiddish qui berce la lecture de ces pages… Habituellement, je m’évade par la lecture, curieuse d’apprendre sur le monde et je laisse peu de place au retour sur les lieux de mon adolescence.

 Il faut bien dire que la promenade nostalgique est douce lorsqu’en plus elle se double des réminiscences cinéphiles : Jules et Jim, les  400 coups, Casque d’Or les  Frères Marx. Quelle scène géniale que ce retour du cinéma où la mère, après tant d’années raconte son histoire à son fils, écho de celle de Jules et Jim ! Le narrateur découvre à la suite les photos de famille…

Le jeune narrateur à la recherche de ses disparus, entre vieux journaux et cartes postales d’époque,  découvre une autre mémoire, plus ancienne tandis que se déroulent des évènements contemporains (pour lui) qui sont pour moi des marqueurs de mon histoire comme cette manifestation et les morts de Charonne, référence des militants un peu plus âgés que moi, dont je conserve un souvenir cinématographique dans le film de Diane Kurys.

Cinéma et mémoire s’entremêlent. Cherchant des décors d’époque pour Jules et Jim, l’ancien mono de colonie retrouve Bernard Appelbaum, et lui fait découvrir des bistros de Belleville où les maçons piémontais chantent la chanson des partisans italiens, et où il reste même des souvenirs de la Commune.

Le héros ira jusqu’à Berlin et sa quête se terminera à Auschwitz. Etape douloureuse mais obligée.

merci à Claudialucia  qui a écrit un très beau billet qui m’a donné envie de le lire, et qui a fait de ce livre, un livre-voyageur. Livre que j’ai attendu, désiré pendant l’attente, reçu par la poste avec joie…

Lire pour l’Afrique :Florent COUAO-ZOTTI : L’Homme dit fou et la mauvaise foi des hommes

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Uécrivain béninois ! Mais quel Bénin tragique et noir !

Les histoires se déroulent dans la nuit sans éclairage des quartiers fangeux de Cotonou.

Ce recueil de nouvelles commence par l’histoire d’un amant qui fait l’amour à une morte assassinée. La  suivante n’est pas plus optimiste: une très jeune fille avorte de l’enfant d’un viol. Le violeur est son oncle qui l’a contaminée par le virus du SIDA. L’Homme dit fou et la mauvaise foi des Hommes est à  peine moins triste. Que dire de celui qui a perdu son bébé et qui veut se venger de la sorcière qui aurait causé la mort de son enfant ? Et de la fin d’un enfant-adulte, voleur, qui avale le pendentif en or qu’il a chapardé au marché,  se fait poursuivr, manque de se noyer, et finit par se faire écraser par une voiture en traversant la voie dans sa fuite éperdue

Lire pour l’Afrique :BEYROUK : Et le ciel a oublié de pleuvoir

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Se déroulant  en Maurétanie, aux confins du désert ce livre raconte l’esclavage. Pas la traite transatlantique. L’esclavage des tribus du Sahel bien après que la Traite Atlantique soit terminée. Enfants-esclaves dans les tribus nomades, qui prennent une revanche en utilisant le pouvoir politique qui s’est installé après la décolonisation. Livre dur.

Lire pour l’Afrique : Moussa KONATE – L’empreinte du renard

Lire pour Voyager/Voyager pour Lire

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Un Policier au Mali

Le commissaire Habib, vieux flic de Bamako est appelé pour une enquête en pays dogon. Occasion de rencontrer les traditions des dogons.  Justement les empreintes des renards permettent au sorcier de prédire l’avenir. Meurtres étranges sur fond de trafics des promoteurs immobiliers, dissolution des traditions remises en causes par les jeunes plus attirés par l’argent facile que par la morale traditionnelle. J’aime bien ces polars ethnologiques. L’enquête est prétexte à raconter le quotidien d’un pays inconnu.

Bamako (le film)

Toile Nomade

Chacun d’entre nous a ses films-cultes inoubliables, indémodables. Bamako (2006) est un de ceux là

Dans la cour d’une maison à Bamako se déroule le procès du FMI. Procès dans les formes avec juges en perruques, avocats de l’accusation et aussi de la défense, témoins à charge…. Des tirades décrivant les nuisances de la Dette qui pèse sur les finances des pays africains mais aussi les chants d’un griot, les doléances des femmes simples…
Ce n’est pas comme le suggèrent les lignes ci-dessus un énième film militant. C’est un vrai film avec une histoire, des histoires, un décor splendide. Des acteurs magnifiques. Des allers-retours entre l’économie et la vie quotidienne des habitants de la maison.
Un vrai beau film…