Athènes Keiramikos, Agora, Lycabette

Pâques aux Météores et une semaine au Pélion

 

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J’avais conservé un excellent souvenir du Keramikos, cimetière  situé hors des murs de la ville antique, sur la route de]Panathénées ; calme et fraîcheur du petit ruisseau d’Eridanos, dans la chaleur de juillet. Nous suivons le même chemin, touché par les modernisations des Jeux olympiques. Un grand drapeau de l’Europe flotte sur Gazi. L’ancienne usine à gaz aménagée en espace  culturel avec des halls d’expositions, des salles de spectacle est maintenant un lieu branché. J’aurais bien aimé y faire une visite.

La rue Ermou le long du métro aérien, a été transformée en promenade piétonnière moderne avec pelouses et massifs, neuve proprette. Le marché aux puces est presque incongru. On dirait que mobylettes, tricycles, triporteurs et autres engins grecs salissent la rue. L’entrée du Keramikos a été rénovée ainsi que le petit musée vieillot. Un groupe de scolaires rassemblé autour de leurs professeurs ne nous dérange pas trop.

Kéramikos

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Nous retrouvons l’allée des tombeaux : le taureau énorme dressé sur sa stèle haute domine les édifices. A ses pieds, la chienne Molosse. Nous ne résistons pas à la tentation de photographier à nouveau Charon dans sa barque sur la stèle de Lysimachides, regardant les quatre compères banqueter. La jeune Hégeso, fille de Proxenos, assise choisit un bijou dans un coffret que lui tend sa servante. Après la visite aux stèles les plus luxueuses, nous jouons à notre traditionnel jeu de piste : « chercher les monuments disparus d’après les plans de nos guides et les indices… reconstitution mentale de la ville. » Trois axes permettent de s’orienter : la Via sacrée, le Dromos et le petit canal de l’Eridanos. Dans l’herbe, de très grosses tortues craintives fuient avec une célérité surprenante. A l’entrée de la ville, le Dromos, la route principale passe par un poste de garde fortifié : le Dipylon. Nous avions longuement cherché ce monument quasi disparu, j’étais perplexe, n’ayant pas fait le rapprochement avec les Propylées. Le Pompéïon, ne nous avait laissé aucun souvenir, c’est un grand édifice bâti autour d’une cour à péristyle destiné à la préparation des processions. Nous découvrons à proximité une vaste fontaine de marbre. Enfin, les murailles de Thémistocles passent à travers le site.

Musée du Keramikos

La visite du musée est un enchantement. Les vieilles vitrines poussiéreuses ont été remplacées par une exposition moderne. Un pavillon au plafond vitré et au sol dallé de marbre abrite l’original du grand taureau de Dionysos Kolitos. Le marbre blanc a un grain  fin, brillant, presque translucide conférant un charme étonnant à l’animal massif. Dans un coin, des oliviers dans des jarres et des lécythes complètent la décoration soignée. Les statues sont à leur avantage. Le pentathlète barbu a un profil oriental. Lions et sphinx gardent le domaine des morts.
Les plus beaux objets antiques, bijoux, céramiques, proviennent des tombes. Dominique utilise une expression méprisante qualifiant les « musées des pots cassés » qui ne correspond en rien à ce qui nous est offert à la vue : finesse des décors géométriques tout d’abord, figuratifs plus tard. Variété des formes. Je découvre un objet qui m’avait échappé : le pixis, sorte de boîte cylindrique très plate possédant un couvercle orné, ici des chevaux de céramique. Les vases classiques m’enchantent avec tous leurs détails minutieux où l’on reconnaît Dieux et Héros de la Mythologie. Je fais une visite de révisions en m’attachant à lire les panneaux explicatifs. Toute l’histoire politique vue par la lorgnette des techniques funéraires. Prospérité de la ville, ostentation des nouveaux riches. Des lois ont dû être instituées pour protéger la démocratie et remettre un peu d’égalité au cimetière. Les guerres athéniennes ont aussi marqué : les héros tombés au combat se retrouvent dans une tombe commune, le Demosion Sema. Les pestes, enfin, dictèrent leur tribu…

Agora

Comme il y a six ans, nous poursuivons notre promenade dans l’Agora. Alors, le grillage près du Keramikos était en piteux état et nous étions entrées sans billet derrière le temple d’Héphaïstos. Nous empruntons aujourd’hui sagement la promenade aménagée le long du métro, très animée ce dimanche matin avec le Marché aux Puces. Les terrasses des cafés sont bondées avec surtout des Grecs et quelques touristes. Nous entrons donc par la voie des Panathénées qui fait face à l’Acropole, puis nous bifurquons devant les statues géantes romaines du Gymnase. Nous nous reposons sur un banc au pied de l’Héphaïstéion qui a belle allure au sommet de son éminence encadré de verdure.  Il rayonne, tout blond sous le soleil. Il faut se retenir pour ne pas faire trop de photos.

    Devant la Tholos et le Bouleutérion, nous révisons les coutumes et les lois de la démocratie athénienne, les magistrats tirés au sort, le déroulement des élections, les représentants des dèmes, les assemblées…le Monument des Héros éponymes servait de panneau d’affichage- ou de B.O. – je l’avais oublié – . Nous ne négligeons aucun temple, des débuts de l’Agora jusqu’à la période romaine tardive. Les édifices les plus récents datent du Vème siècle après JC – dix siècles après la période classique !

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En dehors de l’aspect archéologique, l’Agora offre une promenade bien agréable, verte et ombragée avec des échappées étonnantes sur l’Acropole. Il serait agréable de s’y installer tout simplement pour dessiner, écrire lire ou regarder les oiseaux et les tortues…
Je retourne visiter le musée installé dans la Stoa d’Attale. Attale, roi de Pergame offrit aux Athéniens une longue galerie clôturant l’Agora à l’Ouest. Le bâtiment a été reconstruit en marbre blanc couvert de tuiles à l’antique. Les architectes ont mêlé tous les ordres : dorique, ionique, corinthien et même égyptien dans les colonnades. Le seul défaut, c’est cet air « tout neuf ».

Nous avons déjà visité un beau musée, je parcours celui-ci avec moins d’attention,  focalisant mon intérêt sur les tessons d’ostracisme (avec le nom de Thémistocle) « la machine à tirer au sort » : une plaque de marbre avec des encoches pour de petites plaques et un  conduit pour les boules noires ou blanches, la clepsydre de six minutes (sorte de pot de terre avec un trou que l’on peut boucher) limitant le temps de parole des orateurs.

Une surprise à l’hôtel : la terrasse

Nous rentrons à l’hôtel en traversant Monasteraki où je mange mon premier giropita des vacances. Quand je rentre très fière de mon « plat de la mer, calamars, frites », Une surprise pour moi : « prends ton dessert ». je suis un peu déçue de l’accueil réservé aux calamars. Dans l’ascenseur de service, je devine : la terrasse. Sur le toit, au 9ème étage, la terrasse a été aménagée avec un bar, de petites tables rondes, des fauteuils confortables avec vue sur l’Acropole d’un côté, de l’autre le Lycabette, derrière, le Pirée et  les îles. La vue est superbe. Cela donne du lustre à l’hôtel Economy. En plus, la terrasse est pour nous toutes seules. La réceptionniste a déverrouillé en secret l’ascenseur et personne ne viendra nous déranger.

Lycabette en taxi

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Nous hélons  un taxi. Celui qui s’arrête est muni de revues de luxe. Le chauffeur fait mine de mettre le compteur, il sort une revue et commence un baratin en appuyant sur un bouton secret. Il résulte de son  explication que le funiculaire coûte 36€, avec une course à 30€ nous ferions même des économies. J’ouvre la porte au feu rouge à Omonia et déguerpis,  Il nous rappelle : « Combien pouvez-vous payer ? »Je ne réponds même pas. .   Justement un taxi jaune passe et s’arrête à notre hauteur. Au compteur 1.95€ + 0.90 centimes de supplément pascal affiché au tableau de bord.
La route est en travaux, le taxi nous laisse dans les pins puis le chemin s’élève entre les agaves et les buissons. Nous nous arrêtons à chaque tournant pour admirer le panorama. Puisque le Lycabette est visible de la terrasse de l’hôtel, nous devons voir celui-ci. En dessinant, j’ai repéré une coupole argentée toute proche que nous trouvons au-dessus du toit de la Banque de Grèce, bâtiment néo-classique imposant que j’avais d’abord confondu avec l’Hôtel de Ville.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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