Parikia : promenade dans la vieille ville

CYCLADES

Sur le port de Parikia un moulin nous attend
Sur le port de Parikia un moulin nous attend

 

Il fait frais en avril dans les Cyclades. A 5h du matin je suis raide de froid et sors de l’armoire une magnifique couverture bleu marine et bleu clair figurant un tigre ressemblant à celles que nous avons vues à Naousa (Macédoine) l’été dernier.

8h, réveil : le soleil perce par les fentes des persiennes. Il fait un temps superbe.

9h, petit déjeuner sur la terrasse du restaurant de Stratos : fromage jaune en tranche, jambon carré, jus d’orange et yaourt grec. Simple et consistant. Parfait !

Stratos, l’hôtelier, nous descend au port dans son minibus en compagnie de Québecois. Il nous montre la Cathédrale et le Musée. Le Blue Star Paros est à quai et embarque pour Naxos. L’Office de tourisme est fermé le week end.

Saint Constantin
Saint Constantin et l’assise du temple archaïque

A l’arrière du port, une place moderne est bordée de banques, de là nous découvrons les ruelles de la Vieille Ville. Dans une rue commerçante, une cordonnerie propose des chaussures artisanales 35€ qui me font bien envie ainsi que nombreuses sandales à lanières qui sont un supplice pour celles qui marchent longtemps. Les galeries d’art sont fermées, c’est trop tôt dans la saison. Une église attire notre attention, toute blanche fondue dans la masse des maisons blanches : Panaghia Semptemvriani, une des plus anciennes de Parikia .

le kastro : les Vénitiens n'ont pas hésité à tronçonner les colonnes
le kastro : les Vénitiens n’ont pas hésité à tronçonner les colonnes

Une curieuse ruine est construite de blocs de marbres hétéroclites et même de curieux tronçons de colonnes. Derrière une placette, dominant la mer, la coupole d’une église plus imposante dépasse les toits des maisons. Son pignon est décoré d’une croix de faïence d’Iznik. Son portail est encadré de fins bas reliefs. Une galerie est composée de fines arcades. Je suis séduite et dessine l’église et la placette où un très vieux bougainvillier est enfermé dans une grosse jarre à côtes badigeonnée de blanc. Dans la rue située à l’arrière, une dame nous renseigne en Français : c’est Aghios Constantinos, fermée ouverte seulement pour la fête du saint le 21mai.

cyclades14dt 018 - Copie

Elle est ravie de nous faire découvrir les richesses archéologiques de son quartier : le mur de pierres sèches disjointes est l’assise du Temple archaïque d’Athéna. On a regroupé derrière un grillage les anciennes pierres du temple pour empêcher les riverains de s’en servir pour la maçonnerie de leur maison. Les Vénitiens n’ont pas eu ces scrupules : le mur hétéroclite est la ruine du Kastro vénitien bâti en 1260 par le Duc de Naxos avec les matériaux antiques de Paros. Un écriteau nous apprend qu’il avait la forme d’une ellipse avec une tour rectangulaire. Au sommet une tholos du 5ème siècle. Tout le long de la rue, le soubassement des maisons actuelles est formé d’énormes blocs de marbre fin, poli ayant gardé leurs frises et leur décor. Les fûts de colonnes tronçonnées forment des roues étrangement empilées.

Kastro et maisons actuelles reposent sur les ruines antiques
Kastro et maisons actuelles reposent sur les ruines antiques

Au fil des ruelles tortueuses, les églises sont nombreuses. La porte de l’une d’elle (1150) est encadrée de fines rosaces. Une bougainvillée pourpre se détache sur le mur blanc. L’église Taxiarchon est en pleine effervescence. Popes et dames d’un certain âge la briquent et la décorent pour le Dimanche des Rameaux, demain. Le programme de la Semaine Sainte (la Grande Semaine, disent les Grecs) esrt punaisé sur la porte. Les cierges sont ornés de graminées tressées (nous avons vu un décor analogue dans le Vieux Caire Copte). Des feuilles de palmiers sont stockées dans le Presbytère.

La rue Gravaris est bordée de nombreuses boutiques de mode et de bijoux. Elle conduit à une curieuse placette où une merveilleuse fontaine de marbre sculptée portant la date de 1711 se trouve à l’avant d’une église à coupole bleue. Sur une chaise du kafenéion,  un borsalino négligemment posé, composera une photo parfaite.

Placette: fontaine et borsalino
Placette: fontaine et borsalino

Se perdant dans les ruelles  tranquilles,  une autre placette ombragée a, elle aussi, sa fontaine  de 1711. Au milieu de la rue, sur une estrade, en haut de plusieurs marches, un café ravissant a installé sa terrasse. Nous y prendrions volontiers le premier apéritif des vacances (ouzo et café frappé) mais l’établissement s’intitule « crêperie » et on nous tend le menu du Breakfast (à midi).

Bougainvillée et chapiteau
Bougainvillée et chapiteau

Au hasard de cette promenade sans but ni boussole (nous avons bien une carte mais les noms de rue n’y figurent pas, seules les boutiques) nous aboutissons à la grande basilique où Stratos nous a déposées ce matin. Non loin, sur une grande place, la Librairie Internationale vend des cartes postales, des cartes et guides et même des romans en grec, anglais et français.

13h, apéro ou déjeuner ?

Ce sera déjeuner Chez Zorba qui sert gyros et souvlakis. 4 souvlakis, une assiette de tsatsiki, du pain un verre de vin blanc et une petite bouteille d’eau 13€. Nous cherchons un supermarché avant que tout ne ferme (et peut être jusqu’à lundi). Nous remontons à pied le trajet du minibus et arrivons au « périphérique » . Miracle. Stratos nous klaxonne et s’arrête. En route pour le port pour l’arrivée du ferry. Stratos nous emmène au grand supermarché Vidalis du front de mer en face du port de pêche. Nous voici parées pour au moins trois jours.

Asklepion au coucher du soleil
Asklepion au coucher du soleil

Je savoure mon premier café grec avec le plaisir des goûts retrouvés. Sur la colline en face d l’hôtel se trouve un petit édicule avec un fronton triangulaire classique. Dominique l’appelle le « temple » alors que je lui trouve plutôt les dimensions d’un cabanon dans les vignes. Renseignement pris auprès de Stratos : c’est vraiment l’emplacement de l’Asklepion mais le site est fermé au public. A l’aplomb de notre balcon se trouve la plus charmante des chapelles blanche et bleue au dessus de l’eau turquoise. Pour y descendre c’est un peu compliqué. Des murs barrent le chemin. La troisième tentative est la bonne. Le bord du littoral est fleuri de grosses succulentes roses ou jaunes (Mesembryanthemum edule ouCarpobrotus edulis ) qu’on appelle également des griffes de sorcières selon mes recherches sur Internet cette plante exotique originaire d’Afrique du sud serait invasive et une peste en milieu méditerranéen. Elle est très décorative. Il y a également des agaves des immortelles violettes et blanches, de petites fleurs mauves. Un sentier longe la côte devant  de belles maisons qui ont chacune un accès à la mer. On rêverait de baignades….

la baie de Parikia en dessous de Stratos.Au premier plan griffes de sorcière
la baie de Parikia en dessous de Stratos.Au premier plan griffes de sorcière

Sur notre balcon je pourrais dessiner mais le temps manque. A 19h j’ai rendez vous avec un blogueur avec qui je corresponds depuis de nombreuses années ; la blogosphère devient de moins en moins virtuelle !

Parikia agave et ilets
Parikia agave et ilets

A 18h30 j’emprunte les raccourcis pour descendre en ville. Je quitte dès que je peux  la route qui passe devant l’hôtel (route de l’aéroport) très passante. J’aboutis à une sorte de canal cimenté à sec en ce moment – peut être se remplit-il quand il y a des orages. De nombreux restaurants sont installés sur la corniche, certains chics, d’autres moins certains livrent à domicile à scooter gyros et souvlakis. Ce soir les terrasses sont vides. Une énorme église est illuminée. Les palmes des Rameaux dessinent une arche triomphale à l’entrée. Deux femmes s’affairent devant un monceau de branches d’olivier( ?) en tas à l’intérieur j’entends les chants des liturgies sans m’attarder puisque je chronomètre le parcours de l’hôtel jusqu’au port (15mn) .

La soirée se termine fraichement ; dès que le soleil se couche je me rappelle que l’on est en avril. Mon châle n’est pas suffisant et je prends congé de mes nouveaux amis parce que je suis congelée.

cyclades14dt 043 - Copie

Dîner sur le balcon de beefsteak surgelé (par paquet de 10, c’est très économique et cela  nous assure de la viande chaque jour) avec une salade grecque. Les reflets dans l’eau du port offrent un beau spectacle.

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

5 réflexions sur « Parikia : promenade dans la vieille ville »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s