Crozon et la Maison des Minéraux

CROZON

Marché de Crozon

Crozon est une petite cité  où nous faisons nos courses.

Leclerc est assez éloigné en périphérie, pour les produits de base.  Le centre-ville est tout à fait suffisant pour la semaine : marché et Carrefour-contact ainsi que des commerces traditionnels.

Le marché se tient sur la Place de l’église. C’est un marché des producteurs : trois étals de légumes avec des bottes de carottes, radis, oignons soigneusement disposés. Un poissonnier bien sûr, un fromager propose des fromages de chèvres de toutes sortes. Pains variés. Miel. Un camion-charcuterie. Une roulotte-crêperie. Sans oublier les fraises de Plougastel : un régal pour les yeux et le nez ! le parfum des fraises se répand sur toute la place et me fait oublier les déconvenues récentes en supermarché garriguettes chères et décevantes. Le panier de 250 g est à 3€ presque la moitié des prix franciliens et moins cher que les fraises « bio » espagnoles de Carrefour de l’autre côté de la place 3.99€

Une belle librairie, des banques, une boutique de téléphonie et accessoires. Crozon est commerçante et vivante.

Quand j’entre dans l’église, trois femmes sont affairées avec des chiffons et balais. Bonne odeur d’encaustique. Il y a de quoi cirer : buffet d’orgue tout en bois, bancs…Un autel porte le retable en bois peint des dix-mille martyrs du mont Ararat.

La Maison des Minéraux

Septaria en lumière fluorescente

La Maison des Minéraux se trouve à Saint Hernot sur la route du Cap de la Chèvre. Elle occupe l’ancienne école primaire. L’accueil est très cordial.

La première salle offre une expérience inédite : le bac à sable. Du sable très fin est livré aux visiteurs qui peuvent jouer à modifier le relief, construire des collines ou les araser. Des capteurs de la topographie sont reliés à un logiciel qui fait apparaître les courbes de niveau et les couleurs sur le sable comme sur une carte traditionnelle.

La seconde présente la Géologie de Crozon. Une carte géologique de grande taille permet de saisir la diversité et les accidents géologiques de la presqu’île. L’essentiel des roche est sédimentaire avec un peu de volcanisme ancien, pillow-lavas de volcanisme marin, grès et schistes sont très anciens. Les phyllades de Douarnenez (alternance de grès et de schistes) sont du Briovérien (+ de 600 Millions d’années). Les roches les plus récentes sont du Permien (sauf les alluvions et sables Quaternaires).

spongiaire

Des reconstitutions paléontologiques des fonds marins anciens sont basées sur des fossiles spectaculaires ; je n’ai jamais vu de si belles accumulations de brachyopode et de graptolites ; jolis trilobites. Surprenant : un nodule de 70 cm de diamètre environ avec un cœur de pyrite : des couches régulières ont été accumulées en périphérie ; le résultat est une boule aplatie avec des cercles concentriques. On présente aussi des ripplemarks et des traces de vers.

Collection minéralogique dans la salle suivante. Dans les vitrines on découvre des minéraux provenant de toute la Bretagne : Grenats de l’île de Groix inclus dans une gangue de schistes verts. Amphiboles et staurotides. J’ai surtout été impressionnée par les Roches de Coray : staurotides présentant des macles en croix de Malte ou de Saint André qui ont été source de légendes.

Une belle exposition-photos : Pierres, Feuilles et oiseaux. J’ai surtout aimé les photos géologiques.

roches éclaireées en lumière fluorescente

Enfin, j’arrive dans une salle très sombre. Dans des vitrines de beaux cristaux. Aux murs des pierres grisâtres. Je commence à m’extasier devant les plus beaux spécimens. Mon préféré une septaria (nodule de dessication) très décoratif. La salle s’éteint pour être illuminée en lumière fluorescente : sur le mur les cailloux gris prennent des teintes surprenantes, on croirait un vitrail. Les septarias changent de couleur. Très spectaculaire.

La visite se poursuit en extérieur avec le Jardin Insoli(h)e qui met en scène de très gros échantillons. Un livre est fourni à l’accueil ; le jeu consiste à identifier les différentes installations. Facile pour le Granite rose que je connais bien de Perros Guirec, ou pour la rivière de schiste. Plus difficile pour les amphibolites.

Tour de Camaret

CROZON

L’Office de Tourisme vend des Rando-fiches 1 € plus pratiques que la carte IGN à déplier.

Le tour de Camaret commence au port non loin de la Tour Vauban . Très rapidement le sentier s’engage dans la lande. Avant la pointe du Grand Gouin se dresse un fortin type 1846 daté 1859 qui a été restauré récemment. Des panneaux racontent la construction et la vie des militaires dans le fortin. Ils sont bien faits et précis.

La végétation est rase mais très fleurie. Hier, je n’avais remarqué que la bruyère en fleur, aujourd’hui, je suis conquise par la floraison des Géranium sanguins(détermination PlantNet)roses presque violets accompagnés par les pompons duveteux de Lagurus ovatus (Chaton), les fleurs bleues  peut être Jasione maritima . Il y a une floraison jaune spectaculaire de crucifères probablement de la moutarde.

Géraniums et Chatons

Sur un rocher dominant la mer un homme joue la vigie brandissant un grand drapeau ukrainien.

L’arrivée sur la Pointe de Toulinguet est spectaculaire. Dans la mer des rochers sont percés d’arches, de grottes et le sémaphore au sommet de la pointe, tout blanc brille au soleil. Le sentier descend jusqu’à la route puis escalade une pente raide. Un mur d’enceinte et un grand portail interdisent l’accès : terrain militaire. La vocation de défense de Brest a conduit à fortifier le littoral de la presqu’île à toutes les époques, de Vauban jusqu’au Mur de l’Atlantique.

Pointe de toulinguet

Je descends à la très belle plage de Pen Hat découverte à marée basse. Le sable a une jolie couleur et l’eau est cristalline. Elle forme un rectangle encadré de hautes falaises. Il faut donc remonter par un parcours rocheux escarpé.

A mi-chemin entre la Pointe de Toulinguet et la Pointe de PenHir les drapeaux français, britannique, américain, ukrainien se voient de loin pour annoncer le Mémorial : musée de la Bataille de l’Atlantique installé dans de grands blockhaus. A l’entrée une rangée d’ancres marines accueillent le visiteur. Dominique m’y attend dans le parking. La visite des bunkers ne nous dit rien, en revanche j’ai raté les alignements mégalithiques de Lagatjar et comme la balade à pied est longue Dominique m’y conduit en voiture. 87 menhirs alignés en deux rangées. Impressionnant et en même temps si énigmatique.

Pen Hir

Le sentier vers la Pointe de Penhir est encadré par deux fils de fer : opération de restauration de la végétation très dégradée par les passages, de nombreux sentiers sont fermés. Curieux phénomène : des taches orange s’étendent sur la lande, comme si elle avait été traitée au glyphosate. De bizarres filaments recouvrent les buissons. Peut-être ces filaments sont naturellement oranges ?

Une énorme croix de Lorraine est érigée au sommet de la Pointe : « Aux Bretons de la France Libre ».

Après avoir dépassé le monument je découvre des rochers spectaculaires : schistes gris argentés découpés en éventail. Les  îlots des Tas de Pois qui prolongent la Pointe.

Anse de Pen Hir

On descend sur la Plage de Veryarc’h : un parking se trouve à côté d’un restaurant. La grande plage de Veryarc’h est découverte à marée basse. Eau cristalline, sable très fin. En robe de plage j’entre dans l’eau et marche parallèlement au rivage. L’eau m’arrive à mi-cuisses puis monte encore jusqu’à ma taille. Si j’avais été en maillot j’aurais nagé. Je ne m’attendais pas à une telle température le 5 juin !

Il reste encore 5 km de sentier en balcon jusqu’à Kerloc’h. Après la baignade je n’ai plus très envie de chausser les chaussures de randonnée. On continue donc en voiture mais c’est beaucoup plus long puisqu’il faut repasser par Camaret pour trouver la D8.

La plage de Kerloc’h est plus grande que les précédentes et cette fois-ci je revêt mon maillot.

 

 

 

la Pointe des Espagnols et Camaret

CROZON

Le Fret

Roscanvel : vipérines

Le Fret, notre port d’attache est à 800m du gîte. Alignées sur le quai, les petites maisons bretonnes, certaines blanches d’autres colorées, une plus grande, jaune, clôt la série, perpendiculairement en face du port de pêche. Plus loin, le quai des navettes pour Brest(en saison), vélos électriques en libre-service. De là je découvre une petite plage. Un peu plus loin, l’Ile Longue, base militaire, donc inaccessible. En face, Brest. La seule petite épicerie-dépannage est fermée ce matin.

Roscanvel

Pas plus de courses possibles à Roscanvel, c’est décidé, nous irons au restaurant !

Roscanvel : fontaine et lavoir

 Roscanvel est un village charmant autour de son église Saint Eloi, XVIIème siècle. Ses vitraux modernes, colorés, en verre très épais, surprennent. Ils étaient l’œuvre de Labouret selon la technique originale de dalles de verre cloisonné ciment. Un incendie en 1956 a mis à mal les vitraux originaux qui sont remplacés par des copies. En face de l’église, une pelouse sert d’écrin à une très jolie fontaine (1666) et à un lavoir (1831). Dans l’église, on peut trouver un circuit de promenade de découverte des sources, fontaines et lavoirs autour de Roscanvel. Bordant la pelouse, une belle maison avec un jardin fleuri. Des vipérines des Canaries (Echium pininana) très hautes, très touffues, bleues attirent mon regard. Malheureusement, elles sont à contre-jour et les couleurs ne ressortent pas. La propriétaire surgit et m’invite à entrer dans le jardin pour avoir un meilleur éclairage. « Savez-vous comment elles s’appellent ? – savez-vous combien de temps elles vivent ? – Trois ans » dit la dame –« la floraison va précéder leur mort. Il faudra les arracher. Elles ne font pas de rejet mais se dessèchent. Il faudra recommencer avec des graines ». La dame n’est pas inquiète. Les inflorescences donnent de nombreuses graines. Ces belles colonnes bleues attirent bourdons et abeilles vraiment très nombreux.

De la petite place, partent deux randonnées signalées par des flèches en bois malheureusement pas de balisage visible. Visorando m’oriente sur la route jusqu’à Port Scorff parmi des jardins fleuris et longeant la mer. Puis on quitte la route au Lez pour monter sur l’arête de la Pointe. Je trouve le GR qui chemine en sous-bois, promenade très tranquille. A l’approche de la Pointe je passe à côté des fortins, batteries des fortifications. Mais c’est le chantier : le GR est refait, élargie, sablé, dans le parking de la Pointe de gros engins travaillent. Des grillages interdisent le GR qui conduit à la Pointe. Quelle est la raison de ces travaux ? Souhaite-t-on canaliser les visiteurs, mettre en valeur les fortifications, ou sécuriser le sentier côtier mis à mal à cause de l’érosion ? Aucune explication n’est proposée.

Pointe des Espagnols lavoir de Stiff

Sur l’autre versant de la pointe, le sentier domine une côte très escarpée. La végétation est rase : bruyère très fleurie, fougères-aigles très vertes ? Dans un creux, le sentier passe en sous-bois frais et humide. On a même construit un chemin de planches qui conduit à la jolie fontaine et au lavoir de Stiff aménagé à la fin du XIX ème à l’usage des militaires. Des papyrus et des arums se reflètent dans le miroir d’eau du lavoir. Le sentier remonte ensuite et suit la côte en balcon.

Digitales

A l’approche de Camaret la route passe à côté d’une base militaire en fonction. Décidemment, cette Pointe des Espagnols est très militarisée !

Avant d’arriver à Camaret : la plage protégée par la Pointe Sainte Barbe a un nom étrange La mort anglaise est très accueillante malgré son nom. J’apprendrai après que ce nom correspond à un épisode de la bataille de Camaret.

Camaret

Camaret port, tour Vauban, chapelle

Nous arrivons à l’heure du déjeuner à Camaret. Les terrasses des restaurants sont alignées sur le quai sous un beau soleil. Promesse d’un bon déjeuner. Promesse qui ne sera pas tenue. Impossible de garer la voiture. Impossible aussi de revenir en arrière, le quai est à sens unique. En général, une rue parallèle est en sens unique inverse. Pas à Camaret ! Impossible de faire le tour, il faut retourner dans la campagne. Nous ne déjeunerons donc pas au restaurant mais grignoterons biscuits apéritif et andouille en réserve dans la voiture. Cela donne soif ! Je retourne à pied vers le quai avec l’intention d’acheter une bouteille d’eau minérale dans une épicerie, un bar ou un restaurant. Je suis entrée dans chaque établissement avec cette demande simple : « pouvez-vous me vendre une bouteille d’eau ? »Eh bien non ! Ils ne peuvent pas. Je retourne à notre banc les mains vides. La mauvaise volonté a une excuse : la consigne. En effet, sur chaque table, il n’y a aucune bouteille en plastique, seulement de lourdes bouteilles de verre, sans bouchon. Pas de San Pellegrino, ni d’Evian ou autre « marque ». Château-La Pompe uniquement. Pourtant je milite pour cela. Voici que le boomerang me revient à la figure. Pareil pour la piétonisation ! Si j’avais pris ma gourde peut être me l’auraient-ils remplie ? pas sûr.

Notre Dame de Rocamadour est une jolie chapelle au clocheton décapité par un boulet en 1694 au cours de la Bataille de Camaret, tentative anglo-hollandaise de détruire la flotte française. Un autel peint rappelle cette bataille. A côté de la chapelle se dresse la Tour Vauban.

Après ce déjeuner raté nous retournons à la jolie plage de la Pointe Sainte Barbe . j’ai approfondi mon « longe-côte » en marchant avec l’eau à mi-cuisse. Si le beau temps persiste je me baignerai avant la fin de la semaine !

 

Voyage vers Crozon et arrivée au Fret

CROZON

Le Faou

Voyage facile :autoroute A11 presque vide ainsi que les 4 voies jusqu’à Rennes . Nous quittons la RN 12  à une trentaine de km de Rennes pour la RN 164 qui coupe la Bretagne par le centre . Le plus souvent, la route en 2×2 voies (pas toujours) évite les bourgs et les villages. On devine les grandes installations agro-alimentaires, usines et hangars à camions, leur emprise n’est pas négligeable.

Pour acheter le pique-nique, nous quittons la grande route à Mûr-de- Bretagne, village pittoresque, avec sa grand église (en restauration), ses maisons de pierre bâties autour de la place et quelques commerces : un fleuriste croûle sous les rosiers, corbeilles et bouquets (c’est la fête des mères). Chez le traiteur-charcutier-pâtissier, trouvons le déjeuner : une tourte au saumon excellente et une croûte à thé (gâteau aux amandes et pistaches). Pour le carburant, il n’y a aucune station-service entre Rennes et Châteaulin, encore un détour, par Carhaix. A Châteaulin : une fourchette au sud : Quimper, nous prenons vers le nord, Brest et Crozon (Rn 165). Depuis un moment l’Aulne serpente non loin de la route ; appelée aussi, la rivière de Châteaulin, c’est un petit fleuve de 144 km qui se jette dans la rade de Brest.

Le Faou : maison à encorbellement

Pause sur le port du Faou au pied de l’église Saint Sauveur XVIème siècle, dont le fin clocher ajouré est coiffé d’un dôme. Son architecture est complexe. Autrefois un enclos paroissial avec un cimetière ont été déplacés lors d’une épidémie de choléra. Le village du Faou est tout à fait charmant :  maisons de granite et maisons à pans de bois à encorbellement recouvertes d’écailles d’ardoises. Village touristique : la rue principale est animée avec les terrasses des restaurants. Le long de la grève, un panneau explique l’action menée pour contrer l’invasion par la spartine, plante invasive importée d’Amérique par les eaux de ballast des navires au 19ème siècle. Elle fait disparaître la flore de pré-salé et accélère l’envasement de la rade. On dispose des bâches tenues par des dalles pour étouffer la spartine.

Belvédère de l’Aulne

Au-dessus du Faou une route grimpe la colline au Belvédère de Rosnoën d’où le panorama sur un méandre de l’Aulne est spectaculaire. Le Pont de Tenerez – élégant pont moderne haubané – enjambe l’Aulne.

Argol : enclos paroissial

Arrêt-photo à Argol pour admirer l’enclos paroissial.

Enfin la mer !

A Telgruc – sur- mer, pique-nique sur le parapet bordant la belle plage de Trez Bellec. En robe de plage, j’entreprends un « mini-longe-côte », pieds nus, l’eau au-dessus du genou étonnamment tiède jusqu’à la Pointe de Bellec.

Le Fret

Le Fret

16h, comme prévu, arrivée au gite au Fret. C’est un studio en rez de chaussée dans un groupe de maisons neuves un peu biscornues (œuvre d’un architecte) Le studio, petit et discret, s’ouvre sur un jardin merveilleux. La pelouse légèrement en pente se trouve sous de très beaux chênes, elle est plantée de quelques arbres fruitiers et ornées de massifs fleuris. Les roses sont à leur meilleure saison et embaument, des artichauts graphiques les accompagnent. Les acanthes sont aussi fleuries. Devant notre porte, une petite table ronde et des rosiers jaunes et rouges. C’est là que je m’installe pour écrire. Dans le studio, tout le confort moderne, télévision, Wifi mais un clic-clac tient lieu de lit. Le coin cuisine occupe tout un mur percé d’une belle baie ensoleillée l’après-midi. Séparant chambre et cuisine : un lit-cage breton avec un coffre, c’est plus joli que les placard modernes et il y a du rangement. Un buffet sculpté complète le décor breton.

Gîte Le Fret : jardin

L’installation est laborieuse. J’ai plus envie de profiter du jardin ensoleillé que de défaire les valises.

 

 

Un plat de porc aux bananes vertes – Simone et André Schwarz-Bart

LITTERATURE ANTILLAISE

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A la suite de mes lectures de Nous n’avons pas vu passer les jours  de Simone Schwarz-Bart et Yann Plougastel et du Dernier des Justes j’ai eu envie de lire cet opus au titre étrange (étrange pour un juif écrivant un livre se basant sur la tradition talmudique de donner un titre pareil) et écrit à quatre mains avec Simone, sa femme, guadeloupéenne. Toutefois le livre Nous n’avons pas vu passer les jours , m’avait appris qu’André avant même de connaître Simone parlait le Créole et éprouvait de l’empathie pour les Antillais et la  tragédie de l’esclavage. 

Empathie pour ceux dont on  piétine la dignité dans les chaînes de l’esclavage ou dans la Shoah. Les auteurs vont, dans le Paris des années 50 trouver Mariotte, martiniquaise, à l’hospice  situé derrière Notre Dame des Champs, un mouroir où les vieillards sont logés en dortoir et numérotés selon la position de leur lit. Mariotte est N°14. Humiliation de la vieillesse.

« Il y avait quelque chose de si affreusement cocasse dans le spectacle de Mlle Giscard, affalée sur le trône, sa
jupe retroussée jusqu’au croupion, et faisant claquer sur son bec de corneille posthume ces paroles absurdes qui
ne laissaient jamais, néanmoins, de me toucher, comme le rappel d’une indignité métaphysique… Oui, de si lointaines distances – quasi astrales – séparaient la personne physique de Mlle Giscard ; la posture dans laquelle un sort méchant la surprenait (comme assise sur les décombres de la dignité laïque, gratuite et obligatoire) « 

Le livre s’ouvre sur des histoires de pots de chambre et de cabinets . Dégradant! Ce n’est pas un livre aimable. Les autres pensionnaires ne sont guères plus avenants. Mesquineries et vacheries. Le comble de la mesquinerie est la paire de lunettes indispensable à Mariotte prêtée par une vieille qui ne s’en sert plus, sauf pour imprimer sa domination sur Mariotte.

Mariotte convoque ses souvenirs en Martinique, elle raconte la mort de sa grand mère Man Louise, la visite en prison au compagnon de sa mère…Ces souvenirs sont vivaces et la hante. J’ai beaucoup aimé ces pages ainsi que celles qui évoquent les saveurs des plats antillais : d’où le titre du roman.

Mais, le lendemain, il redevenait d’autant plus redoutable que son jeu préféré était précisément de défaire le « jeu » des uns et des autres : les masques derrière lesquels nous essayions, tant bien que mal, de nous mettre à l’abri des mille Martinique qui se déchiraient sur un même bout de terre, dans une même cage aux grilles aussi insaisissables que le ciel… Martinique aux multiples races engagées dans un corps à corps incessant, où les armes du sexe sont forgées dans l’acier du mépris ! Oh, Martinique tout engluée dans les fils insidieux de l’esclavage, telle une larve encore indistincte de son cocon !… Martinique secrètement infernale, où chacun offrait (offre ?) à tous l’envers de sa douleur : son masque, son bouclier presque toujours illusoire ; son « jeu »,
comme nous disions, pour désigner l’étrange partie où chacun est engagé pour éviter les atteintes d’autrui, et – le mépris de soi […]

On ne pouvait le situer à aucun degré de cette échelle du mépris qui se dresse au-dessus de l’île, telle une tour de Babel lentement accumulée par des siècles d’écrasement et de Crime. D’un mot, il arrachait un barreau. Il disait par exemple : Le Blanc méprise l’Octavon, qui méprise le Quarteron, qui méprise le Mulâtre, qui méprise le Câpre, qui méprise le Zambo, qui méprise le Nègre, qui méprise sa Négresse, qui méprise le Z’indien, qui méprise sa Z’indienne, laquelle… frappe son chien, ha ha ; et moi Ray Raymon Raymoninque, je vous regarde tous et je ris en moi-même ; et si vous me demandez qui est mon frère de sang, je vous dis que c’est le chien !

Je m’attache au personnage étonnant de Mariotte dont on ne connaît pas son parcours, mais qui est lettrée et écrit ses mémoires sur des cahiers qu’elle cache soigneusement, d’où l’importance des lunettes.

Malgré certains aspects repoussants ce livre est plein d’humanité et je garderai Mariotte en mémoire.

Songlines : Exposition au Quai Branly

AUSTRALIE

Exposition Temporaire jusqu’au 2 juillet 2023

Yarrkalpa : terrain de chasse

Songlines est un mythe fondateur des Aborigènes d’Australie, que l’on peut comparer à l’Odyssée ou à la Genèse.

les sept soeurs assises

Ce récit fondateur n’est pas transcrit sur un texte écrit, même pas sous forme de poème lyrique, il a donné lieu à des représentations plastiques, fresques, tableaux, sculptures réalisées par des femmes principalement dépositrices de la tradition que l’on peut connaître grâce à la vidéo

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Ces 7 soeurs mythiques fuient à travers l’Australie un sorcier qui veut les piéger. Ces 7 soeurs sont assimilées aux 7 étoiles de la constellation des Pléiades. Elles ont laissé des traces « chemin du rêve » à travers le continent.

la traversée de l’Australie par les sept soeurs

leur voyage comporte des haltes où elles se concertent, se métamorphosent, cherchent des sources, de la nourriture, des remèdes. A travers le continent elles changent de langue et même volent.

Songlines le chemin du rêve

nous allons donc les suivre à travers des peintures pointillistes où l’on peut les repérer assises, endormies, dansantes. Chaque tableau pointilliste est aussi une cartographie qui permet de transmettre un savoir, de donner des indications sur la végétation, l’emplacement des dunes, des sources ou de grottes .

 

Une cellule carrée permet de voir la réalisation d’une œuvre collectives par 5 ou 6 femmes assises par terre, chacune se chargeant d’une zone du tableau. En parallèle on voit la végétation du bush, les récoltes, les brûlis.

Songlines nous conduit dans une grotte Cave Hill décorée de peintures rupestres. Une expérience immersive dans un dôme nous conte le voyage des 7 soeurs, nous immerge dans la peinture rupestre et finalement nous montre le trajet des étoiles de la Constellation d’Orion. je suis toujours réticentes à ce genre d’expériences qui ne sont que des projections sur le plafond les murs et le sol. Dans ce cas précis c’est tout à fait réussi d’autant plus que cela permet de rassembler les parcours et de mieux appréhender l’histoire. 

Peau noire, masques blancs – Frantz Fanon

CARNET DES ANTILLES

Après des lectures antillaises, esclavage, décolonisation . Simone Schwarz-Bart, Maryse Condé, Chamoiseau, Glissant, Césaire. Après la visite à l’exposition Senghor au Quai Branly. Avec toutes les polémiques autour du mouvement « woke »(pas « wokisme » qui est un concept d’extrême droite). Après un demi-siècle qui nous sépare de l’esprit de 68. J’ai eu envie de revenir à Fanon que j’ai lu en découvrant la Librairie Maspéro, rendez-vous des soixante-huitards. J’ai perdu le joli volume de la petite collection Maspéro. Je me souviens des Damnés de la Terre, de la Révolution Africaine. A l’époque c’était plutôt la décolonisation, la suite de l’indépendance de l’Algérie. Je tenais Fanon pour un politique.

Aujourd’hui que reste-t-il de ses écrits?

J’ai donc téléchargé Peau noire, masques blancs que je n’avais pas lu autrefois.

« C’est un fait : des Blancs s’estiment supérieurs aux Noirs.

C’est encore un fait : des Noirs veulent démontrer aux Blancs coûte que coûte la richesse de leur pensée, l’égale puissance de leur esprit. »

Première surprise : je ne savais pas que Fanon était médecin, psychiatre, psychanalyste et que cet essai était son mémoire de thèse. J’ai été désarçonnée par ce vocabulaire spécifique auquel je suis bien étrangère.

« Cet ouvrage est une étude clinique. Ceux qui s’y reconnaîtront auront, je crois, avancé d’un pas. Je veux
vraiment amener mon frère. Noir ou Blanc, à secouer le plus énergiquement la lamentable livrée édifiée par des
siècles d’incompréhension. »

Peau noire, masques blancs est donc un ouvrage se référant à la psychanalyse, analysant des cas cliniques, le rapport au langage, la culture

« Tout peuple colonisé – c’est-à-dire tout peuple au sein duquel a pris naissance un complexe d’infériorité, du faitde la mise au tombeau de l’originalité culturelle locale se situe vis-à-vis du langage de la nation civilisatrice, c’est-à-dire de la culture métropolitaine. »

C’est un livre très sérieux bourré de références à Sartre, Hegel, Adler, Jung. 

Il fait une analyse de romans mettant en scène des couples mixtes Blanc/Noire comme Mayotte Capecia ou les travaux anthropologiques d’O. Manonni à Madagascar. Il faut s’accrocher même si certaines lignes ne manquent pas d’humour : 

« Il y a une trentaine d’années, un Noir du plus beau teint, en plein coït avec une blonde « incendiaire », au moment de l’orgasme s’écria : « Vive Schœlcher ! »

Son analyse du racisme fait beaucoup appel à Sartre et à la Question Juive ainsi que son Orphée Noir. 

Effet miroir de ma lecture récente d’André Schwarz-Bart en  empathie pour les Antillais, Fanon, martiniquais, écrit à propos de l’antisémitisme:

« L’antisémitisme me touche en pleine chair, je m’émeus, une contestation effroyable m’anémie, on me refuse la possibilité d’être un homme. Je ne puis me désolidariser du sort réservé à mon frère. »

j’ai soutenu l’effort, sachant que je ne comprenais pas tout, j’ai terminé cet ouvrage. Les pages que j’ai préférées cependant ne sont pas de Fanon mais de Césaire dont les poèmes illustrent ses propos. 

Difficile de répondre à la question initiale : ces écrits sont-ils encore d’actualité, après les Indépendances, Black lives matter? En tout cas les théories de Marie Bonaparte sur les phantasmes de viol et les éventrations sont illisibles après Meetoo! 

Terminons par cette affirmation toujours actuelle :

« Chaque fois qu’un homme a fait triompher la dignité de l’esprit, chaque fois qu’un homme a dit non à une
tentative d’asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte. »

 

 

 

Le Dernier des Justes – André Schwarz-Bart –

HOLOCAUSTE

Chagall – Exode

A la suite de Nous n’avons pas vu passer les jours – de Simone Schwarz-Bart et Yann Plougastel, j’ai voulu retourner  au Dernier des Justes qui a valu à Schwarz-Bart le Prix Goncourt 1959. Lire  après 64 ans et une série de témoignages, essais et romans sur l’Holocauste. 

« Sommes-nous des Justes pour vivre avec le couteau devant les yeux ? Savez-vous quoi, cher monsieur
Grynspan, parlons plutôt de quelque chose de gai : quoi de neuf sur la guerre ? »

Le terme de Juste parmi les nations est usité aujourd’hui

Cette appellation désigne les non-Juifs qui ont risqué leur vie pour soustraire des Juifs aux persécutions des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

pour Schwarz-Bart , »Justes » est employé dans une autre acception : celle de la tradition talmudique des lamed vaf ou les 36 Justes cachés (Tzadikim nitzarim) dont l’existence garantit la survie du monde.

« l’antique tradition juive des Lamedwaf que certains talmudistes font remonter à la source des siècles, aux temps  mystérieux du prophète Isaïe. Des fleuves de sang ont coulé, des colonnes de fumée ont obscurci le ciel ; mais  franchissant tous ces abîmes, la tradition s’est maintenue intacte, jusqu’à nos jours. Selon elle, le monde  reposerait sur trente-six Justes, les Lamed-waf que rien ne distingue des simples mortels ; souvent, ils s’ignorent  eux-mêmes. Mais s’il venait à en manquer un seul, la souffrance des hommes empoisonnerait jusqu’à l’âme des  petits enfants, et l’humanité étoufferait dans un cri. « 

C’est une longue histoire qui commence en Angleterre, dans la ville de York le 11 mars 1185 quand le vieux rabbin Yom Tov Levy poignarda ses coreligionnaires assiégés dans une tour, plutôt que de se rendre. A chaque génération, un descendant de Yom Tov Levy poursuivit cette tradition : Salomon Levy, en 1240 à Troye fut brûlé sur le bûcher, son fils Manassé retourna en Angleterre poignardé… après l’expulsion des Juifs d’Angleterre, la famille Levy gagna le Portugal, puis Toulouse … En Espagne Matatias mourut sur le bûcher. Longue série d’expulsions, persécutions, avec la fin tragique d’un Lamed vav à chaque génération. Histoire des Juifs à travers l’Europe, histoire d’exils, de pogroms…Par la Bohème, la Pologne, la Russie, la dynastie des Levy maintient la tradition.

On les retrouve à Zémyock,  dans le Schtetl, nombreux, respectés

« les juifs de Zémyock s’obstinaient à croire que le temps des hommes s’était arrêté au Sinaï : ils vivaient non sans grâce le temps de Dieu, qui ne s’écoule en aucun sablier »

Vers la fin du XIX siècle, il fut question de Palestine, d’Amérique. L’auteur s’attache à une branche de la famille : Mardochée, le colporteur et sa femme Judith et leurs enfants voient leur univers bouleversé en 1915 quand les Juifs prirent l’uniforme des armées belligérantes

« les Juifs se tuent entre eux! Malédiction! »

Après la guerre, la révolution, l’Ukraine à feu et à sang, les Cosaques déferlent sur Zemiock.

Nouvel exil, Benjamin choisit l’Allemagne et fait venir ses parents Judith et Mardochée à Stillenstadt où naitront ses enfants, et parmi eux, Ernie, le dernier des Justes, qui voit monter l’antisémitisme et le pouvoir hitlérien. Fuite in-extremis en France.

Ernie aurait pu s’en sortir. Engagé dans l’armée française, il débarque en zone libre. Il préfère rejoindre ses parents à Paris, se fait admettre à Drancy pour suivre son amoureuse. Le Dernier des Justes sera gazé dès son arrivée à Auschwitz.

Fin de la légende? Fin d’un monde?

 

 

Nous n’avons pas vu passer les jours – Simone Schwartz-Bart et Yann Plougastel – Grasset

« L’histoire démarre donc de cette façon : Il était une fois une Noire farouche et un petit Juif solitaire, qui vécurent longtemps ensemble, eurent deux garçons et écrivirent une demi-douzaine de romans, sans voir le temps passer… » YANN

C’est l’histoire d’un couple d’écrivains qui ont su conjuguer leurs souvenirs, leurs talents pour bâtir une œuvre singulière. André Schwartz-Bart, survivant de l’Holocauste, résistant tout juste adolescent, lauréat du Prix Goncourt 1959 pour Le Dernier des Justes auteur de La Mulâtresse Solitude.

Simone Schwartz-Bart, Guadeloupéenne, riche de toute la tradition familiale, des contes de sa Grand-Mère, a rencontré l’écrivain toute jeune étudiante, à la veille du Goncourt. C’est une belle histoire d’amour. Histoire d’écriture aussi : elle co-signe Un plat de porc aux bananes vertes avec son mari puis construit une œuvre à part entière avec Pluie et vent sur Télumée Miracle et Ti-Jean L’Horizon que j’ai lu avant de partir pour la Guadeloupe. 

André et Simone Schwartz-Bart fréquentaient de nombreux écrivains, poètes, militants, anciens résistants à Paris que j’ai eu plaisir à retrouver. Ils ont aussi beaucoup voyagé : à Lausanne, Dakar, en Guadeloupe. Chez eux, ils ont ont des tableaux d’origines diverses. Une vie bien remplie!

Ce livre vient de la rencontre de Yann Plougastel avec Simone Schwartz-Bart qui a retrouvé des notes, manuscrits papiers qu’a laissé André après son décès. De belles citations proviennent de ces écrits. Elle dresse un portrait très émouvant de son mari. 

Cependant leur vie ne fut pas toujours facile. De nombreuses déconvenues et scandale ont suivi les publications : dès l’obtention du Goncourt, jalousies d’éditeurs qui voyaient couronner un auteur plus chevronné. Plus tard, il ne fut pas toujours compris :  certains juifs voyaient avec déplaisir un écrivain juif sortir Un plat de porc avec des bananes vertes. Inversement  certains Antillais voulaient attribuer la biographie de l’icone Solitude à Simone plutôt qu’à André. On comprend ces difficultés à la lumière des revendications identitaires actuelles. Serait-ce possible aujourd’hui?

 

« Il ne faut jamais oublier que la douleur juive provient de l’exil et de l’esclavage en Égypte. Nous avions cela en
commun, lui et moi, l’exil et l’esclavage. »

et je me disais : voilà des gens qui me ressemblent, car je viens du pays de la souffrance. Oui, je pense vraiment
que la souffrance est peut-être le secret le mieux gardé des humains, parce que le mieux partagé. « Les peuples
nés de l’esclavage et de l’exil n’oublient pas la souffrance, même quand ils l’oublient. »

Blessé, André a cessé de publier, pas d’écrire, il ne faisait que cela, mais il détruisait ses notes. Simone a diversifié ses activités, organisant une maison d’hôtes dans la maison familiale. 

J’ai beaucoup aimé ce livre que je n’arrivais pas à quitter, admirative pour l’ouverture d’esprit de ces deux écrivains, universalisme de la souffrance, holocauste ou esclavage et colonisation. Mémoire de l’humanité sans exclusive.

Ici les lions – Katerina Poladjan – Payot et Rivages

LIRE POUR L’ARMENIE

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« Hic sunt leones, écrivait-on dans les temps anciens sur les zones blanches des cartes. »

Sur la recommandation de Pamolico-Ceciloule j’ai eu envie de faire un petit tour à Erevan d’où j’ai gardé un excellent souvenir. 

Il n’y a pas de lions dans le roman de Katerina Poladjan, ni en Arménie actuelle, mais il y a des lieux inconnus à découvrir, des lieux de mémoire que l’héroïne du livre, Helen, d’origine arménienne va découvrir. 

Helen Mazavian, comme l’écrivaine, est née à Moscou.  Elle ne parle pas l’arménien, mais le Russe, cela aide!

bataille entre les Perses et les arméniens au matanadaran 

Elle est restauratrice de livres anciens et fait un stage pour réparer une « bible de guérison » et apprendre les techniques de reliure arméniennes. Dans la culture arménienne, le rapport aux livres et aux livres anciens est très important. le Matanadaran – musée des livres arméniens – est le premier musée que notre guide nous a fait visiter à Erevan. Elle va être accueillie par l’équipe de restauration des livres et sera intégrée à la vie sociale arménienne. Rien à voir avec une visite touristique, même l’Ararat écrasant de présence physique et symbolique, elle ne le verra qu’accessoirement, au bout de quelques temps seulement. 

Sa mère, arménienne, l’a chargée d’une photo de famille, afin de reprendre contact avec ce qui reste de sa famille. Ce retour aux sources l’emmènera dans des villages, virées en taxi avec un chauffeur obligeant dont finalement nous ne saurons pas grand-chose. Agréable aperçu de la vie quotidienne des Arméniens, mais je reste un peu sur ma faim.

J’ai beaucoup aimé tout ce qui concerne le métier de restauratrice de livres ancien, l’enquête qu’Helen mène autour de cette bible de guérison. A qui a-t-elle appartenu? quel périple à travers la Turquie ottomane, la Russie? Les indices sont minces: notes dans les marges, dessins, pages manquantes…

En revanche, je me suis lassée des histoires sentimentales compliquées : rencontres avec un soldat engagé au Karabagh, réfugiée syrienne, compagnon resté en Allemagne joint par Skype.

Une lecture agréable . Si vous comptez découvrir le pays, feuilletez plutôt un guide touristique. Si vous aimez les livres anciens, ce livre est pour vous.