Lire pour la Grèce : Dimitris Hadzis – La fin de notre petite ville

La fin de notre petite ville est une série de 7 nouvelles publiées par deux éditeurs séparément.

Le Cahier du Détective en est la première partie, publié par les EDITIONS COMPLEXE tandis que la suite, Le testament du Professeur, deux nouvelles, est aux Editions de l’Aube.

Ces deux recueils de nouvelles sont de vrais chefs d’œuvre qui m’ont tenue éveillée presque toute la nuit;

J’ai aimé ces histoires centrées sur un personnage, Sioulas, le tanneur, Sabethai Kabilis, le juif, Notre tante Angheliki, la vieille fille toujours prête à rendre service à ses voisins, ou Thodorakis le brillant diplômé, promis à un avenir de fonctionnaire qui deviendra ouvrier. Hadzis donne la parole aux modestes, aux cachés, aux sans-voix; avec tendresse et une grande justesse. Point de misérabilisme, il replace chacun dans son milieu, avec ses travers, ses défauts. Malgré le format court de la nouvelle, tout un monde s’ouvre dans chaque histoire, aussi denses que dans un roman. Jamais le personnage central ne s’impose au détriment de la société qui l’entoure, il laisse entrevoir tout un monde, une série de caractères .

La Fin de la ville, c’est l’arrivée de la modernité qui fermera les tanneries artisanales, qui verra construire la route et une station-service là où des guinguettes rassemblaient les habitants le dimanche, mirages d’un tourisme naissant. C’est aussi la Deuxième guerre mondiale, qui déportera la communauté juive installée depuis 2000ans, les bombes allemandes qui auront raison de la gentillesse d’Angheliki…

Dans le second opus, Le Testament du Professeur, Hadzis campe un  autre versant de la société : les notables avec leurs ragots, leurs manœuvres partisanes, la corruption également. la satire est acide mais aussi très drôle. Cette longue nouvelle de 75p peut aussi se lire comme un thriller. Que trouvera-t-on dans le le testament?

La série se termine sur un épisode tragique : Margarita Perdikari, très jeune institutrice fusillée par les Allemands. Comment cette fille de bonne famille est-elle devenue communiste? et surtout qui l’a donnée aux Allemands. La fin est tragique mais toute la nouvelle est d’une grande tristesse;

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « Lire pour la Grèce : Dimitris Hadzis – La fin de notre petite ville »

  1. Les valises sont déjà descendues : direction Heraklion vendredi prochain! d’où mes lectures grecques!
    A propos une grosse, très grosse colère, je crois que j’écrirai un billet : Kazantzaki est inconnu dans les rayons de la bibliothèque, quelque part dans les réserves (et encore c’est Zorba) et quand j’ai été sur amazon seul Zorba existe neuf, il y a quelques occasions (mais qui arriveront pendant les vacances) et surtout les prix sont incroyables. quand les éditeurs se décideront à le rééditer! Même à la Librairie grecque Desmos (que j’adore) il n’y a que Zorba

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  2. Bonjour,
    je découvre ton blog voyageur. Tu as l’air de bien connaître la Grèce, grâce à toi je vais découvrir sûrement pas mal d’auteur. Le fait que certains romans ne soient pas réédités est d’ailleurs un signe du peu d’estime où l’on tient la Grèce, décidément !

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