Kastoria

CARNET MACEDONIEN

Annonciation

 

La route vers Kastoria

65km séparent Psarades de Kastoria – plus d’une heure, par des routes de montagne. Les vues sur les Lacs Prespa sont spectaculaires.  Les marais sont très beaux dans la lumière du matin. Tout le fond de la vallée est occupé par la culture des haricots ramés.

La route franchit la colline, s’insinue dans la vallée d’un torrent. Nous repassons devant le poste-frontière avec l’Albanie, retrouvons la Via Egnatia.

Kastoria adossée aux collines

Kastoria

Kastoria est adossée aux collines autour de son lac. L’arrivée est pittoresque. La ville est embouteillée, la rue principale grimpe, très raide, les voitures garées partout. Comment allons nous l’apprivoiser ? L’essentiel de la circulation se concentre dans cette rue bordée de magasins de fourrure. Kastoria est la capitale « mondiale » de la fourrure. C’est assez étonnant de voir dans une si petite ville loin de tout, autant de boutiques de luxe. Certains modèles sont étonnants : tels ces gilets pour homme sans manches en vison gris. Les autres rues sont plus tranquilles.

Le Musée Byzantin est logé dans un bâtiment plat au perron de marbre, dans un jardin arboré.Une seule salle est ouverte à la visite où sont exposées des icônes provenant des églises de la ville rangées par ordre chronologique 12ème – 15ème,  15ème -16ème de l’École de Kastoria, 17ème de l’École Crétoise. En plus du Christ Pantocrator et de Saint Nicolas, le thème le plus fréquent est l’Annonciation traité de façon similaire. Les deux personnages sont debout. L’ange ressemble à un ange, Marie porte un manteau rouge foncé qui lui fait un voile lui couvrant la tête ; à la main une quenouille de fil rouge. Au fil des siècles les icônes  sont plus sophistiqués. Celles de l’École Crétoise sont reconnaissables.

Cosme et Damien –

Kastoria possède 75 églises fermées la plupart du temps, qu’un guide peut ouvrir à la demande.. la dame du Musée hésite à l’appeler pour deux personnes. Entrent deux touristes francophones à l’allure américaine –  roumains. La visite des églises les intéresse. Christos arrive avec son trousseau de clés. Nous nous mettons d’accord pour la visite de cinq églises dans le voisinage

La première est ravissante aux briques artistiquement appareillées. Les fresques sont lumineuses. Christos nous montre le commanditaire offrant l’église et les trois couches de fresques. Ces chapelles sont familiales. Chaque famille se fait un point d’honneur à en consacrer une même s’il y e a des dizaines à proximité. Mes compagnons roumains sont francophones mais ne comprennent pas dun tout le grec. En revanche, le monsieur est professeur de religions comparées à la fac. Il sait toucher du doigt le détail intéressant. Etant orthodoxe, il connait les symboles et les codes et reconnait les saints. Cela aide. Damien et Cosme se tiennent debout à l’entrée en costume finement orné d’un treillis coloré – cotte de maille pour ces médecins ? ou vêtement d’apparat orné de pierreries ? Constantin et Eleni sont représentés en pied  dans la même attitude avec les mêmes vêtements. Au premier regard je les ai confondus avec les précédents.

A chaque église : une surprise. Dans une autre, le plafond de la nef est orné du Père, du Fils et d’une colombe. Cette Trinité est rare dans les églises byzantines. Ailleurs je remarque une joli Nativité dans une grotte.

Ne voulant pas retarder le groupe, ne prends pas de notes et je mélange un peu toutes ces chapelles qui se ressemblent. Mais surtout, j’ai oublié mon appareil photo. J’espère que les Roumains m’enverront les leurs.

Une des 72 églises de Kastoria

Comme nous, ils sont professeurs et voyagent beaucoup, sans plan précis, sans réservations ; Ils privilégient leur liberté mais se plaignent des prix élevés dans les hôtels dans l’Ouest de l’Europe. Ils s’étonnent de  notre intérêt pour l’Europe Orientale qui ne les attire guère.

Descendant du Musée, je remarque une stèle blanche : « Ici furent réunis 1000 juifs de Kastoria en 1944 »

Kastoria, s’étale sur les rives de son lac. Dans deux quartiers règne deux ambiances différentes. Près du marché, des banques des hôtels règne une animation balnéaire. Au bord de l’eau, fast-food, pizzas et magasins de souvenirs (je flashe sur des chaussons fourrés à 6€ mais impossible de garer la voiture). Plus loin, les bords du lac sont plus ombragés, plus calmes, des cafés traditionnels s’étalent. C’est là que nous faisons la pause pour mon traditionnel café frappé.

En plus des églises byzantines, on peut voir à Kastoria de belles maisons de maître, de riches maisons balkaniques à étage, des villas Art Déco. Certaines transformées en musée se visitent. Nous avions pensé les visiter mais nous préférons faire un tour de lac jusqu’à la Panagia Mavriotissa. Calme, verdure, fraîcheur. C’est le plus bel endroit pour un pique-nique.

Le retour vers Kastoria se complique un peu. Sur le Guide Bleu, on indique que le tour serait de 5km. identique à celle où nous avons dormi en Bulgarie à K ? : deux étages de galeries de bois dépassant d’un soubassement de pierre rectangulaire et aveugle. Sauf qu’au village la maison tombait en ruine tandis qu’ici la Maison Sapountisa est cossue. Continuant au bord de l’eau nous sortons de la ville en direction de Florina.

C’est le rôle du GPS de nous remettre sur le bon chemin. Première tentative par de raides ruelles et des propriétés fleures. On atteint presque la route, presque seulement ! la deuxième tentative est la bonne. Nous suivons une roue forestière qui a été asphaltée il y a bien longtemps, beaucoup dégradée. Les panoramas sont vertigineux, les tournants serrés. La forêt est sauvage. On ne rencontrera personne. A peine une flèche qui indique l’Albanie. C’est unpeu angoissant malgré la beauté du paysage. Et si on crevait ? si on tombait en panne ?Le GPS n’enorgueillit de nous avoir fait gagner plus d’une dizaine de km. Est-ce bien raisonnable ? Dernière émotion : un pont de planches pour franchir le ruisseau avant de retrouver la Via Egnatia.

Nous arrivons à 16h30, trop tard pour la sieste.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « Kastoria »

  1. « … le plafond de la nef est orné du Père, du Fils et d’une colombe »…Dans la tradition /religion orthodoxe, le colombe represente le « Saint Esprit » (En: The Holy Spirit)…

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  2. J’ai ecrit de cette symbole seulement a cause du fait que dans un certain moment de mon enfance, j’avais le devoir de conaitre et respecter deux colombes: le symbole du Saint Esprit , mais aussi l’autre colombe, le « symbol de la paix »( impose par… « l’etoile rouge » a « l’Est » – de Roumanie). C’est interesant que mes parents m’ont explique le symbole orthodoxe (qui n’est pas represente dans tous les eglises de chez nous), mais a l’ecole personne n’a pas mentione que ce dernier symbole est la creation de Pablo Picasso. Quoi choisir a 7 ans? Dans une monde ou l’ex-URSS « luttait pour la paix », ha, ha, je n’ai pas choisi le symbole venu de l’Est…Au present, chaque matin j’ouvre la fenetre de ma cuisine et je prepare le petit-dejeuner (de l’eau et des semences) pour deux colombes qui « habitent » dans un arbre , a 4 m de ma fenetre. Ils arrivent tout de suite pour manger et je pense qu’ils sont les deux colombes de mon enfance, qui n’ont pas cesse de m’accompagner partout, toute ma vie…L’un m’a donne le pouvoir de resister et la patience, l’autre ne m’a pas donne rien, ni meme « la paix »…

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