Saint Valéry en Caux

BALADE NORMANDE

Cabines sous la brume

Brouillard! Il fait bien gris et bien froid sur Saint Valéry en Caux. Le vaste parking se trouve sous le Monument de la Seconde Guerre Mondiale. Un blockhaus a été coupé par le recul de la falaise, l’intérieur suggère une maison, maintenant occupée par des mouettes.

Tout un quartier a été reconstruit dans le triste style des années cinquante, un peu comme Brest. Immeubles gris, plats.

Le casino est moderne tout en verre. Sur les vitres, les  affiches des mêmes films qui se jouent à Paris, sorties nationales.

La digue a été aménagée avec des piscines et des jeux pour les enfants. A l’extrémité, des cabines de plages à grosses rayures verticales bleu roi.

le port à marée basse

Le port est séparé de la mer par un chenal et une porte à écluse datant du 15ème siècle surmonté d’un pont-levis. Le chenal est à sec à marée basse. Sous la porte, une grosse mare verte. Sur les quais petits étals à poisson font la joie des goélands qui se perchent sur la toile cirée bleue. Le pêcheur qui vend son poisson ne les chasse même pas quand ils piétinent sa marchandise.  Le dernier étal ne vend que du requin : petites roussettes avec leur peau et chiens de mer.

les poissonniers du port

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Saint Valery en Caux – maison Henri IV

maison Henry IV

 

De l’autre côté du pont se trouve la Maison Henri IV, le monument le plus réputé de Saint Valéry. C’est une maison à colombages, toute en longueur, avec un étage. Les boiseries sont décorées de figurines de bois sculpté, certaines sont en bon état mais les plus émouvantes sont des femmes érodées par le temps aux figures énigmatiques. A l’étage des personnages d’Amérique du Sud rappellent les voyages de Guillaume Ladiré qui fit bâtir la maison.

Saint Valéry en Caux vieux quartier

Vieux quartier brique et silex

 

Un circuit nous conduit dans les vieux quartiers, maisons de marins ou de pêcheurs, serrées.
Le couvent des Pénitents est visible de la rue : 14 arches de grès bordent le cloître surmonté par l’ancien hospice, s’ouvrant sur un jardin fleuri de tulipes. Le dépliant offert par l’Office de Tourisme donne une leçon d’histoire : le couvent des Pénitents fut occupé par le Club des Jacobins. Tout le quartier Saint Leger fut acquis aux idées de la Révolution, on accédait au club par la ruelle de l’Humanité ! en 1870, la ville transforma le couvent en hospice.
La promenade s’élève dans les hauts quartiers.

Nous n’irons pas visiter la Chapelle Saint Léger au clocher dynamité par Rommel puisqu’il servait d’amer aux marins (A El Alamein, on avait présenté les généraux ennemis Rommel et Montgomery comme des gentlemen) Rommel, ici, est fort peu gentleman ! Un escalier dans des jardins fleuris nous reconduit aux petites maisons de briques du quartier des pêcheurs.

Sur la Place de l’Hôtel de Ville, nous trouvons tout pour un piquenique de luxe : langoustines et crevettes, un melon. Une église très moderne est décorée d’un voilier. Ses murs sont allégés par  vitraux modernes.

 

Sentier côtier de saint Valery en Caux

Puisque le GR s’éloigne de la falaise, je décide de tenter le sentier côtier en bordure des  champs. De nombreux panneaux découragent les promeneurs : les éboulements sont une réalité. Néanmoins, les cultivateurs conduisent  de lourds engins jusqu’au bord de l’eau. Je longe donc champs de blé, de colza ou de fèves/ Même s’il y a peu d’échappées sur els falaises je sens la proximité de l’eau. Près d’une valleuse, le sentier est effondré : un épais taillis de ronces barre le passage. A droite, à la place des champs ouverts, une pâture close de six rangs de barbelés. Heureusement pas de bétail, je me faufile dans un creux sous les fils. Vais-je trouver la sortie ? Finalement oui ! Des randonneurs ont écarté les barbelés avant moi.

 

 

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

4 réflexions sur « Saint Valéry en Caux »

  1. C’est ce que je fais très fréquemment, emprunter un chemin au bord de la mer, en dépit des avertissements. A ce moment là, autant bloquer toute la côte ! Cà nécessite d’enjamber ou de passer dessous, mais je peux encore le faire 🙂 Tout ce bord de mer abîmé pendant la guerre a été reconstruit d’une manière désastreuse. C’est très laid.

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  2. L’oubli est comme un brouillard montant. Dans les mémoires collectives, Dunkerque est resté – au milieu d’une débâcle effroyable de troupes françaises et anglaises – synonyme du sauvetage d’une partie d’entre elles face aux blindés allemands.
    Alors que plus de 40.000 soldats alliés furent, eux, capturés à St-Valéry (d’où l’état notamment des quais) entre le 10 et le 12 juin 1944. Faits d’arme peu glorieux, plus lourd en chiffres que Dunkerque. Donc lentement recouvert par les poussières (sauf en Ecosse)…

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