les murales d’Orgosolo

CARNET SARDE

sardaigne 004 - Copie

 Mont Gennargentu- Barbagia

Orosei, perchée sur un épaulement domine la petite vallée plantée d’orangers et d’oliviers. On y arrive par un étroit pont de pierres sur le Cedrino qui coule dans les roseaux. A la sortie d’Orosei, la route de Nuoro,S129, longe une carrière de marbre. La vallée du Cedrino  est verte avec ses vergers, sur les collines il y a de la vigne et des oliviers. Les figuiers de barbarie font des haies. Lentisques et amandiers couvrent des collines volcaniques. Au loin, une montagne calcaire se détache avec des hautes barres rocheuses.

Nous passons près d’Oliena sans nous y arrêter. Entre Oliena, au pied des falaises une route rejoint Orgosolo en tortillant dans les amandiers et les chênes verts très hauts avec des lentisques et des arbousiers. Quelques terrasses portent de la vigne. En face. Nuoro est perché au sommet de la colline. Nous nous arrêtons au dessus de petites maisons bleues adossées à la colline dans les vignes. Après un petit col le granite affleure.  La route très sinueuse et très étroite est recouverte d’arène granitique. Les cistes sont très desséchés. L’arrivée à Orgoloso est périlleuse : le bord droit de la chaussée s’est effondré.

Les Murales d’Orgosolo

Orgosolo (13)

Le GPS nous conduit à une place ornée d’un jardin portant une curieuse statue : le globe terrestre coupé en deux porte sur la surface  des silhouettes de paysans et d’ouvriers, à l’intérieur une statue de la Vierge et l’enfant bleu, blanc, rose. Orgoloso est célèbre pour ses Murales : fresques décorant les murs des maisons du village qui est plutôt un gros bourg aux maisons hautes de trois étages ramassées le long de ruelles en pente. En voiture, on s’égare. Qu’allons-nous trouver au coin de la rue ? Une ruelle trop étroite, un cul de sac, des escaliers ou une voiture à contre-sens. La Golf est disproportionnée et ce genre de village se visite impérativement à pied.

orgosolo murales

Dans les Murales tous les thèmes sont abordés. Les policiers ornent les murs du commissariat. Une vieille dame me prend le bras pour me conduire à l’école maternelle où les enfants accueillent les dauphins qui nagent dans le bleu de la mer. Une mandala hindoue décore un mur aveugle. Trois femmes en costume traditionnel sont assises sur un banc sous un balcon en trompe l’œil. La plupart des fresques sont plus politisées.

« Un enfant a pour outil de travail un stylo et un crayon » clame le mur qui raconte l’histoire d’un enfant pakistanais mort en se rendant à l’usine de tissage de tapis.

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Un vieil homme assis est entouré du slogan : « les peuples heureux n’ont pas besoin de héros ».

Dans la rue principale une fresque raconte la lutte des bergers. A côté on a reproduit une affiche du Larzac. Mêmes moutons, même combat.

En couleur, les tentes des familles de l’Aquila qui ont perdu leur maison dans le séisme.

En noir et blanc, la dénonciation de la guerre en Irak.

orgbosolo murales

Certaines peintures sont effacées, d’autres récentes ont des couleurs vives.

Les quatre têtes de Maures du drapeau sarde sont détournées : quatre lutins sont des gouttes de sang pour inciter au don du sang.

Aujourd’hui, les écolos ont organisé le Jour des Murales Une bande de jeunes peint un grand mur aveugle. Je rencontre des touristes français.

Une affiche du Pallio des ânes m’a amusée.

Deux magasins de souvenirs proposent des plaquettes explicatives, des tapis traditionnels sardes, des broderies au point de croix et de beaux canifs à la lame effilée. Des souvenirs mais aucune alimentation n’est ouverte ce dimanche matin. J’entre dans les cafés à la recherche de quelque nourriture, ne trouvant pas de restaurant non plus. On se contentera de pizzettes surgelées et d’un esquimau dans un café un peu plus moderne que les autres. Si tout est ouvert sur les plages 7 jours sur 7 il n’en n’est pas du tout ainsi dans les villages de l’intérieur. Dimanche prochain on prévoira le pique-nique !

Sur ma recommandation, nos voisins tchèques ont fait la visite d’Orgosolo. Les Murales n’ont pas du tout obtenu leur  adhésion. Au contraire, ils ont retrouvé l’esthétique communiste abhorrée et sont revenus très remontés. « Si les artistes étaient allés dans le Bloc de l’Est ils n’auraient jamais peints de telles choses. »

Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « les murales d’Orgosolo »

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