Lire pour l’Afrique -Bêtes sans Patrie- Uzodinna Iweala- Un enfant-soldat -traduit par Mabanckou

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Bêtes sans Patrie- Uzodinna Iweala- Un enfant-soldat


Pour dissiper un malentendu à l’attention du  lecteur impatient qui  entrerait directement dans le récit sans lire le quatrième de couverture :

ce livre est un roman écrit par un écrivain américain. Ce n’est pas un témoignage recueilli par un journaliste. Je fuis comme la peste les histoires de guerre souvent complaisantes et toujours violentes.  Bêtes sans patrie est de la littérature, et de la bonne!

J’aurais aimé trouver en  anglais ce livre (je préfère toujours la VO au cinéma ),peut être n’aurais je rien compris! C’est donc l’occasion de saluer le style d’Alain Mabanckou qui nous offre une très belle traduction qui sonne bien l’Afrique, qui a du rythme et de la sympathie;

Bêtes dans Patrie – Uzodinna Iweala
178p Ed de l’Olivier

  Extrait de Bêtes sans patrie

« Ça a débuté comme ça. J’ai senti des démangeaisons on dirait même c’est les insectes qui rampent sur ma peau, puis voilà ma tête aussi qui commence à chatouiller là, entre les yeux, j’ai donc envie d’exténuer à cause que le nez ça gratte aussi dedans, et comme le vent il souffle maintenant tout droit direct dans mes oreilles, c’est là que j’entends des choses vaille que vrac : le crissement des insectes, les camions qui grondent on dirait même je sais pas quelle ethnie d’animaux, et après tout ça j’entends un quelqu’un qui aboie, À VOS POSTES MAINTENANT ! VITE ! VITE VITE ! MAGNEZ-VOUS! EN VITESSE KÒ !, avec une voix que je sens ça sur mon corps on dirait même c’est un couteau.
J’ouvre les yeux, je vois y a la lumière autour de moi, ça vient dans les trous du toit là en haut, ça passe net au-dessus de mon corps on dirait même c’est des filets. Et comme la lumière vient comme ça, je croqueville bien bien comme il faut mon corps on dirait même je suis une petite souris dans mon coin. Et je sens l’odeur de l’eau de la pluie et de la transpiration, ma chemise elle est si trompée que je me dis dans moi-même que ça c’est pas une chemise que j’ai là mais presque une autre peau. Je veux quand même bouger, le problème c’est que j’ai mal aux os, en plus de ça mes muscles aussi ils me font mal on dirait même c’est des fourmis de feu qui me mangent partout partout. Si seulement j’ai été capable de me donner des baffles pour que comme ça je les chasse, c’est direct que j’allais faire, or j’ai pas été même capable de bouger un doigt. Et j’ai rien fait. »…..

Ó Editions de l’Olivier, 2008

Lettre à Jimmy – Mabanckou / James Baldwin : La chambre de Giovanni

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« Quel temps fait-il au paradis, Jimmy? »

Quel beau livre en hommage à James Baldwin, biographie d’un auteur hors normes, défenseur des droits civiques des Noirs mais aussi des homos,  américain à Paris, romancier et aussi théoricien…

Comme Baldwin, Mabanckou a traversé l’Atlantique. Il vit entre Paris et les Etats Unis, porteur d’une culture africaine du Congo-Brazzaville où il est né mais aussi d’une culture francophone métissée.  Il se revendique au delà des communautarismes.

J’avais aimé les Mémoires du Porc-épic qui m’avait transporté dans un village de brousse. J’ai découvert un autre univers…

Alain Mabanckou : Lettre à Jimmy – POINTS P2072- 184p

 

James Baldwin : la Chambre de Giovanni

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C’est un livre terrible.

Un livre d’amour et de mort.

Rarement on a décrit avec une telle intensité le moment où nait le désir et l’amour. Le coup de foudre qui ne veut pas dire son nom. L’amour nié mais si intense.

Dans ce bar où se rencontrent les folles et les vieux pédés, si bien rendu ici, il ne semble régner que la frustration. Giovanni rayonne.

Heureusement il raconte une époque révolue. Abolie, la peine de mort qui  plombe le dénouement.

Terminé ? Ce temps où l’homosexualité n’était pas exprimable. Ecrivant ces lignes sur le bar, j’allais écrire gay – anachronisme – le mot n’existait pas. Terminée la culpabilité ? voire…

James Baldwin : la Chambre de Giovanni – 202p Rivages

Lire pour l’Afrique (Congo) -Mémoires de porc-épic – Alain Mabanckou

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Le porc-épic est vraiment très peu « politiquement correct » ? D’abord, il ignore la ponctuation (ou tout au moins les points et les majuscules). Ensuite, c’est un assassin ! Ce récit se lit d’un trait. Il nous transporte dans un univers étrange et ensorcelé, où des doubles mystérieux, pacifiques ou nuisibles, peuplent discrètement le village africain.  Monde animal et humains interfèrent par des liens  puissants et magiques. Porc-épic est aussi un témoin curieux des occupations des hommes qu’il côtoie.

Cette lecture enchantée m’a fait voyager.

Mémoire de porc-épic – Prix Renaudot 2006 – POINTSP1742 229pages

Aminata Traoré – L’Afrique humiliée

Aminata Traoré fait partie de mon Panthéon personnel depuis que j’ai lu l’Etau : analyse lumineuse et réquisitoire implacable contre les agissements de la Banque Mondiale et du FMI qui appauvrissent l’Afrique lui imposant une politique libérale déstabilisant les structures étatiques et les intérêts insoutenables de la Dette.

Sa pensée structurée et vertébrée contraste avec les élucubrations qui tiennent lieu de pensée et qui justifient les politiques les plus injustes. On n’a encore rien trouvé de mieux qu’une analyse marxiste pour mettre en évidence les politiques économiques!

l’Afrique Humiliée, plus qu’une étude, est plutôt un texte polémique réagissant à la visite de Sarkozy à Dakar et à son fâcheux discours et à divers évènements qui, en apparence n’ont que peu de liens entre eux et qui découlent des mêmes causes : les évènements de Ceuta et Mellila,les Emeutes en Banlieue parisienne et les départs en pirogues vers les Canaries.

Aminata Traoré n’épargne personne, même les bonnes volontés comme celle D’Orsenna. Son constat est percutant.

Dambisa Moyo – L’aide fatale – les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l’Afrique

Le livre s’ouvre sur la préface de Niall Ferguson :

« Depuis longtemps, je trouve discutable, et même embarrassant que des Blancs, des non-Africains pilotent pour une large part le débat concernant les problèmes économiques de l’Afrique… »  « depuis les économistes,jusqu’aux stars du rock…. »

Il est donc intéressant de lire Dambisa Moyo, économiste zambienne qui va à contre-courant de la mode « humanitaire » qui a cours depuis des décennies.

Son propos est de démontrer que l’aide occidentale enfonce l’Afrique dans une culture d’assistance qui nourrit la corruption, stérilise les initiatives et agrave la pauvreté.

Elle commence donc par démonter le Mythe de l’aide, analysant dans une Brève histoire de l’Aide six décennies qui débutent par le plan Marshallpour la reconstruction de l’Europe – aide qui a bien fonctionné – tandis que l’aide à l’Afrique, inscrite d’abord dans le contexte de la guerre froide, puis dans les années 1990 dans la recherche d’une bonne gouvernance et enfin dans une aide de prestige où les gouvernements sont relayés par les rocks stars et où tout une armée de philantropes  où le débat est assourdi par des concerts et des manifestations à grand spectacle.

Moyo analyse pourquoi l’Aide ne marche pas corruption, mauvaise gouvernance, mais pas seulement . Après l’analyse macro-économique, elle prend un exemple simple : celui du petit fabriquant de moustiquaires ruiné par le cadeau humanitaire de 100 000 moustiquaires offertes par une star d’Hollywood croyant en toute bonne foi faire une bonne action. Les 150 personnes qui vivaient de la production locale des moustiquaires se retrouve au chomage et quand les moustiquaires seront gâtées personne n’en fournira en remplacement….

Moyo va encore plus loin, qualifiant l’Aide d‘Assassin silencieux de la croissance, l’accusant en plus de favoriser la corruption de réduire l’épargne et les investissements et  d’être inflationniste en étouffant les exportations.

Ce constat est sans appel.

Les solutions qu’elle propose m’ont moins convaincue : dans la deuxième partie du livre UN MONDE SANS AIDE elle affirme d’emblée la solution : le capital s’appuyant sans réserve sur les marchés prenant comme exemple de réussite les émissions d’obligations du Ghana et du Kenya. Elle affirme sans réserve Les chinois sont nos amis mais pas la Chine communiste qui s’est manifestée autrefois au Bénin ou dans d’autres pays ayant choisi le socialisme, la Chine qui a besoin des matières premières et du pétrole d’Afrique et qui est prète à construire des routes ou des voie ferrées pour faciliter l’acheminement des richesses africaines vers la mer.Ce n’est pas du pillage comme du temps de la colonisation, c’est du commerce. Place au commerce! écrit-elleen titre du chapitre suivant. Elle tremine l’inventaire des solutions par la proposition du micro-crédit dans Une Banque pour les exclus de la banque.

J’ai du mal à  la suivre.

Je pense à Aminata Traoré dont le discours est aussi très radical mais qui s’inscrit dans la démarche altermondialiste. Moyo est anglophone, elle est diplômée de Harvard  et a travaillé chez Goldman Sachs. Ses références sont tirées de l’Afrique anglophone, ceci explique peut être aussi la différence des deux approches.

Les marchés règleront-ils tous les problèmes?

Rhodes: notre maison à Asklipio

notre maison

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Notre maison grecque est plus vaste qu’on ne l’imaginerait du dehors. La salle à manger et ses dépendances : minuscule cuisine et salle d’eau. Une vaste chambre : un large matelas est posé sur une estrade haute cachant des placards, un canapé de l’autre côté d’un coffre en bois. Au fond de la maison il y a même une dernière chambre avec une mezzanine. On pourrait dormir à 6. La dame nous recommande de cuisiner sur le camping gaz( un bleuet antique)
–    « il use moins d’électricité ».
Il y a  une machine à laver le linge mais elle ne s’étend pas sur son fonctionnement. Nous ne découvrirons qu’après son départ le climatiseur et le  ventilo (gourmands en électricité comme les plaques de cuisson).
Notre logeuse propose de nous emmener dans les magasins.
–    « Mais pas maintenant, c’est fermé ! »

une très jolie maison

Une petite arche sépare la salle de séjour de la cuisine. Cinq assiettes de faïence la ponctuent. Dans un coin de la fenêtre trois assiettes de la même série sont accrochées. Leur facture me rappelle la faïence de Quimper. Intriguée, je retourne une assiette, c’est écrit en grec. Un vaisselier bleu contient des assiettes de porcelaine fine.

Sur le buffet, un savant désordre d’objets anciens : une jolie amphore finement rayée une grosse éponge avec une minuscule étoile de mer incrustée, un vieux bougeoir, une calebasse végétale, une corbeille à pain contenant des galets et un fragment de poterie usé par la mer.

Une table ronde de bois ciré clair et une banquette complètent l’ameublement. Des rideaux de coton crochetés habillent les fenêtres, soutenus par de jolies tringles. Le plafond est recouvert de roseaux. Le carrelage,  camaïeu de bruns.

Dans la chambre : une cheminée d’angle. Le dessus du lit est brodé. Si le thème de la décoration de la salle à manger est celui des assiettes, celui de la chambre serait la broderie. Frises de danseuses au point de croix au dessus du lit, frise de fleurs et de fruits sur le bord de la cheminée chemin de table sur le coffre qui sert de table basse.

Le petit supermarché vend de tout. Très peu de fruits. Les pommes, poires et pêches sont aux prix français. Ceux des aubergines, tomates et courgettes ne sont pas affichés; les légumes sont très appétissants.

Nous dînons sur notre terrasse au soleil couchant,  une salade de tomates et feta et un  hamburger.  Nous venons de terminer quand la dame apparaît pour nous emmener faire les courses. Les Grecs n’ont vraiment pas les mêmes horaires que nous ! L’épicerie ferme à 23 heures. La propriétaire est étonnée de nous voir dîner si tôt !
Les étoiles se lèvent. La nuit est belle mais la journée a été longue. A 22h (grecques) nous sommes couchées.

Rhodes : Asklipio première matinée à la plage

 


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Le jour se lève vers 6h. il fait frais. Notre logeuse arrive à 9 heures . Au coin de la rue,  une autre dame attend. Elle porte le même foulard blanc brodé de perles que celui que j’ai acheté il y a 10 ans à Beyséhir. Elle l’a noué à la paysanne, le front dégagé le nœud devant. Je la complimente. Si nous restons assez longtemps elle me coudra le même. Cela ne s’achète pas dans les magasins. Ces coiffures identiques me font réfléchir à cette obsession que nous avons eu récemment à propos des foulards islamiques. Bien sûr, ls foulards, hidjab, burkas…sont des signes d’une oppression intolérable. Peut être ne faut il pas se crisper sur le foulard. Les jeunes musulmanes en ont fait l’objet d’une provocation identitaire. Mais de quelle identité ? Grecques, roumaines et même italiennes portaient, il n’y a pas si longtemps des fichus pour se protéger du soleil ou de la poussière si elles travaillaient aux champs ou tout simplement pour protéger leur mise en pli. Cette crispation ne viendrait elle pas de la peur de l’autre ?


La dame nous emmène chez Marathon auto. L’agence est toute neuve, c’ests aussi une agence immobilière. Une jolie flotte de petite voiture attend le client. Tout se passe bien. Le règlement se fait encarte Visa. Le prix est même plus bas qu’attendu : 240€ pour 9jours.
La plage toute proche. Plage plate de sable grossier ou de petits galets verts, roses, oranges. Une rangée de parasols, des tavernes de plages très tranquilles ;
La dame nous invite à boire un café dans son cabanon. Nous montons un escalier raide qui mène à une esplanade dallée autour d’une église minuscule


–    « ici, on fait la fête, on danse, on chante, on boit, on mange ».
Les  cabanons sont entourés de jardins. Ils sont bricolés de bric et de broc, caravane et contreplaqué et disparaissent sous les tonnelles de vigne ou de verdure. Une vraie cuisine est installée (avec un bleuet), des chambres avec de nombreux lits.
–    « il manque l’électricité. Le gouvernement ne veut pas nous le donner »


Je crois comprendre que le terrain appartient au domaine public. Je visite le vaste jardin : haricots, tomates, aubergines et pastèques. Il y a aussi de grands arbres : un avocatier, trois orangers des grenadiers, un abricotier, un figuier. Pour l’instant il n’y a pas de fruits : les abricots sont finis et les pommes, oranges, grenades sont encore verts. Le jardin, c’est le domaine de Monsieur Petalas que nous ne connaissons pas. Il est parti arroser ses jeunes oliviers qu’il a plantés et a pris le camion et une citerne. Ils récoltent les olives et font de l’huile mais ne la vendent pas et la gardent pour leur consommation familiale. Ils ont vécu 15 ans au Cameroun où ils étaient commerçants. C’est là qu’ils ont appris le français qu’elle a un peu oublié. Sa copine au foulard blanc a vécu au Canada. Il semble qu’à cette génération de nombreux grecs ont prix le chemin de l’exil.


Nous allons de cabanon en cabanon saluer les voisins qui se joignent à Madame Petalas pour la baignade. Les vieilles dames sont en maillot sous leur tablier et gardent un bob en toile dans l’eau. Ils s’installent sur le gravier tandis que nous prenons deux lits et un parasol.


L’eau est très claire. Avec mon masque, je peux voir quelques poissons. Certains sont colorés de bleu et de jaune. Quelques touffes de posidonies poussent ça et là. Je retrouve le plaisir d’économiser mes gestes pour ne pas effrayer les poissons et rester plus longtemps immergée. La température est très agréable. Avec le vent on ne sent pas la chaleur. Nous restons jusqu’à 13H30  installées à la taverne : souvlakis (2€) et calamars (7€).

Rhodes : Asklipio – aquarelle

 

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Nous essayons d’imiter les Grecs et de faire la sieste. Je dors profondément une bonne heure. A 16h, il n’y a pas d’ombre dans la cour. Il faut donc rester à l’intérieur. Je sors les aquarelles. Comment peindre le village blanc? Maisons blanches entassées en amphithéâtre. Cubes et terrasses chaulés. Peu de végétation. Comment faire apparaître tous ces volumes blancs sur la feuille à dessin ? L’encadrement de la porte vert foncé me sert de cadre, la porte bleu marine, la luxuriante touffe de lys tigrés occupe une grande partie du champ. Le store à larges bandes bleues relevé en draperie sort de la feuille et va occuper une partie de la page de droite. La cour rouge sang, le fer forgé bleu de la grille et du garde-fou de la terrasse en face. Dommage que le bougainvillier ne soit pas en fleur. Trois branches graciles traversent le champ. J’aurais pu les imaginer rose ou mauves ! Finalement l’aquarelle est très colorée. Quand j’ai terminé les chauffe-eau métalliques au dessus des capteurs gris, il reste bien peu de blanc dans le carnet !

Rhodes : le kastro d’Asklipio

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Avec la fraîcheur du soir, nous montons au kastro, la forteresse élevée au 15ème siècle par les Chevaliers hospitaliers au sommet du village. Gardienne hiératique, une grande chèvre blanche aux cornes enroulées est installée sur le chemin de ronde et nous regarde de haut. Le sentier s’élève dans les pistachiers à mastic taillés en petits arbustes. La sauge odorante a des feuilles charnues bleu-gris. Il y a aussi toute une collection de chardons : des bleus aux grosses boules un peu passées, des verts aux motifs compliqués, d’autres secs. Nous passons une belle arche pour pénétrer dans la cour : c’est le domaine des chèvres de tout poil : noires, fauves, grises…Certaines, curieuses, lèvent vers nous de grands yeux aux pupilles fendues horizontalement.


La cloche appelle les villageois aux liturgies. Il règne une grande animation au village. Beaucoup de jeunes, d’enfants que nous n’avons pas vus la veilles. Les enfants de notre logeuse sont venus pour le week end et nous partager devons la courette. Heureusement nos horaires sont décelés. De cours en terrasse les enfants courent, les gens s’interpellent. Par deux fois, je monte sur la place pleine de voitures où il ne se passe rien de spécial. Dans la cour de l’école, les enfants jouent, surveillés par leurs mères. Sur la place devant la superette, les vieilles dames ont apporté leurs chaises. Au micro, on entend des annonces en grec que je ne comprends pas.

Rhodes : port

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Nous voyons les bateaux d’excursion pour Symi et Tilos puis les quartiers mussoliniens du temps où Rhodes était italienne et où les Italiens avaient adopté cette architecture lourde et ennuyeuse avec la Poste, l’Hôtel de Ville, la Gare . Toujours italienne mais plus légère, de style vénitien, la Capitainerie. Sur des arcades grises découpées en ogive repose un bâtiment bicolore rose et blanc qui n’est pas désagréable à l’œil. Au bout de la place une coupole turque : c’est une boîte de nuit. Plus discrète, cachée dans la verdure, la mosquée de Murat Reis. Sur un terre-plein, imitant les antiques, on a érigé un monument aux héros de l’Indépendance grecque. Ce mélange est un condensé de l’histoire récente de Rhodes qui n’est grecque que depuis 1945.

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Incontournables: les colonnes portant une biche à l’emplacement du fameux Colosse de Rhodes, gardant le petit port Mandraki – dans l’Antiquité, le port de guerre. En face, trois moulins sont posés sur la digue.