Le Caire : Arrivée et Khan Khalili

EGYPTE 2008/ Retour au Caire

 

En 2002, nous étions arrivées au Caire en pleine nuit et avions traversé très rapidement Héliopolis et Le Caire. Aujourd’hui le trafic est très dense.

Le voyagiste de Sylvia Tours venu nous accueillir, se plaint des embouteillages :

–    « savez vous qu’il y a 3 millions de voitures au Caire ? »
–    « pour combien d’habitants ? »
–    « 19 millions »
–    « C’est énorme ! »

On ressent physiquement cette pression démographique avec la horde de voitures qui n’avancent pas et la foule compacte sur le trottoir. Et encore, nous sommes Vendredi, 14 heures ! La prière vient de se terminer et c’est l’heure de la sieste.

On  reconnaît les boutiques de chaussures et de vêtements de Kasr en Nil. On soulève pour nous les chaînes de la rue piétonnière qui mène à l’Hôtel Cosmopolitan. Extérieurement, l’hotel a vraiment très belle allure avec ses mosaïques Art Déco, ses corniches et ses colonnes. Le porche a perdu sa belle porte à tambour. Les vitraux sont tapissés de papier journal. Le lobby a gardé son lustre de cristal et sa belle glace. Avec la poussière qui s’accumule sur les fleurs de tissu des bouquets, il semble en voie de tiers-mondisation avancée. A la place des grands chasseurs nubiens en veste rouge, des ouvriers coiffés d’une calotte blanche se prélassent dans les fauteuils du lobby au milieu des perceuses et des fils électriques. L’ascenseur d’époque est essoufflé. Il ménage des arrêts inattendus avant d’atteindre le 4ème. La chambre est toujours belle, haute de plafond meublé de bois très foncé avec des lampes de laiton ciselé et ses grandes tentures vertes. Le petit frigo fonctionne, la télé aussi ainsi que la clim. La literie est parfaite.

Que visiter cette après midi ?

Nous avions prévu une ballade sur le Nil en ferry public
– « l’autobus », selon Magdy de Sylvia.
Le service s’arrête à 18heures et l’arrêt n’est plus à Maspero. Trop juste !

En remplacement on se décide pour un tour au Khan Khalili.
Taxi « ten pounds ». Le chauffeur nous commente les statues équestres des places « Ibrahim Bacha » (qui est ce ?). Après avoir dépassé El Azhar, le taximan stoppe le véhicule au milieu de la circulation et arrête le flot des voitures pour nous permettre de traverser. Nous avons eu un certain entraînement à Naples et à Saïgon mais au Caire, c’est pire. Les feux ne sont là que pour la décoration, les très nombreux policiers n’esquissent pas un geste.

Mosquée Sayedna el Hussein

Devant la Mosquée Sayedna El  Hussein, le jardin public et la place sont bondés aujourd’hui vendredi. Sur les pelouses, les femmes sont assises par groupes. Les enfants jouent. Les terrasses des cafés sont pleines : des touristes – bien sûr – mais pas tellement. Des femmes en famille,  voilées pour la plupart, mais assises, au café, avec leurs enfants. Nous avons du mal à trouver une place assise pour lire Gallimard et Voir. La mosquée El Hussein paraît trop neuve pour nous attirer. D’ailleurs, elle est interdite aux non -musulmans. Par les fenêtres nous voyons lampes, colonnes et ventilos. Nous contournons la Mosquées à l’opposé du souk par une rue tranquille.

Passant sous une arche nous découvrons un monument magnifique rouge avec des arcades et des ornements. La pancarte est en arabe : nous ne saurons pas  ce que c’est.

Même le vendredi les échoppes sont ouvertes et les artisans, à leur ouvrage. Dans les  boutiques, se vendent des balances de toutes sortes, modernes pour la plupart. Dans les ateliers, on travaille le cuivre. Sur le trottoir, d’imposants pinacles de mosquées avec pointes et croissant se tiennent, en cours d’exécution. Nous voyons aussi des étalages de cylindres de laiton ou de cuivre, des rondelles de diamètres et d’épaisseurs variées.

Puisqu’on ne vend pas de souvenirs pour les touristes nous déambulons sans être importunées et débouchons face au complexe du sultan Qalaoun facile à reconnaître avec son portail gothique normand rue Cham Mouizz el Din.

Collection de minarets

Dans cette rue, l’œil est sollicité par une foule d’éléments architecturaux. Les minarets présentent des variétés incroyables. Nous nous appliquons à les photographier. Dans le contre-jour, ce n’est pas facile. L’un d’eux est hérissé de bâtons, à quelle mosquée appartient il ? Un autre est de style fatimide, plus trapu, aux volumes compliqués. Ceux d’El Hussein sont très hauts. Au loin, on reconnaît ceux d’El Azhar, si travaillés, si élégants.

Visite guidée au Palais Bechtak

Les yeux vers le ciel, on oublierait de regarder les murs couverts de calligraphie, les colonnes antiques qui bordent le bâtiment. Est-ce une madrasa ? Un hôpital ? Où est le mausolée ?

Il faudrait un guide pour retrouver le fil au milieu de toutes ces splendeurs. Justement, il s’en présente un : un homme plutôt gras, en chemisette bleue collée à sa bedaine, parlant Français :

–    « J’ai la clé ! »

Il brandit sous mon nez un trousseau, ouvre notre guide Gallimard et nous montre le Palais Bechtaq. Pourquoi pas ? Je le suis tandis qu’il arpente à grand pas la rue. Dominique peine à le suivre, elle nous attendra sur les marches d’une construction turque : le Sabil Koutab Abd El Rahman 1744. Le guide autoproclamé a une très haute opinion de lui-même :

–    « mon Français, formidable ! »
Comme je lui demande son prix, il hésite :
–    « 30, 40 livres »

C’est beaucoup! je ne suis pas tellement en mesure de marchander, il aurait fallu le faire avant de le suivre. Je n’ai qu’un gros billet de 50

–    « je suis honnête » affirme-t-il.

Il me rend 20LE. Mais quand je sortirai l’appareil photo il invente un supplément…tout le billet y passera.

Le Palais Bechtak date de 1334 à 1339. Autour d’une très haute salle on voit les galeries des femmes avec de beaux moucharabiehs. Les plafonds – à caissons ou à stalactites sont remarquables. 0 l’étage, je soulève un panneau de bois tourné et découvre une chambre au plafond de cèdre du Liban encore peint. Je suis mon guide sur les toits. Il me montre les maisons écroulées lors du séisme de 1992, partout minarets et coupoles mais aussi ruines et paraboles. Visite magique, pour moi seule, on a ouvert un palais fermé. Il suffit d’ouvrir les yeux et son porte-monnaie !

Mosquée ???

Devant chaque édifice des hommes stationnent et nous invitent. J’entre dans une mosquée après m’être déchaussée. Des hommes allongés y dorment dans l’entrée, plus loin le mihrab et deux sarcophages. Au dessus du plus ancien : une coupole fatimide. Où suis- je ? Quelle mosquée ? Quelle date ? L’homme qui m’a entraînée ne parle guère anglais. Il me montre des euros, je lui en donne deux –cela fait 17LE c’est bien suffisant ! Ce n’est pas ce qu’il voulait. Il voulait simplement les changer.

bijoutiers

La foule s’épaissit aux abords du souk des bijoutiers. Curieusement, peu de touristes. Des familles égyptiennes viennent acheter de l’or et font la queue dans les boutiques.

 

Ensemble El Ghouri

Au bout de la rue El Mouizz on devine les grands bâtiments rayés rouge et blanc dominant les maisons basses du souk. C’est le but de  notre promenade. Il faut d’abord traverser la grande avenue d’El Azhar au trafic terrifiant que nous n’avions pas osé franchir lors de notre voyage en 2002. Justement, elle est enjambée par une passerelle devant l’ensemble El Ghouri que nous nous proposons de visiter. Un groupe d’hommes nous invite à entrer dans la mosquée, nous proférons le caravansérail transformé en galerie d’Art vide. Des derviches tourneurs s’y produisent. Malheureusement dimanche nous aurons déjà quitté Le Caire.

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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