Arménie-ouest de Gümri à Yereruik, Aragatsavan, Talin, Dashtabem

CARNET ARMÉNIEN

sous la pluie, le long de la frontière turque, dans le brouillard….

 

Gohav a sorti du four 4 magnifiques beureks dorés. Nous en emporterons un pour le voyage.

Nous faisons nos petits sandwichs roulés, mélangeons fromage blanc, crème aigre et cerises en bavardant. Deux jours, et nous nous sentons en famille. Nous avons tant à nous dire….

Adieux : nous promettons de nous écrire, se revoir, peut être…

Il pleut. Nous quittons Gümri par une petite route qui longe un lac entre Turquie et Arménie. Un peu plus loin nous apercevons le lac derrière les barbelés. La vue serait magnifique s’il y avait un  rayon de soleil. Sous les nuages gris l’eau est d’argent. ON arrive à des collines caillouteuses.

Un écriteau invite à jeter un coup d’œil à la ville d’Ani – en Turquie – 8km de très mauvaise piste. Nous renonçons après quelques minutes. De loin en loin, des miradors surveillent la frontière. Un berger vêtu d’une longue cape garde ses bêtes. Il fait un temps iralandais dans ces verts pâturages.

yereruik très ancienne basilique

La route d’Anipemza conduit à Yereruik où se trouve la basilique Saint Jean Baptiste du 5ème siècle. Notre documentation dit qu’ »elle ressemble aux basiliques syriennes illustrant la transition entre l’architecture romaine et l’art arménien »

Juché sur un piédestal aux marches hautes, ce grand bâtiment clair a un plan rectangulaire tout simple. Sa décoration est très fine et aussi très simple : bouquets de fleurs stylisés, croix et rosaces, chapiteaux aux feuilles d’acanthe.

Yereruyk : grande simplicité du décor

Au débouché de la route principale, un campement de nomades s’est installé avec deux grandes tentes, les moutons, un âne et un camion. Nous rencontrerons par la suite plusieurs très gros troupeaux avançant sur la route, entourant la voiture comme une marée laineuse – têtes noires, laine marron.

le campement des bergers nomades

Le paysage change : on traverse des vergers d’abricotiers. Aragatsavan est un gros bourg avec une gare, des petites maisons, des potagers à l’ombre des abricotiers mais aussi des HLM et une usine désaffectée. La route est de plus en plus défoncée. On circule à 10km/h. le GPS nous ordonne de quitter cette mauvaise route pour une autre, pire encore. Il y a tant de trous qu’on se retrouve plus souvent à l’arrêt qu’en marche. Cette petite route ne traverse pas un village. La conduite est épuisante.

cathédrale de Talin sous la pluie

On arrive par surprise à Talin grosse bourgade qu’i n’a même pas de station-service digne de ce nom, juste une pompe qui ne vend pas de premium. La cathédrale se trouve à l’écart près du cimetière. Aucune information disponible sur place. Le Petit Futé décrit la façade ornée d’arcatures en pierre orange et grise et les vastes espaces intérieurs. Kaplanian souligne la lumière inhabituelle qui arrive par la coupole décapitée par le séisme de 1840. C’est le domaine des oiseaux. Sous la pluie, le jacassement des pies est plutôt sinistre. Je filme les fines frises qui bordent les ouvertures.

le donjon de Dashtabem

Route vers le sud : nous passons sans le voir devant le caravansérail très ruiné et atteignons la forteresse de Dashtabem (10ème – 19ème ). Elle est entourée par un mur d’enceinte en grosses pierres irrégulières avec des tours d’angles et se voit bien de la route. On passe sous un porche décoré avec des animaux fantastiques. Le donjon est étrange, rectangulaire à l’origine, en forme de croix, avec 4 tours qui dépassent.  Haut de trois étages, il est construit en pierres oranges très finement découpées, très lisses. Construction futuriste ? Un médaillon en arabe ou en persan témoigne de l’ancienneté de l’édifice. A l’arrière, une grue rouillée raconte qu’il a été restauré autrefois. Autour du donjon un chantier de fouilles archéologique a creusé de dangereuses tranchées qu’il faut éviter. Evidemment aucun panneau ne renseigne le visiteur. Kaplanian p140 m’informe que « l’inscription au dessus de l’entrée est en arabe et que le bâtisseur appartenait à une famille Shahaddide règnant sur Ani pour le compte des Seldjoukides en 1174 »

Le GPS nous renvoie à Talin pour retrouver M1. Epuisée par els routes défoncées, la conductrice est ravie de trouver un axe principal. Repassant par le même itinéraire, nous trouvons le caravansérail bien en ruine, indéchiffrable.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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