Jodhpur : la ville bleue, marché

CARNET INDIEN

Jodhpur : la ville bleue

16h arrivée à Jodhpur par les cantonnements de l’armée indienne : de beaux bâtiments en pierre de taille de deux ou trois étages dans des bases arborées. Sur un rond point l’avant d’un avion de combat pakistanais tout écrasé, trophée de guerre. L’urbanisme sauvage et le béton n’ont pas encore défiguré Jodhpur (1.5 millions d’habitants) . Les bâtiments de pierre et les monuments se détachent  sur le ciment.

Notre hôtel Mapple Abhay  est central, moderne avec un immense lobby meublé de canapés de cuir blanc et un comptoir en pierre locale. Notre chambre est vaste (standard 3 ou 4*) mobilier moderne, style international, deux grands lits, un salon avec une table ronde et deux fauteuils, un bureau et la vue sur une belle piscine – hors service – ce qui est plutôt frustrant ! Le personnel est très aimable, stylé. L’accueil est parfait.

les vaches au marché de Jodhpur

Le chauffeur (et l’agence ?) ont fait le nécessaire. Un guide nous attend à 17h dans le lobby. Très bel homme, très affable, très élégant, parlant un très bon anglais. Lorsque nous redescendons? prêtes pour la promenade dans la vieille ville – la ville bleue – on nous présente un autre guide, très sympathique mais nettement moins distingué qui promet de parler doucement. Il répète deux fois les mêmes phrases. Ce n’est pas une promenade en Anglais facile que nous recherchons, c’est plutôt un exposé historique avec si possible des anecdotes. Au début il fait des efforts.

la vache et la moto

J’apprends que les vaches citadines sont nourries deux fois par jour par leur propriétaire. Elles ne sont nullement abandonnées  mais nourries et traites. Il ne faut pas s’en approcher. Elles sont pacifiques mais on ne sait jamais.

Comme Jaipur est  « la ville rose », Jodhpur est « la ville bleue », du bleu des brahmanes. Notre voiture s’arrête devant la Tour de l’Horloge, repère visible dans toute la ville. Nous passons à côté des étals des chiffonniers ou autres pauvres récupérateurs qui vendent des objets de seconde main. Marchandises disparates, quelques couteaux gros ciseaux, de la vaisselle dépareillée, des saris criards déjà portés, des coupons de mauvaise qualité. Les maisons bleues sont plutôt rares

Jodhpur : porche bleu

. L’uniformité obligée de Jaipur n’a pas cours ici En ouvrant les yeux, en furetant dans les cours, nous faisons de jolies découvertes. Certaines maisons finement ciselées datent du 15ème siècle. Une pâtisserie vend des petits gâteaux colorés qui me plaisent bien. Les ferblantiers m’amusent ainsi que les couturiers et les barbiers. Le guide a un but avoué : nous montrer la boutique la plus célèbre de la ville, celle qui a pour client Richard Gere, qui fournit Kenzo, Armani et de nombreux designers italiens ainsi qu’Hermès. Une boutique d’antiquaire occupe le rez de chaussée. On monte deux volées d’un escalier très étroit pour se retrouver dans la caverne d’Ali Baba. Le vendeur m’invite à m’asseoir tandis qu’il déplie et plie une série de dessus de lit brodés, incrustés ou en matière précieuse, cachemire, soie ou bambou, par ordre de prix croissant ; Je craquerais facilement pour un couvre-lit brodé ton sur ton incrusté de minuscules miroirs ronds (30 €) vite recouvert par de la soie grège (acheté par Kenzo) puis par un pashmina réversible des jetés de canapé style gitan. Les plus beaux sont réversibles. L’un d’eux acheté parait-il par Hermès set si léger si infroissable que le vendeur en fait une boule dans sa main et le déplie …Pour confirmer ses dires, il sort un vieil exemplaire de Géo avec la photo de Richard Gere. Quel manque de psychologie ! Cliente en sandales Decathlon habillée d’une jupe venant du marché, je ne peux avoir les mêmes fournisseurs que la jet-set ! Pourtant les prix sont abordables. Je marchande le couvre-lit bleu aux miroirs (alors que c’est le pachmina qui me plait). Ce qui m’agace, c’est que le prix a grimpé de 30 à 40 €. Le marchandage fait baisser non monter. J’ai l’impression de m’être faite piéger. Je déserte les lieux sous le regard désappointé du guide qui n’aura pas sa commission. Dernière chance pour lui : les épices bio…On a déjà donné ! C’est non ! Ferme et définitif. La promenade se termine donc devant le marchand d’épice où nous trouvons notre voiture comme par enchantement.

Avant de monter ans la chambre j’achète plusieurs blocs de fruit confit blanc comme le marbre, water-melon à l’aspect de l’encens sous le sucre glace. 100 roupies le kilo, pour 30rs j’en ai un sachet plein.

Jodhpur : fruits secs et melon confit

Au dîner :

–           tandoori aloo : Les pommes de terre coupées en deux sont en robe des champs teinte d’orange (chili ?) elles sont farcies aux cacahouètes et aux noix de cajou, grillées au four. Délicieuses !

–          Murg malai Tikka : poulet mariné avec de la noix de cajou et des herbes cuit au tandoori. Les blancs de poulet sont très tendres, un peu grillés.

Les plats sont très bien servis et surtout très bien décorés : une tomate à moitié pelée, des rondelles d’oignon et un citron vert décorent l’assiette. Au début cela paraît un peu piquant. Après, on s’habitue.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « Jodhpur : la ville bleue, marché »

  1. « la vache et la moto »….j’aime les anciennes, et la voiture blanche est une « copie » du FIAT 1100 D italien…Chez nous , Fiat a vendu les modeles: 500, 600, 850, 1100D, 1300, 1800, sans mentioner les copies de Fiat(Lada) fabriques en l’ex URSS(1300 et 1500)…en tout cas, chez nous, c’est valable, peut-etre…: »le chien errant et la moto/voiture »,,,

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  2. Oui, vous avez raison, c’est pourquoi j’ai ecrit que c’est une « copie » (fabrique en Inde)c’est pas un vrai Fiat. Et Tata a voulu acheter une usine des camions a Brasov, mais sans aucune chance…

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