Fin de vacances à Essaouira – Marrakech, Guéliz

PLAGES DE L’ATLANTIQUE- MONTAGNE DE L’ANTI-ATLAS

Retour des pêcheur dans le port d’Essaouira

La fin des vacances approche, enregistrement du Vol Royal Air Maroc en ligne de mon téléphone. Il faut surtout confirmer la demande d’assistance à l’aéroport pour Dominique. Une boîte vocale en arabe annonce quelque chose qui doit dire qu’il faut rappeler ultérieurement. Puis après tous ces essais c’est Maroc Telecom qui m’informe que je n’ai plus de crédit ! j’ai épuisé les 20€ payés il y a trois semaines à l’aéroport.

Très facile de recréditer : n’importe quel magasin édite un code de 14 chiffres pour n’importe quelle somme même minime comme 20 dirhams (2€) On compose 555 et on rentre ce code.

Pour l’assistance de Dominique, Philippe connait un responsable à Royal Air Maroc qui fera la demande. Dans l’après-midi, la compagnie m’appelle pour s’excuser du désagrément du bogue.

Au port d’Essaouira, le retour de la pêche est un spectacle. Il y a un monde fou sur le quai où les pêcheurs débarquent les cagettes de poisson. Un très grand filet pourpre est étalé par terre. Près de la porte Bab el Marsa  un véritable marché se tient (différent de la criée réservée aux professionnels). Très pittoresque avec toutes sortes de poissons : sardines, bien sûr, amis aussi petits requins, raies, sabres, bonites, crustacés…

N°5 notre restaurant de sardines

Dans la médina, je cherche des ponces en poterie. C’est plus amusant d’avoir un but. Mais où les trouver, pas avec les poteries vernissées de Safi ou Tamgroute proposées aux touristes. Je trouve dans une boutique qui vend des savons, savons noirs et des poudres d’argile pour le Hammam. Il a fallu que je demande, elles étaient cachées dans un panier.
Je veux aussi offrir un bracelet à Dominique : j’ai trouvé un très simple, mince, juste ciselé discrètement. Pas de prix, pas de marchandage non plus, le bijoutier jette le bracelet sur la balance et annonce 520 dirhams, le poids de l’argent. Je ne m’attendais pas à cette somme que je n’ai pas en espèces.

Nous avions prévu de manger des sardines sur le port. Dès le parking, le placier nous reconnaît. Il nous trouve une place juste derrière le restaurant n°5. Le patron se souvient de l’assiette de sardines que nous avons mangée dans la voiture sur le carton ondulé. Cette fois-ci, nous nous installons sur une belle table bleue à l’avant du petit chalet. Nous choisissons des petites soles et des crevettes, cadeau du patron 2 sardines. C’est servi avec de la salade marocaine (tomate poivron oignons). C’est amusant de voir passer les touristes que les serveurs des différents restaurant essaient d’attirer avec de gros homard. Amusant aussi le manège des mouettes et des chats. Un gros chat jaune perché sur l’auvent élit Dominique et la persécute bien qu’elle ne manifeste aucune volonté à lui céder du poisson et qu’elle le chasse sans aucun résultat. Heureusement, un gamin de 3 ou 4 ans parlant une langue slave, lui jette un peu de son assiette et nous délivre du matou.

Je recommence ma marche sur la plage, au moins deux heures pieds dans l’eau.

De retour à Dar D’Art, Philippe veut prendre sa revanche au flipper mais je préfère profiter des derniers rayons du soleil près de la piscine. Pour diner briouates au fromage, à la viande et aux aubergines puis un tagine de poisson, loup et dorade cuits avec des tomates fraîches, poivrons et citron confit. Crème caramel.

– dernier jour à Essaouira, route vers Marrakech

Pour arriver à Marrakech 176 km et un peu plus de trois heures de route. Nous disposons donc encore d’une belle journée de plage. Détour par Diabat, haut lieu des hippies autrefois. C’est un golf Sofitel. Les golfs me mettent en colère dans les pays souffrant de sècheresse. A plage de Diabat, c’est m’extrémité de celle d’Essaouira où je me suis déjà promenée.Sardines grillées au N°5 .

Juste après prenons la route. On nous avait prévenues, il faut respecter les limites de vitesse ! sur une portion à 100 km/ h un car veut faire la course et colle au coffre de la Citroën en nous poussant. On aurait été mieux inspirées de la laisser doubler. Au premier barrage, PV pour excès de vitesse : 150 DH à payer sur l’heure, reçu fourni écrit manuscritement avec lenteur mais sans application.

L’hôtel Palais Al Baja est très bien situé au Guéliz dans une rue tranquille : parking juste devant l’entrée . C’est un beau bâtiment rose, élégant mais un peu décati. La terrasse est en rénovation, le restaurant est plutôt une cafétéria sans charme. L’accueil est gentil et efficace, il y a bien un ascenseur. Chambre standard, pas très palace, plutôt 2* pour la taille. En revanche le petit déjeuner est offert : à emporter à 4h30 du matin, dans un sac en papier kraft. Un quart d’heure suffira pour rejoindre l’aéroport en passant à côté de La Menara.

Marrakech ThéâtreRoyal

En attendant la nuit, je fais un tour dans le quartier du Guéliz, très agréable, découvre le Théâtre Royal, inauguré en 2001, œuvre d’un architecte tunisien. La Gare a aussi très belle allure. J’aurais bien prolongé la promenade mais la nuit tombe et pour nous elle sera courte : réveil à heures pour être à  l’aéroport.

 

 

Marrakech Guéliz

 

 

Retour à Essaouira – Dar D’Art

PLAGES DE L’ATLANTIQUE -MONTAGNES DE L’ANTI-ATLAS

Sans passer par Taroudant ni la 2×2 voies, route d’Agadir, nous trouvons une route tranquille entre serres et villages. Ecoliers et collégiens vont à l’école à vélo.La rocade d’Agadir nous permet de mesurer l’importance économique de la ville : extension du port et les futures zones logistiques pour l’expédition des fruits et légumes du Souss-Massa, l’Université (faculté des Sciences et de Médecine privée) . Avec les chantiers sur la rocade, il nous faut trois quarts d’heure pour contourner Agadir que nous avions traversée rapidement en passant par les quartiers chics.

A la sortie d’Agadir, des plages. Nous faisons une belle pause à la seconde sur une plage immense que je parcours pieds nus, comme à mon habitude. Des bungalows, des restaurants, quelques lits et parasols (très peu). En revanche les surfeurs sont très nombreux. Ils s’échauffent sur le sable avant d’aller dans les vagues.

Nous retrouvons avec plaisir la route côtière et ses belles vues sur l’océan. Au Cap Rhi le phare et les cabanes construites de bâches en plastique, si petites qu’il nous avait semblé impensable que des humains les occupent. Elles sont pourtant bien habitées. Des femmes cuisinent sur leur kanoun de terre rouge. Des hommes brandissent des sacs en plastique avec quelques dattes ou amandes ?

Après Tamri et ses bananeraies la route monte dans les montagnes.  Le long de la Nationale1, des étals de miel, d’Amelou, d’huile d’argan ou olive, sont abrités sous des parasols. Nous descendons et traversons le gros bourg commerçant de Smimou. 3 km plus loin, sur la gauche nous prenons la petite route côtière P2222 qui nous conduira en corniche à Sidi Kaouki. A côté du panneau « Cascade » des voitures de touristes sont garées et des familles descendent vers la mer. Nous nous arrêtons aussi pour voir cette étonnante « cascade » dans un environnement aussi sec. Pas de ruisseau, ni source, ni cascade en vue, mais une plage en contre-bas. Philippe, du Riad Dar D’Art, recommandera à d’autres touristes cette plage complètement sauvage. Je regrette maintenant de ne pas avoir suivi ces familles. Puisque je suis descendue de voiture, je fais un bout de chemin sur la P2222, très calme entre les arganiers, avec vue sur mer au loin. Promenade très calme et très agréable. Des dromadaires broutent dans les arganiers, ce sont sans doute ceux qui transportent les touristes sur la plage de Sidi Kaouki.

Dar d’Art, 

En fin d’après midi, nous découvrons notre nouvelle maison d’hôte : Dar d’Art, à l’écart de la grande route dans les arganiers et les oliviers. Dès l’entrée, nous comprenons l’appellation Dar D’Art : le patio est encombré d’innombrables sculptures africaines traditionnelles, de sculptures contemporaines hétéroclites et souvent fantaisistes, sièges de coiffeur en skaï orange, mannequin peint aux couleurs vives. Il faut ruser en portant les valises pour ne pas les renverser. Notre chambre est aussi abondamment décorée de tableaux colorés. Il y a tant d’œuvres d’art qu’on ne déballera pas les valises. Elle est très gaie dans les teintes orange des murs au plafond, couvre-lit rouge. Une étrange table basse verre et métal porte trois plateaux qui pivotent mais ne sont pas forcément horizontaux. Attention au plateau du thé d’accueil qui pourrait bien glisser ! Lampadaires modernes, bibliothèques garnies. On hésite entre galerie d’art ou débarras.

Le maître de maison est chaleureux et original comme le lieu. Impossible de s’ennuyer dans une maison pareille. Il y a tant à regarder. Il y a aussi un flipper de bar, qui fonctionne. Philippe, notre hôte, vient nous solliciter pour une partie que je décline (je suis lente et maladroite, la boule disparait à ma grande frustration). Dominique, au contraire gagne trois parties de suite, la revanche sera pour demain.

 

Il y a une très belle piscine en L qui me tente. Glaciale, je ne ferai qu’un court aller-retour sur le petit côté du L, frigorifiée. Elle est dans un jardin d’oliviers, accompagnée de beaux palmiers. En face, le bâtiment d’un étage, en U s’ouvre sur une cour pavée où sont disposées chaises longues, tables et bancs tous vintage. La maison crépie de beige est peinte de motifs africains (lion, éléphant). Un endroit original !

Le dîner est servi dans l’aile qui fait face à notre chambre, où se trouve la cuisine, quelques tables et un coin-salon en creux autour d’une cheminée où brûle un beau feu. Philippe, notre hôte et des clients mangent autour du feu. Dîner en musique : Debussy. Au menu, aubergines grillées à la chair ferme aromatisée avec de l’ail et de la tomate, un tagine de bœuf aux abricots, pruneaux et amandes, un délice. Salade de fruit. Souad est une fine cuisinière.

la Palmeraie de Tioute

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Casbah de Tiout

38 km du gîte, au pied des contreforts de l’Anti-Atlas.

Après avoir quitté la route Agadir-Ouarzazate,  la route P109 traverse une plaine déserte puis une zone caillouteuse petite route vers Tioute  5km .

Le gros village masque la palmeraie. Les touristes sont attendus. Au premier croisement, un homme vêtu de l’habit bleu des hommes du désert qui semble être l’uniforme des guides touristique, s’approche. Son insistance nous déplait. Je n’ai pas envie d’un guide, j’ai juste envie d’être tranquille. J’aime le calme des jardins de la palmeraie ; D’un autre côté, les petits jardins et les champs appartiennent à un propriétaire et c’est délicat de se promener chez des particuliers sans leur être présentée. S’il faut marcher sur les petites levées entre les cultures un guide est nécessaire.

Au village suivant (il y en a 7) un homme sur une mobylette nous indique la direction de la Casbah. Il ne fait pas que nous l’indiquer, il nous accompagne jusqu’au sommet de la colline au parking d’n énorme restaurant en ciment. Il ne reste qu’à négocier le prix ; « ce que vous voulez » est très agaçant. Je fixe 200 dirhams pour au moins 2 heures de promenade.

Tiout palmeraie casbah

Je suis donc le guide au pas de course dans la casbah authentique mais bien ruinée. On ne voit plus rien de sa splendeur ; on devine des citernes, une tour de guet. Pas grand-chose si ce n’est une belle ruine dans le paysage. Au pied de la colline des parkings sont aménagés près d’un bassin stockant l’eau d’irrigation. On peut s’y baigner à la chaude saison. La palmeraie est très touristique : on passe par un restaurant sous une tonnelle de bignone rose. L’eau fraîche coule dans de petis canaux. Plus loin un restaurant de plein air, des coussins alignés pour de grandes réunions.

Des murets de pierre, des allées dallées offrent une promenade facile et confortable d’une terrasse à une autre. Un moulin à eau est encore en état de moudre de la farine. Plus loin, il y en a deux autres mais plus ou moins ruinés. Des bougainvillées fleurissent un autre établissement.

Tiout aiguillage de seguias

Des familles marocaines portent des sacs de victuailles et des couvertures pour le pique-nique. Tourisme local du Jour de l’an férié aussi au Maroc. Cette palmeraie est aménagée, je n’avais vraiment pas besoin d’un guide. Ce dernier justifie sa présence en donnant des explications : ici, les gens vivent 50% de l’agriculture, 50% du tourisme, il faut bien que le village vive !  Mohamed fait des efforts pour m’être agréable. il tresse pour moi une feuille de palmier en étoile. Il me montre l’aristoloche avec sa feuille en forme de cœur et ses fleurs en cornet très creux. Dans son verger, il me cueille trois citrons petits mais doux, ce n‘est pas une exagération, il ne sont pas du tout acide et on pourra les déguster à la petite cuiller. Trois récoltes par an pour l’orge, deux pour la luzerne. Ils élèvent des vaches à l’étable. Le labour est fait avec des fait avec des bœufs. C’est un plaisir de voir une palmeraie si bien tenue.

Aristoloche

La promenade n’a duré que 1h45, j’ai donné les 200dh convenus mais pas plus puisque le contrat de 2 heures n’a pas été respecté.

Nous pique-niquons dans un verger d’arganier. Mohamed m’a assuré qu’ils ne sont pas morts et qu’à la prochaine pluie ils « reverdureraient »

A 15h15, nous sommes au pied des remparts de Taroudant. Plus le temps d’en faire le tour (8 km/2h) mais je peux en faire une partie en choisissant un tronçon ancien (Saadiens). J’entre dans la médina par la Porte de la Kasbah qui fait une encoche dans le tracé de l’enceinte pentagonal avec des décrochements. J’arrive dans un quartier tranquille de rues désertes ; je ne prolonge pas trop la promenade de peur de me perdre.

A l’Orient désorienté – Errances Israël – laure Hoffmann – L’Harmattan Poésie(s)

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

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Quelques semaines après le 7 Octobre, j’ai coché sur la liste de Babélio cet ouvrage dont le titre correspond à mon état d’esprit. Sidération!

Le parcours de l’autrice, de Jérusalem à Tel Aviv, en passant par le Kibboutz me parle. Le poème A mon Orient Désorienté – daté 7 octobre 2023

A l’Orient Désorienté

Ce cri résonne

raisonne puis déraisonne

un cri soleil noir

qui chante en moi

*depuis que j’ai commencé

à comprendre

qu’on ne comprend rien

par petites étincelles

par ouverture béante

de la faille

la blessure originelle

A l’Orient désorienté

ce cri d’impuissance

qui s’élève contre toute intolérance

contre la haine de l’autre

si contre nous tout contre

contre la malédiction de frères ennemis

contre tout racisme toute xénophobie

tout apartheid toute guerre

de religion – le pire obscurantisme

au nom de la lumière

….

Comment ne pas souscrire à ce cri!

Mais est-ce poésie? Est-ce le temps de la poésie? J’ai plus envie de hurler que d’élégies, de fleurs de soleil. Comment dire le déchirement?

Taroudant – Souk du Dimanche – place Assaragh

PLAGES DE L’ATLANTIQUE – ANTI-ATLAS

Les remparts de Taroudant

Dimanche : jour du Souk à Taroudant qui se tient à l’extérieur des remparts de l’autre côté de l’Oued. On vend tout ce qu’on peut imaginer : des vêtements, fripes mélangées, des épices, des dattes, des graines, des légumes frais en vrac ou bien disposés en bottes d’oignons ou en  tas de carottes, des animaux vivants, poussins tassés dans des enclos en carton ondulé, chevreaux attachés ensemble par deux ou par trois, moutons debout ou couchés pattes liées(mauvais présage), un âne à l’arrière d’un pick up…Et un vacarme ! Certains vendeurs nous assourdissent, une sono installée dans la camionnette.

Souk bottes d’oignons

Tout autour des centaines de vélos. Ils ne sont pas à vendre, ils sont cadenassés. C’est le parking ! Très peu de voitures. Le long de la route de Tamaloukt cela continue. On a étalé tout un fourbi : outils de jardinage neufs, vieilles serrures, filets de toute maille et de toute couleurs. Nous aurions besoin d’une sangle pour la valise ; il y en a tant qu’on veut sauf que ce sont des sangles pour le chargement des ânes. Les vendeurs des rues sont venus avec leurs charrettes à bras chez les « grossistes ». On se cogne, on se pousse, au milieu des allées « Balek ! »

Souk épices

 

nous faisons une incursion dans la Médina en voiture jusqu’à la place Assaragh. Le GPS nous y conduit. Mais le parcours en labyrinthe est stressant. Il y a, certes, des voitures, mais aussi des carrioles tirées par des ânes, des calèches et des chevaux, des vélos et mobylettes, des portefaix, des charrettes à bras couvertes d’oranges ou d’oignons ? Sur les trottoirs des marchandises sont étalées si bien que les piétons marchent tranquillement sur la chaussée déjà bien encombrée. Le GPS claironne « à gauche à 150 m » « à droite à 20 m » on ne voit même pas de rue, cauchemardesque. Et pourtant un vaste parking est prévu, très bien organisé : placiers en gilets jaunes, consignes pour les vélos et colis, même des toilettes. Payant mais très raisonnable.

Taroudant les calèches place Asseragn

La place Asseragh est un vaste rectangle. En son centre des arbres touffus donnent de l’ombre sur les bancs très occupés. Assis par terre, des musiciens. Sur les deux grands côtés, les terrasses des cafés et des restaurants. Les petits côtés sont occupés par des boutiques et des banques. A l’ombre les cafés sont bondés. Au soleil personne. Public masculin exclusivement, pas une femme. Sur els ardoises les menus sont écrits en français, pour les touristes, je suppose. Les calèches tournent.

Pour le Réveillon de la Saint Sylvestre Claude et Isabelle ont invité des musiciens. Au dîner, tous sont conviés, les clients(nous), les amis de nos hôtes, le personnel au grand complet avec leurs enfants. Tous à la même table. En face au fond, un buffet. Près de l’entrée des coussins, pour les musiciens. Il reste même de la place pour une piste de danse.

A l’apéritif, champagne, foie gras et pizzas coupées en petits carrés. Verrines de mousse d’avocat, mousse de betterave -une découverte – avec du citron vert et des feuilles de menthe, c’est à la fois acide, sucré parfumé et très joli, verrine d’aubergine grillées.

Les musiciens arrivent, djellabas jaunes brodées, calots assortis. Ils devaient être quatre, ils arrivent à huit. Première prestation sans instruments, seulement voix, frappant des mains et des pieds. Ils dansent en ligne et nous invitent à participer. Je me lève et me ravise, c’est un peu incongru, ces hommes dansent entre eux (et très bien) je ne me sens pas à ma place. D’ailleurs, les autres femmes resteront assises alors qu’hommes et enfants se défoulent.

Dîner : autre buffet poulet grillé, la harissa est dans des demi-citrons verts, briouates minuscules, seffa : vermicelle sucré-salé décoré de cannelle et d’amandes . Petites pastillas rondes individuelles, le poulet aux amandes est emballé dans des feuilles de brik très fines, légères délicieuses.

Je  n’ai vraiment plus faim, j’ai négligé les lentilles alors que j’adore cela et je laisse les tartelettes très appétissantes pour terminer par la mousse au citron rafraîchissante.

Entre chaque service les musiciens mangent entre eux.

Réveillon : gnaouas

Ils reviennent avec leurs instruments. L’un d’eux accompagne le repas avec son oud. Puis els autres arrivent avec des crotales qui suppléent aux applaudissements. Un guembri est même électrifié : c’est un instrument à corde avec une caisse de résonnance rectangulaire. Plusieurs tambours. Musique et danse, au début? nous ne prêtons aucune attention aux paroles. Nous appelons Brahim 10 ans le fils d’Abdou pour traduire. « C’est du français ! » Ce Labalaba répété comme une incantation c’est tout simplement « là-bas ».

Ils dansent, le sol vibre, nos chaises aussi. Ils grimacent s’amusent. Tous se prêtent volontiers à leurs jeux très bon enfant. A propos d’enfants, le petit de 5 ans fait une démonstration de danse très amusante puis se prend au sérieux, joue sérieusement à la vedette, il devient suffisant et prétentieux.

Quel beau Réveillon ! Claude et Isabelle ont vraiment bien fait les choses. Tout a été parfait.

 

 

 

Taroudant : Vallée des Cédrats

PLAGES DE L’ATLANTIQUE – MONTAGNE DE L’ANTI-ATLAS

Vallée des Cédrats

Nous nous laissons guider jusqu’à la route d’Agadir, une 2×2 voies, presque une autoroute.  Selon le GPS nous devrions trouver la P1714, introuvable. Même les policiers qui tiennent le barrage à la sortie de la ville ne la connaissent pas.

6.3 km de la sortie de Taroudant sur la gauche dans un village à travers  une plaine presque vide, très poussiéreuse, très sèche parcourue par un oued invisible. Des cultures entourées de bâches : contre le vent ? la poussière ? le sable s’accumule à la base du tissu. A l’intérieur de ces enclos, des vergers, oliveraies, orangeraies.

Vallée des Cédrats charbonniers

La plaine fume, des cônes aplatis sont brûlés par des charbonniers. Ils préparent des tas de bois. Cette quantité de bois mort m’attriste : ce sont les arbres morts de la sécheresse.

Des bâtiments carrés très bas, en pisé, sont dispersés dans la plaine. les champs autour sont bien poussiéreux, abandonnés depuis longtemps. Les fermes sont vides.

Une curieuse montagne est surmontée d’un cube évidée par une carrière, sur les flancs traînent des blocs inutilisables.

Vallée des Cédrats : vu du col, les gorges

A Assads, une route grimpe dans la montagne au-dessus d’un ravin impressionnant. Où mène-t- elle ? Toute neuve, Googlemaps ne la connaît pas .  En haut, elle s’arrête net et devient une mauvaise piste. Deux mobylettes descendent à notre rencontre, venant  de Toufelaazet – nous y sommes passées en venant de Tafraout sur la P1723 . Au col la vue est saisissante sur des gorges étroites, des montagnes très resserrées. Est-ce cela la Vallée des Cédrats ? De cédrats je ne vois rien du tout, seulement quelques arganiers. Les cédrats sont des espèces de citrons à peau très épaisse et à forme bizarre qui poussent sur des citronniers (on en a vu au Cap Corse) Rien ici qui évoque des agrumes.

Vue de la route : le village de Tamguimsift ,

Je descends à pied cette route, découvre les villages blottis dans la vallée avec leurs petites mosquées roses et blanches, leurs imposantes kasbahs aux tours crénelées, les maisons de terre. Une piste les relie à Assads , au bout le dernier village est Tamguinsift. Côté montagne, un agadir coiffe un piton inaccessible. Imprenable, mais comment les villageois y apportaient-ils leurs richesses ? Il a au moins trois étages, peut-être quatre. La descente est une promenade très agréable et facile. La montagne est si haute que la route est dans l’ombre même à midi. Au village d’Assads, nous empruntons la piste qui conduit au fond de la vallée. Arrêt pique-nique près de la kasbah, haut édifice aux murs de pisé et aux quatre tours crénelées carrées plutôt trois parce que la quatrième s’écroule. Le portail est fermé, visite impossible mais de belles portes à admirer.

Un kilomètre plus loin, la piste est encore carrossable Dominique me rejoint avec la voiture. Petite mosquée rose, murs des maisons blancs. A la base ils sont enduits de ce bleu répandu au Maroc et jusqu’en Egypte réputé faisant fuir les insectes. Pratiquement pas de parpaing. Silence, jusqu’à l’appel du muezzin.

Assads mosquée et kasbah

La piste continue jusqu’à Tamguinsift. J’avais remarqué une installation de panneaux solaires sur le toit d’un bâtiment rouge sang. C’est le poste de traitement des eaux. Une porte a un écriteau : « station de pompage », une autre « javellisation ». A l’entrée un grand panneau aux couleurs Amazigh souhaite la bienvenue. Le village est tout en pisé, très beau. Plus loin, des bergeries contre la falaise, les murs coiffés de fagots épineux. A la sortie du village, la piste devient sentier. C’est sans doute le chemin du « Parc » indiqué par GoogleMaps ; peut-être nous y trouverions-nous les fameux cédrats ? Seule, je n’ose pas continuer.

La Débâcle – Emile Zola

LES ROUGON-MACQUART (t. 19)

Avec La Débâcle se termine cette Chronique du Second Empire, commencée avec La Fortune des Rougon à Plassans à la suite de la Révolution de 1848. 

Nous retrouvons Jean Macquart, le fils d‘Antoine, le frère de Gervaise, le Caporal de La Terre, jeune apprenti menuisier, puis soldat de Solférino, paysan à Rognes qui a échappé aux tares des Rougon-Macquart, alcoolisme et folie, personnage sympathique et droit. Réengagé dans le 106ème régiment. 

La Débâcle commence près de MulhouseDans l’escouade, Lapoulle, un colosse, Chouteau le peintre , Pache le calotin, Loubet, le cuistot, Gaude le clairon et Maurice Levasseur, un jeune avocat qui détonne un peu parmi ces rustres. Pendant le premier quart du livre, le 106ème marche sans combattre, ordres et contrordres, de Belfort à Mulhouse, d’Altkirch à Reims et finalement à Sedan, pas un Prussien, pas une cartouche tirée, des marches épuisante et souvent pas de ravitaillement. L’optimisme du début s’épuise. La légende napoléonienne, Solférino, ne tiennent plus devant l’organisation des Prussiens. De reculades en défaites, le ventre creux, l’escouade se traîne et la lecture me paraît bien longue. j’ai bien failli les abandonner. 

« Justement, j’en ai assez !… Est-ce que ce n’est pas à pleurer des larmes de sang, ces défaites continuelles, ces
chefs imbéciles, ces soldats qu’on mène stupidement à l’abattoir comme des troupeaux ?… Maintenant, nous
voilà au fond d’une impasse. Vous voyez bien que les Prussiens arrivent de toutes parts ; et nous allons être
écrasés, l’armée est perdue… »

C’est autour de Sedan que se joue la bataille. Dans les villages des environs et dans la ville pour les civils, des relations de Maurice qu’on apprend à connaître : sa sœur jumelle Henriette et son mari Weiss, monsieur Delaherche, le patron d’une fabrique qui abritera avec le carnage une ambulance. C’et aussi à Sedan que l’Empereur va capituler. Le roman prend un rythme nouveau et la lectrice est captivée.

C’est aussi l’histoire d’une amitié, de deux frères d’armes Jean et Maurice qui se soutiennent

« N’était-ce point la fraternité des premiers jours du monde, l’amitié avant toute culture et toutes classes, cette amitié de deux hommes unis et confondus, dans leur commun besoin d’assistance, devant la menace de la nature ennemie »

Et cette amitié soutiendra le cours du roman.

Puis, le lendemain, c’était le 4 septembre, l’effondrement d’un monde, le second Empire emporté dans la débâcle de ses vices et de ses fautes, le peuple entier par les rues, un torrent d’un demi-million d’hommes emplissant la place de la Concorde, au grand soleil de ce beau dimanche, roulant jusqu’aux grilles du Corps législatif que barraient à peine une poignée de soldats, la crosse en l’air, défonçant les portes, envahissant la salle des séances, d’où Jules Favre, Gambetta et d’autres députés de la gauche allaient partir pour proclamer la République à l’Hôtel de Ville, tandis que, sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, une petite porte du Louvres’entr’ouvrait, donnait passage à l’impératrice régente, 

C’est la fin de l’Empire, l’avènement de la République, le siège de Paris et la Commune. Maurice et Jean se retrouve dans les camps opposés, Maurice qui a passé l’hivers et le printemps à Paris se bat sur les barricades des Communards tandis que Jean est dans l’armée régulière du côté des Versaillais. Ils se retrouvent dans Paris en feu

« Paris brûle, rien ne restera… Ah ! cette flamme qui emporte tout, qui guérit tout, je l’ai voulue, oui ! elle fait la bonne besogne… Laissez-moi descendre, laissez-moi achever l’œuvre d’humanité et de liberté… »

Zola est vraiment un conteur, de ce roman de guerre qui aurait dû me rebuter il a fait un une

Promenade à Afensou – Haut Atlas

PLAGE DE L’ATLANTIQUE – MONTAGNES DE L’ATLAS

Haut Atlas : sous les maisons de terre blanches les baches cachent les abris des sinistrés du séisme

Claude a téléphoné à Tami, le guide qui travaille avec les clients des Trois Paons, et a conclu pour 800 dh une promenade de la journée dans le Haut Atlas.

10h30, nous quittons Les Trois Paons par l’allée couverte de bambous formant un tunnel le long des murs de la Gazelle d’Or – hôtel prestigieux où Chirac, Catherine Deneuve et d’autres étaient des habitués. Nous contournons Taroudant par ses remparts : les plus anciens datent des Saadiens (vers 1515) protégeaient la citadelle des armées espagnoles et portugaises. L’enceinte complète comporte 19 bastions et 130 tours. Certaines parties ont été restaurées récemment (subventions françaises Chirac) . le récent séisme de septembre 2023 a fragilisé la muraille et on a édifié des échafaudages.

Nous reprenons la grande avenue bordée de palmiers et d’immeubles récents, passant devant le Centre Culturel et l’Université, quartier destiné aux Roudanis plutôt favorisés et aux fonctionnaires qui ont un salaire fixe. La route de Tamaloukt file plein nord le long des vergers de Domaines (royaux), puis d’une mine de phosphate exploitée par des Espagnols, on voit des camions et de la poussière blanche.

Au village de Tamaloukt nous constatons les destructions du séisme : une maison en béton a glissé de ses fondations.

La route monte ensuite en lacets vers le Barrage Sidi Abdellah dont le remplissage récent n’est pas terminé.

Les couleurs du Haut Atlas sont extraordinaires : les couches se succèdent en passant du rouge à l’ocre puis au blanc et au rose. A l’horizon, les crêtes sont bleues ou grises. De petits arganiers plutôt de la taille d’un buisson sont verts tandis que les grands arbres sont morts. La sécheresse est très préoccupante. Tami ne minimise pas la tragédie pour les paysans. Que deviendront-ils sans leurs olives et leurs arganiers ?

Nous avons pris de l’altitude et dans le creux de la vallée je découvre une palmeraie. Sous les hauts palmiers, les petits champs de luzerne ou d’orge sont vert vif. Miracle de l’eau et des oasis !

La route a aussi beaucoup souffert du séisme et du passage des camions. Par endroits, le goudron a disparu. La piste poussiéreuse est constellée de rochers éboulés de toutes tailles qui ont dévalé la pente. Deux véhicules peuvent à peine se croiser Un groupe d’hommes avec des seaux en caoutchouc de pneus tente de déblayer les bas-côtés. Ils ramassent les pierres, poussent les rochers. Ils travaillent bénévolement, tentent de rendre service. La solidarité n’est pas un vain mot chez les Berbères. Quand nous redescendrons, il ne restera plus qu’un vieil homme à qui le guide donnera quelques dirhams, je viderai le porte-monnaie de mes pièces. « Il faut aider ce vieil homme » dit Tami. « il n’a rien et vient travailler pour son village »

Haut Atlas, après le séisme

Sur la route des femmes cheminent avec leur bourricot qui transporte toutes sortes de chargements dans des paniers bien remplis. Elles sont enveloppées de voiles colorés. Toutes ont les cheveux couverts d’un foulard mais personne ne se cache comme autour de Tafraoute. Je suis étonnée de l’extension de la zone berbérophone ainsi que par leur langage mélangé. Tantôt je capte un mot français ou arabe, tantôt rien du tout. Etonnée aussi de la proportion de femmes dehors ; les enfants sont à l’école, certains vieillards aux champs ou au café, on voit très peu d’hommes en âge de travailler. Sauf quelques jeunes sur des mobylettes.

haut Atlas palmeraie

La route surplombe la palmeraie. Pour la touriste c’est toute une fête des couleurs : vet foncé des palmiers, gris-vert des oliviers, jaune et orange des grenadiers et même de quelques peupliers sur els bords de la rivière.

Au village d’Afensou, Tami gare la voiture à la fin du ruban de ciment qui tient lieu de route. Franchissant une porte, nous sommes dans la cour d’une grosse maison rouge – inhabitable après le tremblement de terre. Les gens vivent dehors sous des tentes en tout genre : blanches carrées, des abris cubiques faits de bâches plastiques renforcées par des roseaux et des canisses. On a aussi installé des préfabriqués en dur (genre Algéco). La terrasse du restaurant est en plein air : canapés tables. La cuisine est dans un cubé évidé auquel il manque la façade. C’est là que Tami emmène les touristes déjeuner. Mais je n’ai pas prévu de m’arrêter et cela arrange bien le guide qui a des clients plus tard dans l’après-midi. Après les salutations d’usage, nous quittons les femmes du restaurant, jeunes et souriantes, passons au ras des algécos et traversons un verger d’oranges. Tami m’en cueille une pour m’en faire cadeau. Nous cheminons sur de petites levées qui limitent les champs de luzerne. Certaines parcelles ne sont pas cultivées. Je remarque des rangées de piments (pour la harissa) un rang de des rangs de pois et des pommes de terre. L’eau court dans de petites rigoles. Le séisme a fait naître de nouvelles sources. L’eau est partout, joyeuse effaçant un peu le tragique des ruines. J’avais imaginé des rangées de tentes comme dans les camps de réfugiés, ici on bricole un abri dans son jardin, ses champs ou les oliveraies et la vie continue. Ils doivent avoir bien froid la nuit !

Le sentier passe sous des oliviers centenaires. Une trace de peinture bleue indique que les olives de cet arbre sont à la disposition de la communauté en l’absence de son propriétaire. Encore la solidarité villageoise s’exprime. On ne peut pas imaginer qu’il en soit autrement : comment vivre si la maison est écroulée dans les deuils et les ruines s’il n’y a pas d’entraide entre voisins.

Le circuit de la promenade arrive à un point de vue au-dessus de l’oued. L’eau est canalisée à mi-hauteur dans des seguias cimentées ressemblant aux levadas de Madère. On descend ensuite dans le lit du torrent tapissé de galets colorés – mes préférés sont les verts. Dans l’eau des plantes à feuilles rondes ressemblent à du cresson : Véroniques des Ruisseaux selon Plantnet. A mon habitude, je rcense les plantes rencontrées : la vigne qui a grimpé sur les branches d’un grand arbre, des caroubiers, des grenadiers avec de minuscules grenades séchées, des figuiers bien verts près de l’eau. Un pistachier lentisque – le premier vu depuis notre arrivée (à nos autres voyages au Maroc, ils étaient très communs), des ronces, de la salsepareille. Les villageois ont abandonné de très grosses courges de près d’un mètre de long sur le bord des chemins.

Haut Atlas oued séguias

Trois jeunes gens sont venus pique-niquer sous les oliviers ; Ils montent une caméra sur un trépied. Tami les interpellent. Ils préfèrent parler Anglais plutôt que Français, l’un d’eux apprend l’Allemand pour étudier en Allemagne. Tami prend des cours de langue en ligne. Encore une fois, je constate la régression de la langue française, pas Tami qui voit la solution des études  au Canada. Je butte sur un emballage rouge : du malathion. On a beau cultiver à la houe ou faire tirer la charrue par un âne, les légumes et les fruits ne seront pas bio pour autant !

Fin de la randonnée : nous retournons au restaurant. Les deux femmes nous offrent du thé à la citronnelle, froid mais délicieux.

Sur la route du retour, Tami prend en stop une veuve dont le mari a trouvé la mort dans le séisme qui va à Agadir chez sa fille pour réclamer les aides qui tardent à arriver. Je ne comprends rien de ce qu’elle raconte mais elle a l’air très remontée.

Retour au gîte à 15h15, Tami va prendre en charge ses autres clients. 8oo dirham pour une demi-journée c’est quand même bien cher !

 

 

 

 

Métro – Le Grand Paris en Mouvement – Cité de l’Architecture

Exposition temporaire du 8/11°2023 au 2/6/2024

maquette de la Gare de Saint Maur Créteil

Le chantier de la Ligne 15 passe tout près de chez moi. Derrière les palissades, impossible de deviner tout le remue-ménage  A la station Créteil-Echat les travaux sont gigantesques, mais bien cachés. J’attends avec impatience la mise en service de la ligne qui me permettra de rejoindre en 15 minutes le Pont de Sèvres et l’Ouest de Paris. Actuellement il me faut près de 2 heures. On nous l’avait promis pour les Jeux Olympiques, mais il ne faut pas rêver! 

Partisane des transports en commun, détentrice du Pass Navigo, je milite depuis longtemps pour l’évitement des déplacements en voiture individuelle en ville (sauf pour ceux qui n’ont pas le choix, handicapés ou secours d’urgence, médecins…)

Très motivée donc pour aller voir l’exposition au Trocadéro.

la partie 1  est historique et nous renvoie 150 ans en arrière, aux pionniers du métro à Londres 1863, à un très curieux métro pneumatique à New York 1870-1874, aux projets variés de métro suspendus ou Elevated Railway d’Edison …

A Paris, c’est l’Exposition Universelle de 1900 qui a lancé le Métropolitain de Fulgence Bienvenüe, la ligne 1, alors Porte Maillot-Vincennes fur mise en service en juillet 1900. L’exposition présente alors photos des travaux, plans, maquettes. Des prouesses techniques sont expliquées comme le franchissement de la Seine avec la méthode du bouclier(1927-1931).Le sous-sol de Paris est déjà très occupé par les égouts mais surtout par de nombreuses carrières. Les ingénieurs ont du composer avec les difficultés. 

les travaux du creusement de la ligne 1 rue de Rivoli

Les carrières de Gypse autour des Buttes Chaumont exigèrent des prouesses techniques pour la Station Danube : des piliers furent alignés le long de la Rue du général Brunet pour asseoir la ligne sur des sédiments solides. La station Abbesses si profonde qu’on l’a surnommée « abysses ». A Opéra 3 lignes passent dans des alluvions imbibées d’eau des plafonds métalliques doivent séparer les lignes, jolie maquette.

Le Réseau Express Régional (RER) entre en service en 1965

la partie 2 : Le Grand Paris Express

en projet 200 km de lignes automatiques et 68 gares

Un travail titanesque avec une quantité de déblais de 47 millions de tonnes Nous voyons circuler ces camions bâchés remplis de sédiments. Où vont-ils?

L’exposition présente deux projets : une œuvre de Land art : Les Yeux vus du ciel à Villeneuve-sous-Danmartin (77)  Immense Géoglyphe que les passagers des avions atterrissant à Roissy peuvent déjà deviner. Vous avez dit Land Art? 

La Fabrique Cycle Terre à Sevran utilise les déblais pour fabriquer des matériaux de construction géosourcés en fabriquant des blocs de terre comprimés destinés au bâtiment.

Les escalators de la Gare deVitry, on descend dans une grotte

L’Archipel présente une sélection de 16 gares avec maquettes, panneaux, photos. Chacune a été conçue en tandem Architecte-artiste, intégrant la gare dans le paysage, dans l’activité et l’histoire du quartier. j’ai cherché celles des stations proches Saint Maur-Créteil, Vitry, Créteil l’Echat

Vitry fresque

J’attends avec l’impatience le moment où je pourrai découvrir toutes ces gares avec les œuvres d’art associées!

En attendant je vous propose une lecture : Les Passagers du Roissy-Express de François Maspéro.

 

 

La Vallée des Lazhars -Soufiane Khaloua – Agullo

LIRE POUR LE MAROC

Amir, fils d’immigrés marocain arrivés en France dans les années 60, raconte à sa petite fille l’histoire de la famille marocaine de son père : il choisit une anecdote : l’histoire d’Haroun Ayami, son cousin préféré, son presque jumeau.

Amir n’est pas retourné au bled depuis 6 ans. Jeune adulte, il retourne dans la Vallée des Lazhar, non loin d’Oujda, près de la frontière algérienne. ll comprend assez d’arabe pour la vie quotidienne mais est incapable de soutenir une conversation. Il a aussi perdu les codes sociaux qui régissent les rapports familiaux, qui saluer, qui embrasser…

« C’était une des incohérences de notre situation, quand nous allions au pays, l’été. En un mois, on s’habituait aux gens, on devenait proches d’eux, comme s’ils faisaient partie de nos vies, comme si on faisait partie des leurs.
En réalité, ça n’était pas le cas. Chaque été, on les retrouvait changés, ils avaient évolué, nous aussi, et l’on devait s’adapter comme si l’on rencontrait de nouvelles personnes. Je ne pouvais pas faire entièrement partie de la vie des Lazharis, parce que la vie, c’était ce qui s’écoulait entre mes séjours ici, en mon absence. »

Sa cousine Farah se marie, ce mariage va réunir les deux clans ennemis : les Ayami et les Hokbani qui se partagent les terres de la Vallée des Lazhars. Ayami et Hokbani se jalousent se haïssent, rivalité dont la raison s’est perdue dans la nuit des temps. Les fêtes réunissant ces deux clans se déroulent sous tension. L’hospitalité traditionnelle dicte ses lois, mais la moindre étincelle risque de déclencher la catastrophe.

« Cette hospitalité est notre unique titre de noblesse. Elle nous permet de haïr sans jamais en venir au meurtre. Les Ayami ont cette noblesse, et les Hokbani aussi. C’est ça, être lazhari. »

L’arrivée d’Haroun, disparu depuis 3 ans, frère de la mariée, le cousin préféré d’Amir, va transformer les vacances pour Amir. Fasciné par le jeune homme séduisant, beau garçon, danseur, souvent provocateur, le jeune franco-marocain va retrouver sa place dans les rapports familiaux à la suite de son cousin.

Amir est aussi fasciné par une jeune fille Hokbani, Fayrouz. Il devient le rival d’Haroun amoureux de Fayrouz depuis le lycée. Je vous laisse découvrir cette histoire d’amour sans divulgâcher…

Recherche d’identité pour ces franco-marocains, transmission familiale, histoire d’amour, traditions rurales. Des thèmes forts qui forment la trame de ce roman très agréable à lire.